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Full text of "Memoires"

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ACADÉMIE D'AIX 



MÉMOIRES 



DE 



L'ACADÉMIE 

DES 

SCIENCES, AGRICULTURE, ARTS 

ET BELLES-LETTRES 

D'AIX 



-tiffîto» 




Tixx -en- Provence 

GARCIIf ВТ DIDIER, IMPRIMEURS DR l/ ACADÉMIE 

Rxu Manuel, Ю. 

4 897 



^> J ÉLECTION 

.Z-/-S' 



SON EMINENCE LI CARDINAL BOYER 

ANCIEN PRÉSIDENT DE L'ACADÉMIE 
A\x titre de Membre d'Honneur 



RAPPORT DE M. GUILLIBERT. 



MESSIEURS , 

L'élévation au Cardinalat de M* r Boyer n'a pas été sans 
faire naître parmi nous une grande satisfaction, j'oserai 
même ajouter, une réelle fierté. L'éminent évêque 
appartient à notre Compagnie depuis plus de 25 ans ; 
son départ d'Aix n'a point affaibli les liens qui rattachaient 
à ses confrères, et de l'antique chaire de Sidoine Apol- 
linaire, comme aujourd'hui du siège de Primat cT Aqui- 
taine où Га appelé la volonté expresse du Pape, l'Aca- 
démie n'a cessé de recevoir de lui les témoignages d'un 
souvenir fidèle et d'une bienveillance qui nous honore. 

Je n'ai pas à rappeler ici les remarquables qualités de 
savoir et de jugement, le dévoûment infatigable à ses 
hautes fonctions, l'entente admirablement sagace des 
besoins actuels des âmes qui, en élevant par le seul éclat 
du mérite, l'Archevêque de Bourges aux premiers rangs 



— 6 — 

du clergé de France, le désignaient naturellement à la 
dignité suprême de Prince de l'église. 

(Test au seul point de vue de la collaboration du Cardinal 
Boyer aux travaux de l'Académie, et de sa part d'action 
dans le mouvement littéraire, dont Àix a toujours été et 
demeurera le foyer en Provence, qu'a dû se borner l'exa- 
men de la Commission dont j'ai à vous présenter le 
rapport (l *. 

L'enseignement supérieur, l'un des traditionnels apa- 
nages de notre capitale universitaire, brillait d'un parti- 
culier éclat dans les dernières années de l'Empire. Nos 
trois Facultés formaient un faisceau de science et de 
travail fortement uni, pour inspirer à la jeunesse le culte 
de la vérité, du droit, des lettres et des arts. À la tête 
de la Faculté de théologie se trouvait M. le chanoine 
Boyer, de qui plusieurs générations d'étudiants avaient 
apprécié, aux réceptions hebdomadaires de l'Archevêché, 
l'affabilité et les marques d'intérêt alors qu'il était attaché 
à la personne de M gr Chalandon. 

Les titres qui recommandaient le laborieux et aimable 
professeur de dogme aux suffrages de l'Académie furent 
présentés par M. Bonafous, l'éminent et regretté doyen 
de la Faculté des lettres. M. Boyer, reçu le 28 mars 1 870, 
ne tarda pas à acquérir dans la Compagnie une légitime 
prépondérance, qui lui valut d'entrer au bureau dès l'an- 
née suivante et d'y demeurer jusqu'à son départ d'Aix. 



(t) La commission était composée de MM. de Magallon, président, chanoine 
Figuièrcs, ancien professeur-doyen de la Faculté de théologie, Guillibert, 
secrétaire-rapporteur. 






II avait apprécié, comme ils le méritent, les avantages de 
notre bibliothèque particulière. Comprenant les fruits à 
retirer d'investigations suivies dans nos collections, assez 
rares, des travaux publiés par les Académies de France et 
de l'étranger, il s'appliqua, comme archiviste, à un clas- 
sement méthodique et fort simple de nos richesses en 
livres. Nous bénéficions de cette organisation, elle facilite 
les recherches et permet, sans numérotage de volumes, 
d'avoir aisément le document désiré. 

La présidence fut confiée à M. le doyen Boyer durant 
les années 1876 et 1877. L'Académie n'eut qu'à se louer 
de l'impulsion qu'il donna à ses travaux. A cette époque 
remonte l'admission au titre de membres honoraires de 
M. Beaune, ancien procureur général, de M. Zévort, 
ancien recteur. Les allocutions élevées prononcées en ces 
circonstances par M er Boyer ont été avec soin conservées 
en nos procès-verbaux. 

Son discours de présidence à la séance publique du 
26 juin 1876 eut un succès remarqué. 11 reste dans nos 
annales comme une page d'honneur et constitue un mo- 
nument précieux de nos archives. M gr Boyer y résume en 
quelque sorte l'histoire de notre Académie, en montrant 
son rôle dans le passé et son influence heureuse et de 
réelle utilité pour notre cher pays de Provence. 

Vous ne serez point surpris qu'un nouveau Majorai du 
Félibrige signale plus particulièrement à votre souvenir 
les considérations si justes de l'orateur sur le culte inin- 
terrompu dans l'Académie de notre idiome national et 
sur le sujet de concours proposé dès 1811 : De Fin- 



— 8 — 

fluence de la langue provençale sur les littératures de la 
France et de l'Italie, cette langue classique toute tissée 
d'images et d'harmonie « qui réfléchit si bien Pâme 
de la Provence. » 

La page finale de ce beau discours, où l'auteur évo- 
que l'amour de la grande et de la petite patrie, ces deux 
sentiments intenses essentiellement corrélatifs, est à vous 
citer presque en son entier : 

ce Ah ! oui, aimer son pays de tout son cœur, consa- 
crer sa vie entière à servir la gloire de la grande patrie à 
laquelle on appartient, assurément oui, c'est là un devoir 
sacré pour tout homme. Et ce n'est pas en France, 
ce n'est pas à la Provence qu'il peut convenir de dé- 
montrer la nécessité d'un sentiment dont la source se 
cache au fond de toutes les âmes. Mais ce sentiment 
général d'amour laisse à chacun, assurément aussi, le droit 
et le devoir d'envelopper d'une affection particulière le 
coin de terre sur lequel la Providence a placé son ber- 
ceau ; à chacun le droit et le devoir d'aimer d'un amour 
spécial le pays qui le reçut à sa naissance. Car toutes ces 
affections-là sont corrélatives. 

« Et c'est pourquoi il est permis à la Provence de 
garder souvenance de ses gloires personnelles d'autre- 
fois ; c'est pourquoi il lui est permis de ne point oublier, 
par exemple, que ce fut chez elle que la civilisation 
aborda la première ; que la première, elle reçut le bien- 
fait d'une religion et d'une morale divines ; que sa langue, 
vieux débris du langage de peuples illustres, a été le 
type des premières langues de l'Europe ; de se souvenir 



L 



— 9 — 

enfin que les hommes justement célèbres qui, en si grand 
nombre, sont sortis de son sein, font l'orgueil de son 
nom ; et que tous ces souvenirs lui imposent le devoir 
de connaître et de faire connaître tout ce qui peut encore 
ajouter à son honneur et à son illustration. 

ce Et ce qu'il faut bien savoir, Messieurs, c'est que c'est 
la grande nation elle-même, c'est la France qui stimule 
cette fidélité du souvenir : c'est elle qui encourage dans 
leurs travaux, dans leurs recherches, toutes les Sociétés 
particulières d'études qui, à l'heure actuelle, ont leur siège 
dans toutes nos villes. Eh pourquoi donc cela ? Parce 
que c'est de tous les souvenirs, parce que c'est de toutes 
les gloires disséminées sur notre sol, que se compose la 
gloire totale de la France. » 

Dans la séance publique du 5 juillet 1877, M** Boyer 
appela l'attention de l'assemblée sur le concours d'irriga- 
tion ouvert par l'Académie à l'occasion de l'adduction 
dans le territoire d'Aix des eaux du Verdon. S'occupant 
ensuite de l'ensemble de nos études habituelles il en 
précisa, on ne peut mieux, l'esprit et la nature : 

ce L'Académie fait, dit-il, son œuvre en silence. Le 
bien ne fait pas de bruit, a dit quelqu'un. Cet aphorisme 
d'un sage pourrait être la devise de notre Compagnie. 
Tous les membres qui la composent n'ont d'autre but que 
de vivre intellectuellement, que de se rapprocher par la 
méditation, par l'étude, par l'effort, des immuables prin- 
cipes du beau et du bien. Et lorsque parmi nous, l'effort 
de l'intelligence est couronné de quelque succès, ce 
succès est de bon aloi parce que pour l'obtenir, on n 4 a 



MARIUS REINAUD 

^RAVEIR PBOIEUCAL 

Par F. VIDAL. 



CATALOGUE DE L'ŒUVRE DE REINAUD 

Par Raymond FERRIER. 



// nous plaît de dire ici en manière de préface 
que c'est à la suite de Г Exposition provençale cCAix, 
lors des fêtes du i me centenaire de la réunion de la 
Provence à la France , en 1887, que nous vint la 
pensée d'une biographie de Marius Reinaud. 

Nous avions été peiné de ne voir exposer de cet 
artiste ч aussi modeste qu'habile dans Г art de la gra- 
vure au burin et à Геаи -forte, qxCune très minime 
partie de ses œuvres , malgré notre insistance et 
celle d'autres bons Aixois. 

m 

Et nous fumes encouragé à écrire les pages qui 
suivent, sur un graveur essentiellement provençal. 



— 16 — 

par bien des amateurs et des artistes, notamment par 
M. Lucien Gautier, un des premiers élèves du maître 
ainsi délaissé. 

Cet aquafortiste distingué, qui, lui, a quitté Aix 
pour Paris, a voulu nous apporter le concours de 
son précieux talent, en gravant de son habile pointe 
la sympathique physionomie de Marius Reinaud* Ce 
beau portrait ne contribuera pas peu à faire vivre 
le nom de Reinaud pour Vhonneur et la gloire de la 
ville dCAix, 



* Physionomie très justement exprimée en général, surtout dans 
les yeux ; ses contemporains en sont frappés, tellement tout est res- 
semblant. « Les travaux de la gravure de ce portrait, faisait remar- 
quer un de ceux-ci , et des plus autorisés, ont été conduits d'une 
pointe si libre, si facile, que l'on est à se demander si la figure est 
terminée. » En effet, en examinant avec attention les hachures 
espacées qui modèlent la joue droite et le cou, on comprend que le 
graveur a voulu sortir des règles connues et des méthodes consacrées ; 
mais chaque trait est juste et porte coup, pour facilement donner 
à notre personnage sa double physionomie de douceur et de finesse. 

(La planche-cuivre fait partie de la collection d'un amateur 
d'Aix.) 



MARIUS REINAUD 



GRAVEUR PROVENÇAL 



Bien des cités, en France, ont écrit en lettres d'or, ponr 
les transmettre à la postérité, les noms de ceux de leurs 
enfants qui ont brillé dans les belles-lettres ou qui ont cultivé 
les sciences et les arts glorieusement. Dijon, Lyon, Àix-en- 
Provence, pour ne signaler que trois des principaux foyers 
intellectuels et artistiques de Province, comptent par cen- 
taines leurs célébrités intellectuelles. 

En ce qui touche plus particulièrement Part de la gravure, 
Abbeville, Nancy, Lyon, remportent, assurément, sur les 
autres centres, et par le nombre et par le talent hors ligne 
des graveurs qui ont vu le jour dans ces dernières villes. 

L'ancienne capitale de la Provence, que Ton a, à si juste 
litre, surnommée l'Athènes du Midi, nous parait prendre 
rang immédiatement après la patrie des Claude Lorrain, des 
Cal lot, des Mellan, des Audran, avec les nombreux maîtres 
du burin qu'elle a produits. Si ceux-ci ne sont pas, en 
tout point, comparables aux grands artistes dont s'enor- 
gueillit l'Ecole française, leur œuvre est assez important, 



— f8 — 

:rovou^uottS. pour assigner aux graveurs aixois une place 
vtapta&tooorables, an moins parmi les maîtres secondaires. 

ttaefct, les Coussin père et fils, les quatre Cundier, 
SttasUeo Barras, les nobles amateurs de Lagoy * et Boyer 
Л Aiguilles (ce dernier travaillant à Aix avec l'Anversois 
Goelmans), et dans le siècle actuel, Esprit Gibelin, François 
Peyron, Etienne Beisson, J.-F. Porte,** ne sont-ce pas là 
des noms qui ont quelque reflet, à côté d'autres rayonnants 
de gloire, et que la postérité ne saurait davantage oublier ! 

Tous ces précurseurs de Reinaud n'ont pu que l'enhardir 
au début de sa longue et laborieuse carrière. Malgré tout, 
il a failli rester dans l'oubli, un oubli bien immérité, avec 
ses concitoyens les Maretz, les Grégoire, les Muraire, les 
Anthelme ; pourtant, son œuvre, si correct, si intéressant, 
si vaste, ne pouvait échapper à l'attention des vrais con- 
naisseurs en cette partie des beaux-arts. 

Parmi les initiateurs de notre artiste, sans chercher hors 
de la Provence, et même sans sortir du département des 
Bouches-du-Rhône, nous ne saurions résister au désir de 



* Le marquis J.-B. de Lagoy, exécuteur testamentaire de Piquet 
de Méjanes, qui légua en 1786 sa riche bibliothèque à la ville d'Aix, 
où les amateurs admirent, à côté du carton de Saint-Vincens, de la 
galerie de Boyer d'Aiguilles — luttant avec un véritable bonheur 
de burin avec ses collaborateurs, — un superbe recueil de quarante- 
sept eaux-fortes de De Lagoy, si rares et si recherchées. Ces plan- 
ches sont fidèlement gravées d'après les dessins originaux des 
grands maîtres. 

** L'auteur d'Aix ancien et moderne grava à Геаи -forte dans 
ses moments de loisir ; nous avons vu de lui maintes épreuves 
gravées, d'une finesse de pointe aussi originale que spirituelle, 
dont les cuivres sont dans les collections de M. de Bresc. 



— 49 — 

citer, à Marseille, les Gautier- Dagoti, les Laurent père et 
fils,* ainsi qu'à Arles, Couvay, Roullet et le fameux Ba- 
lechou. 

La majeure partie de ces maîtres, plus ou moins célè- 
bres, ont eu la bonne fortune de voir leur œuvre échapper à 
l'oubli du temps, le soin jaloux qu'y ont apporté quelques 
amis des arts les aidant à cela ; leur renommée, au con- 
traire, grandit encore, semble- t-il, de temps à autre, par 
tant d'Expositions méridionales, par la conservation de 
bien des chefs-d'œuvre dans les Musées et cabinets, d'a- 
mateurs patriotes, et par de nombreux travaux bibliogra- 
phiques. 

Il n'en était pas de même, jusqu'à présent, de Marius 
Rein a ad, qui a travaillé durant un si long temps, presque 
uniquement pour l'amour de l'art. Confiné dans son lieu 
natal, il était satisfait des sympathies, de l'admiration, 
dirions-nous presque, de ses concitoyens, qui l'avaient cer- 
tainement en très haute estime, et semblait ne pas se dou- 
ter qu'avec une légitime ambition il aurait pu, lui aussi, 
s'élever à la fortune, à la gloire peut -être ! 

C'est que la soif du gain n'a jamais dévoré ce cœur d'élite ; 
l'ambition elle-même était loin de hanter son esprit déli- 
cat, — alors qu'un courant funeste entraîne, de nos jours, 
tant de chercheurs plus ou moins habiles, plus ou moins 
récompensés. 

Toutefois on ne s'explique guère qu'aucun Dictionnaire des 



* Marseille possède un jeune artiste d'un grand talent, Valère 
Bernard, le majorai félibre, auteur du poème-album « La Guerro », 
avec illustrations magistrales. 



— 20 — 

illustrations françaises, aucune Biographie artistique, voire 
aucun Manuel d'amateur d'estampes, ne mentionne ce nom 
si aimé, si populaire chez nous ; on omet ainsi, bien à tort, 
un homme qui fit un grand et beau labeur et qui mériterait, 
pour le moins, une bonne mention dans les livres spéciaux. 
L'oubli est injuste et impardonnable. 

Plus heureux, Roullet et Balechou, entre autres, ont 
dans le Plutarque Provençal* une biographie des plus 
exactes, due à la plume autorisée de TArlésien Jacquemin, 
sans parler de plusieurs travaux analogues, pages des plus 
attachantes, comme la notice d'Alphonse Meyer sur le 
paysagiste Constantin, cet autre artiste si original, si 
fécond, qui ressemble sur tant de points à notre graveur, 
avec qui il avait quelque peu travaillé sur le cuivre. — 
Quanta Reinaud, c'est à peine si Parrocel, dans sa série 
de volumes sur Y Art dans le Midi, note rapidement son 
nom. 

Selon la mesure de nos forces, et à laide de nos rela- 
tions, soit avec la famille de l'artiste, si obligeante, soit avec 
des dilettanli aixois (parmi lesquels il nous est agréable de 
nommer le bibliophile Paul Arbaud, le vicomte d'Estienne 
de Saint-Jean, l'orfévre-iconophile Raymond Ferrier), nous 
voudrions, si faire se peut, combler une fâcheuse lacune ; 
nous essayerons donc de photographier le mieux possible 
cette figure amie du travail, du devoir — et du clocher, 
ajouterons-nous, — aimable physionomie qu'on a trop ou- 
blié de regarder. 

* Le Plutarque Provençal, vies des hommes et des femmes illus- 
tres de la Provence ancienne et moderne, publiées par A. Gueidon. 
Marseille, 1835-1858 ; 2 vol. gr. in-8% avec portraits. 



- 21 — 

Marias Reioaud, pour qui Га connu, était bien un reje- 
ton des plus vivaces de ces vieilles générations d'artistes qui 
se sont succédées à Àix, dans toutes les branches du savoir. 
Les cabinets de riches amateurs, de collectionneurs persé- 
vérants, desavants antiquaires, ces innombrables richesses 
des Rascas de Bagarris, desPeiresc, des Mazaugues, jusqu'à 
Piquet de Méjanes, Fauris de Saint- Y incens, de Fabre- 
goule, ne pouvaient qu'exciter dans le pays ce goût inné des 
beaux-arts que nos concitoyens ont fidèlement conservé. 

Marius Reinaud est né à Aix le 27 octobre 1 795 et y 
est décédé le 3 mars 1868, dans sa 72° année. C'est au 
n° 6 de la rue Miséricorde, où ses ateliers de gravure et 
de lithographie avaient été depuis peu transférés de Г hôtel de 
Mons (sur le Cours), qu'il succomba à une affection de grippe 
qui fit bien des deuils pendant ce même hiver. A voir cet 
homme si actif, si fortement constitué, et ayant toujours eu 
la vie la plus réglée, on aurait pu croire qu'il atteindrait 
une plus longue vieillesse et ferait encore bien des tra- 
vaux précieux . 

L'art fut la passion et le culte de toute sa vie, peut-on 
dire avec la plus grande exactitude : 

Oui, Marius Reinaud fut un heureux mortel : 
Artiste il était né, vécut et mourut tel. 

Son père était orfèvre, * graveur sur métaux, et faisait 
quelque commerce d'objets rares ou curieux, qu'il savait 



* Le bibliophile Jacob, dans ses Curiosités de l'histoire de Vart^ 
dit avec raison que l'orfèvre manie le burin comme le graveur, el 
qu'il est essentiellement artiste ; presque sans transition il devient 
graveur. 



— 22 — 

découvrir principalement à Marseille, et dont il avait le 
facile placement à Aix ; les amateurs lui payaient en beaux 
écusdes trouvailles qui, le plus souvent, ne lui avaient pas 
coûté «'quatre sous, » selon l'expression pittoresque de 
l'ancien pressier lithographe de la maison. * 

C'est que l'humble travailleur avait des connaissances 
techniques peu vulgaires lui permettant de vite apprécier ce 
qu'il rencontrait dans ses visites, et ne reculait devant aucune 
peine, aiguillonné qu'il était par le souci de subvenir aux 
besoins d'une nombreuse famille. 

On affirme qu'il faisait toujours à pied la longue course 
d'Aix à Marseille, refusant les occasions qu'on lui offrait 
d'éviter les fatigues de la roule, et qu'il revenait de même, 
emportant soigneusement sous sa veste les planches, tableau- 
tins et autres pièces de prix que les connaisseurs devaient 
se disputer. 

C'était aux premières années de l'Empire. A cette épo- 
que encore, les enfants suivaient volontiers la carrière de 
leur père , et celui-ci se faisait le plus souvent un hon- 
neur et une gloire de transmetre à son premier-né les 
traditions de ses ancêtres. C'était ainsi que, tout jeune, 
Marius reçut des mains de l'auteur de ses jours le premier 
burin avec lequel il devait faire bientôt des chefs-d'œuvre ; 
le jeune ouvrier burineur, en sa foi robuste, se fut volon- 
tiers écrié avec le poète : 



* Notre cousin M. Curet y a travaillé pendant vingt ans, et nous 
tenons de lui force renseignements utiles. — Tout jeune, quand 
nous allions le voir à sa presse, combien étions-nous heureux du 
don de quelque épreuve d'image ! 



— 23 — 

Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées, 
La valeur n'attend pas le nombre des années. 

Cet outil des premiers débats fat pieusement conservé, 
et с était toujours avec un nouveau plaisir que Reinaud le 
considérait, nous racontait un de ses anciens collègues de 
la commission de l'école de Dessin de notre ville, M. Alexis 
de Fonvert. Il le montrait, animé d'un juste orgueil, dési- 
gnant aussitôt du doigt les premiers travaux qu'il avait 
exécutés avec son secours et qu'on voyait étalés avec tant 
d'autres sortis plus tard de son atelier. 

Hàtons-nous de dire qu'il n'avait hérité de son père 
que d'un goût bien prononcé pour les beaux-arts, sans 
aucun esprit mercantile, et que sa simplicité poussée à 
l'extrême et sa modestie excessive n'étaient égalées que par 
sa passion du travail et l'amour des siens. Son cadet, ainsi 
que leur troisième frère, Jules, avec qui il avait fondé, vers 
1831, la première lithographie établie à Aix, s'occupait 
aussi de gravure, mais spécialement des travaux de com- 
merce.* 



* La lithographie Reinaud a été unique à Aix pendant un quart 
de siècle ; la seconde fut celle de M. Martin, en 1885, puis vint 
M. Pascal ; plus lard M. Nolane, dont l'atelier disparut par la suite, 
de même que celui de ML. Reinaud. Il y a peu, M. Giraud créa un 
établissement pour l'impression musicale, atelier disparu aus-i. 
Pour compléter l'historique de la lithographie à Aix, disons que 
les maisons Remondet et Ely oat, dans ces derniers temps, annexé 
à Fart de Gutemberg celui de Senefelder ; ce qui porte à cinq le 
nombre des lithographies aixoises, y compris celle de l'école natio- 
nale d'Arts et Métiers. — Reinaud, on le voit, a eu des succes- 
seurs pour le métier. 



— 24 — 

Dans leur enfance, les frères Reinaud, dont le tempé- 
rament était essentiellement artiste, étaient élèves de la 
Maîtrise métropolitaine Saint-Sauveur d'Aix, où ils avaient 
eu pour condisciples d'autres excellents Provençaux dont 
le souvenir nous est cher, parmi lesquels il nous est doux 
de nommer le chanoine Charbonnier, auteur du Magnificat 
des Noëls. 

Dans sa monographie attrayante de notre manican- 
terie,* M. l'abbé Marbot raconte, à propos de cadet Rei- 
naud et de la princesse Pauline, alors en villégiature à la 
Mignarde, au terroir d'Aix, un fait qu'on nous permettra 
de reproduire. 

Lors d'une visite que la sœur de Napoléon 1 er fil à cette 
célèbre école, fière de Campra et de Félicien David, après 
que le petit virtuose eut fini de chanter, elle se contenta 
de lui taper sur les joues, en lui disant : « Tu chantes 
bien. » Mais, pas le moindre bâton de sucre d'orge pour 
le brave clergeon . 

L'historiographe consciencieux, lui, n'a garde d'oublier 
« le graveur émérite que Paris n'eut point dédaigné, et 
dont la réputation ne put être arrêtée que par une mo- 
destie excessive. » 



* Notre Maîtrise métropolitaine, son histoire, par l'abbé E. 
Marbot. — Nous aimons à noter ici les noms des deux fidèles amis 
des Reinaud, également les nôtres, qui sont aujourd'hui à la tète 
de ce modeste conservatoire : le maître de chapelle Henri Poncet, 
musicien diplômé, et le chanoine directeur Chave, felibre de la 
Pastouralo. (Remplacé par l'abbé Victor Mille, il a depuis rendu 
son âme à Dieu, dernièrement). 




I 



— 25 — 

Tout jeune encore, Marius Reinaud, grâce aux leçons 
de son ami Constantin, de Clérian père, directeur de l'école 
de dessin, et grâce aussi à ses rapports suivis avec son 
cousin le peintre et graveur habile Belliard, s'était fait re- 
marquer par son talent, — talent précoce d'une finesse de 
burin remarquable alliée à une science précise du dessin. 

Le comte de Forbin, qui recherchait avec une rare bien- 
veillance tous les artistes de mérite, et surtout les artistes 
provençaux, ne tarda pas à donner à son compatriote les 
marques les plus flatteuses de sa satisfaction, pour quelques 
eaux-fortes et quelques sujets gravés dont il lui avait fait 
hommage. 

De même, Granet, l'émiuent Aixois (qui nous fait si 
volontiers songer à cette autre illustration locale, Jean- 
Baptiste Vanloo), ne devait pas méconnaître le graveur 
distingué, et celui-ci ne pouvait pas ne point rechercher 
l'amitié de l'illustre peintre de la lumière ; il devint bien- 
tôt son traducteur le plus scrupuleux et le plus fidèle. 

Déjà, le portrait de Granet qu'il grava, en 1812, d'après 
un dessin de Ingres, ainsi que, d'après le même, celui du 
comte de Forbin, furent on ne peut plus remarqués, autant 
par la finesse et l'expression de la physionomie, que par la 
pureté des tailles et un modelé délicat ; ils mirent fort en 
relief le fairejde Marius Reinaud et dénotèrent chez lui une 
manière qui lui aurait assuré de très grands succès, s'il 
s'était voué à cette spécialité. 

L'auteur des portraits, Ingres, fut enchanté du jeune 
Reinaud ; aussi Granet écrivait-il de Rome à son ami Clé- 
rian : « Je compte le remercier et lui dire combien ses dis- 



— 26 — i 



positions sont grandes. J'ai parlé au général Miollis * 
pour son père.... J'ai parlé aussi au général du fils. Dans 
ce moment, l'on fait un ouvrage sur les antiques de la 
villa Miollis. Lorsque l'ouvrage sera plus avancé, et qu'il 
s'agira de la gravure, je mettrai de nouveau sous les yeux 
du général les mérites de notre jeune homme. » 

La hante protection de Granet ne fut d'aucune utilité, 
à Rome, pour Marius Reinaud, et il faut le regretter, car les 
voyages et l'étude des maîtres l'auraient aidé à se perfec- 
tionner ; par contre, eUe lui servit assez à Aix. 

On rapporte que lorsqu'il passa au conseil de révision, 
on ne voyait aucun cas de réforme à ce conscrit si bien 
planté. Mais, sur l'insistance de l'un des examinateurs (des 
mieux placés, sans doute), il fut déclaré impropre au ser- 
vice militaire ; et le président reconnut alors avec à-propos 
•que, plutôt que d'en faire un médiocre soldat, il valait 
cent fois mieux conserver un bon artiste au pays. 

Cet épisode ne rappelle-t-il pas celui du chansonnier 
Pierre Dupont qui, à une revue passée. par un prince du 
sang, fut trouvé portant, dans son sac de soldat, musique et 
poésies? Le chantre inspiré des Bœufs, des Louis d'or, 
fut bientôt rendu à sa lyre, comme notre protégé si mé- 
ritant fut laissé à ses planches sculptées. 



* Le général comte Miollis, né à Aix en 1759. Presque au centre 
tiu cimetière de cette ville se trouve le mausolée du gouverneur de 
Rome, qui fut en même temps l'an de nos plus braves généraux 
et un archéologue passionné. — Coïncidence remarquable, un autre 
de nos concitoyens, le général comte deRostolan, inhumé à Ja Rosto- 
lane (Puyricard), fut également gouverneur de Rome sous le second 
Empire et eut bien des encouragements pour les artistes aixois. 



— 27 — 

Exempt de toute préoccupation, à partir de ce moment 
le jeane homme se voua entièrement à l'art, à cet art des 
Callot, des Audran, des Barras, dont il avait ea dès sa 
plus tendre enfance le noble sentiment. 

C'est alors qu'il consacra sou burin à cette belle suite 
d'eanx-fortes, d'après des dessins et des tableaux de notre 
compatriote G ranet, estampes que tous les amateurs admi- 
rent. Ce sont surtout des vues de Rome, telles que « le 
Colysée », qui a été reproduit dans la Vie des Peintres, de 
Charles Blanc, la a Porte Saint-Sébastien, à Rome q, ainsi 
que la « Rue de Carcbiano », et nombre d'autres, dont les 
planches sont conservées à Aix pour la plupart. 

Indépendamment de ces vues, il reproduisit aussi d'une 
manière magistrale différents tableaux de l'illustre peintre, 
tels que « la Fornarina» , le « Chœur des Capucins à Rome » , 
ce chef-d'œuvre qui excita l'admiration au Salon de 1 819 ; 
Charles Blanc en parle magnifiquement, disant que les tôles 
couronnées se le disputèrent, et que l'auteur fut obligé d'en 
faire seize répétitions, fait unique dans l'histoire de l'art. 
Il ajoute que Louis XVIII fit appeler Granet, lui remit la 
croix de la Légion d'honneur, et, parlant à plaisir de cet 
« intérieur », lui dit qu'il venait d'apprendre qu'on avait 
cru entendre éternuer un de ses moines. La royale plai- 
santerie mit le comble à la réputation du peintre aixois 
que Reinaud a traduit si heureusement. 

Aussi, ce morceau de calcographie, bien que ne mesurant 
que quelques centimètres de hauteur et de largeur, n'a-t-il 
pas'étédes moins remarqués à l'Exposition provençale des 
beaux-arts tenue à Aix en 1 887. Il est digne d'être conservé 
au Louvre parmi tant de trésors de ce genre. 



— 28 - 

On admirait à la môme Exposition un digne pendant, le 
« Cloître de Saint-Sauveur à Aix », d'après le même, dont 
le cuivre eu parfait état reflète si remarquablement et le 
célèbre monument historique et I œuvre du grand mailre 
du pinceau. 

Marius Reinand était, vers 1820, dans la belle éclosion 
de son talent, et le voilà devenu le graveur attitré de Granet, 
par le beau labeur où il avait accolé à ce nom glorieux le 
sien, quasi obscur naguère. 

Indépendamment de cette série dénotant un talent réel 
pour les arts du dessin et une connaissance parfaite des 
ressources de la pointe, il exerça son burin , aussi 
ferme que gracieux, sur des sujets non pas très différents, 
mais empruntés à d'autres artistes. C'est ainsi qu'il grava 
« Santa Maria Novella » à Florence d'après M. le comte A. de 
Forbin.* Il n'a été tiré de cette magnifique planche que fort 
pou d'épreuves : elle est en la possession du généreux 
M. Ferrier, qui a voulu dernièrement en offrir une épreuve 
personnelle à M. Georges Duplessis, conservateur du dépar- 
tement des Estampes, à Paris. Ce dernier a fait un choix des 
plus judicieux de 60 estampes gravées par Marius Rei- 
oaud, pour la Bibliothèque Nationale; de même, notre 



* Portefeuille du comte de Forbin, directeur général des Musées 
de France. Paris, Chalamel, 4855 ; g* 1 in-4 e . — Outre la lithogra- 
phie représentant le splendide cloître de Florence, on en trouve 
dans ce curieux recueil, deux autres nous intéressant pcut-tHre 
davantage : « l'Abbaye de Syivacanne, » de notre arrondissement, 
et le « Cloître de Saint-Sauveur à Aix ». Ce dernier cuivre est con- 
servé religieusement par M. R. Ferrier. 



— 29 — 

Méjanes fit pareil achat de 100 pièces du cher Aixois, à la 
suite de l'Exposition provençale de 1887. 

Aujourd'hui, le cabinet des Estampes de la Bibliothèque 
Nationale possède 123 pièces de l'habile graveur, puisque, 
indépendamment de cette acquisition, il en avait reçu 50 en 
don, de M. Boblet, le 25 août 1852, et qu'il avait acquis 
dans une vente, le 9 juillet 1880, 12 vues d'Italie. 

On ne peut qu'être reconnaissant envers l'éminent con- 
servateur M. Georges Duplessis, qui s'est empressé d'ac- 
quérir de la nièce de l'artiste, M l,e Coullouret, cette série 
complémentaire. En somme, la moitié environ de l'œuvre 
gravé de Marius Reinaud est conservée maintenant dans ce 
riche dépôt de la Nationale, et les deux tiers à la Biblio- 
thèque d'Aix, si l'on y comprend les planches dont sont or- 
nés maints et maints ouvrages relatifs à la Provence. 

Le chiffre de 300 pièces environ que nous connaissons 
est la preuve d'un travail énorme ; elles ont servi, avec tant 
et de si obligeantes communications, à la dresse du cata- 
logue aussi complet que possible, que nous sommes heu- 
reux de publier, enfin. * 

Marius Reinaud a produit aussi divers autres ouvrages 
détachés, dont les plus importants sont un sujet pastoral 



* Depuis la lecture de la présente étude, en séance de ГАса- 
démie, nous avons pu obtenir ce eatalogage artistique, avec la 
large collaboration de cet expert sapiteur qui a nom Raymond 
Ferricr. Et nous ne saurions parler de notre société littéraire et 
artistique, sans ajouter que son président actuel, M. J. de Magal- 
lon, fait hommage chaque année, à tous ses confrères, d'une nou- 
velle et charmante eau-forte représentant quelque Vue de Pro- 
>ence. 



— 30 — 

d'après le peintre lyonnais Advinent. pleio de finesse et de 
légèreté, et une coraposkion de grand style, d'après Boher, 
traitée magistralement. : 

. Mais ce que nous ne saurions oublier de citer, c'est la 
reproduction du fameux tableau dit de la Miséricorde,* 
d'Aix (aujourd'hui bureau de Bienfaisance, rue Gaston* 
de-Saporta), qui orne la notice écrite par le chanoine Tha- 
neron*** 
C'est là incontestablement un chef-d'œuvre de gravure ; 

ж 

cette physionomie de Mater Dolorosa, son altitude, ses 
maios, ses vêlements, tout est rendu à s'extasier devant nq 
tel morceau ; et notons que les scènes évangéiiques qui 
l'encadrent, sept miniatures de quelques centimètres carrés 
seulement, sont autant de. merveilles rehaussant le sujet 
principal de Notre-Dame: 

Reinaud avait une prédilection marquée pour limage de 
la Vierge et, à t f instar de certains artistes célèbres, il Taisait 
volontiers' poser seé nièces. Tant sa ferveur était grande 
pour l'exécution des ' gravures de piété, qu'on peut dire 
qu'elles égalaient, si elles ne les surpassaient point, ses 
autres genres de travaux. 



* Donné par le cardinal Grima kl i au P. Y van, fondateur des 
Religieuses de N.-D. de Miséricorde, et par la R. M. Pin, dernière 

survivante de* Misérioordincs d'Aix, au Bureau de Bienfaisance. 

# - 

• **. Notice sur 1д très vénérée image de Notre-Dame des. Sept pou- 
leurs rétablie et conservée dans la chapelle de la Miséricorde delà 
jnlle d'Aix. Aix, Nicot, 1851; 8 pages in-8° — (Mince et rarissime 
brochure, sur papier commun, avec couverture sur même papier, 
avec les deux magnifiques planches de Reinaud « N.-D. des Sept 
Douleurs » et le portrait du « P. Y van »). 



— 31 - 

Saos quitter là pièce majeure qui nous occupe, nous 
devons ajouter que les Dames de la Miséricorde, dont la 
maison-mére jadis établie à Aix, est aujourd'hui à Paris, 
voulant, il y a peu, à la suite d'une visite pieuse au ber- 
ceau de leur ordre, vulgariser ce chef-d'œuvre du graveur 
aiiois, durent se contenter, n'ayant su retrouver ici le pro- 
totype précieux,* d'en faire refaire le cuivre par un maître 
parisien, mais combien inférieur à l'auteur du merveilleux 
cuivre provençal ! 

Nous sommes assez heureux pour ajouter que nous avons 
pu acquérir récemment celui-ci ; il est entre nos mains, ainsi 
que le portrait du « P. Yvan », faisant son pendant dans la 
plaquette citée plus haut. 

Parmi les possesseurs des pièces originales de Reinaud, 
indépendamment de M. Ferrier, le plus fortuné entre tous, 
nous citerons MM. d'Estienne de Saint- Jean, du Roure, de 
Lagoy, Guillibert, Arbaud.Thumin, ce dernier à Marseille. 
Les riches galeries Arbaudines contiennent la « Vue de 
l'ermitage de Roquefavour », sur acier, et les beaux por- 
traits « de Forbin о , et « Granet » . 

Ceux-ci nous amèneront à nous occuper de cet autre genre 
de travaux dont nous avons parlé en passant. Combien de 
portraits remarquables dus au burin de ce maitre provençal? 



* Nous^tenons ce fait d'un éminent ami en relation avec tous 
les chercheurs, collectionneurs et littérateurs de notre chère Pro- 
vence, qui avait, comme toujours, mis fort obligeamment et sa 
science et son urbanité au service des religieuses franco -provença- 
les dans leur pèlerinage en Provence : nous avons nommé notre 
confrère L. de Berluc-Pérussis. 



— 32 — 

Albin. Guy on, La Brelenière, de Lestang-Parade, de 
Mizenod, Pascal is. Piquet de Méjanes, Terrasson, le P. 
Y van, ce dernier ornant la plaquette sur la Miséricorde, 
sont là autant de témoinsaltestant hautement le talent spécial 
du nouveau Cundier.* 

Nous devons une mention toute particulière au portrait 
du « Marquis de Méjanes » , placé en tête de la Notice sur la 
Bibliothèque d' Aix , par Б. Rouard. Ce portrait est mal- 
heureusement sur petit format, comme la plupart des 
autres ; mais on peut dire qu'il a été l'un des plus savam- 
ment gravés, car l'artiste sextien s'y est intéressé jus- 
qu'à rendre de sa fine pointe les moindres plis de la peau, 
montrant un véritable art dans le modelé des chairs et 
une très heureuse expression de vie. Le buste de Méjanes 
par Houdon, dont il s'est inspiré, décore notre vaste biblio- 
thèque. Reinaud se surpassa dans colle reproduction. 

Aussi, le savant et regretté bibliothécaire eut-il recours 
maintefoîs an même burin pour les planches de ses divers 
travaux d'archéologie. 

Et l'Académie d'Aix l'employa presque constamment 
pour ses Mémoires, en même temps que plusieurs de ses 
membres y recouraient pour leurs publications indivi- 
duelles : il suffira de citer l'important Armoriai des Com- 
munes de Provence, par Louis de Bresc, avec ses sept cents 
blasons. ' 

* Portraits dos Provençaux célèbres, à la Méjanes. Recueil fac- 
tice, 3 vol. gd-in-f* renfermant nombre d'estampes de graveurs 
aixois dont le Manuel de l Amateur, de Le Blanc, énumère longue- 
ment l'œuvre: 60 pièces de Jacques Cundicr, mais aucune de A.-B. 
Cundier. 



— 33 — 

Marias Reioaad excellait aussi pour rendre, et par le 
crayon et par la pointe, les vues d'Aix et de la Provence, 
telles que « la Tour d'Aigosy », le « Calvaire de Lam- 
besc », celui de « Marseille, le a Port «, de cette ville, 
celai de « Toulon *, et des sites des Alpes, souvent ravis- 
sants, notamment une « Vue de Digne ». 

Noos avons dit combien il était heureusement inspiré par 
les sujets de piété ; de môme, il aurait compté parmi les 
maîtres pour le portrait en France, s'il avait affectionné 
davantage ce genre, ou si ses occupations multiples de gra- 
vure et de lithographie ne l'en avaient matériellement 
empêché. 

Est-ce par position, est-ce par caractère, qu'iln'adopta 
pour ainsi dire aucun genre ? Peut-être le métier avait-il 
quelque peu dévié, altéré même, un talent précoce, qui 
aurait certainement atteint les plus hautes sommités de l'art. 
N'avait-il pas marqué précisément sa vocation de bonne 
heure, par ces interprétations si fidèles de Granel, par ces 
vues d'Italie et autres ? 

Nous avons comme preuve de tant d'aptitude la carte- 
adresse de la maison commerciale Marius Reinaud. Qu'il 
nous sbit permis de nous arrêter un instant, la loupe en 
main, sur cette pièce mignonne, témoignage d'un grand 
talent d'exécution. 

An premier plan, un vaste rideau aux larges plis, sou- 
levé par trois génies ailés, sur lequel on lit l'adresse de 
Marius Reinaud ; la gauche du bas de ce même rideau, sou- 
levé très heureusement (un coup de vent peut-être), laisse 
apercevoir la silhouette de noire chère ville d'Aix, Et sans 

effort aucun , nous découvrons de ce côté le clocher de 

3 



— 34 — 

Saint-Sauveur, la tour de l'Horloge» celle do Saint-Esprit ; 
adroite, est le clocher de Saint- Jean, à la forme svelle, 
élancée, et enfin dans le fond, borné par des collines, se 
dessine parfaitement la tour de la Queirié et la fameuse 
montagne Sainte-Victoire. 

Celte petite pièce, beaucoup moins grande que la main, 
présente une véritable richesse dans la composition ; car 
ici, ce n'est plus une traduction, c'est le génie direct de 
notre artiste se déployant librement dans le choix du sujet 
si heureusement conçu. 

Maintenant, si nous passons au travail matériel de cette 
pièce, nous ne pouvons que constater combien pointe et j 

burin y sont associés avec délicatesse et amour ! On voit, 
on sent, que c'est un témoignage de reconnaissance donné 
par l'artiste à sa ville natale, qui veut la glorifier, en mê- 
lant son nom à la cité provençale qui Га vu naître, pros- 
pérer et mourir. 

Que d'admiration n'avons-nous pas encore pour celte 
autre pièce au cadre exigu : « La Maison de retraite, à Saint- 
Joseph, présAix » ! Le temps semble se couvrir ; de gros 
nuages s'amoncellent à la gauche du spectateur ; les éclairs 
s'éteignent, les ombres se diffusent. Seul, le premier plan 
est éclairé dans toute sa vigueur d'intensité, donnée par 
un pan de ciel que les nuages n'ont point encore enve- 
loppé. 

Quel vaste paysage dans un si petit format ! En bien exa- 
minant l'ensemble de cette estampe, miniature aussi comme 
la précédente, on y remarque un effet doux, tranquille, dont 
le mystère invile à la rêverie. Obeala solitudo, о sola beali- 
tudo ; c'est bien là le sens de l'inscription latine mise au 



- 35 — 

bas de cette petite gravure, interprétée avec infiniment de 
bonheur par Marias Reinaud. 

Tout l'œuvre, l'œuvre entier, presque, de cet artiste est 
sur petit format : il n'a pas voulu donner de l'envergure à 
ses planches ; on dirait que son caractère d'extrême modes- 
tie était ainsi concentré, comme le plus souvent Tétait le 
burineur dans son cadre local. 

Quel contraste ne voyons-nous pas ici entre le maître et 
son principal élève ! Nous ne parlerons pas du célèbre paysa- 
giste Constantin, qu'il avait initié à son art et dont on se 
dispute encore les admirables productions, un demi-siècle 
après sa mort. Bornons-nous à citer comme élève de notre 
célèbre graveur, l'aquafortiste Gautier, dont la réputation 
a franchi Manche et détroit, et dont les grandes estampes 
trouvent si facilement acquéreurs à Londres comme à New- 
York. 

C'est un hommage rendu à la mémoire de Marins Rei- 
naud que de reproduire presque in extenso la lettre suivante 
de son élève Lucien Gautier, « ce brave cœur », publiée 
dans Tune des principales revues artistiques de Paris : * 

a Né à Ais-en- Provence, le 8 janvier 1850, mes 
parents peu fortunés voulurent, tout en me donnant une 
éducation relative, et à cause du penchant que je semblais 
avoir pour le dessin, me faire suivre les coursa l'école 
spéciale et gratuite de la ville. J'y eus assez de succès pour 
intéresser à mon avenir le directeur de l'école. Il aurait 
voulu me faire concourir au Prix Granet, consistant en 



* U Art, revue hebdomadaire illustrée ; directeur cl rédacteur 
en chef Eugène Véroo, 28 novembre 1880. 



— 36 - 

âne pension faite à uu élève pour venir à Paris suivre les 
cours de l'Ecole des Beaux-Arts ; mais la médiocrité de cette 
pension, jointe à la position de mes parents, ne me permit 
pas de mettre ce projet à exécution. Il fallait avant tout 
me donner un état qui pût au plus tôt me permettre de 
n'être à charge à personne. C'est alors que Ton me plaça 
chez mon vénéré maître, M. Marius Reinaud, bien connu 
dans le Midi de la France par ses gravures de dévotion et 
par ses eaux-fortes de l'œuvre de Granet et de celle de 
Constantin, ses amis. 

a Le but de mes parents était de me faire apprendre la 
gravure commerciale. Mais le contact de mon maître, qui 
était avant tout artiste, l'empressement que je mis à par- 
tager ses idées, me conquirent à un tel point son amitié, 
que je négligeai la gravure de commerce pour ne plus 
m'occuper avec lui que de dessins à la plume. J'oubliai 
tout pour ne m'inspirer que des eaux-fortes de mon maî- 
tre et de la superbe collection qu'il avait amassée. Cela ne 
fit pas l'affaire de ma famille. 

a Pour apprendre le métier plus prosaïque et plus lu- 
cratif alors de photographe, je dus quitter mon mailre... 
J'ai toujours conservé pour son souvenir une grande véné- 
ration. Sa simplicité et ses mœurs patriarcales sont passées 
en proverbe dans mon pays. Malheureusement, une trop 
grande modestie Га empêché, comme tant d'autres, d'ac- 
quérir une fortune... 

« Le peu de loisirs que ma place (dans une administra- 
tion, à Paris) me procure, je les consacre à la gravure. Cela 
m'est assez pénible, c'est surtout le soir qu'il me faut tra- 
vailler... » 



— 37 — 

Le rédaclenr deYArt, M. Paul Leroi, se félicite d'avoir 
découvert M. Gautier, qui о fait preuve d'une magistrale 
cràoerie » ; et que la presse anglaise a tout particuliè- 
rement distingué dans un unanime concert d'éloges. Il 
termine en disant : 

e II est très fort ce jeune aquafortiste qui ne peut con- 
sacrer à son art que ses trop rares loisirs, et qui prend sur 
ses veilles pour produire de temps en temps une de ces 
créations sincères, d'une originalité puissante, comme son 
« Petit bras de la Seine «...Notre Revue pourra publier 
toute une série de planches nouvelles que va graver expres- 
sément pour elle l'ancien élève de Marius Reinaud. » 

Ce témoignage d'admiration, de reconnaisssance pour 
le maître n'est-il pas touchant ? La mémoire du grand 
artiste provençal, presque oublié, méconnu, comme nous 
le disions au début de notre élude biographique, est ainsi 
noblement gardée. 

De même, avons-nous dit, son œuvre fécond est aujour- 
d'hui conservé dans les richissimes dépôts de la Bibliothè- 
que Nationale à Paris, delà Méjanes à Âix, comme chez 
bien des délicats, des admirateurs passionnés de notre com- 
patriote. 

Souhaitons que le Musée de la Ville, où Ton remarque 
tant d'œuvres intéressantes, contienne aussi un choix des 
plus belles œuvres de Marius Reinaud. 

Et nul doute que la Municipalité, si soucieuse de nos 
gloires artistiques, littéraires, scientifiques, ne veuille, au 
plus tôt, rendre un hommage à cette illustration locale, soit 
en donnant le nom de Marius Reinaud à lune de nos rues, 



— 38 — 

où tous les arts brillent déjà largement, soit en faisant 
revivre par le marbre on le pinceau cette figure amie du 
pays et de l'art, une des figures les pins nobles de la noble 
cité de Sextius. 




CATALOGUE 



DE L'ŒUVRE DE REIJ4AUD 



1 



Faire connaître un artiste provençal et distingué 
tel que Va été Marius Reinaud par les détails de sa 
vie, ainsi que vient de le raconter avec tant cTéru- 
dition rhonorable académicien F. Vidal , с est lui 
assigner Vestime que dans notre chère Provence les 
gens de goût et T opinion publique se plaisent toujours 
à accorder au vrai mérite. 

Mais, pour juger entièrement de la fécondité artis- 
tique du dessinateur-graveur, nous ne pouvons mieux 
faire, avant de donner la description de son œuvre 
gravé, que de dire quelques mots sur ses compositions 
originales dessinées. 

ZKabord et toujours de très petite dimension, les 
dessins originaux du Maître étaient traités soit à la 
mine de plomb, soit à la sépia, lavés dC encre de Chine ; 
et comme il devait lui-même être le Jidèle « inter- 
prétateur -» par le burin ou la pointe, de son sentiment 
et de ses intentions, il ri hésitait pas à terminer et 
finir complètement pour en avoir une appréciation 

juste et vraie. 

Tous sont tracés avec grand soin, le contour ferme 
et délicat est arrêté cTune main sûre, renforcé dans 



— 42 — 

ses ombres (Тип lavis léger ou intense — selon le 
cas — afin (Ten obtenir tout Г effet désiré et cherché. 

Aussi , quiconque, ayant le sentiment de Part, 
examine avec attention ces originaux, remarque aisé- 
ment, dans la touche et le procédé, combien ces petits 
chefs-d'œuvre sont admirables de science, de pureté, 
en même temps, que très personnels. 

En ce qui concerne son œuvre gravé, nous n'avons 
nulle prétention de croire notre travail complet, bien 
que nous ayons puisé nos renseignements dans les 
cartables de nos amateurs aixois et notre propre 
collection formée depuis plus de trente années. 

La tâche était par trop difficile, même impossible, 
dirons-nous, pour supposer un seul instant avoir tout 
vu y découvert et décrit en ce qui concerne Г œuvre 
si multiple du Maître. 

Que Ton nous pardonne donc notre modeste entre- 
prise , dictée absolument par la plus pure affection 
envers ce consciencieux et habile artiste que nous 
avons beaucoup connu et souvent fréquenté. 

R. F. 




DIVISIONS DU CATALOGUE 



1° Pièces provençales, comprenant : Portraits, Sujets 
religieux, Sujets profanes, "Vues, Paysages, Genre ; 
2° Portraits non provençaux ; 
3° Vues, Paysages, Genre ; 
4° Sujets religieux ; 
5° Sujets profanes. 

Abréviations : 

P. en H. veut dire : Pièce en hauteur. 

P. P. en H. ce Petite pièce en hauteur. 

P. en L. « Pièce en largeur. 

P. P. en L. ce Petite pièce en largeur. 

Les planches cuivre ou acier gravées par Marius Reinaud 
étant encore en majeure partie dans les collections de nos 
amateurs aixois, nous les mentionnerons par les abrévia- 
tions suivantes : 

Possessenrs Abréviations 

La Planche cuivre est dans la IL _ _,. 4 , , „ _ . 

collection de M. Paul Arnaud. S La pl - c - est dans la colL p A 

La Planche cuivre est dans I _ _. , . „ _ ^ 

la collection de M. Léopold 5 La Pl. с est dans la coll. L. D. 

Durand. jj 

La Planche cuivre est dans ш t «, . , . .. „ лт 

la collection de M. François g La Pl. с est dans la coll. F.V. 

Vidal. 

la ыЙоГаеТ fayid ? L " И " *■ «* dans la «»«• « F " 
Ferrier. 

Les mêmes abréviations seront observées pour indiquer les amateurs 

en possession de dessins originaux. 



PIECES PROVENÇALES 



PORTRAITS. — SUJETS RELIGIEUX. — SUJETS PROFANES. 
VUES. — PAYSAGES. — GENRE, ETC. 

PORTRAIT DE M*' DE BELZUNCE. 

P. en h. 

Le portrait, comme l'éloge et l'oraison funèbre de l'im- 
mortel Évéque de Marseille, ont été faits par bien des 
auteurs. Henri-François-Xavier Belzunce de Castel-Moren est 
né au château de la Force en Périgord , en 1 671 ; mort 
en 4755. 

J.-A. CONSTANTIN, peintre. 

D'après Gras. 

P. lithographiée en h. 

Né dans la banlieue de Marseille en 4756, mort à Aix en 
4844. Fit de sérieuses études à Rome et revint à Aix pour 
être nommé directeur de notre école de dessin. Chevalier de 
la Légion d'honneur. 

Peintre paysagiste de talent, a surtout excellé dans ses 
dessins lavés d'encre de Chine, dont la touche et les effets 
se rapprochent énormément des productions du premier 
grand mattre traducteur de la nature, Claude Lorrain. 

Cinq essais de gravure ont été faits par Constantin, parmi 
lesquels nous citerons le plus heureux, intitulé : Le canal 
cl 9 Is très. 

LE COMTE DE FORBIN L.-N.-P.-A. 

DIRECTEUR DES MUSÉES DE FRANCE. 

D'après Ingres. 
P. en h. 

Portrait à mi-corps vu de t rois-quarts, légèrement tourné 



— 46 — 

à droite. Tête nue, figure intelligente très heureusement 
exprimée par une très grande justesse dans les travaux de la 
pointe; d'ailleurs notre graveur a voulu porter sa science de 
traduction dans la figure pour négliger presque l'habit dont 
iJ est vêtu, portant déjà les insignes de la Légion d'honneur. 

Né à La Roque-d'Antheron (B.-du-R.) en 4777, mort à 
Paris en 4 8И. 

Elève de Boissieu et de David, membre de l'Institut, direc- 
teur général des musées royaux et officier de la Légion d'hon- 
neur, a exposé aux salons de peinture de 4800 à 4840. 

Il existe dans la collection d'un amateur de notre ville un 
essai de gravure de A. de Forbin représentant la tour Haute- 
Rive en Dauphiné ; en examinant de près cette rarissime 
épreuve on sent l'influence de son premier maître Boissieu. 

Une très rare épreuve de 4" état existe dans les nom- 
breuses collections de l'obligeant commandant H. Guillibert, 
où Ton voit ce même portrait déjà décrit avec le ruban de la 
Légion d'honneur à la droite de la boutonnière de son habit. 

La Planche cuivre est conservée à Aix dans la collection 
de M. Paul Arbaud. 

LE CHEVALIER GRAXET, peintre, 

MBMBBK DE L'INSTITUT. 

D'après Ingres. 
P. en h. 

Yu de face légèrement tourné à gauche, tenant une palette 
rectangulaire dans sa main droite. 

L'ensemble de ce portrait est un peu plus poussé que celui 
du Comte de Forbin son ami, ce qui ne nuit nullement au 
bon effet de l'ensemble. 

Né à Aix-en-Provence en 4775, mort en 4849, élève de 
Constantin et de David, comtemporain de M. le Comte de 
Forbin, qui, par sa protection, le fit entrer dans l'atelier de 
David, passa de longues années à Rome, retourna à Paris, où 



— 47 — 

il fat très remarqué dans ses expositions de 4799 à 4847. 
Chevalier de la Légion d'honneur en 4849, membre de l'Ins- 
titut en 4830. 

Il a légué à sa ville natale sa fortune et la majeure partie 
de ses tableaux pour en former un musée actuellement 
installé. 

Granet n'a gravé qu'une seule planche, assez sèchement 
exécutée, représentant un Intérieur d'Auberge. Nous n'en 
connaissons que deux rares épreuves conservées dans les 
collections de MM. Paul Àrbaud et R. Ferrier. 

JACQUES GASSIER, 

AVOCAT AU PARLEMENT DE PROVENCE. 

D'après Maurin. 
P. en h. 

Ce célèbre avocat au Parlement de Provence, annobli par 
Louis XVI en 4777, est né à Brignoles en 4730 et mort à Aups 
(Var) en 4844. Le chef de cette famille, François-Jules de 
Gassier, fixé à Aix, est allié aux MM. de Bresc et de Berlue. 

LE MARQUIS DE MÉJANES. 

D'après Houdon. 

P. en h. 

Le portrait du Marquis de Méjanes est en buste reposant 
sur un piédouche, vu presque de face, tête couverte d'une 
abondante chevelure rejetée en arrière. 

Il est vêtu d'un simple habillement négligemment ouvert 
devant la poitrine ainsi que le collet de sa chemise. 

En examinant attentivement la touche de ce portrait Ton 
sent dans la conduite des travaux de la pointe un sentiment 
exquis de délicatesse pour en arriver à traduire l'expression 
de surprenante vérité. 11 était difficile de rendre avec plus de 



— 48 — 

bonheur le modelé des chairs de cette intelligente figure qui 
fut notre Mécène aixois. * * 

Le modèle en marbre qui servit à Marius Reinaud est un. 
chef-d'œuvre du statuaire Houdon. 

PORTRAIT DE M. de PARADE MELCHIOR de LESTANG. 

D'après A. de Parade. 
P. en h. 

La famille des Chevaliers de Malte Alexandre et Melchior 
de Lestang-Parade, remonte au XI* siècle et compte des sa- 
vants, des magistrats ; l'un d'eux fut consul d'Aix en 1764. 

J.-J.-P. PASCALIS, 

AVOCAT A A1X. 

P. ovale en h. 

Ce portrait orne le remarquable ouvrage de M. Ch. de 
Ribbe : « Pascalis, étude sur la fin de la constitution proven- 
çale » ; Paris, Dentu, 4854, in-8 e . 

PORTRAIT DE MARIUS REINAUD, 

GRAVEUR A AIX. 

D'après Belliard, son ami. 
P. lithographiée en h. 

Vu de face légèrement tourné à gauche. 

Pièce assez rare dont nous ne connaissons que 4 ou 5 
épreuves. 

Physionomie douce et souriante que le crayon de notre 
maître a très heureusement rendu. 

Il existe chez l'honorable M ,,e Aubert, fille du regretté 
président du tribunal de commerce à Aix, un admirable des- 

* H était l'oncle des Marquis de Lagoy qui, eux aussi, se sont 
illustrés dans la gravure à Геаи -forte, la numismatique et les 
sciences. 



— 49 — 

sin lavé d'encre de Chine, ayant de grandes analogies avec 
le portrait que nous venons de décrire. 

M 1 " Aubert a bien voulu nous confier cet original pour en 
faire prendre une copie, que M. G. Michaud a exécuté à la 
plume avec un talent inimitable. 

LE ROI RENÉ. 
P. lithographiée en h. 

Reproduction fidèle de la statue de notre bon Comte de 
Provence exécutée par David et érigée en 4823, que nous 
voyons encore actuellement sur le Cours d'Àix. 

Seulement, le dessin de notre artiste ayant été traduit sur 
la pierre lithographique par un nommé Ogier, certaines par- 
ties peuvent provoquer la critique. Qu'il nous suffise de rele- 
ver cette particularité sans entrer dans les détails qui nous 
entraîneraient trop loin. 

LE PÈRE A. Y VAN. 
P. en h. 

Le P. Antoine Yvan né à Rians en 4576, mort à Aix en 
4653, avait fondé dans cette ville le monastère des Dames de 
la Miséricorde dont la maison-mère est aujourd'hui à Paris. 
Voir la Notice « N.-D. des Sept Douleurs », par le chanoine 
Thaneron. Aix, imp. Nicot, 4854, in-8\ 

SAINTE MADELEINE. 
P. en h. 

La Sainte est assise dans une grotte, accoudée de son bras 
droit sur des rochers, pleurant et gémissant. 

A sa droite, une tête de mort et une croix penchée. 

Dans le haut et hors de la composition on lit : A la Sainte- 
Baume, dans le bas : S u Madeleine, etc. 

Le dessin original lavé de sépia et la planche cuivre font 
partie de la collection d'un amateur de notre ville. 

4 



— 50 — 

NOTRE-DAME DE LA SEDS. 
P. en h. 

Cette Vierge si populaire et si vénérée dans notre ville 
est debout, tenant l'enfant Jésus à sa droite et le sceptre à sa 
gauche ; elle est vêtue d'une robe richement brodée en feuilles 
vignes et raisins ; sa tète couronnée est surmontée d'une au- 
réole de dix-sept étoiles qui, ressortant sur un fond noir, 
forme un très bel effet. Dans le haut et hors de la composi- 
tion on lit : Notre-Dame de la Seds, et, dans le bas, une ins- 
cription et annotation en huit lignes. 

Le ravissant dessin original de cette Vierge est fait à la 
mine de plomb et admirablement traité. 

NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS ou DE MISÉRICORDE 

A AIX. 
P. en h. 

Pour le tableau reproduit par ce chef-d'œuvre de Marius 
Reinaud, voir : 

Roux-Alphéran. « Les Rues d'Aix » (ouvrage se trouvant 
dans toutes les bibliothèques provençales) ; 

Le chanoine J. Thaneron. Notice sur la vénérable image de 
N.-D. des Sept Douleurs dans la chapelle de la Miséricorde 
de la ville d'Aix (plaquette rarissime en notre possession 
ainsi que la planche gravée et celle du P. Yvan). 

AUX AMIS DE LA PAIX. 

P. en rond dont la partie basse seulement est encadrée 
dans une bordure ornementée. 

Une vaste perspective, dominée par des maisons et platanes, 
représente sans doute une ancienne voie de Marseille. Au 
1 er plan, des bornes en pierre rapprochées, dont deux sont 
reliées par une chaîne ayant pour but d'empêcher l'accès des 
voitures. 



— 51 — 

Ли 1" plan, des marchandes d'oranges vendant à divers 
acheteurs. 

Vaste étiquette de boîte ronde pour confiseur. 

UNE BASTIDE EN PROVENCE AUX ENVIRONS DAIX. 

P. lithographiée en l. 

Si un Aixois, connaissant bien son territoire, se trans- 
porte par le souvenir sur la route d'Italie, entre le moulin 
à eau du pont des Trois-Sautets et le hameau de Palette, il 
trouvera à sa gauche une bastide à deux toitures inégales 
avec sa façade principale visant au midi, percée de neuf ou- 
vertures, et ayant sur le devant une terrasse soutenue par 
une vaste et haute muraille. 

Cette construction est faite sur des rochers épars, mais 
dont les intervalles sont pittoresquement , remplis par des 
chênes kermès. 

A droite du spectateur, un bouquet de pins venant aboutir 
près de la bastide. 

Un tel sujet champêtre ne pouvait que tenter notre maître. 

Le velouté du procédé et la dégradation des divers plans 
donnent à cette composition, traitée en croquis, la vraie sincé- 
rité d'un de nos sites provençaux les plus agrestes, les plus 
ensoleillés. 

Telle est l'épreuve que nous avons vue et mieux voulu 
contrôler, en nous transportant sur place. A peu de chose 
près tout existe encore, sauf le bouquet de pins disparu et 
la transformation des fenêtres du 4" étage, qui primitivement 
étaient de style Henri II. 

CARTE COMMERCIALE D'ADRESSE DE MARIUS REIN Al )D, 

GRAVEUR. 

P. P. en L. 
Voir page 33. 



— 52 — 

CARTE DU CERCLE DU COMMERCE D'AIX. 

P. en l. 

Dans un ovale en largeur, bordé d'un encadrement carré, 
laissant aux quatre angles intérieurs un espace restreint dans 
lequel notre graveur a su loger tous les attributs du com- 
merce. 

Au centre on lit : Cercle du Commerce M. XX. sociétaire. 

Ce genre de cartes artistiques est malheureusement aujour- 
d'hui bien peu en faveur. 

UNE ÉTIQUETTE DE CONFISEUR. 
P. ovale en l. lithographiée. 

Au centre de cet ovale composé de fleurs, rocailles et en- 
roulements on lit : Giraud-Ginésy F"% confiseurs, sur le 
Cours, 42, à Aix (Provence). 

Une des rares lithographies que le maître avait daigné 
exécuter, -laissant ordinairement ces sortes de travaux moins 
artistiques à son frère Jules Reinaud. 

La pierre lithographique est conservée dans la collection 
d'un amateur de notre ville. 

AU FIDÈLE BERGER. 

P. en rond encadrée dans une bordure ornementée. 

Au centre, tout près de deux pieds d'arbres, une bergère 
est assise, tenant une houlette de sa main droite ; elle sem- 
ble écouter les serments d'amour qu'un berger lui fait à 
genoux, la main portée au cœur et tenant lui aussi la hou- 
lette de sa main gauche. 

Entre les deux personnages, un chien caressant sa maî- 
tresse ; tout à côté, deux moutons couchés. 

On remarque à la droite du fond un château dans les om- 
brages, plus un rocher. 

Les armes de France occupent la partie inférieure du cen- 
tre, et plus bas on lit : Dusouchet, breveté, etc. 

Vaste étiquette de boîte ronde pour confiseur. 



- 53 — 

PLAN ET DESSIN DE LA FENÊTRE ET DE LA BOISERIE 

A SAINT-JEAN-DE-MALTE A AIX. 

P. Uthographiée en и. 

La fenêtre absidale de Saint- Jean-de-Malte semble re- 
monter au XIV* siècle. Aveuglée au XVII e par le prieur 
Viany, elle a été réouverte en 4858, et ornée, l'an d'après, 
d'une belle verrière. Une notice lui a été consacrée par 
M. Alexis de Fonvert dans le lome IX des Mémoires de l'Aca- 
démie d'Aix. 

La boiserie, toute moderne, du chœur de Saint-Jean, a été 
installée peu après la verrière. 

Plus récemment (1895), la rosace qui surmonte le portail 
de Saint-Jean, et que les Chevaliers de Malte avaient égale- 
ment obstruée, a été réouverte à son tour. 

QUELQUE CHOSE, S'IL VOUS PLAIT. 

D'après J. Gaut. 

P. Uthographiée en h. 

Une mendiante accroupie, tenant un enfant au maillot, tend 
sa main gauche aux passants. Un jeune garçon, tête nue, 
grelotte de froid, car la neige couvre complètement le sol. 

Tout nous porte à croire que la scène se passe dans une de 
nos rues d'Aix, car nous reconnaissons dans le lointain la 
silhouette aiguë du clocher de Saint-Jean dominant parmi les 
nombreuses toitures blanchies de neige. 

Lithographie faisant partie de la suite du journal illustré 
ayant pour titre Le Cygne fondé à Aix en 4840, comprenant 
65 numéros parus, devenus très rares aujourd'hui. 

Notre maître, quoique très peu porté pour la gravure sur 
pierre, n'hésita pas, sur les sollicitations qui lui furent adres- 
sées, d'y collaborer de son habile crayon poux une très large 
part, en compagnie des Clérian, J. Gaut, Gras, etc. 



- 54 — 

Ufc IVA1X-EN-PR0VENCE. 
P. en r. 

> ;u? sÀ Vi\ se déploie dans son plus grand parcours, à 
% v..iv<fcK ** clocher de Saint-Sauveur, la grande horloge, 
Xv*uvJk*u extra mures л Saint-Esprit et Saint-Jean, tous les 
ч ччч^ксг$ apparaissent facilement aux yeux du spectateur ; 
pt№ loin, les T rois-Moulins actuellement démolis, la tour de 
la Queirié et enfin le mont Sainte- Victoire. 

Au 1 er plan et à droite, des jardins maraîchers ; à gauche, 
une allée d'ormeaux allant aboutir à l'entrée du Cours. 

Vaste étiquette de boîte ronde pour confiseur. 

La Planche cuivre est encore entre les mains de l'industriel, 
M. Barthélémy, confiseur, à Aix, qui l'avait spécialement 
commandée pour lui-même à Marius Reinaud. 

CLOITRE DES CAPUCINS DE SALERNES. 

D'après Clérian. 
. P. lithographiée en l. 

Au centre du fond, la perspective du cloître sous lequel 
marche un religieux paraissant lire son bréviaire. 

Sur le devant du 4" plan, deux colonnes soutenant des 
arceaux à moitié ruinés par un incendie survenu en 4789. 

Croquis de premier jet et nullement recherché. 

Nous croyons ce cloître situé dans le Var ayant appartenu 
en 4850 à la famille Pontevès. 

VUE DE DIGNE. 

P. en r. encadrée dans une double bordure de feuilles 

d'acanthes et de lauriers. 

La ville de Digne est vue à droite du spectateur, au pied 
des montagnes ; le clocher qui domine est la cathédrale ; 
dans le centre, plusieurs montagnes, dont certaines sont cou- 
vertes de neige ; la première colline, c'est-à-dire colle tou- 
chant les maisons de gauche, et derrière les plus grands ar- 



— So- 
bres du 2"* plan, est la colline dite de Saint- Vincent, où les 
habitants et étrangers grimpent pour recueillir ces petites 
pierres étoilées connues sous le nom de pierres de Saint- 
Vincent. 
A gauche de l'estampe, un vaste pont à sept arches sous 

lequel coule la Bléone. 

Vaste étiquette de botte ronde pour confiseur. 

ERMITAGE DE ROQUEFAVOUR. 

P. en l. 

Nous ne pouvons mieux faire que de redire ce que nous 
avons écrit sur ce sujet dans le journal Y Echo des Bouches- 
du-Rhôneàw 26 juin 4887. 

« L'Ermitage de Roquefavour, près d'Aix, dessiné et gravé 
par M. Reinaud, pièce précieuse s'il en fut, qui décèle bien 
tout le talent de son auteur. M. Reinaud partit un jour d'Aix 
et se rendit à cet ermitage si souvent visité ; là, choisissant un 
point de vue favorable, il dessina ce site charmant qu'il re- 
produisit ensuite sur acier. Que de finesses dans tous les 
détails du dessin ! la pointe unie au burin a attaqué le métal 
avec légèreté ou vigueur, selon l'effet cherché. Les effets de 
perspective sont nets et délicats, les lumières et demi-teintes 
sont aussi savamment comprises et exécutées ; en un mot, il 
est impossible, ce nous semble, de rendre avec plus de 
bonheur et de vérité cette nature si pittoresque et rocheuse 
qui caractérise si bien notre belle Provence. Cette œuvre 
seule prouve jusqu'à quel degré de force pouvait atteindre 
notre artiste, et quand bien môme elle aurait été unique, 
nous n'aurions pas hésité à la décrire. » 

Il existe dans la coll. R. F. quatre épreuves d'état très in- 
téressantes à consulter. 

La planche acier est dans la coll. P. A. 

ENVIRONS D'AIX. 
P. lithographiée en l. 
Paysage d'après nature dessiné et gravé par le maître, re- 



— 56 — 

présentant l'ancien pont de la Torse sur la route d'Italie, 
ombragée dans cette partie par de vieux arbres séculaires. 

A droite, la légendaire tour d'Aygosi, que tout paysagiste a 
dû dessiner. 

Le suave dessin lavé de sépia est conservé dans la collec- 
tion d'un amateur de notre ville. 

FONTAINE DE VAUGLUSE. 
P. en r. 

Gigantesque site rocheux, de forme circulaire. 

Dans la partie basse du fond, on remarque une vaste et 
sombre excavation d'où jaillit une immense source (la Sor- 
guej qui vient couler jusqu'au devant de l'estampe. 

A droite du spectateur, Ton remarque des fabriques de pa- 
pier établies sur les bords de la rivière. 

Au sommet de la montagne, les ruines d'un château. 

Dans le bas et hors de la composition, on lit les noms du 
confiseur Cognasse Beaupré, qui avait commandé la planche à 
notre graveur. 

Pièce très heureusement traitée et peu commune. 

VUE DE MARSEILLE. 
P. P. en h. 

Composition ayant de grandes analogies avec les mêmes 
vues de Marseille déjà décrites, seulement notre artiste ne 
manquait jamais d'y apporter quelques changements, par 
additions ou variantes. 

VUE DE MARSEILLE. 
P. dans un ova'e en l. 

Composition entourée d'attributs maritimes et commer- 
ciaux. Au centre le port charge de vaisseaux, bornée au fond 
par des maisons, le fort Saint-Jean, et iiualeinent les collines 
de la Nerthc 



— 57 — 

MAISON DE RETRAITE A SAINT-JOSEPH, 
près Aix (B.-du-R.J. 
P. P. en l. 
Voir page 3i. 

VUE DU PONT-DE-L'ARC, près d'Aix. 

P. en l. lithographiée par E. de Cabre. 

D'après ud dessin de Mari us Reinaud. 

Charmant paysage représentant un site des environs d'Aix, 
fait d'après nature. 

Le centre du fond est occupé par le pont de Г Arc à deux 
arches, sous lequel coule la rivière du même nom. A 
droite, les rives plantées de chênes et joncs. Au 4" plan, 
deux pécheurs dont l'un prépare son filet, l'autre péchant à 
la ligne. 

Au bas de l'épreuve, on lit à gauche : M. Reinaud del ; à 
droite, Lith. de E, de C. 

L'établissement des presses lithographiques de E. de Cabre 
était installé sur le Cours à Aix. 

Nous avons cru pouvoir comprendre dans notre catalogue 
et devoir indiquer aux amateurs cette pièce ayant la rare 
particularité d'être composée et exécutée par deux artistes 
différents. 

VUE DU PORT ET DE L'ARSENAL DE TOULON. 

P. en l. 

A droite et à gauche, des vaisseaux en cours de construc- 
tion ; au centre du 2" # plan, un navire que les ouvriers 
calfate réparent ; le lointain est indiqué par la mer chargée de 
six vaisseaux alignés de front. 

Composition très animée. 

VUE DU PORT DE MARSEILLE. 

P. en l. 

Au bas dans le centre, le port dallé sur lequel reposent 



— 58 — 

des marchandises que des portefaix sont en train de charger ; 
au 4 "plan, trois marchands juifs et syriens débattent les 
prix. 

Au 2 Be plan, la mer^bordée à droite et à gauche de maisons. 

Jolie composition d'un bon effet. 

PAYSAGE. 

D'après PlLLEMBNT. 

P. en l. 

Site des environs d'Aix, entièrement rocheux, au milieu 
duquel coule en cascade la rivière de l'Arc, dont la vue est 
prise au quartier dit les Bains-de-Lan gesse. 

Au bas on lit : Dédié à M. Gassier, N n à Aix. 

Pièce peu répandue. 

CLOITRE DE SAINT-TROPHIME A ARLES. 

D'après Granet. 
P. en h. 

Vaste corridor voûté au milieu duquel cinq capucins dans 
de différentes attitudes conversent. 

A droite, les arcades du cloître en perspective sont soute- 
nues par de petites colonnes, surmontées de riches chapiteaux 
sculptés. 

Il est difficile de mieux rendre sur une surface plane l'il- 
lusion du fuyant, si heureusement obtenu dans ce sujet. 

LA TOUR D'AYGOSI. 
P. en h. 

Charmante estampe dessinée et gravée par notre maître 
aixois, d'une pointe minutieuse et facile. 

Cette tour date du XIV* siècle et doit son nom aux Aygosi 
qui la possédèrent pendant plusieurs siècles. 

Le dessin original à la mine de plomb, d'après lequel cette 



— 59 — 

pièce a été gravée, fait partie de la collection d'un amateur de 
notre vDle. 

L'érudit et consciencieux M. Roux-Alphéran a écrit une 
très intéressante notice à ce sujet. 

VUE DE VAUCLUSE. 
P. lithographiée en h. 

Charmante composition représentant l'entrée de ce petit 
village que l'on distingue dans le fond. 

Au 4 #r plan, un vaste pont à deux arches inégales, sous 
lequel coule la Sorgue. 

CLOITRE DE SAINT-SAUVEUR A AIX, 

D'après Geanbt. 

P. en l. 

Presque au centre, une galerie en perspective allant abou- 
tir à une porte actuellement murée. Sous cette galerie, cinq 
capucins dans des attitudes différentes, conversent et prient. 
A droite du \*' plan, une vaste ouverture de forme ogivale 
donne accès à la sacristie et au clottre, si intéressant à étu- 
dier dans sa construction datant du XI м siècle. 

Bien des sculptures, statues et autres détails figurant sur 
cette eau-forte, ne se voient plus actuellement, mais elles 
existent toujours et n'ont été que déplacées pour être mises 
en meilleures places, assignées par M. Revoil, architecte 
diocésain. 

Par les travaux très serrés de l'outil, notre graveur a su 
obtenir des effets très vigoureux qui, faisant opposition aux 
parties éclairées, charment l'œil et rendent bien la pensée 
de la peinture originale, faisant partie du cabinet de M. le 
chevalier A. de Lesta ng-Pa rade. 

La planche cuivre appartient à la coll. R. F. 



1 



— 60 — 

UNE ÉTIQUETTE DE PHARMACIEN. 

P. en l. 
Représentant la fontaine de la place des Prêcheurs à Aix. 

Sur notre principale place, la superbe fontaine de Chastel 
frappe immédiatement le spectateur. A droite, l'église de 
Sainte-Madeleine dessinée avant la façade actuelle ; à gau- 
che, des maisons en bordure qu'ombrage une ligne paral- 
lèle d'ormeaux. 

Divers groupes circulent sur la place en nombre, et tout 
cela contenu dans un espace de 6 X 4 centimètres ! 

L'érudit M. de Magallon, président de l'Académie d'Aix, 
graveur dans ses rares moments de loisir, a très savamment 
gravé ce môme sujet à Геаи -forte, mais dans de plus grandes 
dimensions et sous un autre point de vue. Cela lui a per- 
mis de payer un tribut d'affectueux souvenir à sa famille, eu 
comprenant dans sa composition la maison de ses aïeux fai- 
sant le coin de la place des Prêcheurs et de la rue Saint- 
Louis, qù est né le père Paul de Magallon, ancien officier 
d'état-major, restaurateur en France de l'Ordre hospitalier 
de Saint-Jean -de-Dieu. 

MONNAIES, MÉDAILLES ROMAINES ET PROVENÇALES 

illustrant les ouvrages sur la numismatique 

par M. le Marquis Roger de Lagoy. 
Réunion d'environ 7 planches en hauteur. 

Toutes ces monnaies sont gravées avec un art infini, don- 
nant l'illusion du métal, surtout celles au profil des empe- 
reurs romains, de si caractéristique et mâle énergie. 

Nous ne doutons pas qu'avec le concours de notre maître 
graveur, les savants ouvrages du marquis n'aient eu un véri- 
table attrait, car ici l'intelligence du texte est puissamment 
secondée par de précieux et fidèles fac-similés. 



— 61 — 

PAROISSE MÉTROPOLITAINE DE S'-SAUVEUR A A IX. 
P. P. ovale en n. servant d'estampille, représentant l'Ascension. 

UN TAMROUR1N. 
P. P. en h. 

Charmante petite vignette représentant notre instrument 
de prédilection sur lequel on bat avec une baguette pour 
indiquer le temps fort de la mesure de nos airs provençaux 
chantés sur le flûte t. 

Si on détaille les travaux de la gravure accomplis sur cet 
objet minuscule, on est étonné du rendu et de la finesse 
d'exécution offrant de réelles difficultés, car contrairement 
aux habitudes du maître, la planche, ou pour mieux dire 
le « polytypage », a été exécuté sur bois pour le livre Lou 
Tambourin. Il appartient à l'honorable académicien auteur 
de l'intéressante biographie qui précède. 

TOMBEAU DE M ,b PORTE. 

D'après J. F. Porte. 

P. en r. 

Sous un saule-pleureur, un tombeau surmonté d'une 
urne funéraire à demi voilée par un crêpe. 

Précieux souvenir que l'auteur d'Aix ancien et moderne 
avait dessiné lui-môme et confié à notre graveur pour en 
avoir la reproduction. 

TOMBEAU DE ANDRÉ ABELLON. 

P. en h. 

Pierre sépulcrale sur laquelle est gravée la statue en 
pied du religieux dominicain (actuellement l'église Sainte- 
Madeleine à AixJ dont la figure est complètement effacée, en 
outre les inscriptions figurant en bordure à droite, à gauche 
et au bas de la composition. 

Gravure, en lètede la notice sur André Abellon, par Roux- 
Alphéran. 



— 62 — 

TRÈS-BIEN. 
P. en h. 

Récompense destinée aux élèves d'un pensionnai d'Aix. 

MATER DIVINE GRATIS. 
P. en h. 

Quoique d'un très petit format, les travaux de la gravure 
n'en sont pas moins admirablement traités. 

La Vierge debout, parée d'un riche vêtement brodé d'or, 
tient à sa gauche l'Enfant Jésus et à sa droite un sceptre 
chargé de fleurs. 

A Pextrémité du haut, et dans les deux angles, on voit le 
chiffre de Marie et un cœur percé du glaive. 

Hors de la composition on Ut : Paroisse Sainte-Madklkinb 
d'Aix. Mater divinœ gratiœ, orapro nobis. 

SAINT DOMINIQUE RECEVANT LE SAINT ROSAIRE. 

P. en h. 

Composition ayant quelque analogie avec le tableau placé 
à l'église de la Madeleine à Aix dans la nef de gauche, peint 
par J. Daret. 

SAINT HONNORAT. 
P. en h. 

Dans un paysage, le saint évoque est vu debout, couvert 
des habits pontificaux, coiffé de la mître, tenant la crosse 
pontificale de sa main gauche. 

Au fond du paysage vers la gauche, l'église de Saint- 
Honnorat surmontée de son clocher aigu. 

Cet évêque exerça ses pieuses fonctions dans la ville 
d'Arles, où il y mourut le 45 janvier 429. 

Enterré dans le cimetière des Aliscamps auprès de saint 
Trophime, ses restes mortels y reposèrent jusqu'en 1391, 



— 63 - 

puis furent transférés dans l'Ile de Lérins, qui depuis cette 
époque porte le nom de Saint-Honnorat. 

A Aix, la place Saint-Honoré possède contre Tune de ses 
maisons formant le coin de la place du môme nom et de la 
rue des Gantiers, une niche renfermant la statue de saint 
Honnorat, que les habitants du quartier ont fait ériger pour 
perpétuer le souvenir d'un miracle que le saint fit dans ces 
parages. 

Enfin, tout près le gigantesque aqueduc de Roquefavour 
existe l'ermitage agreste que les touristes ne manquent pas 
de visiter. 11 est sous le patronage et porte le nom de Er- 
mitage Saint-Honnorat. 

ARMOIRIES DE №' RAILLON, 

ARCHEVÊQUE D'AIX. 

P. en h. 
Une des rares vignettes sur bois gravées par notre maître. 

LE SOURD ET MUET DE PEYROLLES, BENOIT PAUL. 

P. en h. 

Buste vu de face, légèrement tourné vers la droite. La 
figure, modelée avec une grande finesse, exprime et rend 
bien la caractéristique de l'idiotie. En outre, la vétusté du 
chapeau et de l'accoutrement décèlent chez ce malheureux 
la pauvreté ou pour mieux dire la misère. Deux christs en 
croix sont passés et soutenus dans son gilet. 

Pièce peu commune. 

PORTRAIT DE M. TOPIN, 

DIRECTEUR DU COLLÈGE D'AIX. 

D'après Advinent. 

En tenue officielle. L'intelligente figure de ce portrait-buste 
se montre de face, légèrement tourné à gauche ; la physio- 



— 64 — 

nomie est si vivante, de grands yeux et la bouche, où réside 
toujours l'expression, sont rendus avec une telle justesse, 
que Ton peut croire à une véritable ressemblance. 

UN COIN DE PAYSAGE 

D'après M lb Aglaé Constantin. 

P. en hauteur lithographiée. 

A droite, un groupe de trois bouleaux aux branches déve- 
loppées et pendantes. A gauche, au troisième plan, un pont 
d'une seule arche et les restes d'un château ruiné. 

Sur le devant, un ruisseau baigne le pied des bouleaux et 
anime ce paysage. 

VIGNETTE DU PENSIONNAT DES RELIGIEUSES 
URSULINES DE LA MAISON D'AIX. 

P. en h. 

Charmante composition allégorique, représentant la Sa- 
gesse récompensant la Vertu. 

SAINTE THÉRÈSE. 

D'après le Giterciiin. 

P. en в. dont le tableau original est déposé 

au Musée d'Aix. 

Le dessin lavé d'encre de Chine et la planche cuivre font 
partie de la collection d'un amateur de notre ville. 

DIPLOME DE L'ACADÉMIE D'AIX. 

P. en l. 

Vaste composition allégorique, représentant les attributs 
des Sciences, Arts, Agriculture et Belles-lettres admirable- 
ment groupés, que des rameaux de lauriers et oliviers en- 
lacent. 



— 65 — 

Au centre, un flambeau éclaire de ses nombreux rayons 
toutes les parties de ce sujet, presque entièrement entouré 
de nuages. 

A droite et à gauche, des couronnes de lauriers tombent 
en chute et retenues entre elles par une banderolle sur 
laquelle on lit tous les grands noms qui nous sont chers 
ayant illustré la Provence, tels que les Peiresc, Méjanes, 
Portalis, etc., etc. 

Au centre du bas, les armes de la ville d'Aix surmontées 
de la devise : Generoso sanguine par ta. 

Quoique non signée, la pièce qui nous occupe est trop inté- 
ressante pour ne point appeler l'attention des observateurs. 

Ainsi, les procédés employés dans les travaux de la gra- 
vure nous paraissent tenir du sentiment de Reinaud. Mais 
parmi leurs variétés, nous remarquons une profusion telle 
de pointillé aux bords extrêmes des nuages, que, sachant 
combien il n'en usait qu'avec modération, nous en sommes 
déconcertés, au point de nous faire douter presque de l'en- 
tière paternité de cette planche. 

A part cette observation, nous reconnaissons volontiers 
toutes les qualités de son burin hardi et moelleux, précisant 
avec une juste convenance le mouvement des figures et for- 
mes de ces attributs, si multiples et si divers, répandus dans 
cette superbe composition. 

Et, si plus haut nous avons émis certains doutes sur l'en- 
tière exécution de cette planche, hâtons-nous de lui en attri- 
buer toutes les parties capitales et essentielles, car elles 
donnent à l'ensemble une telle harmonie, que le spectateur 
est charmé d'y voir toutes les ressources de l'art employées 
pour en faire un de ses meilleurs œuvres digne d'être pré- 
senté à notre docte Académie d'Aix. 

La planche est conservée dans les Archives de l'Académie 
d'Aix. Elle a figuré, l'an dernier, à l'exposition du Livre, à 
Marseille. 



PORTRAITS NON PROVENÇAUX 



PORTRAIT D'UN ARCHEVÊQUE. 

D'après André Martin, sourd-muet. 

P. ovale en h. 

Ce prélat est en buste, vu de face, tête nue, vêtu du camail 
sur lequel repose la croix pectorale. 

C'est la seule épreuve avant la lettre que nous ayons eue 
sous les yeux. 

ALLEMAND (J. J. messirej. 

D'après André Martin, sourd-muet. 

P. en h. 

Dans un ovale en hauteur, le portrait du directeur de 
l'Œuvre de la Jeunesse de Marseille est vu de trois-quarts, 
tourné légèrement vers la droite, coiffé d'un bonnet de 
chœur et vêtu du surplis, les yeux fermés et en attitude de 
méditation. 

ALBINI, missionnaire. 
P. en h. 

Portrait buste, vu de trois-quarts, tourné à droite ; une 
croix avec Christ passé dans sa ceinture. 

BRETEN1ÈRE GABRIEL. 
P. en h. 

Portrait buste, vu de face ; le personnage lit un feuillet sur 
lequel est écrit : Justus ex fide vivit. 

M. FAUVET, missionnaire. 
P. ovale en h. 

Portrait buste, vu de profil, tourné à gauche, coiffé de l'an- 
cien bonnet et vêtu du surplis. 



— 67 — 

GRÉGOIRE XVI. 
P. lithographiée en h. 

Portrait buste, vu de face, camail d'hermine, étoile brodée 
d'or, avec attributs pontificaux. 

GILUANI VÉRONIQUE (bienheureuse). 

P. en e. 

La Sainte est vue de face, la tête couronnée d'épines pen- 
chée vers une croix, qu'elle soutient de sa main gauche por- 
tant la marque des stigmates. 

La planche fut commandée à notre graveur par les Capu- 
cins d'Aix qui, sans doute, l'ont encore. 

GUYON G. 
P. en h. 

Portrait buste vu de profil, tourné à gauche, tète nue, vôtu 
du surplis. 

La planche cuivre appartient à M. Pourcel, prote de l'im- 
primerie Remondet, à Aix. 




VUES, PAYSAGES, GENRE 



ABBAYE DE SYLVACANNE. 
D'après A. de Forbik. 

P. en h. 

Sous un vaste arceau architectural, un pâtre tête nue est 
adossé contre l'un des piliers de droite, essayant de tirer de 
son flageolet les réminiscences de nos chansons provençales. 

L'écho doit certainement les lui répéter, à en juger par 
les profondeurs immenses de ces ruines pittoresques, à demi 
recouvertes d'herbes folles qu'enlacent des plantes grim- 
pantes. 

Au premier plan, une source qui sort abondamment d'une 
pierre portant encore quelques restes de sculpture, vient 
couler dans un vaste bassin. 

L'aspect des ruines de cette abbaye évoque les pieux sou- 
venirs de notre Provence, où le culte religieux était si pro- 
fondément enraciné. 

La même pièce existe lithographiée dans l'ouvrage intitulé : 
Portefeuille de Forbin % déposé à la bibliothèque Méjanes ; 
mais nous préférons de beaucoup J 'eau-forte que nous venons 
de décrire, car la liberté de la pointe et la sentimentale 
docilité du burin concourent à indiquer toute la véritable 
valeur de l'œuvre peinte par A. de Forbin. 

Pièce très rare. 

CAMPAGNE DE ROME. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Une vaste maison de campagne bâtie à gauche et commu- 
niquant avec d'autres fabriques par un pont élevé et couvert. 



— 69 — 

A droite, un paysage agreste, borné dans le fond par des 
groupes d'arbres. 
Pièce très rare. 

LE COLISÉE. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Au premier plan, une des nombreuses entrées, en forme 
de voûte cintrée, donne accès à cet immense amphithéâtre, 
bâti par Vespasien dans de telles proportions que 80,000 
personnes pouvaient s'y placer pour assister au combat des 
gladiateurs et des bêtes féroces. 

A droite de cette entrée, deux capucins s'entretiennent 
sur le seuil de l'habitation. Un peu à gauche, deux religieux 
du même ordre cheminent vers le fond du Colisée, dont on 
voit les restes ruinés. 

Ci-contre l'épreuve gravée de la composition que nous 
venons de décrire. 

Le cuivre fait partie de la collection R. F. 

Ce même sujet a été traité plusieurs fois très heureuse- 
ment, mais avec variantes et même en renversant la com- 
position. 

CHOEUR DES CAPUCINS A ROME. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Dans un vaste chœur aux voûtes surbaissées, on voit, à 
droite et à gauche, des capucins récitant leur office. Au 
centre, un lutrin surmonté d'une croix est entouré de deux 
officiants et de deux enfants de chœur ; au premier plan à 
droite, un capucin prosterné. 

Toute cette scène religieuse est éclairée par une fenêtre 
du fond, qui donne un effet de jour des plus saisissants. 

Quelle pieuse et silencieuse animation dans ce sujet, pers- 
pective effet de jour (prédilection chérie du peintre), tout 



— 70 — 

est harmonieux ; mais au>>i quel consciencieu* traducteur 
u'a-l-il pas en pour interpréter et répandre par la gravure 
une aussi belle rooiposilion '. 
La planche cuivre fail partie de la collection H. F. Vidal. 

CLOITRE SASTA-MABJA-NOVELLA A FLORENCE. 
D'après A. de Fou». 

P. en L. 

Sous une vaste galerie de style roman, circulent quatre 
religieux, le premier se dirigeant vers la gauche, deux autres 
groupes, dont l'un, homme d'épée coiffe d'une loque à 
aigrette, se penche confidentiellement vers un capucin ; au 
food, un moine en méditation. 

Contre le pilier du premier plan à gauche, un bénitier ; 
à droite, quelques vases avec arbustes et un fauteuil de style 
Louis XIII. 

La gravure de celle planche a été exécutée avec grand 
talent, el, si l'on peut dire, avec affection ; car gentilhomme 
compositeur et humble graveur se connaissaient ! 

D'ailleurs on peut voir dans la collection R. F. la réunion 
du dessin original très fini, lavé d'encre de Chine, de la 
nlaiiche cuivre et de l'épreuve que nous venons de décrire. 

On pourra ainsi constater la précieuse fidélité existant de 
rmte façon dans ces trois mêmes sujets. 

Pièce rarissime. 

LA CRUCHE CASSÉE. 

D'après Aovinbnt. 

P. en l. 

Au centre, une jeune fille pieds nus, jupons courts, caresse 
le ses mains une vache debout qu'elle vient de traire. Une 
mire vache, couchée près de la première, rumine : derrière 
ii jeune fille, un chien en train de laper le lait répandu sur 
о sol, qu'une cruche cassée contenait. 



— 71 — 

A gauche, une chèvre couchée, et un peu plus loin, sous 
un grand arbre, une fontaine dont le jet sort d'une tuile et 
coule dans un bassin, autrefois d'ablution, formée d'une 
seule pierre sculptée de goderons avec un médaillon buste 
au milieu. 

A droite, une entrée ouverte donnant accès dans un inté- 
rieur de ferme, borné dans le fond de bâtisses diverses. 

La pointe de notre graveur a été ici tellement facile et 
pittoresque, son burin si brillant, que Ton sent et voit pour 
ainsi dire la couleur de l'original . 

C'est la plus grande pièce que le maître ait gravé. 

La planche fait partie de la collection d'un amateur de 
Marseille. 

ENVIRONS DE ROME. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Une construction, percée à son extrémité de deux fenêtres 
lucarnes grillées, se trouve à droite bâtie sur des rochers 
percés en souterrains. 

A gauche, un portique voûté, sous lequel deux hommes 
conversent, donne accès à un autre passage. Le centre est 
occupé par un portique plus petit que le précédent. Au- 
dessus une composition religieuse sculptée en bas-relief. 

C'est une des plus heureuses traductions de notre graveur. 

L'original appartenait à M. le chevalier Alexandre de 
Lestang-Parade, et le cuivre fait partie de la collection R. F. 

VUE D'UNE ENTRÉE A ROME. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Une des nombreuses portes de Rome affectionnées du 
peintre ; sa forme architecturale est déterminée par quatre 
colonnes. Au-dessus du portique, on lit : S P Q T. 



— 72 — 

A droite, une croix montée sur un fût de colonne isolé. 
Six personnages disséminés animent cette composition. 

ENVIRONS DE ROME. 

D'après Granbt. 

P. en l. 

A droite une muraille romaine taillée en bossage ; au-delà, 
une fontaine dont les deux canons coulent dans un bassin, 
au bord duquel un homme est penché. 

A gauche, des édifices élevés, reposant sur des remparts 
crénelés. 

Les épreuves sur chine sont avec raison très recherchées. 

LA FORNARINA. 

D'après Granet. 
P. en H. 

Intérieur d'une boulangerie, dont les voûtes sont soutenues 
par des colonnes. Presque au centre, on remarque un ouvrier 
occupé à tisonner le feu du four. 

A droite, un homme endormi devant une table chargée de 
huit pains. 

A gauche, tout près de la colonne isolée, une femme et un 
homme portant un cartable conversent ensemble. 

Le jour vient de droite et éclaire vivement les parties qui 
le reçoivent. 

La légende du siècle passé a voulu attribuer les amours 
de Raphaël à la visite que fit dans ce modeste intérieur l'im- 
mortel peintre qu'avait frappé la beauté de Marguerite — 
son vrai nom. — Elle devint sa maîtresse sous le nom de 
Fornarina (fournière). 

C'est d'après les données de cette légende que Granet a 
composé son tableau, si bien interprété par notre graveur 
aixois. 



- 73 — 

La planche cuivre fait partie de la collection de M. Léopold 
Durand. 

VUE DUNE GALERIE DU C0L1SÉE. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Fragment du célèbre et antique monument, dont on ne 
voit qu'une partie des galeries circulaires. 

Au 4" plan à droite, deux capucins paraissent converser. 

Au fond à gauche, une porte à claire-voie, par laquelle 
deux personnages vont passer. 

L'effet de jour se projette vivement contre les voûtes de la 
galerie de droite, pour laisser à tout le restant la valeur de 
son obscure tranquillité. 

Nous avons vu le cuivre conservé chez M. Léopold Durand, 
amateur distingué, qui, guidé par son goût, a su la mettre 
en bonne place sous son jour le plus favorable et très soi- 
gneusement encadré. 

Dans ces conditions, nous n'hésitons pas à le préférer de 
beaucoup, sous son chatoyant aspect métallique, à maintes 
peintures de l'école moderne. 

UNE GROTTE A ROME. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Vaste excavation pratiquée dans les rochers formant voûte. 
Neuf à dix marches y ont été pratiquées. 

A droite, une ouverture, sous laquelle est un capucin, 
donne le jour parcimonieusement dans cette grotte. 

Pièce extrêmement rare. 

GALERIE D'UN CLOITRE A ROME. 

D'après Granet. 

P. en h. 

A droite, une galerie de six arcades, sous laquelle deux 
groupes de capucins conversent. 



— 74 — 

A gauche, une volée de vingt-cinq marches conduisant aux 
étages supérieurs. 
Bel effet de jour, venant de gauche. 
Pièce très rare. 

UNE IMPASSE A ROME, 

D'après Granbt. 

P. en h. 

Dans un corridor voûté, donnant accès de divers côtés, on 
remarque à gauche une volée d'escaliers de quinze marches, 
allant aboutir à une fenêtre grillée qui éclaire cette compo- 
sition. 

Les épreuves en sont très rares. 

INTÉRIEUR DE CLOITRE. 

D'après Granet. 

P. P. en l. 

Plusieurs voûtes, prolongées en divers sens, donnent des 
effets de perspectives très intéressants à observer. Le jour 
venant de gauche éclaire cette partie, pour laisser toute la 
valeur du clair-obscur savamment rendu. 

Malgré la profusion des épreuves de cette composilion, les 
amateurs conservent volontiers dans leur collection cette 
petite pièce qui a été copiée plusieurs fois, notamment par 
M. C. Michaud, artiste amateur de notre ville, qui a su rendre, 
par le puissant secours des travaux de la plume, tout le 
vigoureux effet que comportait ce petit sujet. 

La planche cuivre porte au bas non-seulement la signa- 
ture du graveur, mais encore celle de Granet, avec dédicace 
à M. Bachy d'Arbaud. 

Elle fait partie de la collection R. F. 

UN ORATOIRE A ROME. 

D'après Granet. 

P. en h. 

Presque au centre de la composition, un oratoire couvert 



— 75 — 

surmonté d'une croix. A droite et à gauche, de grands arbres 
ombragent ce lieu de prières. 

Pièce très peu commune dans les collections. 

PORTE SAINT-SÉBASTIEN A ROME. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Presque au milieu, un peu adroite, se trouve le portique 
de la porte Saint-Sébastien, sous lequel deux hommes sont 
engagés. 

Un peu en arrière, deux tours carrées crénelées donnent 
un aspect monumental à cette entrée. 

La peinture originale fut exécutée pour M. A. de Parade. 

UN PONT A ROME. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Deux vastes tours rondes crénelées et reliées entre elles par 
une muraille à mâchicoulis, servant sans doute à défendre 
le passage du pont qui est sur le devant et sur lequel deux 
hommes sont engagés. 

. L'arrière-plan figure de vastes collines un peu trop accu- 
sées, selon nous. 

Pièce très rare. 

UN PORTIQUE A ROME. 

D'après Grànbt. 

P. en l. 

Le centre est occupé par un ancien portique architectural ; 
au-dessous, une table de bois, rectangulaire sur quatre 
pieds, contre laquelle est adossé un homme vu de dos. 

A droite, des maisons en perspective, et à gauche, une 
maison en façade percée d'une porte sous laquelle deux 
hommes semblent converser. 

Sur une plaque adossée contre la colonne du portique on 
lit : VIN IXIXI. 



— 76 — 

Pièce lumineuse et d'un très bel effet. 

La planche cuivre a fait partie de la coll. R. F., et le des- 
sin original lavé d'encre de Chine figure dans le précieux 
album de M" la marquise Edmond de Lagoy. 

RUE DE CARCHIANO. 

D'après Gra.net. 

P. en h. 

Voir page 27. 

UNE RUE A ROME. 

D'après Grankt. 

P. en h. 

A droite, une perspective de rue, coupée dans son par- 
cours par un arceau supportant une maison. Sous l'arceau, 
un homme se dirigeant vers le fond de la rue. 

A gauche, une volée de douze marches conduisant à une 
autre maison, sur le seuil de laquelle deux hommes con- 
versent. 

Composition très ensoleillée et fort bien traduite. 

RUINES ROMAINES. 

D'après A. de Forbin. 

P. en h. 

Sous un vaste arceau supportant les ruines d'un vieux 
monument, derniers vestiges d'une somptueuse architecture, 
deux hommes se tendent les mains. 

Le fond admirablement rendu est borné par des bâtisses 
ruinées à peine. indiquées. 

Au bas à droite, en dehors du trait carré, on lit : AT lM Rei- 
naud S 1 1812. A gauche : A Forbin inv % pour M. Clérian. 

Malgré que les épreuves composant l'œuvre gravé dont 
nous donnons description soient toutes signées de Marius 
Rcinaud} nous mentionnons particulièrement celle-ci comme 
portant en outre de la signature habituelle du graveur, celle 



— 77 — 

encore de l'illustre compositeur avec dédicace à son ami 
Clérian, autre artiste aixois de véritable talent. 

Dessin sepia original et épreuve de cette pièce existent 
encadrées cote à cote sous un seul verre dans la collection de 
feu M. H. Gibert, conservateur du musée d'Aix, 

Pièce très rare. 

UNE RUINE ROMAINE. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Restes de constructions ruinées, occupant presque la tota- 
lité de l'estampe. 

A droite, une porte voûtée, vers laquelle se dirige un 
homme. 

A gauche, deux hommes encore, dont l'un appuyé sur un 
bâton, semblent diriger leurs pas au loin. 

Nous avons vu chez un amateur de notre ville une rare 
épreuve portant dans la marge du bas, sous le trait carré, 
l'inscription suivante : Dédié à M" la comtesse Thibaudeau, 
protectrice des Arts, par son • très respectueux serviteur \ 
M* 91 Reinaud. 

UN SOUTERRAIN A ROME. 

D'après Granet. 

P. en l. 

Vastes voûtes éclairées par un soupirail venant du fond. 
Les épreuves sont peu répandues. 

VUE DU TIBRE AUX ENVIRONS DE ROME. 

D'après A. de Forbin. 
P. en h. 

Ce fleuve tient presque la totalité de l'estampe, car les 
ruines d'un vaste château (peut-être de la villa Madame) 



— 78 — 

émergent de Геаи môme, qui reflète fort heureusement ces 
vieux restes d'architecture. 

A droite, deux pins parasol, contre l'un desquels un 
homme est adossé. 

La peinture originale appartenait à M. le comte A. de 
Parade, et les épreuves de la gravure sont peu communes. 

LE VIATIQUE. 

D'après Granet. 
P. en h. 

Sous les voûtes d'une église, on voit un prêtre en surplis, 
portant le viatique ; il est dirigé vers la droite accompagné 
d'un enfant de chœur soutenant un espèce de dais en forme 
d'ombrelle à très long manche. 

A gauche des deux marches d'escalier du 4" plan, un 
homme à genoux tient un cierge allumé ; plus loin, des fidèles 
agenouillés. 

Le jour, si cher à Granet, vient de droite et donne tout 
l'heureux effet voulu à cet intérieur que le graveur a fort 
bien rendu. 

La planche cuivre fait partie de la collection de M. Léopold 
Durand. 







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SUJETS RELIGIEUX 



Le nombre en est si grand qu'il nous est 
impossible d'en, donner le détail pour cnaque 
compoei tion . 

Nous ne nous y résignons qu'à regret, car 
tous, après examen, sont' remarquables, et un 
volume entier ne nous suffirait peut-être pas 
pour en donner * l'intéressante description. 

Cependant f nous ne devons point passer 
sous silence certaines particularités saillantes 
ou inconnues, ЯУ*& nous indiquerons au fur et 
èi mesure qu'une pièce mentionnée .l'exigera. 

Par conséquent , nous donnons sommaire- 

4 

ment ci— après la nomenclature des titres quo 
comporte chaque sujet et tels qu'ils sont in- 
diqués par l'artiste lui-même.' 



ACCEDITE AD EUM. 

IN SIMPLIGITATE. 
CHRISTUS DOMIXUS. 

CHRISTUS PER СОУМШЮХЕМ»' 
PP. en h. et en l. 

Suite complète de quatre .sujets religieux variés, repré- 
sentant chacun un des épisodes de la vie de Jésus enfant. 
> Tous sont admirablement traités et rendus dans le goût 
du précieux graveur de Longueil. 

On peut voir chez un amateur de notre ville la réunion 
de ces quatre suaves dessins originaux, lavés de sepia et 
rehaussés d'or, plus les quatre planches réunies sur un 
môme acier. 



80 — 



* 



A ETE REÇU MEMBRE DE L'ASSOCIATION 

DU TRÈS SAINT, ETC., ETC. 

P. en h. 

Marie en buste, tenant de sa main gauche un cœur en- 
flammé. 
Au-dessous, le titre précité, plus une prière en seize lignes. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 

A LA MÉMOIRE DU VÉNÉRABLE ABBÉ DON AUGUSTIN 

DE L'ESTRANGE. 
P. lithographiée en h. 

A droite, un mausolée ombragé par un saule-pleureur. A 
gauche, Don Augustin faisant signe, de sa main gauche, vers 
le mausolée, à un enfant à genoux. 

La PI. c. est dans la coll. R. F. 

UN ANGE CONDUISANT UN PETIT ENFANT. 

P. en h. 

La PI. c. est dans la coll. R. F. 

BEATA MARTHA. 
P. en h. 

A gauche, la Tarasque ayant déjà dévoré la moitié du 
corps d'un enfant. 

La Sainte dompte tout à coup l'animal par l'attouchement 
du goupillon béni. 

BENE. 
P. en h. 

Récompense accordée dans les pensions. 
Ovale formé de branches de lis surmonté de Saint-Louis- 
de-Gonzague considérant un crucifix. 
Dans le bas, une palme. 
La PI. c. est dans la coll. R. F. 



— 81 — 

BÉNIE SOIT LA SAINTE IMMACULÉE CONCEPTION. 

P. en h. 

La Vierge debout sur la boule du monde, écrasant, à tra- 
vers le croissant , le serpent ; tout autour des petits anges 
ailés, dans des attitudes différentes. 

La suavité de cette composition et la grâce dans la pose 
de la Vierge nous rappellent de bien près la célèbre Vierge 
sculptée par Chastel, que nous voyons dans l'église de la 
Madeleine à Ai*. 

La PL a. est dans la coll. R. F. 

C'EST UNE LOI. 
P. en h. 

Allégorie religieuse, représentant un tombeau surmonté 
d'une croix. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

COEUR BLESSÉ DE MARIE. 
P. P. en й. 

La Vierge tient de sa main gauche un cœur enflammé, 
traversé par un poignard. 
La PL c. est dans la coll. R. F. 

COEUR IMMACULÉ. 
P. en h. 

La PI. c. est dans la coll. R. F. 

COEUR TRÈS SAINT DE MARIE, INTERCÉDEZ POUR NOUS. 

P. en h. 

La PL a. est dans la coll. R. F. 

6 



— 82 - 

COEUR SACRÉ DE JÉSUS. 
P. P. en h. 

Jésus vu de face à mi-corps, la tête penchée vers la gauche, 
tient de sa main droite un cœur enflammé. 

Petite composition très soignée, tirée à plusieurs milliers 
d'épreuves. 

La PI. c. est dans la coll. R. F. 

CŒUR SACRÉ DE JÉSUS, AYEZ PITIÉ DE NOUS. 

P. en h. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

CONGRÉGATION DES ENFANTS DE MARIE. 

P. en h. 

Dans un ovale de lys, flanqué aux quatre extrémités d'at- 
tributs religieux, se trouve au centre deux cœurs enflam- 
més, dont l'un est traversé d'un glaive, l'autre entouré d'une 
couronne d'épines et surmonté d'une croix. 

Ce sujet était, lors de sa création, sur deux pages se faisant 
vis-à-vis, l'une pour la composition précitée, l'autre ne con- 
tenant absolument que le texte gravé du règlement de la 
Congrégation. 

Combien de fois n'avons-nous pas vu cette image, mais 
toujours avec le texte supprimé. 

Le ravissant dessin original lavé d'encre de Chine fait 
partie de la collection R. F. 

CONSÉCRATION A LA SAINTE- VIERGE. 

G. P. en n. 

La Vierge, debout dans les nuages, écrase de son pied le 
serpent. 

Au bas, des chrétiens et chrétiennes reçoivent les rayons 
célestes et offrent à la Vierge des couronnes. 



— 83 — 

Dans l'ovale bordant la composition, sont écrits maints 
versets des apôtres. 

Des attributs d'église figurant aussi en nombre. 

Un amateur de notre ville possède la planche cuivre, plu- 
sieurs intéressantes épreuves d'états, enfin le dessin original 
lavé d'encre de Chine. 

CROIX DE MISSION. 
P. en h. 

Le dessin original lavé à l'encre de Chine fait partie de la 
collection d'un amateur de notre ville, ainsi que la planche. 

DESCENDIT CUM EIS. 
P. en h. 

Saint-Joseph vêtu en charpentier est en train d'équarrir 
une pièce de bois sur son banc de menuisier. 

Au bout du banc, le petit Jésus debout considère une mi- 
nuscule croix. 

La Vierge entre les deux, causant. 

Cette touchante scène de famille eut un énorme succès 
dans la vente des épreuves, aussi le graveur refit-il deux 
fois la même planche cuivre. 

Toutes deux sont conservées dans la collection R. F., plus 
le dessin original à la mine de plomb. 

DIEU SEUL TOUJOURS VIVRA. 

P. en h. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

LES SIX DIMANCHES. 
P. en h. 

La Vierge debout tend les bras à Saint-Louis-de-Gonzague, 
qui la supplie à genoux. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 



— 84 — 

EGCE AGNUS DEL 
P. en h. 

La PI. с est dans la coll. R. F. 

ENFANT JÉSUS COUCHÉ SUR LA CROIX. 

P. en h. 

Jésus est couché presque complètement sur sa croix, sou- 
tenant sa tète de son coude gauche ; il parait méditer sur les 
angoisses de sa* future passion. 

EXALTATION AU SACRÉ-COEUR. 
P. en п., cintrée dans le haut. 

FIDEL1S DEUS, PER QUEM EST. 
G. P. en h. 

Au centre, dans les nuages, le Seigneur, entouré de la 
Sain te- Vierge et de Saint-Joseph. 

Dans le bas, une foule de religieux adorant le groupe divin. 
L'un d'eux tient un livre ouvert, sur lequel on lit : Ad ma- 
jorem Dei gloriam-Consti Socie Jésus. 

Une des plus grandes compositions du maître, dont la 
PI. с fait partie de la coll. R. F. . 

FONS LACRYMARUM. 
P. en h. 

Dans un ovale formé d opines les instruments de la Passion. 
La Vierge, vue de face, tient un voile à la main et pleure sur 
la future passion que doit subir son divin Fils. 

La PJ. c. est dans la coll. R. F. 

HIERONIMO DE S.-J. 
P. en h. 

La PL a. est dans la coll. R. F. 



— 85 — 

IL N'EST PAS EN SÛRETÉ. 
P. en h. 

Allégorie religieuse, représentant un lion couché. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 

IL RÉVÈRE LE SOLEIL LEVANT. 

P. eu h. 

Allégorie religieuse, représentant un éléphant élevant sa 
trompe vers le soleil. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 

IMMACULÉE CONCEPTION. 
P. en h. 

Dans un ovale, composé de lys et de roses, la Vierge est 
vue debout, la tête entourée d'une auréole d'étoiles, les bras 
étendus et rayonnants. 

Très jolie^ composition rappelant complètement la Vierge 
miraculeuse que Ton voit sur les médailles. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

ITE AD JOSEPH, ETC. 
P. en h. 

Saint-Joseph pieds nus porte dans ses bras l'Enfant Jésus. 
La PI. с est dans la coll. R. F. 

JE MÉPRISE TOUT LE RESTE. 
P. en h. 

Allégorie religieuse, représentant une main tenant une 
couronne. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 



— 86 — 

JÉSUS AGONISANT. 
P. en h. 

Le Christ va expirer sur la croix. A ses pieds, la Vierge 
ayant le cœur transpercé d'un glaive. Tout à côté, un dis- 
ciple, et dans le fond la ville de Jérusalem. 

JÉSUS ENFANT ADORÉ PAR LES ANGES. 

P. en h. 

Belle composition, tenant beaucoup de l'école italienne. 

La Sainte Famille est vue dans un paysage. Saint-Joseph, 
debout appuyé sur un bâton, et la Sainte-Vierge assise au 
pied d'un arbre, ayant sur ses genoux l'Enfant Jésus, que 
des anges prosternés viennent adorer, en lui présentant les 
instruments de sa future passion, contenus dans une cor- 
beille. 

L'enfant saisit un clou et paraît le considérer. 

Quelle suavité dans toutes ces figures, et particulièrement 
dans l'expression de la physionomie virginale de la Mère du 
Sauveur ! 

Il fallait au maître une véritable habileté dans le manie- 
ment de la pointe pour conserver, dans ce charmant sujet, 
toutes les qualités de finesse et de précision, que n'excluent 
ni le sentiment ni la grâce. 

Ci-contre l'épreuve de la composition que nous venons de 
décrire. 

La Pi. c. est dans la coll. R. F. 

JÉSUS EN CROIX. 
P. en h. 

La PI. c. est dans la coll. R. F. 

JÉSUS, MARIE, JOSEPH. 
P. ovale en h. 



- 87 — 

JE SUIS PARTOUT EXPOSÉ A SES COUPS. 

P. en n. 

Allégorie religieuse, représentant un chêne déraciné par 
la foudre. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

JÉSUS TENANT DE SES DEUX MAINS UNE CORDE. 

R en h. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

JE VAIS AU GRÉ DU VENT. 
P. en n. 

Allégorie religieuse, représentant un vaisseau aux voiles 
gonflées par le vent. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

JE VOUS ADORE, О CROIX. 
P. P. en h. 

Composition minuscule, où figure le Sauveur crucifié, que 
Sainte-Marthe adore. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

LIGORI (LE R1ENHEUREUX ALPH. DE) 

D'après Olive, statuaire à Aix. 

P. en h. 

Le portrait de cet évoque est vu de face, la tête penchée à 
gauche, les bras croisés sur la poitrine ; tout à côté, la crosse 
et la mftre. 

ALPHONSUS DE LIGORIO. 
P. en h. 

Variante de la même composition déjà décrite. 
La PI. c. est dans la coll. R. F. 



— 88 — 

LAISSEZ VENIR A MOI CES PETITS ENFANTS. 

P. en h. 

Jésus occupe le centre de l'estampe, appuyant sa main 
droite sur l'épaule d'un petit enfant. Une femme s'avance et 
lui présente son enfant, qui tend les bras pour arriver au 
Seigneur. 

La PL c. est dans la coll. R. F. 

LITANIES DE LA SAINTE VIERGE. 

P. en h. 

Composition de plusieurs personnages adorant la Vierge 
debout, couronnée par deux anges. 
La PL c. est dans la coll. R. F. 

MARIE MÈRE DE DOULEURS. 
P. lithographiée en h. 

Répétition avec variantes de Notre-Dame de Miséricorde à 
Aix, mentionnée page 42. 

MATER DOLOROSA. 
P. en h. 

La PL c. est dans la coll. R. F. 

MON FILS, DONNEZ-MOI VOTRE COEUR. 

P. en h. 

MONST1A TE ESSE MATREM. 
G. P. en h., dans un ovale composé de lys. 

A gauche, Saint-Louis-de-Gonzague dans les nuages, les 
mains jointes, implore la Sainte-Vierge. Au-dessous, des 
chrétiennes vêtues de blanc élèvent une corbeille remplie de 
roses et de cœurs, surmontée d'une plante de lys en (leur. 



— 89 — 

Composition très heureuse. 

Le dessin original à la mine de plomb fait partie de la 
collection d'un amateur de notre ville. 

MORT DE SAINT-JOSEPH. 
P. en h. 

Composition traitée quatre fois de différentes manières, 
mais toutes représentent les derniers moments de l'agonie 
de Saint-Joseph. 

Sujet ayant eu, lors de son apparition, un énorme succès 
de vente. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

NISI EFFICIAMINI SICUT PARVULUS 1STE. 

P. en h. 

Composition représentant la Nativité. 
La PI. c. est dans la coll. R. F. 

NOTRE-DAME DE BELLE VUE. 

D'après André del Sarto. 

P. en h. 

NOTRE-DAME DU ROSAIRE, PRIEZ POUR NOUS. 

P. en h. 

Très jolie composition, contenue dans une vaste rose sur 
tige. Les quinze feuilles de la rose représentent chacune un 
des quinze mystères admirablement rendus, malgré l'exi- 
guïté de la place ; enfin, au centre, Saint Dominique rece- 
vant de la Vierge et de l'Enfant Jésus le Saint Rosaire. 

La PI. c. est dans la coll. R. F. 

NOTRE-DAME DE CONSOLATION D'HYÈRES. 

P. en h. 



— 90 — 

NOUS VAINCRONS PAR CES SIGNES. 

P. en h. 

О CŒUR IMMACULÉ DE JÉSUS, JE VEUX, ETC., ETC. 

P. en h. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

OPTIMÉ. 
P. en h. 

Bon point ou récompense accordée dans les pensions. 
Ovale formé de branches de lys surmontées de la Vierge 
avec l'Enfant Jésus offrant une couronne de lauriers. 
La PI. c. est dans la coll. R. F. 

PAUL, JEAN, JACQUES, 

MARTYRS DU JAPON. 

P. en H. 

Les trois saints sont vus de mi-corps, dans les nuages, 
portant chacun une grande croix. 

Au-dessous, une prière, suivie d'une petite composition 
représentant uue palme et une croix reliées par un chapelet. 

La PI. с est dans la coll. R. F. 

PENSÉE DIVINE. 
P. en h. 

Un cœur, duquel émergent trois fleurs de pensée, conte- 
nant chacune une inscription chrétienne. 

PRAYEZ ТО THE BLESSED EST. 
P. P. en h. 

La Vierge, entourée de chrérubins, écrase de son pied 
droit le serpent. 

A droite, un ange tenant une bande roi le sur laquelle on 
lit : Marie a été conçue sans péché. 



— 91 — 

PRÉCIEUX SOUVENIR, SI VOUS ÊTES FIDÈLES (LA CÈNE). 

P. en H. 

Composition faite et gravée dans le goût de l'Ecole ita- 
lienne. 

PRIÈRE A LA SAINTE VIERGE. 
P. en h. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

PRIÈRE A LA SAINTE CROIX. 
P. en h. 

Deux pièces gravées en rouge mordoré. 

A gauche, tous les attributs de la Passion (sauf les clous) 
renfermés dans une auréole rayonnante. A droite, le chiffre 
du Christ et les trois clous renfermés aussi dans une auréole 
rayonnante. 

Combien peu de personnes doivent encore avoir ce petit 
sujet ! 

PRINCE DES APOTRES. 
P. en h. 

Saint Pierre et Saint Paul, debout et adossés contre une 
colonne carrée, portant chacun leurs attributs. 

Très bonne composition, mais peu réussie dans les travaux 
de la gravure. 

La PI. с est dans la coll. R. F. 

QUI EST SEMBLABLE A DIEU ? 
P. en h. 

Composition représentant Saint Michel terrassant le démon. 

Prévoyant le succès, notre artiste n'a pas- hésité de la 
graver sur une planche acier, laquelle fait partie de la col- 
lection R. F. 



— 92 — 

QU'ILS SOIENT CONSOMMÉS EN UN. 

P. en h. 

Deux cœurs enflammé? dans les nuages. 
La PI. с est dans la coll. R. F. 

RÈGLEMENT DES VACANCES. 
P. en h. 

La Vierge, tenant l'Enfant Jésus, offre à Saint Louis-de- 
Gonzague le scapulaire. 

Plus bas, un jeune élève à genoux devant un autel. 

En outre de la description qui précède, figure à droite et 
à gauche le texte gravé du règlement des vacances, de sorte 
que cette image devient une espèce de triptyque. 

Combien de gens ont déchiré le texte gravé, pour ne con- 
server absolument que le sujet. 

RODRIGUES ALPHONSUS EN PRIÈRE. 

P. en ы. 

La PL c. est dans la coll. R. F. 

ROSAIRE (LE). 
P. ronde entourée de quinze petits médaillons. 

Le sujet capital est au centre, représentant la Vierge don- 
nant un chapelet à Saint Dominique et soutenant de sa main 
gauche l'Enfant Jésus, lequel offre de ses deux maios une 
rose à Sainte-Catherine. 

Ce sujet est entouré de quinze médaillons, contenant cha- 
cun un des quinze mystères. 

Composition très heureuse et habilement gravée, dont les 
;. épreuves sont devenues fort rares. 

r Un fragment très fini du dessin original et la planche cui- 

§L * vre font partie de la collection d'un amateur de notre ville. 

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— 93 — 

SACRÉ COEUR DE JÉSUS. 
P. en h. 

Jésus en buste est vu de face, portant la main gauche sur 
sa poitrine, au centre de laquelle est le Sacré Cœur enflammé. 

Composition complètement entourée de nuages. 

La planche cuivre et le dessin original font partie de la 
collection d'un amateur de notre ville. 

SACERDOS ALTER CHRISTUS. 
Grande P. en h. 

Une des plus grandes et heureuses compositions religieuses 
du maître, représentant le fond d'une église, ayant dans son 
architecture de grandes analogies avec notre Métropole d'Aix. 

Aussi la planche cuivre originale fut immédiatement 
vendue à l'éditeur Pillet, de Paris, qui en a répandu les 
épreuves surtout à l'étranger. 

SAINTE ANNE. 
P. en h. 

Sainte Anne, assise dans un fauteuil de forme antique, 
enseigne la Sainte Vierge agenouillée écoutant. 

Suave composition d'intimité, dont les épreuves sont peu 
répandues. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

SAINT BERNARD, 

ABBÉ DE CLAIRVAUX. 

P. en h. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 

SAINT BRUNO. 
P. ovale en h. 

Le Saint est vu de profil, lisant un livre, appuyé sur une 
tête de mort. 
Une des pièces les plus soignées du maître. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 



— 94 — 

SCAPULAIRES. 
P. en h. 

Composition chrétienne sur étoffe, dont le maître avait 
tiré un grand parti commercial. 
La PI. c. est dans la coll. R. F. 

SAINT ELZÉAR ET SAINTE DELPHINE. 

P. en h. 

Debouts et somptueusement vêtus, Saint Elzéar et Sainte 
Delphine ont chacun le bras élevé vers le Saint-Esprit, rayon- 
nant dans les nuages au-dessus de leur tête. 

Au bas de l'estampe et au centre, les armes accolées des 
deux familles. Au-dessous une banderolle sur laquelle on 
lit : Noli me tangere. 

Variante, suggérée par M. Théodore de Fonvert, à la 
devise bien connue des Sabran : Noli imitare leonem. 

La PI. est de la collection de la famille Sabran de Pontevès. 

SAINT-FRANÇOIS-D'ASSISE. 
P. en h. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

SAINT-FRANÇOIS BORGIA. 
P. en h. 

Le Saint à genoux adore l'hostie supportée par un calice. 
A ses genoux, la couronne et le sceptre. 
La PL a. est dans la coll. R. F. 

SAINT-FRANÇOIS-RÉGIS. 
P. en h. 

A droite, le Saint agenouillé sur des nuages, adorant le 
signe du Christ rayonnant de'gloire. 

A gauche, une banderolle soutenue par des anges, sur 
laquelle on lit : Hic est qui multum orat pro popuîo. 




— 95 — 
SAINT-FRANÇOIS-RÉGIS. 

APÔTRE DU VELA Y. 

P. en H. 



La PI. c. est dans la coll. R. F. 

SAINT-FRANÇOIS-XAVIER. 
P. en h. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

SAINT IGNACE ÉCRIVANT LES SAINTS EXERCICES. 

P. en h. 

La PL c. est dans la coll. R. F. 

SAINT IGNACE DE LOYOLA. 
P. en h. 

La PI. a. est dans la coll.. R. F. 

SAINT JEAN-RAPTISTE ET L'AGNEAU. 

P. en h. 

La PI. a. est dans la coll. R. F. 

SAINT JEAN L'ÉVANGÉLISTE. 
P. en h. 

Le Saint montre et soutient de ses deux mains un feuillet. 
A droite, un aigle. 

SAINT-LOU1S-DE-GONZÀGUE ADORANT LE CHRIST. 

P. en h. 

SAINTE-MARIE DU COEUR. 
P. en h. 

La Vierge est agenouillée au pied de la croix, les mains 
jointes et le cœur percé d'un glaive. 
La PL c. est dans la coll. R. F. 



— 96 — 

SAINTE-MARIE, APPRENEZ-NOUS A FAIRE ORAISON. 

P. en h. 

La PI. c. est dans la coll. R. F. 

SAINTE PHILOMÈNE. 
P. en h. 

La Sainte repose dans une châsse, une branche de lys à la 
main. 

Au-dessus, trois petits médaillons contenant une des 
scènes de son martyre ; enfin, à la partie supérieure, la 
Sainte montant aux cieux, entourée de petits anges, dont 
deux lui donnent la couronne du martyre. 

Composition très fournie en scènes, attributs et figures, 
car nous n'avons pas tout décrit. 

La PI. c. est dans la coll. R. F. 

SAINT ROCH, PRIEZ POUR NOUS. 
P. P. en h. 

Le Saint est assis sur une pierre, l'auréole sainte sur sa 
tôte, regardant avec extase un rayon lumineux qui lui vient 
du ciel . 

A gauche, son chien lui apportant un pain. 

SAINT ROGH. 
P. en h. 

Variante du même saint déjà décrit. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 

SAINT ROSAIRE. 
Quinze pièces en h. 

Les quinze planches du Saint Rosaire en quinze mystères 
font partie de la collection d'un amateur de notre ville. 



— 97 — 

SI QUELQU'UN VEUT VENIR A MOI. 

P. en h. 

Le Christ est vu portant sa croix et dirigeant ses pas veto 
la droite. 

Du môme côté, sur la partie élevée, les trois croix du 
Calvaire. 

SAINTE ROSSOLINE DE VILLENEUVE. 
P. lithographiée en l. 

Au milieu d'un vaste tombeau de forme architecturale, se 
trouve la châsse de la Sainte, que Ton voit vêtue des habits 
religieux, les mains étendues sur la poitrine soutenant une 
couronne de roses. 

A droite et à gauche de la composition, on lit deux prières 
dont l'une en latin, l'autre en français. 

Sainte Rossoline, religieuse de Tordre de Ctteaux, était 
la sœur d'Hélion de Villeneuve, élu grand maître des Che- 
valiers de Rhodes en 4323. 

Son nom et ses reliques sont en grande vénération parmi 
les religieuses populations du Var. 

SAINT SIMON STOCK RECEVANT LE SCAPULAIRE. 

P. en h. 

La PI. c. est dans la coll. R. P. 

SAINT STANISLAS KOSKA. 
P. P. en h. 

Le Saint tient avec respect le petit Enfant Jésus, que la 
Sainte Vierge vient de lui confier. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 



SOUVENEZ-VOUS. 
P. en h. 

Une fleur de pensée, avec allégorie chrétienne ; au- 
dessous, une télé de mort. 

La PI. â. est dans la coll. Et. F. 

SOUVENIR DU JUBILÉ DE 1826. 
P. en a. 

Saint Rodrîguez est à genoux, récitant le Rosaire et adorant 
la Vierge et l 'Enfant Jésus. 

SOUVENIR DE RETRAITE ECCLÉSIASTIQUE. 
P. en я. 

Composition en rond. 

Au centre, un évéque, assis devant les marches d'un autel, 
exhorte un prêtre agenouillé devant lui. 
Pièce entourée de divers attributs d'église. 

SOUVENIR DE PREMIÈRE COMMUNION. 
P. en h. 

Composition allégorique représentant un intérieur d'église 
un jour de première communion. 

Bien des épreuves de celte pièce sont répandues dans nos 
familles provençales, car le maître a plusieurs fois répété ce 
sujet avec variantes. 

U PI. с est dons la coll. R. F. 

SOUVENIR DE PREMIÈRE COMMUNION. 
P. en a. 

mante de la même composition déjà décrite. 
PI. с est dans la coll. R. F. 



— 99 — 

SOUVENIR DE PREMIÈRE COMMUNION. 

P. en h. 

Autre variante de la même composition déjà décrite. 
La PI. с est dans la coll. R. F. 

STATIONS|DU CHEMIN DE LA CROIX. 
Quatorze pièces en h. 

Suite de quatorze compositions différentes résumant toutes 
les phases douloureuses de la passion du Sauveur. 
Ces quatorze pièces sont peu communes. 

LE TEMPS EST COURT. 
P. en h. 
Un sablier, et au-dessous une colonne et un tronc d'arbre 
brisés. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 

TOUT FINIT SOUS LE SOLEIL. 
P. en h. 

Composition chrétienne et allégorique, résumant la fin de 
tout dans ce bas monde. 
La PI. с est dans la coll. R. F. 

TOUTE LA GLOIRE DE LA FILLE DU ROI, etc. 

P. en h. 

Le dessin original à la mine de plomb et la planche cuivre 
font partie de la collection d'un amateur de notre ville. 

VERTUS THÉOLOGALES. 
P. en h. 

La PI. c. est dans la coll. R. P. 



LA VIERGE MONTANT AUX CIEUX. 
P. en h. 

La Mère du Sauveur s'élève dans les nuages et traverse les 
rayons célestes, le regard élevé vers les cîeux, la main droite 
portée vers son cœur. 

Sous elle, un ange soutenant le groupe dos nuages sur 
lequel la Vierge repose. 

Une des dernières compositions du maître. 

On voit réunis chez un amateur de notre ville le suave 
dessin original a la mine de plomb, la planche cuivre et les 
épreuves avant et après la lettre de cette belle idée religieuse. 

LA VIERGE ET L'ENFANT JÉSUS TENANT UNE BOULE 

ET UN LIVRE. 

P. en я. 

VIERGE SAINTE, DU HAUT DES CIEUX. 
P. en в. 

A gauche dans les nuages, la Vierge tenant l'Enfant Jésns. 
A ses pieds. Saint Louis et Louis XVI, rois de France, et plus 
bas, la France personnifiée allégoriquement par une reine 
couronnée ayant à ses pieds une sphère sur laquelle figurent 
les armes de France. 

VIE INTÉRIEURE DE LA TRÈS SAINTE VD3RGE. 
P. en в. 

.a Vierge vue de face, les bras croisés, le regard élevé au 
я PI. c. est dans la coll. R. F. 

OILA CE COEUR QUI A TANT AIMÉ LES HOMMES. 
P. en h. 

îr le sol aux dalles de marbre, Sainte Marie est en extase 



— 401 — 

devant le Sauveur, qui lui apparaît en lui montrant son 
cœur. 
A droite, quatre chérubins dans les nuages. 

VOICI LE FIDÈLE ET PRUDENT SERVITEUR. 

P. en h. 

Allégorie représentant les rois de toutes les nations, venant 
adorer le Père Éternel. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 

VOUS ÊTES PIERRE, ET SUR CETTE PIERRE, etc. 

P. P. en h. 

Malgré l'exigu i té du format, notre artiste a su y enfermer 
treize personnages. Le sujet est Jésus au milieu de ses apô- 
tres. S'adressent du geste à l'un d'eux, Jésus lui dit : Vous 
êtes Pierre, etc. 

Le dessin original et la planche cuivre font partie de la 
collection d'un amateur de notre ville. 

VOUS ME DONNEZ VOS COEURS, О JÉSUS, О MARIE. 

P. en h. 

Dans un ovale composé de roses et lys, la Vierge à mi- 
corps soutient de ses deux mains l'Enfant Jésus debout. 
La PI. a. est dans la coll. R. F. 

VOUS NOUS MONTREZ, О JOSEPH... 

P. P. en h. 

Cette petite composition eut un tel succès que la première 
planche fut rapidement usée. 

Notre artiste en refit une deuxième, semblable, mais sur 
acier. 

Les deux planches font partie de la collection d'un amateur 
de notre ville. 



— 102 — 

VRAI PORTRAIT DE SAINT IGNACE, 
P. ovale en h. 

Le Saint est vu presque de face ; au-dessous, dans un 
cartouche, est écrit : О quam sordet terra, quum cœlum 
aspicio. 




'i. 




SUJETS PROFANES 



ATTRIBUTS DE COMMERCE. 
P. en h. 

Au 4*' plan, les attributs commerciaux, composés déballes 
de coton, tonneaux, fruits, caducée, etc. 

Au 2 M plan, la mer portant un vaisseau aux voiles dé- 
ployées. 

Au fond, un phare. 

AURELIUS IN РАСЕ. 
P. en l. 

Jeune homme mort étendu dans un linceul ; à ses pieds, 
un vase ayant la forme d'un brûle-parfum. Sous la pierre 
soutenant le coussin, on lit : Aurelius in расе. 

BOUTIQUE D'UN PATISSIER. 
P. en l. 

Devanture en bois, de forme architecturale, montée sur 
quatre colonnes entre lesquelles des vitrines intercalées con- 
tenant des gâteaux, pièces montées, etc. 

BILLET A ORDRE. 
P. en travers. 

En tète, une vignette représentant Esculape en pied ; à sa 
droite, un grand palmier, dont le tronc est entouré d'un 
serpent. 

Très jolie composition qui, bien que commerciale, est très 
soignée. 



BILLET DE SATISFACTION. 
P. en h. 

Couronne composée de feuilles de chêne et glands. 

UNE BALANCELLE SUR L'EAU, 

Я lithographie» en t. 

Une femme demi nue, jouant de la harpe éolienne, est as- 
sise dans une balancelle terminée a l'un dee bouts par un 
col de cygne. 

Un ange, le trident en main, dirige l'embarcation. 

Illustration d'un livre provençal. 

ÉTUDE DE BŒUF, CHÈVRE ET MOUTON. 
P. en l. 

Ces trois animaux sont dirigés et cheminent vers la droite 
du spectateur. 

Les têtes sont bien Vraies, et les travaux serrés de la pointe 
rendent et donnent, avec une exactitude surprenante, la 
finesse des poils. 

On croirait voir une gravure de V. Hollar. 

La planche cuivre fait partie de la collection R. F. 

UNE ÉTIQUETTE DE CHOCOLATIER. 
P. en h. 

Dans le haut de l'étiquette, une Renommée portant de son 
luche une banderolle où on ne lit encore aucune ins- 
n. 
; le bas, un pelit amour broyant du chocolat sur la 



UNE ÉTIQUETTE DE FLEURISTE. 
P. en h. 

la partie haute de cetle estampille figurent deux 



— 105 — 

petits amours aux ailes de papillon, garnissant une corbeille 
de fleurs. 
Petit sujet très habilement composé. 

ÉTIQUETTE DE PARFUMEUR. 
P. P. en rond. 

Composition représentant une femme en buste, très décol- 
letée, assujettissant à son chapeau une branche de jasmin. 
Il existe des épreuves en couleur. 

FLEURS DES CHAMPS. 
D'après H. С 

P. en h. 

Une fleur d'iris et son bouton d'une suite faisant partie 
d'un ouvrage sur la botanique. 

MOÏSE. 
D'après Boher, statuaire. 

G. P. en h. 

Le législateur des Hébreux est vu de face, la jambe droite 
agenouillée et la main élevée à la hauteur de la tête. 

Cette dernière est fortement caractérisée par une large et 
abondante barbe et chevelure très savamment massées. 

La manière du procédé de l'outil est ici peu habituelle au 
maître : c'est tantôt l'ampleur des tailles de C. Mellan pour 
tout-à-coup les délaisser, en abordant dans la figure la touche 
mile et sûre de Van Dick. 

La traduction de cette statue marbre d'après Boher, est 
certainement rendue avec une grande hardiesse de burin ; 
mais eombien ce Moïse, aux tons libres et durs, est loin de la 
finesse spirituelle et amoureuse du portrait du marquis de 
Méjanes ! 



— 106 — 

MISÉ NANOUN. 
P. P. en h. 

Bonne femme vue par derrière, cheminant dans la campa- 
gne, appuyée de sa main gauche sur un bâton, et un broc à 
sa main droite. 

C'est le titre qu'avait donné notre artiste à cette petite 
pièce, qui certainement date de ses débuts. 

ODÉON. 

P. en travers. 

Représentant une carte d'invitation. 

À droite et à gauche, des attributs de musique très fine- 
ment gravés. 

Le centre est en blanc, et réservé pour y inscrire le nom 
de l'invité. 

RECUEIL DES COSTUMES DES ENVIRONS DE ROME. 

D'après E. L. 

Réunion de 20 à 25 lithographies, représentant les divers 
costumes italiens de l'époque (4840 à 1815). 

SOMMEIL EN DILIGENCE. 

D'après Gras. 

P. iithographiée en l. 

La scène se passe dans l'intérieur de nos anciennes dili- 
gences traînées par trois ou quatre chevaux. 

Un homme profondément endormi s'est laissé aller tout 
d'un coup de la tête sur l'épaule de sa voisine qui, surprise, 
lève les yeux au ciel de frayeur et peut-être de pudeur. 

Cette petite aventure comique porte certainement à sou- 
rire, mais nous avouons franchement que ce genre ne con- 
venait nullement à notre graveur. 



— 407 — 

TOMBEAU D'UN JEUNE ENFANT. 
P. en rond. 

Monument funéraire surmonté d'une urne couverte, au 
pied de laquelle une couronne d'immortelles est placée. s 

La face de la pierre tumulaire porte une longue inscrip- 
tion en vers. 

Composition entourée de cyprès et saule-pleureur, très 
habilement gravée. 

VICTIME DU CHOLÉRA MORBUS PESTILENTIEL 

DE MOSCOU. 
P. lithographiée en travers. 

Cadavre d'un homme étendu sur un matelas ; la face tu- 
méfiée exprime bien les douleurs de la terrible maladie. 
Pièce faisant sans doute partie d'un ouvrage médical. 

VIGNETTES VARIÉES DE LIVRE. 
Toutes en h. 

Toutes représentent des épisodes de charité, de dévoue- 
ment, etc. Destiné à l'illustration de livres de prix scolaires. 



•чвдда» 



— 408 — 

Bien des choses nous resteraient à dire sur 
la. fécondité artistique de notre graveur pro- 
vençal , car si nous avons eu l'honneur de 
faire connaître l'œuvre du maître , nous de- 
vrions aussi parler d'une autre spécialité de 
gravure en intaille sur métal ordinairement 
précieuse, tel que le cachet de bureau ou celui 
porté en breloque. 

Leur exécution offre toujours de grandes 
difficultés , car il faut non seulement creuser 
très profondément le métal, mais encore com- 
me toujours graver les figures, attributs, etc. 
à l'envers , afin d'obtenir à. la cire d'Sspagne 
une empreinte d'un beau relief et dans son 
véri table sens . 

Cette difficulté était facilement vaincue par 
le talent de notre maître qui, vu la fréquence 
des commandes n'avait point hésité de graver 
d'avance des poinçons minuscules sur acier 
pour transporter ensuite à petits coups de 
marteau de ciseleur leurs empreintes dans les 
creux préalablement ménagée dans la matière. 

Ces poinçons et ciselé te, au nombre de 300 
environ , sont en notre possession , tous , très 
intéressants à étudier , car ils représentent 
les figures ou attributs de nos armoiries pro— 
vençales, et bien sou. vent un poinçon de la 
grosseur d'une tête d'épingle a été transformé 
et sculpté avec un art inouï en tête de lion ! 

Combien nous avons vu de fois sur les bu- 
reaux ces pet** 3 chefs-d'œuvre symbolisant 
les noms et titres de nos sympathiques fa- 



— 109 — 

milles aixoises ; combien de fois, notre profes- 
sion d'orfèvre aidant , nous ont-elles montré 
leurs mobiliers de luace , en полое soumettant 
leur argenterie artistique bien souvent signée 
de nos orfèvres provençaux du siècle passé, et 
gravée en dernier lieu, des armoiries ou ini- 
tiales du dernier possesseur par Reinaud qui, 
mu. d'un sentiment de respect et d'admiration 
pour ces pièces si habilement conçues et cise- 
lées, venait y ajouter par la finesse et l'énergie 
de son. burin une beauté de plus en gravant 
le motif* qui lui était commandé. 

Mentionnons, pour terminer, un autre genre 
affectionné de notre artiste qu'il pratiquait 
dans ses rares moments de loisir, en signalant 
ses camées- reliefs gravés sur coquille ou corail. 

Circonscrits comme toujours dans de très 
petites dimensions, ses profils si purs, sculptés 
et modelée d'un goû.t sûr et délicat, évoquent 
les souvenirs de la Grèce antique et nous don- 
nent une juste idée de la beauté , en nous 
faisant saisir les traits distinctifs qui la carac- 
térisent (1). 

C'est certainement, la spécialité artistique 
qu'il a le moine exercé et répandu, mais par 
les rares spécimens existant encore dans notre 

{h) En 1680, M. Laùtkier, riche collectionneur et antiquaire à 
Aix, ami et rival dans la curiosité du célèbre Peiresc, chez lequel 
il avait fait maintes acquisitions de nombreux camées (entre autres, 
le fameux cachet de Michel-Ange), vendit à la France sa superbe 
et unique collection qui prit rang parmi les pierres gravées du 
Cabinet du Roi. (Mariette, 1750.) 



— но — 

ville , nous avons acquis non seulement la. 
preuve irréfutable que dans l'art de la gra- 
vure Mari us Reinaud n'a rien ignore , mais 
encore, ce qui est bien plus precieu3c f l'attes- 
tation certaine de sa supériorité artistique que 
bien peu de graveurs pourront atteindre. 



APPENDICE 



JOSEPH PITTON DE TOURNEFORT. 

P. en rond. 

Portrait vu presque de face, légèrement tourné vers la 
gauche, en buste, vêtu de soie et couvert d'un manteau 
bordé d'hermine moitié ouvert, laissant voir la décoration 
du Saint-Esprit dont il fut honoré en 4698. 

La mâle figure très bien modelée indique l'intelligence, et 
sa barbe aussi bien que sa chevelure très fournie nous révè- 
lent une robuste constitution. 

Dans cette pièce, les travaux de la gravure ont été simul- 
tanément conduits avec le secours de Геаи -forte et du burin 
selon la nature de l'objet à rendre et imiter, tel que la soie, 
l'hermine, etc. 

L'épreuve qu'il nous a été donné de voir porte en outre 
de la signature du graveur la date de 4844, ce qui nous indi- 
que suffisamment l'heureuse précocité du talent de notre 
artiste aixois. 

Les épreuves sont recherchées et peu communes. 

Né en 1656, mort en 4708, ce célèbre botaniste parcourut 






— ш — 

toute la région méridionale, particulièrement le Languedoc, 
le Dauphiné et la Provence, pour y découvrir et étudier les 
plantes et en faire une classification spéciale pour chaque 
contrée. 

Son nom est une des gloires de la ville d'Aix, car ses nom- 
breux ouvrages sur la botanique font bien souvent encore 
foi chez les savants s'occupa nt spécialement de la science si 
abstraite sur l'histoire naturelle de la botanique. 

La planche cuivre originale est conservée dans les nom- 
breuses collections de notre sympathique secrétaire de 
l'Académie, M. le baron Hippolyte Guillibert. 

LOUISE-MARIE DE BOURBON PENTHIÈVRE, 

Duchesse d'Orléans. 

D'après Guis. 

P. en rond. 

Portrait buste vu de face, coiffée d'un bonnet de dentelles 
canonées, le corps est vêtu d'un fichu canoné aussi, dans le 
goût du fichu Ma rie- Antoinette. 

Pièce médiocrement gravée, assez rare à rencontrer dans 
les collections, cependant un amateur de notre ville en 
possède deux épreuves, avant et avec la lettre. 

ARMORIAL DES COMMUNES DE PROVENGE. 

Par M. Louis de Bresc, avocat. 

Planches en h. 

Bien que ce précieux ouvrage ail été déjà cité page 32, 
nous ne pouvons résister d'en donner une description dé- 
taillée et même des faits inédits sur cette œuvre de si longue 
haleine qui fut une des dernières de la vie de notre graveur. 

Le frontispice représente une Renommée sonnant de la 



— 112 — 



trompette, de sa main gauche étendue elle tient encore une 
autre trompette contre laquelle est suspendu un étendard 
flottant où l'on remarque au centre un écusson couronné 
sans aucun signe héraldique, cet étendard est retenu à Tune 
de ses extrémités par une branche de lauriers. 

Au bas, quatre couronnes murales indiquant d'une ma- 
nière précise par le nombre des tourelles les attributions 
de communes, cantons, sous-préfectures et préfectures. 

Quant aux blasons, au nombre de 600 environ, tous sont 
lithographies avec grand soin, particulièrement les espèces 
de chaque animal et les minutieux attributs. 

Rien ne doit nous étonner dans cette perfection si fidèle, 
car presque tous ces blasons ont été dessinés de la main de 
l'auteur, Térudit académicien M. Louis de Bresc qui, patiem- 
ment, et dirons-nous avec art, exécutait à la plume les 
armes respectives de chaque commune. 

Soutenu d'un aussi puissant concours, notre artiste graveur, 
malgré qu'il fût bien près du déclin de sa vie, ne pouvait 
qu'être encouragé de transmettre sur la pierre ce qui était 
aux trois-quarts fait, c'est-à-dire composition et dessin. 

Et si l'auteur attribue le principal mérite de son ouvrage 
aux planches gravées par Marius Reinaud, hâtons-nous d'édi- 
fier nos sympathiques lecteurs en rendant à chacun la part 
qui lui est due dans la collaboration intime de l'auteur et 
du graveur, l'un, en ce qui concerne la composition dessinée, 
l'autre dans l'exécution gravée. 



LE STUDIUM PAPAL 

DE TRET§ * 

AU XIV™ SIÈCLE 

Par M. ГаЪЪб CHAILLAN. 



Les institutions d'enseignement public ont, sous les 
Grèce et les Romains, brillé du plus vif éclat en Pro- 
vence. Mais, avec les invasions des Barbares, changent 
étonnamment les mœurs et cesse presque tout entière 
cette haute influence scientifique , littéraire, artistique. 
Le maintien de l'indépendance nationale, les luttes pour 
la défense du sol entraînent l'abandon des études, et il 
nous faut arriver au règne de Charlemagne pour les voir 
renaître sous le génie si puissant de cet empereur. 

S'ouvrent ensuite, auprès des églises capitulaires et 
dans les cloîtres, des retraites favorables à l'instruction. 
Moines et évêques, durant la période fort compliquée du 
moyen-âge , parviennent à les faire refleurir au milieu 
des grandes villes, et même , parfois , rayonner jusque 
dans des paroisses rurales. 



* Trets, chef-lieu de canton, 3000 habitants, arrondissement 
d'Aix (Bouches-du-Rhùne). 

8 



— ш — 

La présence , au XIV me siècle , de la cour papale h 
Avignon accentue encore et vivifie très puissamment 
dans nos contrées le goût du savoir et d'une civilisation 
épurée. 

La vieille abbaye de Saint- Victor de Marseille avait 
acquis au près et au loin une telle réputation, qu'à 
partir du X[ me siècle, de tous les points du Midi on s'é- 
tait adressé aux Abbés de cette église pour instruire les 
intelligences, sanctifier les âmes , restaurer les monas- 
tères tombés en décadence. 

Région fortement marquée aux empreintes celto- 
ligurienne, grecque, romaine ; territoire, semble-t-il, de 
la civitas d' Arles ; propriété des comtes de Provence 
d'abord, puis de la famille vicomtale de Marseille , la 
vallée de ГАгс supérieur, était devenue, aux XII™ 6 et 
ХШ тв siècles, une vallée essentiellement monacale. 

Les Bénédictins de l'abbaye de Saint-Victor y tenaient 
plus de vingt églises exemptes de complète juridiction 
épiscopale, avec Trets pour chef-lieu de domination. * 

La ville de Trets avait alors une population notable- 
ment plus importante que celle d'aujourd'hui, comme le 
prouvent des restes d'anciens dénombrements trouvés 
dans les greffes de Provence, et aussi la taxe des affoua- 
gements, enfin certaines pièces de la commune. 

Au surplus , ses remparts fraîchement construits et 



* Recherches historiques sur Trets et sa vallée, 4 volume in-8*, 
par l'abbé Chaillan, page 67 et suiv. 



— 115 — 

refaits (1330-1 363), les nombreuses tours carrées, s'éle- 
vant de distance en distance avec leurs mâchicoulis ; le 
large fosse, les grandes portes ogivales surmontées de 
créneaux et parées d4me terrasse reliant rentier péri- 
mètre des fortifications : tout cet ensemble d'architec- 
ture médiévale caractérisait cette époque batailleuse, 
tourmentée et en portait admirablement la signature. 

Urbain V (Guillaume de Grimoard) , nous le savons 
par son propre témoignage , était venu , tout jeune, à 
Marseille , s'initier à la vie religieuse et y professer so- 
lennellement la règle de Saint-Benoit ; plus tard , en 
1361, il v retourna comme Abbé. 

Il connaissait donc par lui-même la richesse des pos- 
sessions terriennes de son Ordre à Trets. 

Devenu Pape il s'empressa d'accorder des privilèges 
[dus insignes encore que ceux de ses prédécesseurs au 
lieu même où avaient afflué tant de dons. * 

Sacré et couronné à Avignon le 6 du mois de novem- 
bre 1 362, le bienheureux Urbain ordonne, par une lettre 
du 13 avril 1363, d'établir à Trets six religieux, outre 
le prieur. 

Le prieuré de Trets, ajoute le document pontifical, est 
assez bien pourvu de bénéfices et de terres pour nourrir 
convenablement le nombre de moines sus-désignés, et 
notre désir formel est d'y faire célébrer le culte divin 
avec plus de décence et de majesté. 



** 



•Cart. St-Vict. 18, 410, 411, 413, M 5, 288, 32, etc. 
Reg. V r atic. 261, f. 122 v, epist. 75. 



»* 



— 116 — 

En cette même année 1363, le docte Pape r ami parti- 
culier de tous les savants, bienfaiteur incomparable d'un 
grand nombre de maîtres, soutien unique de plus de mille 
écoliers, élevés, chaque année, à ses frais, fonda dans ce 
même Trets une Ecole conventuelle , sorte de collège 
supérieur, préparatoire aux grandes Universités, où Ton 
enseignait aux clercs, à des moines, et même à plusieurs 
prêtres, la grammaire, les belles-lettres, la « dialectique » 
ou philosophie et la théologie élémentaire. * 

De rares actes de l'époque nous avaient à peine révélé 
l'existence de ce centre d'étude. Nous connaissions par 
les actes de nos notaires le nom de magister Castelan, 
de Trets, qui était le barbier-perruquier de cette nom- 
breuse communauté. (1363-1364.) 

Une curieuse délibération du conseil municipal de 
Marseille, datée du mois de novembre 1363, nous mon- 
trait la supplique de l'opulente cité auprès du Souverain- 
Pontife pour faire admettre au Studium du castrum de 
Trets quelques clercs marseillais sans fortune. 

Et c'était tout ! 

Heureusement , pour satisfaire notre curiosité , une 
gerbe d'une dimension inattendue avait été engrangée 
au Vatican depuis des siècles. C'est là, au milieu de tré- 
sors uniques pour les sources de l'histoire, que nous 
sommes allé l'admirer, la cueillir, la dépouiller. 

Au profit de l'histoire nationale et provençale, des 



* Délibération du conseil municipal de Marseille, 16 novembre 
1363. — Actes dos notaires. 



— 117 — 

diocèses de Marseille et d'Aix, et aussi de tous nos conci- 
toyens, nous lui donnons le grand jour de la publicité. 
L'incomplaisance à garder plus longtemps pour nous 
seul une pareille trouvaille et à en thésauriser en quelque 
sorte les résultats nous aurait paru excessive et trop légi- 
timement blâmable. Aussi c'est toute la moelle et comme 
Tentier froment de la gerbe vaticane, ornée de son parfum 
et de son vernis d'antiquité, que nous tenons à commu- 
niquer au public savant. 

Le manuscrit des archives vaticanes forme un volume 
de 301 feuillets de papier de chiffes. Sa hauteur est de 
24 centimètres, sa largeur de 1 T centimètres. Il est re- 
couvert d'un parchemin aussi blanc et aussi propre que 
s'il était récent. Son titre est : Rationes Scholarum 
de Tritis 1364-1366. Il a été écrit au jour le jour, à 
fur et mesure des besoins et des événements, comme un 
véritable ce livre de raison. м 

Le rédacteur a laissé en blanc plusieurs feuillets ou 
portions de feuillet. Sa transcription en a été faite avec 
soin , et nous en avons même confié la collation aux 
archivistes-paléographes les plus autorisés des archives 
du Vatican. 

D'ailleurs l'authenticité apposée à la copie que nous 
livrons est une garantie de scrupuleuse exactitude. 

Dans cette préface nous désirons tout simplement 
désigner les chapitres et chefs de matière inscrits au 



— 118 — 

volume du XIV me siècle, et, aussi, mettre en relief cer- 
tains articles, pièces ou faits plus intéressants. 

Le savant qui lira cette publication ne s'étonnera pas 
de notre méthode. Il préférera, sans aucun doute, con- 
naître le texte intégral sans s'attarder longtemps à un 
avant-goût et à une traduction inutiles. 

L'idée générale connue, quelques notes explicatives 
sur les principaux actes renfermés dans ce recueil, suffi- 
samment développées, rien de plus utile, rien de plus 
profitable aussi, que de recourir de suite aux détails, aux 
compléments de renseignements, en un mot, au texte 
latin lui-même. 

De ce texte il se peut que certains mots romano-bar- 
bares, si divers, selon chaque localité, aient été corrompus 
par le défaut de règles fixes, d'emploi ou de lecture, mais 
nous croyons que Terreur sera minime et nous voulons 
accéder sans réserves à toutes les critiques judicieuses. 

Les vingt-cinq premiers feuillets du manuscrit sont 
des indications relatives aux étudiants, à leurs noms, à 
leurs pensions pleines, nulles ou partielles. Et comme 
Tabbaye de Saint- Victor de Marseille avait acquis des 
prieurés innombrables, Térudit s'explique pourquoi figu- 
rent au vationaire de Trets des clercs venus non seu- 
lement des provinces ecclésiastiques d'Arles , d'Aix , 
d'Embrun, d'Avignon, mais encore des prieurés ou églises 
disséminés dans les diocèses de Rodez, de Mende, de 
Nîmes , de Vabres , d'Uzès , de Viviers , d'Agde , de 
Chartres 

Plus de vingt comtés étaient représentés au Studium 



— 119 — 

dirige par les Bénédictins, et la seule petite ville de Trets, 
bien favorisée, certes, par le Pape, comptait dix clercs 
étudiants ce avec pension. >э 

En deux années scolaires (1363-1364) s'étaient suc- 
cédé à Trets les recteurs Astorge de Cayraco, Bernard 
Guidon, Déodat Jordan. * 

Le nombre total des candidats qu'ils avaient reçus dé- 
passe 200 ; mais par suite de décès ou d'autres motifs le 
chiffre des écoliers restant, mentionnés au livre de raison, 
en juin 1364, est de 180 (fol. 11 v°.) 
155 ce avec pension, w** 

I & ce ad expensas proprias. м 

II ce sine pensione.-» 

Nous ne signalerons pas, ici, les noms de ces écoliers 
et de leurs pays d'origine. Il sera bien facile de prendre 
la page première et de les suivre diocèse par diocèse, 
souvent paroisse par paroisse , et , toujours famille par 
famille. 

Les fils de la noblesse des villes et des campagnes y 
sont confondus avec les fils de la classe des tenanciers 
privilégiés et des serfs. 

* Si Pierre de Areabaudosa a été directeur de l'école pontificale 
de Trets (f. 285 v), il est possible qu'il n'exerçât cette charge que 
par intérim ou comme adjoint et suppléant. En tous cas, c'est en 
qualité de procureur qu'il figure sous le priorat de Déodat Jordan. 

** Ces premiers devaient payer la modeste rétribution de 4 flo- 
rins ; mais un certain nombre les promettaient sans les donner, et 
le Pape, toujours libéral, agréait facilement leurs excuses. 

Les seconds étaient taxés à 10 florins. 

Quant aux derniers, ils jouissaient de la gratuite absolue. 



— 420 — 

Tous ces clercs-écoliers n'étaient pas destinés à la vie 
sacerdotale ou monastique. Urbain V en envoya plusieurs 
étudier le droit ou la médecine, et il en mit d'autres en 
leur place, comme on le lit en plusieurs passages de notre 
document. L'Université de Bologne était la plus renom- 
mée de Tépoque. Le Pape fit rechercher à Trets les 
étudiants qui, étant peu fortunés, avaient le plus détalent 
et de disposition pour les sciences, les dirigea sur celte 
ville fameuse, fournit à tous leurs besoins, (f 7 v°.) 

Ces faits confirment ce que tous les historiens racontent 
du bienheureux Urbain, à savoir qu'il était généreux et 
prodigue envers les jeunes gens voués aux sciences ; ces 
actes aussi démontrent que les docteurs et maîtres du col- 
lège de Trets professaient avec le plus grand succès le 
haut enseignement littéraire et philosophique. 

Ces maîtres et serviteurs se trouvaient au nombre de 
dix-sept, (f** 12 v°.) Ils habitaient avec leurs disciples un 
établissement situé à l'entrée occidentale du castrum 
de Trets, à l'abri des remparts * et confrontant la porte 
de Clastre h l'occident ; la fontaine de Clastre et le 
jardin dit, plus tard, de René, au nord ; du midi la petite 
place triangulaire décorée aujourd'hui de gracieux aca- 
cias ; enfin, du levant la rue Centrale et l'église claustrale 
de la Trinité. 

Cet emplacement répond actuellement à celui du bu- 
reau de poste de Trets, de la mairie, de la salle d'audience 



* Archives do la famille de Forhin d'Oppède. 



— 121 — 

du juge de paix, * des immeubles May en, Jean-Baptisle 
Baille et du château de Clastre. ** 

Il occupe un vaste espace, ou, comme disaient les 
Romains, une île entière enfermée entre quatre voies. 
Cependant quoique important un pareil carré de hautes 
constructions ne suffisait point à l'installation ainsi qu'aux 
Iiesoms de toutes les personnes ou choses du Studium 
pontifical ; c'est pourquoi le manuscrit nous indique 
Tarrentement de plusieurs hospicia voisins. 

Pour établir une communication facile on perfore les 
murs et on jette un pont sur la rue. Ce système de pont 
couvrant les rues de ses arcades se trouve commun à 
Trets, et de nos jours encore, on remarque à plusieurs 
endroits du pays ces singuliers portiques traditionnels 
soutenant des maisons qui tombent de vétusté. 

La deuxième partie des Rationes Scholarum s'étend 



* Monsieur André, ex-maire de Trets, avait bien voulu, sur notre 
demande, promettre de donner une place plus digne à trois débris 
d'inscription et de sculpture gothiques. Ils ont servi longtemps, tout 
récemment encore ils servaient de degrés aux escaliers qui con- 
duisent du prétoire à l'antichambre du secrétariat de la Mairie. 

Ces morceaux de dalle funéraire provenaient de la chapelle claus- 
trale si voisine. 

Sur cette dalle était figuré un personnage en pied, vêtu d'une 
robe longue. Autour de l'image se développait en bordure une épi- 
taphe dont il ne reste plus que les mots : 

DE TRITIS.... ORATE.... 
c'est-à-dire « de Trets .... priez.... (pour lui?)». 

Los lettres sont de la fin du XIV* siècle. 

** Voir sur ce château acquis un instant par les Foresta, au 
XVI- siècle, notre étude sur les religieux de Saint-Victor, à Trets. 



— 122 — 

du feuillet 25 au 43 v°. Elle est intitulée : achat des 
provisions par Déodat Jordan, recteur du Studium de 
Trets. Ce recteur venait d'arriver à notre Castrum. 

Camérier de l'abbaye de Saint-André, près Avignon, 
il avait laissé les bords du Rhône, et s'était rendu à son 
nouveau poste dans l'espace de deux petites journées, en 
passant a par le port * de Noves, » sur la Durance. 
(30-31 mai 1364). .- 

Cela prouve qu'au moyen-âge les voyageurs pouvaient 
aller vite s'ils y tenaient. 

Avec le journal des comptes de Déodat Jordan il nous 
est permis de connaître les noms des propriétaires ven- 
deurs qui font au Studium de Trets offre et livraison du 
blé, du seigle, de l'huile, des moutons, des porcs salés, 
du poisson en conserve, des chandelles, etc. Le prix de 
ces marchandises est exactement inscrit comme aussi la 
quantité et le coAt des lentilles, fèves, pois-chiches, 
œufs, noix, figues, amandes, fromage, sel, foin, avoine... 
Sur l'ensemble de ces données on peut faire quelques 
observations afférentes aux personnes et aux choses. 

Le mouton ainsi que le porc étaient très communs, 
puisqu'il est, h chaque jour, question de ces animaux 
pour la nourriture des élèves et des serviteurs. 

Le bœuf n'apparaît qu'aux grandes fêtes ; on y mange 
encore des perdrix et des lapins. 

L'agneau est servi, tout le printemps, aux malades et 
convalescents. 

* Portus. — Lieu où l'on passe un bac. — Ducangc. 



— 123 — 

La fabrication du fromage avait pris un certain déve- 
loppement. Aussi FEcoIe papale qui en faisait une bonne 
consommation se pourvoyait auprès des petits établis- 
sements voisins appelés cellœ caseorum. La réserve du 
réfectorier était toujours abondante, et malgré Kmmi- 
nence du transfert des étudiants il en tenait encore 72 
livres et demi, à la fin du mois de mai. Cette réserve 
disparut en grande partie au milieu du trouble extrême 
causé par les préparatifs du déménagement. Aussitôt dans 
l'église de Trets on lance l'excommunication contre les 
auteurs de ces pilleries. 

Plusieurs notes de compte nous font connaître les 
espèces de poissons salés qu'on servait h la table de 
Trets : thons, dorades, mulets. 

Quant aux poissons frais ils sont invariablement dési- 
gnés in globo par les termes trop vagues pour notre 
curiosité : pisces récentes. 

Toutes ces fournitures arrivaient des côtes de Pro- 
vence : les unes, nous le savons exactement, des pêche- 
ries de Marseillej et les autres, le registre de Charles I er 
nous Tapprend, des pêcheries de Nice et d'Arles. 

Le sel dont la fabrication et le commerce avaient pris 
une grande extension en Provence, dès le XI me siècle, 
était apporté au couvent de Trets par des sommeliers 
de Valencia (?) et surtout de Gardanne. 

Enfin quant au froment, au vin, à l'huile, tous les 
villages de la vallée de ГАгс supérieur en étaient abondam- 
ment pourvus, et presque tous, même Saint-Maximin, 
s'empressaient d'offrir leurs produits au puissant recteur. 



— 12i — 

Plusieurs noms des anciens producteurs duXIV me siècle 
sont, aujourd'hui encore, très honorablement connus 
dans notre région. Mentionnons, entre cent autres, Audric, 
Négrel, Icarden, Maynier, Milon, Véziau, Porte, Girard 
ou Giraud, Rostan, Bernard, Cas le 11 «in. 

La plus grande partie de notre document est la troi- 
sième, qui se rapporte aux dépenses ordinaires et quo- 
tidiennes du Studiwn de TreU. (52 v° à 263 v°). 

Ici la nature des articles n'est pas d'une riche variété ; 
cependant sous cette uniformité de détails, parfois fati- 
gante pour le lecteur, se cachent de très précieux rensei- 
gnements. 

Pendant une année entière (de juin 1364 à juin 1365) 
le livre de raison relate le nombre de personnes qui, 
chaque jour, ont pris part aux repas. Ce qu'on a mangé, 
ce qu'on a bu, ce qu'on a acheté de particulier pour tel 
maître ou tel écolier, rien n'échappe à l'investigation et 
à la note du dépensier : tout le menu s'y trouve. 

A la fin du mois, récapitulation du chiffre des convives 
et des dépenses ; à la fin de Tannée, addition totale des 
hôtes, comestores, des fournitures, des objets de con- 
sommation, du prix, du volume, des pièces, des denrées 
servies... 

Voici quelques exemples de la carte à manger, pris ça 
et la, dans cette longue liste de mets. 

Dimanche 2 juin 1364. (fol. 53). 

ce Nous avons mangé : 

ce Un mouton de la bergerie du Studium. 

ce Condiments du potage, 20 deniers. 



— 125 — 
« Trois livres de bacon. 

« 

ce Aux malades, 3 sous do viande légère et variée. 

ce Fromage pour le directeur et les maîtres. 

ce 32S pains, valant 3 setters, * et au surplus, ГоЫа- 

tion de l'église. 

ce Nous avons bu 23 escandaux ** de vin dont 12 
font une millerole et 18 une sommée ou charge de vin. 

ce 163 commensaux. 

ce Une livre d'huile pour la lampe. 

ce Une demi-livre de chandelles. x> 



* Cette mesure de capacité (sextarium) a varié avec le temps et 
les lieux, dit Ducange, qui ne cherche pas à la connaître d'une 
manière complète. — Diligentius perse rutari per tempus non licet. 

M. L. Blancard qui a étudié magistralement la question des 
monnaies et mesures provençales, au XIII* siècle, assure que les 
* setiers locaux avaient des contenances diverses ; il se trouvait 
même le setier à blé, seigle, et celui à avoine et orge. » 

Pour le calcul et l'indication des contenances des mesures, voir 
pages 347, 350, etc. 

— Essai sur les monnaies de Charles I, comte de Provence, par 
L. Blancard, archiviste des Bouches~du-Rhône. 

Voir encore Tavernier. Usages et règlements locaux. 

Notre rationaire dit aussi, quelquefois, « ...mensure Tritis... » 

** Vescandal ou escandau (Duc. Gl. Fr.) était une subdivision 
de la millerole. 

Sa dimension, quoique variant avec les villes, était en moyenne, 
environ le quart de la millerole. — Le douzième serait donc de 
beaucoup dép.issé ici... 

Aucun renseignement extérieur, très précis, n'est venu, malgré 
nos recherches et nos demandes, confirmer le texte de notre 
rationaire. 

Mais en additionnant le nombre des scandalia bus durant tout le 
mois de juin 1361. nous sommes arrivé au total de 669. Ce chiffre 



— 126 — 

Mardi 4 juin. Un mouton de la communauté. Potage 
de brouet. Viande pour les malades, 2 sous 7 deniers. 
Bacon, 4 livres. Fromage au recteur ainsi qu'aux maîtres. 
340 pains, valant 3 setiers, 3 cartayrols. 

Vin, 23 escandaux. — Demi-livre de chandelles. 

163 commensaux. 

Mercredi 19 juin. Viande salée, 28 livres. Viande 
pour les infirmes, 28 deniers. Potage aux herbes du 
jardin du Studium. Poissons frais, 2 sous. Une demi- 
livre d'huile. 322 pains, valant 3 setiers^ 1 panai. 

Vin, 23 escandaux. Demi-livre de chandelles. 

164 commensaux. 

Vendredi 28 juin. Potage aux herbes. — (Eufs, 4 
sous, — Autre plat d'herbage pour les malades, 4 de- 
niers. — Fromage pour tous les hôtes. — Une livre 
d'huile. 

300 pains valant 3 setiers y 1 panai. 

Vin, 22 escandaux. Une demi-livre de chandelles. 

159 commensaux. 

divieé pur 12 donne bien exactement les 55 milleroles, 9 scand. 
inscrits au summa du fol. 67 v«. — Voir aussi fol. 31-31 >*•, etc. 

Nous remercions vivement à ce sujet, MM. Ch. de Ribbe, 
L. Blancnrd et F. Mistral de leurs communications aussi savantes 
qu'obligeantes. 

« Duns mes recherches, nous écrit l'illustre F. Mistral, j'ai trouvé 
quo Vescandau est le 1/i de la millcrole ; seulement, au mot 
escandoli ou escandueli de mon dictionnaire provençal -français, 
j'ai mis ceci : « nom générique de toutes les petites mesures pour 
les liquides, pour l'huile en particulier, v. escandau. » et je donne 
la comme citation : manja soun bèn en escandueli, dissiper son 
bien petit à petit. » 



— 127 — 

Samedi 29 juin. — Poissons frais, 3 sous, 4 deniers. — 
tiSuls, 3 sous, 8 deniers. — Potage de brouet au fro- 
mage. — Herbage pour les infirmes. — A l'écolier 
Monet malade, un poulet, 10 deniers. — Une livre et 
demi d'huile. 

315 pains, valant 3 setiers, 1 panai. 

Vin, 21 escandaux et demi. Une demi-livre de 
chandelles. 

157 commensaux. 

Journées festivales des 25 et 26 décembre 1364. 

ce Mercredi, jour natal du Seigneur, j'ai dépensé 100 
livres de bœuf, 60 livres de mouton et 4 livres de viande 
salée. — Bon potage de diverses épices prises chez l'apo- 
thicaire. — Plat d'oeufs pour le professeur Jean et un 
écolier. — Fromage au prieur ainsi qu'aux maîtres. — 
Deux lapins, 5 sous, et une perdrix, 1 8 deniers. — Des- 
serts variés. — 314 pains, valant 3 setters, 1 panai, 
1 othène, (?) outre les oblations de l'église. 25 escan- 
daux de vin. — 4 livres de chandelles. 

Tout cela pour 145 commensaux ! 

Jeudi, lendemain de Noël, 75 livres de boeuf^ 50 
livres de mouton, 3 livres de porc salé. — Potage aux 
poireaux du jardin. — Deux perdrix, 3 sous. — Mou- 
tarde, 12 deniers. — Fromage aux professeurs. 

250 pains, valant 3 setiers et, au surplus, Toblation 
faite par les fidèles à l'église. 

24 escandaux de vin ; 3 livres de chandelles. 

1 42 commensaux. >* 

Si le chiffre des pensionnaires a baissé durant ces 



— 128 — 
quelques juins de frics, les ohlations des fidèles sont, 
au contraire, bien généreuses. Cette coutume antique 
qui voulait que les chrétiens offrissent spontanément à 
l'autel, du pain et du vin, avait snbi des modifications 
â travers les temps. * La piété du peuple de Trcts 
n'avait point eu besoin, comme ailleurs, des décrets con- 
ciliaires pour continuer à verser chaque dimanche et 
solennité des dons alwndanU de pain en l'honneur de 
Dieu et des pauvres « entre lesquels les moines de Trets 
avaient gloire d'avoir rang. » 

La table de l'Epiphanie mérite une mention pour la 
quantité des mets et des vins ; mais une diversité plus 
digne de remarque s'applique à la durée du Carême dans 
le Studium de Trets. Il s'étend sur le» sept semaines 
pleines qui précèdent Pâques, ce qui fait 48 jours de 
jeûne ou d'abstinence, ** 

Cette pratique de prolongation de pénitence était sans 
ibre dévotion ; il ne paraît pas du moins quelle 
ité regardée comme une obligation rigoureuse et 
Dans d'autres églises le Carême n'avait pas 
irante jours. 

)le de Trets le dimanche du Carniprivium 
îe servait plus de viande aux valides jusque à 
ns discontinuer et sans excepter les dimanches. 



sin . Disciplina île l'Eijtisi 

111° die folironrii — prim 
1Н Л nprilis ilio dominica 



— 129 — 

De ces nombreuses pages, par moment fastidieuses, 
consacrées à peu près uniquement à la répétition des 
mêmes choses culinaires, notre publication fait un choix. 
Il est suffisamment complet pour permettre de formuler 
un jugement sur l'ensemble, d'une part ; et par ailleurs, 
il évite l'ennui d'une interminable série ou énumération 
d'aliments, d'objets, de faits identiques. 

Les quelques curiosités à détacher encore de ces 
étranges éphémérides de la cuisine, dont la copie intégrale 
est entre nos mains, sont les suivantes : 

Chaque personne avait une ration moyenne d'environ 
presque trois-quarts de litre de vin par jour. 

L'apothicaire était généralement épicier. Figues, poi- 
vre, moutarde, piments et tous les arômes ou substances 
condimentaires sortaient de sa boutique. 

Trets comptait trois apothicaires, ce qui prouve que 
cette profession était lucrative. 

Les goûts provençaux du XTV me et du XIX rae siècle 
restent bien les mêmes pour la soupe à l'huile avec les 
poireaux, oignons et surtout l'ail. 

Les fêtes de Sainte Marie-Magdeleine et de Saint Jean- 
Baptiste se célébraient avec éclat. 

À celle-ci on montait au prieuré forestier de l'ermitage 
de Saint-Jean-du-Puy qui conserve encore une inscrip- 
tion de ce XTV me siècle ; à celle-là on s'unissait de cœur 
aux Dominicains dont le couvent et l'église de Saint- 
Maximin retentissaient de louanges envers cette illustre 
femme de l'Évangile. 

Tous les arts, tous les penseurs, tous les saints du 

9 



— *30 — 
moyen-âge avaient rivalisé de zèle pour honorer l'Eucha- 
ristie. Depuis quelque temps s'était introduit et géné- 
ralisé dans les églises l'usage des tabernacles et des osten- 
soirs pour y conserver et exposer le Saint Sacrement. 
Л Trels, dans l'église claustrale de la Trinité, qui servait 
aux étudiants du Pape, une belle lampe brille devant le 
tabernacle. La quantité d'huile brûlée a une note parti- 
culière dans notre manuscrit : 
Oloum pro lampade ecclesie ! 

Quand un étranger de marque visitait l'Ecole papale 
on achetait du pain blanc de la ville pour les hôtes placés 
Л la table d'honneur. 1-е service, la cordialité, l'abon- 
dance ne laissaient rien à désirer. 

''■■si le 31 mars 1365 arrive au castrum de Trets 

rge de Cttyruco, inspecteur pontifical. 

n offre aux convives, qui se trouvaient juste cent, un 

•c de fèves et un potage aux épinards. 

tissons frais, G sous, 1 1 deniers ; dorades salées, 

ta, thon en conserve. 

:s quatre plats de divers poissons exigent 3 livres 

le. 

>ur les malades, 20 deniers de chevreau. 

jssert de noix. 

lins, 180, valant 2 setiers ; et en outre, 2 sous, 9 

:rs, de pain blanc. 

ii, 21 escandaux ! 

hix livres de chandelles. 

ie réception d'un autre genre est signalée le samedi 

:tobre 1364. 



1 



— 131 — 

208 commensaux boivent deux milleroles et demi de 
vin. Les œufs forment le plat de résistance. 

Pendant qu'elle mange le fromage servi à tous, ce 
jour-là, la jeunesse écolière, iradiée, braque des regards 
vivement curieux sur une dizaine d'avocats, de juges, 
de scribes arrivés d'Aix, quia fuit disputacio propter 
principium Studii, 

Enfin le quatrième et dernier chapitre est consacré 
aux dépenses extraordinaires , faites pour TEcole 
d'Urbain V, à Trets. 

C'est un morceau qui enrichit notre connaissance des 
mœurs, de la société, de la géographie du XIV me siècle.* 

En examinant, en effet, les innombrables éléments 
d'information, éparpillés dans ces pièces de comptabilité, 
(263 v° à 301) on enregistre certains faits ou circons- 
tances qui jettent quelque lumière sur des usages domes- 
tiques, moraux, économiques, religieux, lois, institutions, 
opinions, préjugés, organisation sociale, scolaire, croyances 
des peuples, etc. Sur tous ces sujets, l'esprit sagace, 
attentif, peut démêler des parcelles de vérités historiques. 

Avec les grandes lignes de notre Ecole supérieure, 
sorte de Faculté, de Trets, cette partie, la plus intéres- 



* Le Studium de Tritis (1361) pourrait faire l'objet de plusieurs 
rapprochements avec le Studium générale ou Université d'Aix, 
en Provence, fondée aux premières années du XV e siècle. Cette 
Université vient de trouver en M. F. Belin, recteur de Г Académie 
d'Aix, un historien sûr, exactement et complètement informé. 
Son premier volume, le seul qui ait encore paru, contient des faits 
d'un caractère propre et d'une physionomie bien originale. 



— 132 — 

santé du manuscrit, nous fait savoir des détails qui agran- 
dissent encore l'œuvre ponti6cale. 

Pour permettre d'apprécier cet exposé, il n'est pas 
indifférent de rapporter quelques points particuliers. 

La femme est excessivement robuste et laborieuse à 
Trets. Nettoyer le blé, faire des plantations de choux, 
d'oignons, de poireaux, d'épinards, porter sur sa télé des 
trousses de paille, laver les tonneaux pour le vin, servir 
de manœuvre aux maçons. Voilà son travail et sa tache 

•4 

propre. 

Le recteur, qui avait presque toute Tannée des fem- 
mes au service du prieuré, leur comptait 8 à 10 deniers 
par jour, selon les saisons et le genre d'ouvrage. 

Le bât pour les bêtes de somme ; la selle pour le 
cavalier ; l'évaluation des cordes pour sonner les cloches ; 
le traitement annuel de certains professeurs, du perru- 
quier, du buandier ; l'honoraire des visites du médecin ; 
le prix de la poix, des verres, clefs, serrures, lanternes, 
toiles, tables, portes, chaussures, et même des urinalia, 
tout est minutieusement noté. Sont également à signaler 
coutumes spéciales d'achats et ventes à l'encan ; mesures 
de capacité, poids et monnaies ; gages du menuisier, du 
boulanger et de l'agriculteur ; du meunier, du forgeron et 
du peintre ; factures des ouvriers tailleurs, cordonniers, 
fustiers, maçons, cuisiniers, coupeurs de bois, tonneliers, 
sommetiers, et, en général, des mercenaires et serviteurs. 

Ameublement : lit confortable, matelas, courtes-pointes, 
couvertures de parade, lingerie de chambre assortie. 

Harnacherie, maréchalerie : licols divers, sangles, 



a 



— 133 — 

clous, fers, paumelles, bourre , coton non filé , étonpe. 

Infirmerie : emplâtres et onguents, remèdes, usten- 
siles et objets de malade. 

Services de table et batterie de cuisine : tranchoirs, 
stock considérable d'écuelles en bois, verres, plateaux 
de différent volume, nappes, essuie-mains pour le réfec- 
toire, marmites, jattes, jarres, vases de toute dimension 
et de tout nom... 

En lisant ce chapitre, les gens d'église retiendront les 
lignes destinées aux ornements et costumes religieux : 
coules, tuniques, cottelles et autres vêtements de moine, 
avec la nature, la quantité de l'étoffe, le prix même de 
la confection. 

Us feront aussi la part de la sacristie et de la cha- 
pelle : sorte de nappes et tapis brodés, frangés, candé- 
labres, lampes, fioles, patènes, plats en cuivres, aiguières 
en étain, vases et coupes variés. 

Les étudiants sauront bien souligner, eux, les espiè- 
gleries de leurs prédécesseurs qui, parfois, s'égaraient, 
aux heures indues, dans la cuisine et le réfectoire, ou 
s'échappaient du Studium, en sautant par les fenêtres 
non barrées. 

Aux saints évéques, aux pieux catholiques une pensée 
d'encouragement viendra en considérant les dispositions 
testamentaires si généreuses du prélat Bertrand Besaudun 
en faveur de l'église et de Xhospicium de la Trinité de 
Trets. 

Les Juifs, nombreux dans le prieuré de Trets, avaient 
un quartier à part et une petite synagogue dans la ville. 



- 134 — 
Leur empressement à offrir des services au Studium est 
remarquable. Outre le tailleur qui appartenait à ce peu- 
ple, nous devons relever quelques domestiques, plusieurs 
fournisseurs de blé, de vinaigre et surtout un aide- 
médecin, infirmier, physicus. 

Ce singulier personnage se disait très attaché à l'éu- 
ssement, mais à la vérité, c'était un âpre demandeur 
florins. 

Durant l'épidémie qui Ht au Studium une peur terrible 
un ravage profond au point de motiver la décision du 
angemcnt du local scolaire, Dians Losal s'employa 
tivement au soin des soixante malades. Et comme le 
édecin interne de la communauté ne pouvait suffire à 
i mal si général, notre Juif Ct l'office de médecin sup- 
éant. Le recteur Déodat crut le récompenser largement 
i lui présentant une gratification de 12 livres. Il se 
>mpa, car il écrit : Et adhuc non contentatur ! Et 
Juif trouva que ce n'était pas assez. 
Ce qui précède nous amène à dire qu'un médecin 
connu et nommé par le Pape ou son délégué résidait 
l'Ecole. Ses collègues de la ville de Trets et les 
ois apothicaires installés aussi a Trets , ne parvc- 
ûent point à calmer, à pacifier sa conscience, relative- 
ent a la responsabilité de l'affection bizarre dont souf- 
it, a un moment, la moitié de la jeunesse écolière. 
Inmaniatiy furiosi seu incensati erant... et liga- 
•mtur... tel est le texte. 

Deux praticiens de Saint-Maximin, Isnard Brun et 
îerre Gavandin, arrivent a Trets, en juillet 1364. Une 



1 



— 135 — 

consultation a lieu ; des remèdes sont ordonnés et admi- 
nistrés, mais les chandelles brûlées et les processions ou 
réunions de prières faites en l'honneur de la bienheu- 
reuse Vierge Marie semblent surtout opérer de parfaites 
guérisons. 

Candele cere oblate in processionibus... et altari 
béate Marie... quia miraculose videbantur sanari 
(fol. 287 v°.) 

Rien ne frappe plus, au milieu de ces chiffres et em- 
plois d'argent de notre budget scolaire, que la vie active 
et les courses sans (in du recteur de Trets. 

Ce n'est pas que les voyages fussent alors aussi rares 
qu'on le suppose ordinairement. On n'aimait guère plus 
à rester en place dans l'antiquité que de nos jours. 

Au moyen-âge, les étudiants, en grand nombre, qui se 
rendaient auprès des professeurs connus, dans des villes 
où florissaient les études, les pèlerins qui visitaient l'un 
après l'autre tous les sanctuaires notables, les gens qui 
voyageaient par nécessité ou par plaisir trouvaient à la 
porte des localités de quelque importance et des hôtel- 
leries et des loueurs de roussins ou de mules. 

Sur les routes mêmes, notre texte nous l'apprend 
encore, étaient des ce bégudes » ou logis qui essayaient 
d'attirer les voyageurs et les passants par des enseignes 
aussi bizarres qu'engageantes. 

Donc Déodat Jordan parcourait sans cesse la vallée de 
l'Arc et de la Durance. Il pensait qu'un maître administre 
bien lorsqu'il traite et voit ses affaires de ses propres 
yeux. 




— 136 — 

En 0112e mois il fait cinq voyages à Avignon et se rend 
à Pertuis, Manosque, Aix, Puyloubier, Rousset, Saint- 
Maximin, etc., plusieurs fois. Ces itinéraires, vieux de 
plus de cinq siècles, nous font retrouver d'abord avec 
une sorte d'étonnement les noms de paroisses, de ha- 
meaux et même de simples fermes qui n'ont point 
changé, et ensuite nous aident, dans leurs apparences 
insignifiantes, à reconstituer la physionomie de nos con- 
trées au XTV me siècle. 

Le 28 juin 1364, il part, traverse Salon et gagne 
Avignon. Son but est de rapporter de l'argent, acheter 
des provisions, faire choix d^un professeur. 

Quatre compagnons le suivent et protègent sa bourse 
bien garnie ; erant mecum Ludovicus, Perrinus, Guil- 
lelmus et Ioharmes de Rivo pro sociando quiaferebam 
pecuniam. 

Les frais de ce déplacement qui dura treize jours s'élè- 
vent à 9 livres, 3 sous, 8 deniers. Et encore sur ce prix 
on amena un maître qu'on était allé prendre à Orange. 

Le 9 septembre et le 27 novembre, nouveau départ 
pour Avignon, nouvelle visite h la Cour du Pape, nou- 
velles instructions sur la direction scolaire, enfin copieux 
encaissement de florins destinés à la nourriture des 
pensionnaires de Trets. Ces deux absences furent, Tune 
de huit jours et l'autre de neuf jours. Elles coûtèrent, 
celle-là 72 sous, et celle-ci 6 livres, 1 5 deniers. 

Deodat Jordan était prêt, le 10 mars 1 365, à retourner 
à Avignon, mais les graves événements de son Studium 
l'empêchent de réaliser son dessein. Aussitôt il confie à 



— 137 — 

un messager fidèle et sûr la mission de porter une 
lettre au Trésorier papal pour lui demander conseil et 
lumière sur la conduite à tenir vis-à-vis des dépenses 
des malades. Le dévoué Jean de Rive qui, récemment, 
avait fait déjà le trajet, exécute les ordres de son supé- 
rieur et reçoit 1 6 sous tant pour ses débours que pour 
sa récompense. 

A la date du 2 avril nous revoyons le recteur infati- 
gable sortir de Trets. Cette fois il accompagne l'inspec- 
teur pontifical Astorge de Cajrraco. 

L'escorte de ces deux dignitaires se compose de quatre 
cavaliers. Us prennent, tous les six, leurs montures et 
se dirigent sur Aix. Le diner, dans cette ville, coûte 28 
sous et, à Perluis, le droit de péage, 7 sous. Au soir du 
même jour et durant la journée du lendemain 3 avril, 
on reçoit Phospitalité au monastère appartenant à Г Abbé 
de Mont-Majour, dans la ville de Pertuis. * 

Le vendredi 4 avril, la petite caravane se remet en 
marche et traverse la rivière à Gadenet. La redevance de 
6 sous payée, elle atteint Mallemort. 

L'hôtelier de ce lieu est fort raisonnable et ne de- 
mande que 20 sous, 6 deniers. 

Mais à Saint-Remy, où Ton dîne, le samedi 5 avril, il 
faut débourser 30 sous. 

Le même jour, dans l'après-midi, Châteaurenard 
exige 6 sous pour son tarif de passage, et le soir, les 
voyageurs sont heureux de souper et coucher à Avignon. 

* Conf, Gallia ckristiana. 




— 138 — 

Ce détour singulier, au milieu de localités qui n'étaient 
pas précisément sur la ligne directe du point de départ 
et d'arrivée ne constitue pas une énigme. Il avait pour but 
formel, nous le savons, de rechercher si Pertuis ou Saint- 
Remy étaient des centres propres à l'installation du Stu- 
clium d'Urbain V. 

Trets, en effet, venait d'être condamné : les avis des 
médecins consultants de Trets et de Saint-Maxim in, les 
rapports de l'inspection et des enquêtes attestaient que 
la situation était défavorable. 

Les trois journées que Déodat Jordan passe dans la 
cité papale sont intégralement prises par de sérieuses 
conférences avec ses supérieurs. 

Rentré à Trets le 9 ou le 10 avril, il en repart le lundi, 
li du même mois, et c'est h Manosque qu'il se rend. 
La ville de Manosque, en effet, vient d'être choisie par 
Urbain V pour être le siège de son Studium. 

A l'opération de ce transfert le recteur met un entrain, 
une énergie, une accélération qui dût singulièrement 
attrister nos anciens compatriotes de Trets. 

Cinq personnes demeurent avec lui, à l'auberge de 
Jacques Simon à Manosque, pendant quinze jours, avec 
une pension quotidienne de 18 sous. 

Le 1 er mai 1365, il est procédé à la réception des lo- 
caux affectés aux étudiants du Pape. Ils sont situés à côté 
même de la rue de Saint-Sauveur qui subit un nettoyage 
et un nivellement complet. * 

* Celte rue de Saint-Sauveur devait, probablement, conduire 
à Véglise de Saint-Sauveur regardée, de tout temps, comme ta 
première et la plus importante église de Manosque. 



— 139 — 

Le 8 mai, on commence le déménagement de l'Ecole 
de Trets. La lingerie et certains meubles sont expédiés 
à Manosque sur dix bêtes de somme, mais une grande 
partie des provisions est vendue à Trets même. 

Mandé à Avignon l'actif directeur y descend en toute 
hâte le 1 3 du mois de mai. Il remonte quelques jours 
après à Manosque pour diriger les travaux de réparation 
du Studium, et aussi pour recevoir les déménageurs. 

Un groupe de dix-neuf écoliers venus, le 20 mai, 
d'Avignon, de Pont-de-Sorgue, de Carpenlras, de Mous- 
tiers, forme le noyau de l'institution nouvelle. Ils sont là, 
au large, avec leur maître, Pierre, les quelques jeunes 
gens qui ont brigué les places laissées vides par la mort 
ou Tentrée de leurs collègues aux grandes Universités 
de Tépoque; mais cette calme retraite sera de courte 
durée. 

Correctement sellé, un cheval attend avec impatience 
son maître devant la porte de l'Ecole papale de Ma- 
nosque. Déodat paraît, monte, s'en va rapidement vers 
Mirabeau, traverse la Durance, dîne à Saint-Paul et soupe 
le soir du même jour à sa maison de Trets. C'était le 27 
mai. 

Le transfert définitif et total se trouve fixé au mardi 
3 juin, après les fêtes de Pentecôte. 

Ce jour-là, dit le texte, recessit Studium domini 
nostri Pape de Tritis in quo Studio erant С et X 
persone... 

La chaussée étroite de Trets à Rians fut donc rem- 



— uo — 



plie et parcourue par des piétons, des cavaliers et treize 
montures aux lourdes charges. 

Tout ce monde de clercs, bruyant et prinlanier, salue 
le claustrum scolaire où on laissait quelques malades, la 
chapelle de la Trinité pleine de pieux souvenirs, puis 
défile dans cette plaine si. célèbre par le triomphe de 
Marius sur les Ambro-Teutons. 

Après l'antique Pourrières et le sauvage ravin qui 
forme la base du podium, appelé vulgairement Pain de 
Munition, au milieu de la grâce infinie de la nature fo- 
restière, on s'arrête aux sources qui bordent le chemin 
pour y prendre une première réfection. 

La grande halte, le grand dîner où Ton mange le mou- 
ton apporté de Trets a Heu au village de Saint-Paul. 

Hélas ! cette après-midi-là, il est impossible de passer 
la Durance sur le pont des barques, car la rivière ne se 
trouve point couchée, paresseuse, sur son large lit de 
pierrailles, mais, la turbulente, s 'étant grossie, au con- 
traire, de tous les torrents inondés des Alpes, écume et 
gronde contre la muraille et contre les obstacles amon- 
celés par les eaux en furie. Durencia erat magna ! 

Le Studium en entier dut souper et coucher dans la 
petite localité de Saint-Paul. Malgré toutes les recher- 
ches on ne trouve que quatorze lits. Les élus s'en sai- 
sissent avec joie tandis que la centaine de jeunes voya- 
geurs restant se repose avec non moins de gaieté sur 
le foin des greniers. 

Le lendemain, mercredi, i juin, sur la rive droite de 
la Durance, dans l'allégresse matineuse du jour, éclatent 




— ш — 

les timbres d'or des écoliers caquetant et babillant le 
long des bataillons de pins, de bouleaux et de peupliers. 

Halte à la bégude de Beauraont ! (Beguda bel limon- 
tis) Le brouhaha exquis de l'imprévu, le délicieux entrain 
d'une partie en pleine campagne, les tapageuses cause- 
ries, tout cela vivant, coloré, ruisselant, chantait et pétil- 
lait avec les copieuses libations distribuées par l'hôtelier 
et la fascination des paysages alpestres baignés encore 
des ondées de l'orage. On paye 16 sous, 10 deniers, à 
Beaumont, in potu, et d'un trait, la plus grande partie 
de la troupe atteint la ville de Manosque. 

Cest un doux repos que le foyer domestique après 
une longue excursion, mais combien plus, lorsque l'in- 
connu ajoute le charme de ses surprises. 

Cette Ecole de Manosque, plus grande, peut-être, et 
sans doute, mieux comprise sous le rapport de l'hygiène 
et du confortable que celle, là-bas, du vieux Tritis bien 
affligé; cette chapelle, ces arceaux du réfectoire, le 
grand escalier, les armoiries pontificales d'Urbain V, 
peintes à quatre endroits des bâtiments, ces larges pièces 
fraîchement aménagées, tout cet ensemble de l'art ou de 
la nouveauté devait singulièrement éveiller les esprits 
curieux des maîtres et disciples. Nous les laissons tous 
h leur installation, à leurs recherches et a leurs études 

* 

dans cette demeure de la rue de Saint-Sauveur de Ma- 
nosque. Qu'ils y demeurent en paix ! 



1 



— 142 — 



Ces notes, où nous avons essayé (f indiquer le plan 
et comme la substance du ralionaire de Déodat, ad- 
ministrateur du Studium de Trets, sont bien impar- 
faites. 

Le lecteur pourra s'informer lui-même, et les com- 
pléter par le texte qui suit cette introduction. 

Parmi tant de comptes, de chiffres, d'abréviations, 
cTénumérations d'objets divers, au milieu du labeur 
infini des investigations si complexes, des calculs 
de cet état des recettes et des dépenses, il est diffi- 
cile quil ne manque point quelque chose. 

ce Rem esse arduam, disait Pline, vetustis novitatem 

dare obscuris lucem fastiditis gratiam, omnibus 

vero naturam, et naturœ suae omnia.» 

Mais servir la cause de la vérité et de Fhistoire, 
rendre hommage à un Pape français, incomparable 
protecteur des sciences et de la vertu ; faire connaî- 
tre une institution provençale, très florissante, du 
moyen-dge, nous a paru une œuvre utile autant que 

Щ 

patriotique. 

Et le conseil (Tamis éclairés, la confiance surtout 
qu'on serait indulgent pour nos fautes ou nos lacunes, 
ont vaincu nos liésitations et nous ont déterminé à pu- 
blier ce modeste travail. 

DIEU daigne le bénir l 




— из — 



Fol. 3 Sequitor anmeros scolariom stadentiim in studio de 

Tritis fro domiio nostro Papa, necnon servitomm einsdem. * 



Primo de diocesi Aquensi. ** 
Dominus Johannes Florentii, presbiter de Ruppe. — Item 
Valentinus Porte, filius Symonis Porte de Aquis. — Item 
Laurentius Durandi de Aquis. — Item Gauffridus Gauhoni de 
Aquis. — Item Petrus Bedocii de Tritis. — Item Anthonius 
Carilocis de Aquis. — Item Rairaundus Maure de Cella. — 
Item Petrus Bauerie de Aquis. — Item Stephanus Peuthenati, 
Glius magistri Pétri Peuthenati. 

* Archives du Vatican, n- 253. Collectoriœ. 

Le Pape fondateur du Studium de Trets est Urbain V (\ 362-1 370). 

** Gomme la dépravation de la langue de la basse latinité fut 
extrême, le nombre des formes corrompues des termes latins — 
localités, personnes, objets, etc. — devient infini. Nous ne croyons 
donc pas devoir nous départir de l'orthographe que notre copie et 
la collation nous ont gardée. 

La plupart des lieux cités sont faciles à identifier. — Si quelques 
rares noms embarrassent, nous renvoyons l'érudit, le chercheur, 
à notre Monographie de la vallée de ГАгс supérieur et surtout aux 
Cartulaires de Saint-Victor de Marseille. Dans la préface et les 
appendices de cette très savante publication, se trouvent à peu 
près toutes les explications souhaitables. 

Au surplus, pour les circonscriptions de plusieurs diocèses, il y 
aura, peut-être, utilité et profit— dans certains cas — à comparer 
les limites données par ladite publication Guérard et celles con- 
tenues dans le rationaire de Déodat Jordan. 



— 144 — 

Diocesis Marssiliensis. 

Guillelmus Rica ni. — Guillelmus Dominici de supra. — 
Borgondio Borgondionis de Ruppe varia. — Fui со Robaudi. 

— Bertrandus Gauterii de Albanea. — Fulco Bonasse de 
Masalgis. — Petrus Oliuarii de Sezarista. 

Summa istius pagine, XVI ad pensionem. 

Fol. 3 V Diocesis Tholonensis. 

Guillelmus Egidi de Correriis. — Jacobus Ricani de Cor- 
reriis. — Bertrandus Dragoneti. — Guillelmus Bessoni. — 
Ludovicus Fresqueti. 

Diocesis Foroiuliensis. 

Anthonius Sclaponi. — Raimundus Peyroneti. — Anthonius 
Morreli de Villa-Croza. — Johannes de Hermo de ForoiuJio. 

— Nicholaus Gilebcrti de Bariolis. 

Diocesis Grassensis. 

Guillelmus Glarimondi. — Albertinus Aleti. — Petrus 
Genesii. — Johannes Amalrici. — Jacobus Apion. 

Diocesis Ventiensis. 

Jacobus Dalmacii. — Honoratus de Malvarichis. — Jo- 
hannes de Ysran. — Audembertus Raps. — Bartholomeus 
Graine. 

Summa istius pagine ad pensionem, XX. J 

Foi 4. Diocesis Regensis. 

Oliuarius Durandi de Tergantia. — Ludovicus Lompis. — 
Petrus Gomberti. — Petrus de Castro no vo. — Johannes 
Vincentii. 

Diocesis Dignensis. 

Johannes Thausii de Sancto Vincentio. — Ludovicus Mar- 
tini de Tornastio. — Hugo Blaquerie de Janea. — Franciscus 
Citardi de Teyns — Johannes Barrii. — Martinus Castellani. 



L 



J 



— 145 — 

Diocêsis Aptensis. 

Hugo de Gellone *. — Johannes de Bernardis. — Rupertus, 
filius Sancie Ruperte de Combis. — Johannes Symonis. — 
Franciscus Gène. — Bertrandus Raspaudi. 

Summa istius pagine ad pensionem, XVII. 

Fol. 4 v* Diocêsis Sistantensis. 

Franciscus Martini. — Isnardus Feraudi. — Ludovicus 

Rostagni. — Ludovicus Muti. — Jacobus Langerii. — Gapitolus 

Pontini. 

Diocêsis Senecensis. 

Alviasius Gauterii de Collemartio. — Guillelmus de Bono- 
nia. — Bertrandus Genovesii. — Jacobus de Gastroforti. 

Diocêsis Carpentoratensis. 

Mannetus Gostantii. — Armandus Costantii. — Suffridus 
Cellerii. — Laurentius Pantaleonis. — Hugo Geraldi. — 
Anthonius Basterii. 

Summa itius pagine ad pensionem, XVI. 

Fol 5. Diocêsis Niciensis. 

Petrus Isnardi. — Raimundus Maure. 

Diocêsis Cavallionensis. 

Jacobus Benayas. — Anthonius Ricani. — Guillelmus de 
Turre. — Gerandetus Guillelmi. 

De diocesibus aliis. 

Jacomardus de Tromariis. — Livinus Midalli de Ponte- 
Sorigie. — Bernardus de Molendino. 

Diocêsis Gladatensis. 

Bertrandus Feria de Bal meta. — Anthonius Correrii. — 
Isnardus Sarralleni — Guillelmus Botini. 
Summa istius pagine ad pensionem, XIII. 

♦ Voir fol. 49, et conf. fol. 407 : Note. 

40 



"1 



— 146 — 

Fol. 5 V Extra numerum. 

Hugo do Monte Calmo. — Pet ru s Bonihominis de Celbono 
fuit roceptuscum litera domini mei domini Thesaurarii. — 
Thomas Manentis de Cumbris. 

De civitate Marssilliensi. 

Johannes Joli. — Audemberlus Marcelli. — Mannetus 
Marcolli.— P. Bomfilii. — Ponsonus Geraldi. — Hugo Ruflî. — 
Johannes («rote. — Raimundus Aymerici de Marsillia, ad 
oxponsas proprias. 

Avinionensis diocesis. 

Anthouius SilvostridePonte-Sorige. — Johannes Bubuli. — 
Gulllclmus Bruni. — Johannes Arrioti. — Bernardus de 
Mnlondino. 

Ad oorum proprias expensas sunt isti : 

JarobuH Com\ filins domini Jacobi Cène, venit die XXVIII я 
iih4in1h (Hnhris. — Bartholomeus, filins magistri Durandi 
do Hntnanhnco, vonit prodicta die. 

Hiunitin Istius pagine ad pensionem, XV. 

Itom ad oxponsas propiias, trcs. 
Fol. в. AnthoniusBernardiaptensisfuit receptus prima die 
Doccnihris, ad oxponsas domini mei domini Avinionensis. — 
Bertrandus Vachos de Varra Clarom. diocesis, nepos ma- 
gislri Johannisde Fraxino qui débet rendere (sic) [respondere] 
pro ipso, ad oxponsas proprias. — P. Thome de Avinione, 
ad oxponsas proprias. 

Recepti ultra numerum. 

Primo Poncetus Naynie, monachus. — Hugo Effercioni de 
Sancto Paulo. — Pontius Textoris. — Anthonius Rolati. — 
Johannes Tayre. — Petrus Gory. 

Hii qui secuuntur sunt de Castris Marssiliensibus presentati 
per literam domini mei domini Bernardi de Sancto Ste- 
phano : 

Johannes Lonis de Monte. — Ludovicus Ascandi de Sex- 



— 147 — 

furnis. — AnthoniusBancardi Gastri de Tadro. — Johannes 
Barncri de Nantis. — Johannes Martini de Sezarista. 

Summa istius pagine ad pensionem, XTÏ. 

Item duo ad expensas proprias. 

Fol. 6 V. Monachi Marss. 

Dominus Petrus Januarii olim subprior. — Gaucelinus de 
Oliolis. — Bemardus Pistons. — Bresonus de Santo Ger- 
mano. — Guillelmus Ricardi de Sancto Maximo. — P. de 
Mommatono. 

Memoria clericorum receptorum in studio de Tritis per do- 
minum Bernardum Guidonis sunt hii qui secuuntur. 

Primo die ultima mensis Decembris, de mandalo domini 
тех domini Thesaurarii, fuit receptus : 

Johannes Cunelli. — Guillelmus Blanchi de Avinione. — 
Johannes Thornani de Thesato. — Petrus Palpanini de 
Amayca. — Johannes Pagani monachus marss. — Johan- 
nes Gauterii Ruthen. diocesis. — Bertrand us RebolH, alias 
barralli, Vasionensis diocesis. — Mattheus de Valleta, 
Nemurcensis diocesis, débet providere sicut unus monachus 
sancti Victoris. — Geraldus Guillelmi de Arnano, monachus 
sancti Eusebii. 

Summa istius pagine VII, ad expensas domini nostri sine 
pensione. 

Item, VIII ad expensas consuetas. 
Fol. 7. Die XX 1 mensis Januarii, de mandato domini nostri 
pape, fucrunt reccpti infrascripti de loco de Tritis : 

Primo Johannes Capolerii de Tritis. — Pascalus Pascalis 
de Tritis. — Petrus Andati de Tritis. — Jacobus Grapcrii de 
Tritis. — Bartholomeus Artiselli de Tritis. — Jacobus Milonis 
de Tritis. — Mannetus Gautelini [Gantelmi ?] de Tritis. — 
Lompar (sic) prima. 

Item de Urasalgis. — Bernard us Lantardi de Insula. — Bar- 
tholomeus Cal vario. — Pontius Chaudo. — Johannes Berini 
de Sancto Maximo. — Bcrtrandus Ricordi. — Jacobus Во- 



^ 



— U8 — 

nerii, Digaensis diocesis. — Honoratus de Gimeria, Sancti 
Andrée monachus. — Johannes Barylini, ad eius expensas 
proprias. — Bertrandus de Sancto Stephano. — Petrus 
Mahoni. — Anihonius Rostagni. — Ludovicus de Avinione. 
— Johannes Isnardi. — Guillelmus Lonthosii. 

Summa istius pagine ad pensionera, XXII. 

Item un us ad expensas proprias. 
Fol. 7 v*. Secuuntur clerici infrascripti recepti per me Deo- 
datum Jordanie camgrarium Sancti Andrée. 

Primo Johannes de Frays de Brina fuit receptus die VII 1 
Julii, ad expensas domini nostri papecum litera domini mei 
domini Thesaurarii. 

Item VII я die Julii, fuit receptus Melhonus, de Sparrono, 
monachus psalmodien, cum litera domini mei domini The- 
saurarii, ad expensas domini nostri pape, cum pensione con- 
sueta. 

Item fuit receptus Petrus de Perris de Tholon, die XII* , 

Junii, ad expensas domini nostri pape, cum litera domini 
mei domini Bernardi de Santo Stephano, cum pensione con- 
sueta, loco illius qui ivit Bononiam. 

Item die predicta Junii, fuit receptus, cum litera domini 
mei domini Bernardi de Sancto Stephano, ad expensas do- 
mini nostri pape, et cum pensione consueta, Jacobus Jordani, 
loco illius qui ivit Bononiam. 

Summa istius pagine, unus sine pensione. 

Item très cum pensione. 
Fol. 8. Item die octava Julii fuerunt recepti Raimundus 
Durandi. — Berengarius Manthea, clerici Vabrensis diocesis, 
cum litera domini mei domini Thesaurarii, ad expensas do- 
mini nostri, cum introytu consueto soluto. 

Item XI 4 die Julii, fuit receptus Guillelmus de Gadafalco * 

* Si ce Guillaume, clerc écoiier, à Trets, ami et confident du 
recteur, est originaire de Cabassol, il n'est pas indifférent de re- 
lever son nom et celui de sa ferme de Cadafalco, près Vauvenar- 
gues. (Cadafalco-Cabassol ? près Vauvenargues, Bouchesnhi-Rhône, 
dit le Cartulaire de Saint -Victor.) 



J 



— U9 — 

cum 1 itéra doraini roei domini Bernardi de Sancto Stephano, 
ad expensas domini nostri pape, cum pensione solita. 

Item XVIII 4 die Julii fait receptus Mattheus de Mazeria, 
ad expensas suas proprias, cum litera domini mei domini 
Thesaurarii, et magister Johannes de Fraxino solvet pro eo. 

Item XXV - die Julii, fuit receptus Guillelmus de Ruppe- 
acuta, Uticensis diocesis, ad expensas domini nostri pape, ad 
relationem domini mei domini Avinionensis, cum litera do- 
mini mei domini Thesaurarii. * 

Item XIIII» die mensis Augusti, fuit receptus Raymundus 
Stephani, ad expensas domini nostri pape, cum pensione 
consueta, cum litera domini mei domini Bernardi de Sancto 
Stephano. 

Summa, IIII ad pensionem. 

Item unus ad expensas proprias. 

Item unus sine pensione. 
Fol. 8 v 9 Item prima die Septembris, fuit receptus Guillel- 
mus quiquiranni de Celone, per literam domini mei domini 
Bernardi de Sancto Stephano, ad expensas domini nostri 
pape, cum pensione consueta. 

Item XX A die Septembris, fuit receptus Guillelmus Gay de 
Avinione, ad expensas suas proprias, cum litera domini mei 
domini Bernardi de Sancto Stephano. 

Item die XXV й Septembris, fuit receptus Johannes Biesca, 
monachus Marss, ad expensas domini nostri pape, cum 
litera domini mei domini Thesaurarii, soluto introytu con- 
sueto. 

Itçm XIII e dieOctobris, fuit receptus Johannes Motoni, cum 
litera domini mei domini Thesaurarii, ad expensas doraini 
nostri pape, sine pensione. 

* Cette correspondance entre Avignon et Trets devient très fré- 
quente ; mais, malgré nos recherches, nous n'avons pu encore 
mettre la main sur quelques-unes des nombreuses lettres échan- 
gées avec les divers administrateurs de l'École papale. 



1 



— 150 — 

Item die predicta Octobris, fuit receptus Petrus Virgilii de 
Pratellis, Avinionensis diocesis, cum litera doinini mei do- 
mini Thesaurarii, ad expensas doinini nostri pape, cum pen- 
sioue consueta. 

Item die XV' Octobris, fuit receptus Girald us Aymerici, cle- 
ricus Vabrensis, cum litera domini mei domini Thesaurarii, 
ad expensas domini nostri pape, cum pensione consueta. 

Summa istius pagine, III cum pensione. — Item, II ad ex- 
pensas proprias. — Item unus sine pensione. 

Fol. 9. Item XX я die dicti mensis Octobris, fuerunt re- 
cepti : Johannes et Giraldus Radulphi fratres, cum litera 
domini mei domini Thesaurarii, ad expensas eorum pro- 
prias. Solverunt : XVI florenos ceue. 

Item XXVIII a die Octobris, fuit receptus Guillelmus 
Cavrelerii de Marssillia, cum litera domini mei domini Ber- 
nardi de Sancto Stephano, ad expensas domini nostri pape, 
cum pensione consueta. 

Item Mono Aymes deMarssilla fuit receptus cum litera do- 
mini mei domini Bernardi de Sancto Stephano, loco Guil- 
lelmi Cavrelerii predicti. 

Item XXIX a die Octobris, fuit receptus Anthonius Lau- 
rentii deJocis, cura litera domini mei domini Bernardi de 
Sancto Stephano, ad expensas domini nostri pape, cum pen- 
sione assueta, loco Pétri Jpro (sic) clerici. 

(Item IX 1 die Novembris fuit receptus Reginaldus Bessini, 
Carnotcnsis diocesis, ad expensas domini mei domini Thesau- 
rarii et provideatur sibi de omnibus necessariis quia dictus 
dominus meus Thesaurarius pro со integraliter rendebit.) * 

Summa istius pagine, duo ad expensas proprias. Item unus 
ad pensionem, quia alterest loco unius suprascripti. 

Fol. 9 1>°. Item IX 1 die Novembris, fuit receptus Guillelmus 

* Les lignes entre parenthèses ont subi un grattage, parce que, 
sans doute, leurs indications ont été exactement reproduites au 
U. 10, Г ligne. 



— 151 — 

Tesserii clericus, Mimatensis diocesis, ad expensas domini 
nostri pape, cura litera domini mei domini Bernardi de 
Sancto Stephano, ad pensionem consuetam. 

Item XVIII* die Dccembris, fuit receptus Jo haïmes de Rivo 
clericus, Vivariensis diocesis, cum litera domini mei domini 
Bernardi de Sancto Stephano, ad expensas domini nostri 
pape, cum pensione consueta, loco Stephani Peuthenati cle- 
rici deffuncli. 

Item dicta die Decembris fuit receptus dominus Ludovicus 
Vidi, ad expensas proprias, cum litera domini mei domini 
Bernardi. 

Item II 4 die Januarii, fuit receptus Mattheus Sugoreti, mo- 
nachus Sancli Victoris Marss, loco domini Pétri de Monte 
Motono, monachi dicti monasterii, de mandato domini mei 
domini Bernardi de Sancto Stephano, ad expensas domini 
nostri pape, et sine pensione. 

Item IX 1 die Januarii, fuit receptus per me Deodatum Jor- 
dani , priorem de Tritis , Guillelmus Momani , clericus 
Neumasensis diocesis, ad expensas proprias, cum litera do- 
mini mei domini Thesaurarii, et pro ipso débet rendere pro 
florenis auri, X. 

Summa istius pagine, unus ad pensionem. — Item duo ad 
expensas proprias, quia aliisunt loco supranominatorum. 
Fol. 10. Item Johannes Aldini de Agento fuit receptus ad 
expensas domini nostri pape, cum litera domini mei domini 
Bernardi de Sancto Stephano, loco Jacobi Jordani clerici def- 
functi. 

Item dicta die fuit receptus Reginaldus Bessini, Carnoten- 
sis diocesis, ad expensas domini mei domini Thesaurarii, et 
provideatur sibi de omnibus necessariis, quia dominus meus 
Tbesaurarius pro eo integraliter respondebit. 

Item XXI 4 dîe Januarii, fuit receptus Johannes Valencie de 
Marssilia, clericus ad expensas suas proprias, cum litera do- 
mini mei domini Bernardi de Sancto Slephano. 

Item XXIX* die Januarii, recepi dominum Roslagnum de 



— 452 — 

Mûris, cum lilera domini mei domini Thesaurarii, ad expen- 
sas domini nostri pape, cum pensione consueia. 

Item VII 1 die Februarii, recepi Gaucelinum Vesnani, loco 
Johannis Mari de Sezerista, expen&is domini nostri, cum 
pensione et cum litera domini mei domini Bernardi de Sancto 
Stephano. 

Item VIII 1 die Februarii, recepi dominum Johannem Texto- 
rem et Raimundum de Non villa, loco Pétri Genesii, etdomini 
Johannis Florentii clericorum, ad expensas domini nostri, 
cum pensione et cum litera domini mei domini Bernardi de 
Sancto Stephano. 

Summa istius pagine, unus sine pensione. — Item alter ad 
expensas proprias ; alter cum pensione, quia alii sunt loco, 
nomine et vice suprascriptorum. 

Fol. 10 v*. Item XXVIII' die Februarii, fuit receptus Jaco- 
bus Juliani de Sancto Garmato, loco Goterii clerici deffuncti, 
cum litera domini mei domini Bernardi de Sancto Stephano. 

Item prima die Maii, recepi Johannem Gadema. — Johan- 
nem Boquerii monachus (sic) Marssillie, loco Bartholomei 
Artiselli et Lompers prime (sic), clericorum predictorum de 
Tritis, ad pensionem solitam. 

Item X* die mensis Maii, fuit receptus Raimundus Ricardi 
de Bimanto, loco Luquinii Midalli clerici deffuncti, ad expen- 
sas domini nostri pape cum pensione consoeta, et cum litera 
domini mei domini Bernardi de Sancto Stephano. 

Item dicta die recepi Raimundum Dinaudi ad expensas 
domini nostri pape, cum pensione consueta cum litera do- 
mini mei domini Bernardi de Sancto Stephano, locoThomatii 
Manenti, clerici deffuncti. 

Item dicta die recepi Petrum Àudiffredi de Miromari, ad 
expensas domini nostri pape, cum pensione consueta, cum 
litera domini mei domini Bernardi de Sancto Stephano, loco 
Pétri Virgilii, clerici deffuncti. 

Item dicta die recepi Blasium Giraudi de Miromari, ad 
expensas domini nostri pape cum pensione consueta, cum 



— 153 — 

litera domini mei domini Bernardi de Sa net о Stephano, loco 
Johannis Grivelli, clerici deffuncti. 

Hic non ponitur summa, quia supranominati sunt nomine 
et vice suprascriptorum. 

Fol. 11. Item dicta die recepi Gumbertum Valati de Ghaldas 
Aygas, ad expensas domini nostri pape, cum pensione tamen 
consueta, cum litera domini mei domini Bernardi de Sancto 
Stephano, loco Pétri Bonifilii, clerici deffuncti. 

Item dicta die recepi Bernardum Verdone de Amantio cle- 
ricum, ad expensas domini nostri, cum pensione consueta, 
cum litera domini mei domini Bernardi de Sancto Stephano, 
loco Antonii Basterii deffuncti. 

Item dicta die, recepi Fulconem Borgondionis de Aquis, 
ad expensas domini nostri pape, cum pensione consueta, 
cum litera domini mei domini Bernardi de Sancto Stephano, 
loco Guandi de Insula, clerici deffuncti. * 

Item XII 1 die Maii, recepi dominum Guillelmum Garini 
monachum, loco Johannis Batri, clerici, ad expensas domini 
nostri, cum pensione consueta, cum litera domini mei do- 
mini Bernardi de Sancto Stephano. 

Item dicta die, recepi Petrum Guilaberti ? monachum 
Marssillie, loco Audiberti Régis clerici, ad expensas domini 
nostri, cum pensione consueta cum litera domini mei domini 
Bernardi de Sancto Stephano. 

Hic non ponitur summa quia supranominati sunt nomine 
et vice suprascriptorum. 

Fol 11 V. * Anno secundo. 

Item die sabbati, XXI 1 die Junii, recepi dominum Jaco- 
bum Helie, presbiterum, ad expensas domini nostri pape, 

* Tous ces clers défunts furent victimes de la terrible maladie qui, 
en mars et avril, fit un ravage si considérable à notre Studium. Plus 
loin, dans le cours de cette publication, se trouvent les détails com- 
plémentaires de l'événement. 



— 154 — 

cum pensione, tamcn consueia, cum litera domini mei do- 
mini Bernardi de SanctcTStephano. 

Item die prediclo recepi Antonium Bastacii de Sex-furnis, 
ad expensas domini nostri pape, cum pensione tamen con- 
sueia, cum litera domini mei domini Bernardi de Sancto 
Stephano, et de maudato domini nostri pape. 

Item die predicto recepi Raimundum Textorem de Seza- 
rista, ad expensas domini nostri pape, cum pensione tamen 
consueta, cum litera domini mei domini Bernardi de Sancto 
Stephano, et de mandato domini nostri pape. 

Summa istius pagine, III cum pensione. # 

Summa scolariumsupradictorum adpensionem, VII. XX. 
XV. (sic). — Item summa scolarium predictorum, ad expen- 
sas proprias, XIV. — Item summa scolarium sine pensione, 
XI. — Summa summarum omnium scolarium, IX. XX. 

(La page 1i2 est en^blanc). 

Fol. 12 v*. Secuntur servitores continui 

scolarium sludii dicti domini nostri. 

Primo : Reclor Studii. 

Magister Liuinus, Clerici medicus. Magister Johannes de 
Fraxino. Magister Petrus Massabonis. Magister Giraudus 
Charrelli. Dominus RostagnusGhamboni, magister. Dominus 
Durandus Ribonis, magister. Magister Stephanus. Dominus 
Petrus de Areabaudoza, buticularius. Johannes Giraudi, sub- 
pincerna. Perrinus Rebolli, pistor. Petrus Alamauni, cocus. 
Sulhardus Coquine, Glericus rector. Duo servitores infirmo- 
rum. Johannes Blancard, saumaterius. 

Summa dictorum servitorum, XVII (sic). 

Les pages 13- 13 v e ; 14 -14\ e ; 15-15 v e ; 16- 16 v e ; 
17 - 17 v° sont en blanc. 

Fol. 18. Sequitur recepta pecunie a Reverendo in Christo 
pâtre et domino domino meo Thesaurario^ seu ab aliis 
infrascriptis, pro expensis faciendis pro scolaribus et ser- 



- «55 — 

vitoribus studii de Tritis* pro domino nosti о papa, per me 
Deodatum Jordani, camerarium Sancti Andrée Avinionensis 
diocesis, rectorem et administralorem dicti studii, de anno 
domini miilesimo III c° LKIIII et finilo anno LXV*. 

Primo die mercurii, que fuit di es XXIX 8 die mensis Maii, 
recepi a domino Guillelrao Glorie, centum florenos camere. 

Item die VIII» mensis Junii, recepi Aquis, pro cambio 
IIII. XX florenorum de caméra reductorum in florenos del 
grayle quia Trilis florenum de caméra nolebant recipere nisi 
pro XVI solidis, videlicet IIII florenos del grayle, VII sol . , IIII 
den. 

Item Villa die Julii, recepi a domino Jacobo de Sala, col- 
lectore Aquensis et Ebredunensis provinciarum, per manus 
domini Gaucelini de Sala, eius fratris, videlicet sexcentos 
florenos au ri, signo del grayle. * 

Item dicta die recepi a domino Guillelmo Glorie, trecen- 
tos florenos auri, signo del grayle. 

Summa istius pagine, mille IIII" floren., del grayle, Vil 
sol. et IHP r den. 

Fol. 18 v\ Item die XVIII 1 Septembris, recepi a domino 
Guillelmo Glorie, sexcentos florenos auri de Santencia (sic). 
Item V* die Decembris, recepi a dicto domino Guillelmo 
Glorie ** IIHc XX flor. del grayle. 

* L'attention des numismates, des économistes et des adeptes de 
l'histoire provençale se portera, sans doute, sur les documents qui 
vont suivre : les uns et les autres pourront rapprocher ces données 
des recherches métroîogiqucs et monétaires de 1 eminent M. L. 
Blancard sur notre Provence. 

Nous souhaitons que les questions de mesure, de prix, de salaire, 
de pouvoir de la monnaie, de sa valeur relative et comparée, leur 
procurent quelque intérêt. 

*♦ La note ou indication de ces deux lignes se trouve transcrite 
sur la marge du feuillet, avec un signe correspondant au mot Glorie. 
Ces sortes d'additions sont rares dans le manuscrit. — L'écriture, 
bien soignée, reste d'ailleurs la même. 



— 456 — 

Item VIII 1 die Aprilis, recepi a dicto domino Guillelmo 
Glorie, pro permulacione studii de Tritis domini nostri pape 
Manuasce facienda, videlicet trecentos flor. camere, quos flo- 
renos reduxi Avinione in florenos del grayle, quia florenum 
de caméra nolebant recipere in provincia nisi pro XVI sol. 
et VIII den. et habui pro cambio, XXI floren. cum dimidio, 
del grayle. 

Summa istius pagine, M III e XLI flor. cum dimidio, del 
grayle. 

Summa universalis omnium summarum receplarum su- 
pradictarum pecunie sive florenorum del grayle (sic), II m III e 
XLV flor. XV sol. II den. 

Fol. 19. Sequitur recepta pecunia scolarium 

studii de Tritis pro domino nostro papa receptorum 
tempore meo et pro introitu novo. 

Primo XII* die Junii recepi a Jacobo Jor- 
danide Sancto Anniaco, clerico IHI florenos 

Item XXVI* die Junii recepi ab Hugone de 
Sallon, clerico IHI il. 

Hem XXVIII' die dicti mensis recepi a 
Petro de Perris, clerico IHI fl. 

Item VII 1 die Julii recepi a Raimundo 
Durandi et a Berengario Manenpha, clericis. VIII fl. 

Item X' die Julii recepi a Guillelmo de 
Gadefalco, clerico IHI fl. 

Item XIIII 1 die Augusti recepi a Raimundo 

Stephani, clerico IHI fl. 

Summa istius pagine, XXVIII flor. 

Fol. 19 V. 

Item XXVIII' die Septembris recepi a 
Johanne Bicscha, monacho IHI fl. 

Item XX* die Octobris recepi a Giraudo et 
Johanne Redulphi, fratribus,qui sunt ad eo- 
mm expensas proprias, videlicet .... XVI fl. 



J 



— 157 — 

Item XXVIII • die Octobris recepi a Guil- 
lelmo Cayrelerii de Massilia, clerico . . . 1111 fl. 

Item eadem die recepi a Giraudo Aymerici 
clerico, Vabrensis diocesis 1Ш fl. 

Item XXIX 8 diedicti mensis recepi ab An- 
thonio Laurencii, clerico ....... ПИ fl. 

Item dicta die recepi a Pelro Virgilii, 
clerico Ш1 fl. 

Item ultima die dicti mensis recepi a Mat- 
theo de Manseria qui est ad eius expensas 
proprias X fl. 

Item IX я die Januarii recepi a Guillelmo 
Innova rii, clerico I1II fl. 

Item XXI' die recepi a Johanne Valencia, 
clerico, qui est ad eius expensas proprias X fl. 

Summa istius pagine, LX fl. 

Fol. 20. 

Item XXIX* die dicti mensis Januarii re- 
cepi a domino Rostagno de Mûris, clerico. . IIII fl. 

Item XXVIII 1 die mensis Februarii recepi 
a Jacobo Juliani, clerico IIII fl. 

Item I* die Marcii recepi a Gathulano alias 
Johanne Boquerii monacho Massilie, clerico. IIII fl. 

Item II 1 die dicti mensis recepi a Johanne 

Dominici de Forch, clerico IIII fl. 

Summa istius pagine, XVI fl. 

Fol. 21. Sequuntur soluciones clericorum dicli 

studii et de secundo anno 

Primo recepi a Bartholomeo de Romanha- 
co, clerico, qui est ad ejus expensas proprias 
etpro secunda annata X fl. 

Item a Jacobo Cena recepi pro secunda an- 
nata, qui est ad eius expensas proprias . . X fl. 



л 



— 158 — 

Item recepi a Petro Thome pro secunda 
annata, qui est ad eiusjexpensas proprias . X fl. 

Item recepi ab Olivario Durandi, clerico, 
pro 1Г annata IIII fl. 

Item recepi a Johanne Boerii, clerico pro 
II a annata IIII fl. 

Item recepi a Luquino Metali, clerico, pro 
II' annata II fl. 

Item recepi ab Anthonio Silvestri, clerico, 
pro H* annata IIII fl. 

Item recepi ab Hugone Ruffî, clerico, pro 
П' annata IIII fl. 

Item recepi a Johanne Joli, clerico, pro II 1 

annata IIII fl. 

Summa istius pagine, LU fl. 

Fol. 21 v\ 

Item recepi a Fulcone Bonasse, clerico, pro 
secunda annata IIII fl. 

Item recepi ab Anthonio Morre, clerico, 
pro П" annata , . II fl. deljrayle 

et duos degrozeta? 

Item recepi a Bertrando Raspaudi, clerico, 
pro II* annata IIII fl. 

Item recepi a Francisco Sicardi, pro IT 
annata, videlicct IlIIfl. 

Item recepi ab Anthonio Coterii, cleri- 
co, pro II 1 annata IlIIfl. 

Item recepi a Johanne Arioti, clerico, pro 
1Г annata IIII fl. 

Item recepi a Francisco Martini* clerico, 
pro II* annata IIII fl. 

Item recepi a Johanne Rutrelli, clerico, 
pro II 1 annata IlIIfl. 

Item recepi a [Ludovico Martini, clerico, 
pro II' annata IIII fl. 



— 159 — 

Item recepi ab Anthonio Riperti, pro II a 

annala III fl. 

XII soJ. — débet IIII sol. 
Su m ma istius pagine, XXXIX fl. XII sol. 

Fol. 22. 

Item recepi a Poncio Giraudi, clerico, pro 
II* annata. , IIII fl. 

Item recepi ab Hugone de Monte Caldo, 
clerico, pro II* annata, et per manus Boni- 
fan Us Judei . . , IIII fl. 

Item recepi a Jacobo Matris, clerico, pro 
II я annata et per manus dicti Bonifantis iudei. IIII fl. 

Item ab Anthonio Cariloci, clerico, pro II a 
annata, recepi IIII fl. 

Item recepi a Guillelmo Dominici, clerico, 
pro II* annala IIII fl. 

Item recepi a Raimundo Peyroneti, cle- 
rico, pro II* annata IIII fl. 

Item recepi a Johanne de Hermo, cle- 
rico, pro II 1 annata IIII fl. 

Item recepi a Petro Bonihominis, cleri- 
co, pro II 1 annata IIII fl. 

Item recepi a Johanne Amalrici, clerico, 
pro II* annata IIII fl. 

Item a Thomacio Manenti pro II* annata. I fl. quiadicessit 

Item recepi a Siffredo Gelerii, clerico, pro 
Iljmnata IIII fl. 

Item recepi a Ludovico Frasqueti, clerico, 
pro II 1 annata IIII fl. 

Item recepi a Bernardo de Molendino, cle- 
rico, pro II* annata IIII fl. 

Summo istius pagine, XLIX fl. 



1 



— 160 — 

Fol 22 V. 

Item recepi a Giraudo, monacho clerico, pro 

II e aonata 1III fl. 

Item recepi a Jacobo Benaya, clerico, pro 
H'annata IIHfl. 

Item recepi ab Hugone Balquerie, clerico, 
pro II* annata ПИ fl. 

Item a Giraudo Guillelmi, clerico, pro 
II- annata Ш1 fl. 

Item recepi a Guillelmo Biomi, clerico, pro 
II' annata, per manus Bonifantis Judei . . IIII fl. 

Item recepi a Johanne Bouis, clerico, 
pro II* annata, et per manus Guillelmi Ma- 
riai Hllfl. 

Item recepi a Ludovico de Sex-Furnis, 
clerico, pro II 1 annata, et per manus Guillel- 
mi Marini 1Ш fl. 

Item rocepi a Jobanne Barnerii, clerico, 
pro II e annata IIII fl. 

Item recepi a Johanne de fsia, clerico, pro 
H'annata IIHfl. 

Item recepi a Berirando Rebolli, clerico, 
pro II* annata IIII fl. 

Item recepi ab Anthonio Ricani, clerico, 
proll' annata IIII fl. 

Item recepi a Johanne Bergerii, clerico, 
pro II* annata H fl. 

Item recepi a Gaufrido Gauhoni ? clerico, 

pro !!• annata IIII fl. 

Summa istrius pagine, L fl. 
Foi 23. 

Item recepi a Capiti Ponsili, clerico, pro II* 
annata IIII fl. 

Item ab Auduberto Marcelli, clerico, pro 
H'annata IIII fl. 



— 1G1 — 

Item recepi a Valentino Porte, clerico, pro 
1Г annata IIII florenos 

Item recepi ab Isnardo Faraudi, clerico, 
pro II 3 anoata IIII fl. 

Item recepi a Johanne Symeonis, clerico, 
pro II' annata IIII fl. 

Item recepi a Jacobo Habelhe, clerico, pro 
II* anoata IIII fl. 

Item recepi ab Anthonio Sclaponi, cle- 
rico, pro II' annata IIII fl. 

Item recepi a Laurentio Duranti, clerico, 
pro II 1 annata, IIII fl., et per manus Velegoni, 
sabaterii de Tritis. 

Item recepi a Johanne Thaucii, clerico, 
pro II' annata IIII fl. 

Item recepi ab Honorato de Malvanis, cle- 
rico, pro II я annata IIII fl. 

Item recepi a domino Jacobo Dalmacii, 
presbitero et clerico, pro II' annata .... IIII fl. 

Item recepi a Ludovico Mitri, pro H* 
annata IIII fl. 

Item recepi a Johanne Cayre, clerico, pro 

II* annata IIII fl. 

Sumraa istius pagine, LU fl. 

Fol. 23 v°. 

Item recepi a Guillelmo Gabielli, clerico, 

pro II' annata IIII fl. 

Item recepi a Ludovico de Avinione, cle- 
rico, pro II 1 annata IIII fl. 

Item recepi a Johanne Milonis, clerico, pro 
II* annata • . . . Ш1 fl. 

Item recepi a Bartholomeo Galverie, cle- 
rico, pro II 1 annata Ш1 fl. 

Item recepi a Petro Ardeniti, clerico, pro 
II* annata Ш1 fl. 

14 



— 162 — 



Item recepi a magistro Petro Clarimonti, 

pro II я annata filii sui clerici IIII fi. 

Item recepi a Nicholao Guilaberti, clerico, 

pro I Г annata IIII fl. 

Item recepi a Fulcone Borgondionis, cle- 
rico, pro II 1 annata IIII 11. 

Item recepi ab Ànthonio Bernardi de Apta, 

clerico, pro II" annata II fl. 

Item recepi a Bartholomeo Gralha .... II fl. 

Item recepi a Rostagno Avessuti II fl. 

Item recepi a Moneto Constancii .... IIII fl. 

Item recepi a Guilelmo de Turre .... III fl. 

Item recepi ab Anthonio Lautardi .... III fl. 

Item recepi a Bertrando Gencsii III fl. 

Summa istius pagine, LI flor. 

Fol. 24. Summa universalis omnium summarum supradic- 
tarum pecunie recepte clericorum, III e IIII** XVII flor., XII 
solidos. 

Summa omnium summarum supradictarum receptarum 
tam a domino meo domino Thesaurario seu ab aliis, man- 
da to eius, quam a scolaribus suprascriptis, videlicet in 
summa : ll m VII e XLIH florenos, signo del grayle, XI soli[dos], 
VI dena[rios]. 

Item recepi, ex precio, CXXXIII milhayrelas, VIII scan- 
dalia et medii (?) vini per me venditi, de vino provisionis per 
me empti, IIII** milhayrelas, precio cuiuslibet XIIII solidos, 
videlicet Hugoni Regordi, et Petro Negrelli, LUI milhayrelas, 
VIII scandai, médium, precio milhayrel, XVI solidos, IIII** 
XVIII libras, XIX solidos, IIII denarios, que valent reducle 
ad florenos de grayleto, computando XV solidos, octo dena- 
rios pro floreno, GXXVl flor. V sol. IIII denar. 

Et sic constat quod est totalis recepta pecuniarum unde- 



— 463 — 

cumque receptarum et reductarum ad dictos florenos de 
grayleto, il m VIII e LXX flor. I sol. II den. (*) 

(Le fol. 24 v e est en blanc). 

Fol. 25 . Sequuntur emptores (?) provisionum bladi f vint , 
mutonum, carnium salsarum, caseorum, olei, salis et aliarum 
rerum per me Deodatum Jordani faclarum pro scolaribus et 
servitoribus studii de Tritis pro domino nostro papa, inceptis 
a die 1Г mensis Junii in antea, anno domini M III G0 LXIHI° , 
ut sequitur, et finit de anno domini M III e0 LXV° , die prima 
Junii inclusive. 

Primo recepi a domino Petro de Areabaudoza, baiulo panis 
et vini, XXXIX sestarias farine. 

Fol. 25 v° Emptio bladi. 

Primo, die mercurii, V a die Junii, emi a Dousana Capolene 
de Tritis, XVIII sesteria anone, precio sest., VI solidos — 
valent СУШ sol. 

Item die sabbati, VIII' die Junii, emi a Raimundo Audrici 
de Tritis, IIII** II sest. annone, precio sest. V sol. XI den. — 
valent ХХ1Ш libr. V sol. II den. 

Item die veneris, V a Julii, emi a domino Hugone Giraudi, 
monacho Massilie, IIII** sest. annone, precio sest. Vsol. — 
valent XX lib. 

Summa istius pagine, IX** sest. annone, valent XLIX lib. 
XIII solid. II den. 

Fol. 26. Item die veneris, XIX â die dicti mensis Julii, emi 

(*) Ceux qui alignent une longue et minutieuse comptabilité, dit 
Ducange, dans sa préface du Glossarium, sont inévitablement exposés 
à tomber dans quelque erreur. En présence de l'immense travail 
d'arithmétique de notre rationair^, c'est bien le cas et le lieu de 
réclamer, avec confiance, l'indulgence du lecteur pour les quelques 
fautes de calcul qui pourraient être portées dans le texte même 
ou bien produites par le fait des collationueurs ou par notre fait 
propre. 



— 164 — 

a Guillclmo Marini et Raimundo Audrici de Tritis, IIIc sest. 
annone, preeio cuiuslibet sest. V sol. IIHden. — Summa, 
1Ш" libr. 

Item die iovis, XXII 1 die Augusli, emi a domino Guillelmo 
Maure, monacho massiliensi in loco de Rosseto, videlicet 
XLVIH sest. annone preeio cuiuslibet sest. Vsol. IIHden. — 
Summa, XII lib. XVI sol. 

Summa istius pagine, III e XLVIH ses!. annone. 

Valent IIII™ XII libr. XVI sol. 

Fol. 20 v°. Item XXlIII a die Augusti, emi a Raimundo Mar- 
celli de Rosseto, in loco de Rosseto (*),XX sest. anonc, preeio 
cuiuslibet sest. V sol. X den. — Summa, GXVI sol. VIH den. 

Item XXVI 1 die Augusti, que fuit dies lune, emi a Guil- 
lelmo Giraudi de Podionicr (sic), VIII sest. anone, preeio 
cuiuslibet sest, VI sol. — Summa, XLVIH sol. 

Item XXVII 1 die dicti mensis, emi a Johanne Aurili de 
Podionerio (sic), XXX sest. anone, preeio cuiuslibet sest. VI 
solid. — Summa, IX lib. 

Item emi ab Hugone Baudili de Podionerio, XX sest. an- 
none, preeio cuiuslibet sest. VI solid. — Summa, VI lib. 

Item dicta die, emi a Petro Manelha de Podionerio, L sest. 
annone, preeio cuiuslibet sest. VI sol. — Summa, XV lib. 

Summa istius pagine, VI** VIII sest. annone. Valent 
XXX VIII lib. 1III sol. VIII den. 

Fol. 27. 

Item die mercurii, XXVIH Û Augusti, emi a Berengario sar- 
toris de Porreriis, XX sest. annone, preeio cuiuslibet sest. 
V. sol. X den. — Summa, CXVI sol. VIII den. 

Item dicta die, emi ab Anthonio Àrtiselli de Tritis, X sest. 
annone, preeio cuiuslibet sest. VI sol. — Summa, LX sol. 

(*) L'Ordre de saint Benoit avait des prieurés dans toutes les 
paroisses, dont les propriétaires ci -mention nés vendent à l'Ecole de 
Trets leurs produits divers. 



— 165 — 

Hem die iovis, XXIX* die Augusti, emi a Jacobo Myla de 
Podionerio, IIII sest. annone, precio cuiuslibet sest. VI sol. 
minus II den. — Summa, XXIII sol. IIII den. 

Hem dicta die, emi a Bartholomeo de Ortiea de Tritis, 
XXI sest. annone, precio cuiuslibet sest. Vsol. XI den. — 
Summa , VI lib. IIII soi. III den. 

Summa istius pagine, LV sest. annone. 

Valent XVI lib. IIII sol. III den. 

Fol. 27 i\ 

Item dicta die, emi ab Hugone Prime, XII sest. annone, 
precio VI solid. cuiuslibet sestarii. 

Summa, LXXII solid. 

Item emi ab Alacta de Porreriis, II sest. annone, precio 
cuiuslibet sest. VI solid. — Summa, XII solid. 

Item XXX e die dicti mensis, que fuit dies veneris, emi a 
domino Hugone Girardi monacho Marssilie, videlicet VII sest. 
annone, precio cuiuslibet sest. Vsol. X den. — Summa, 
XL solid. X den. 

Item II» die Septembris, emi a Comprato Judeo, LUI sest. 
cum dimidio annone, precio cuiuslibet sest. VI sol. II den. 
obol. — Summa, XVI lib XII solid. III obol. 

Item dicta die, emi a domino Hugone Girardi, monacho 
Marssilie, XXXIX sest. annone, precio cuiuslibet sest. VI sol. 

— Summa, XI lib. IIII sol. VI den. 

Summa istius pagine, CXIII sest. et médium de annona. 
Valent XXXII1I lib. XVII den. obol. 

Fol. 28. 

Item dicta die, emi a caméra rio Marssilie XXX sest. annone, 
precio cuiuslibet sestar. VI sol. — Summa, IX lib. — Solvit 
pro eo dominus Anthonius de Podionerio. 

Item dicta die, emi a Raimundo Fabri de Podionerio, vide- 
licet IIII sest. annone, precio cuiuslibet sest. VI sol. in loco. 

— Summa, XXHII solid. 

Item dicta die, emi a domino Johanne Bolfenii habitatorie 



— 466 — 

de Podionerio, videlicet XVIII sest. annone, precio prediclo 
supra proximo. — Summa, CVIII solid. 

Item die veneris, VI e die Sep tem bris, emi a Comprato Gardi 
ludeo, de Tritis, videlicet LXII sest. cura dimidio annone, 
precio cuiuslibet sest. VI sol. — Summa, XVIII lib. XV solid. 

Item die sabbali, septima die Septembris, emi a Guillelmo 
Manelha de Podionerio, videlicet XXI sest. annone, precio 
cuiuslibet sest. VI solid. — Summa, VI lib. VI solid. 

Summa istius pagine, VI х * XV sest. et médium annone. 
Valent XL lib. XIII sol. 

Fol 28 v\ 

Item dicta die, emi a Guillelmo Àmalrici de Podioloberio, 
videlicet VI sest. annone, precio cuiuslibet sest. VI solid. — 
Summa, XXXVI solid. 

Item die dominica, VIII a die Septembris, emi a Bonifacio 
Vesuati de Podionerio, videlicet XXX sest. annone, mensure 
Tritis, precio cuiuslibet sest. V solid. XI den. — Summa, 
VIII lib. XVII sol. VI den.; — dominus Anthonius pro eo. 

Item die veneris, XXVI e Septembris, emi a Raimundo 
Rebelli, LXXIX sest. annone, precio cuiuslibet sest. V solid. 
VIII den. — valent XXII lib. VII sol. VIII den. 

Item dicta die, emi a dicto Raimundo Rebelli de Tritis, 
centum sest. annone, precio cuiuslibet sest. VI solid. — va- 
lent XXX lib. 

Summa istius pagine, II e XV sest. annone. 

Valent LXIII lib. XIIII den. 

Fol. 29. 

Item dicta die, emi a Johannede Rosseto, I1II sest. annone, 
precio cuiuslibet sest. VI solid. — valent XXII1I solid. 

Item XXVIII e die dicti mensis, emi a Guillelmo de Porreriis, 
VII sest. annone, precio cuiuslibet sest. VI solid. III den. — 
Valent XLIII sol. IX den. 

Item dicta die, emi a Jacobo de Grauseleriis, IIII sest. an- 
none, precio cuiuslibet sest. VI sol. — valent XX1III solid. 



— 167 — 

Item erai a dicto Jacobo, V sest. annone, precio cuiuslibet 
sest V sol. IX den. — valent XXVIII solid. IX den. 

Item dicta die, emi a Petro Tortati de Podionerio, XVI sest. 
annone, precio cuiuslibet sest. VI solid. — valent IIII lib. 
XVI solid. 

Item dicta die, emi a canonico de Podionerio, XL sest. 
annone, precio cuiuslibet sest. VI solid. — valent XII lib. 

Item XXX й die Septembris, emi a Rostagno Amelii de 
Porreriis, VII sest. annone, precio cuiuslibet sest. VI sol. 
III den. — valent XLIII sol. IX den. 

Summa istius pagine, IIII** III sest. annone. 

Valent XXV lib. III den. 

Fol. 29 V. 

Item die martis, prima die Octobris, emi a domino Hugone 
Girardi monacho Massilie, II e et I sest. I quart, annone, 
precio cuiuslibet sest. VI solid. — valent LX lib. Vil sol. 
VI den. 

Item ab alia parte, LXXII sest. annone, precio predicto. 
Valent XXI lib. XII sol. 

Item de siligine, XLIII sest, precio cuiuslibet sest. IIII solid. 
VI den. — valent IX lib. XIII sol. Vf den. 

Item dicta die, emi a dicto domino Hugone Girardi, de 
consegallo, LXXVI1I sest. 1 quatrinum, precio cuiuslibet sest. 
V solid. — valent XIX lib. XI sol. III den. 

Item die iovis, III' die Octobris, emi a Rostagno Berengarii 
de Podionerio, IIII sest. annone, precio cuiuslibet sest. VI 
sol. — valent XXI III solid. 

Summa istius pagine, III e llll** XVIII sest. et médium. 
Valent CXII lib. VIII sol. III den. 

Fol 30. 

Summa universalis annone, consegallis, siliginis emptis 
XXXIX sest. farine traditis per dictum dominum Pclrum de 
Areabaudosa, MVI C IIII** XV sest. et médium. 



— 4G8 — 

Valent in summa, exceptis dictis XXXIX sest. farine, lill c 
LXXII lib. [I sol. M den. obol. provincial, compulando flo- 
renum pro XV solidis, VIII denariis. Valent VI e II flor. 
X solid. X den. obolum. 

Fol. 30 v°. 

Recepla vini traditi per dictum dominum Petrum de Area- 
baudosa mihi camerario predicto, scilicet GXXXVII raelay- 
rolas vini, videlicet II 1 die Junii. 

Fol. 31. Emptio vint. 

Primo die veneris, septima die Junii, emi a magistro 
Stephano Castellani de Tritis, XIII melayrolas vini minus 
uno scandalo et médium et uno denario, precio cuiuslibet 
melayrole, XV sol. — Summa, X lib. VIII sol. ob. 

Item die sabbati, VIII й die lunii, emi a magistro Johanne 
Castellani, nolario de Tritis, XLlil melavrolas cum dimidia 
et duas partes unius scandali vini, precio cuiuslibet melay- 
role, XV solid. — Summa, XXXII lib. XIII sol. III! d,în. 

Item die iovis, I 1 die Augusti, emi a Bartholomeo Fres- 
querii de Sancto Maximo (sic), LXXVI melayrolas et quartam 
partem unius vini, precio cuiuslibet melayrole, XVI sol. — 
Summa, LXI lib. 

Summa istius pagine, VI х * XII milayr. V scand. et unum 
tercium III ob. — que valent GII1I lib. XVI den. ob. 

Fol. 31 v\ 

Item dicta die, emi a magistro Petro Praerii de Sancto 
Maximino, XX metretas vini, precio cuiuslibet metrete, XVI 
sol. — Summa, XVI lib. 

Item XXIII 1 die Septembris, emi ab Hugone Donzelli de 
Tritis, VI malayrolas et mediam et IIII scandais (sic) et duas 
partes unius vini, precio cuiuslibet malayrole, I fl. de cena. 

Valent GVI1I sol. II den. 

Item dicta die, emi a Raimundo Rebelli, LI melayrolas 
vini, precio cuiuslibet 1 flor. — valent XL lib. XVI sol. 



— 169 — 

Item XXV 1 die Septembris, que fuit dies mercurii, emi 
L melayrolas vini ab Anthonio Borini de Sancto Maximino, 
in loco de Tritis, precio cuiuslibet melayrole XVI sol. — 
Summa, XL lib. 

Summa istius pagine, VI* X VII melayrolas, X scandais et 
duas partes unius. 

Valent СП lib. IIII sol. II den. 

Fol. 32. 

Item emi a Béatrice Gauceline, II melayrolas, I scandalium 
cum dimidio vini, precio milhayrole XVI sol. — valent 
XXXI1II sol. I den. 

Item die martis, aie I 1 Octobris, emi a Johanne Bianeti de 
Sancto Maximino, IIIl* x millayrolas vini, precio cuiuslibet 
millayrole, XIIII sol. — valent LVI lib. 

Item dicta die, emi a Bomperio (sic) Fresquerie de Sancto 
Maximino, G melayrolas vioi, precio cuiuslibet, XIIII sol. — 
valent LXX lib. 

Summa istius pagine, IX х * II melayrolas, I scandalium et 
médium. Valent VI" VII lib. XIIII sol. I den. 

Fol. 32 v\ 

Item dicta die, emi ab Anthonio Augerii de Sancto Maximo 
(sic), XXVII melayrolas vini, precio cuiuslibet portate Tritis, 
XVI solid. VIII den. — valent XXII lib. X solid. 

Item dicta die, emi a magistro Bonefilio Judeo, I melayrolam 
et médium, I scandalium cum dimidio de acceto, precio mi- 
la vrole VIII solid. — valent XIII sol. 

Item XXIII' die Octobris, emi a priore de Oleriis, XXX 
melayrolas vini, precio cuiuslibet XIIII sol. VIII den. — va- 
lent XXII lib. portato Tritis. 

Summa istius pagine, LVII milayrolas. 

Valent XLUII lib. X solid. 

Item summa de aceto, I milayrolam, VII scand. et mé- 
dium. Valent XIII sol. 

Summa universalis pagine, XLV lib. III solid. 




— «70 — 

Fol. 33. 

Item dicta die. emi a Jacobo CasteLIani de Sancto Maxi- 
mino, X milayrolas vini, preeio XV sol. I den. — valent 
VII lib. X sol. X den. portate Tritis. 

Item dicta die, emi ab Isnardo Valentie, XXI ï! milayrolas 
vini, preeio cuiuslibet XV solid. I den. portate Tritis. 
Valent XVI! lib. VI sol. XI den. 

Summa istius pagine. XXXIII milayrolas. 

Valent XXI III lib. XVII solid. IX den. 

Fol. 33 V 

Item dicta die, emi a Petro Valencie de Sancto Maximino, 
XX melayrolas, preeio cniuslibet XV solid. I den. — valent 
XV lib. XX den. 

Item dicta die, emi a Dalmneg uxore Pétri Спал s, III me- 
layrolas, preeio cuiuslibet, XV solid. I den. — valent XL V 
solid III den. 

Item XXV* die Octobris, emi a Basterio de Sancto Maximino, 
I melayrolam médium, preeio melayrole, XV solid. I den. 
— valent XXII sol. VII den. ob. 

Item dicta die, emi ab Anthonio Borini, I millayrolam eu m 
dirnidio, XVII den. preeio millayrole, XV solid. I den. — 
valent XXIII sol. XI den. obol. 

Summa istius pagine, XXVI melayrolas, I scanda Hum. 

Valent XIX lib. XIII solid. VI den. 

Fol. 34. 

Item die iovis, XXIII' die Octobris, emi a Vesiano Rabie 
de Sancto Maximino, videlicet L melayrolas vini, preeio 
cuiuslibet melayrole, XVI solid. portate Tritis. Valent 
XL libras. 

Item die veneris, XXlIII a die, emi a magistro Bonofilio 
Judeo, I melayrolam de aceto, preeio VIII solid. 

Item a dicto Judeo, emi VIII scandalia de aceto, preeio 
V sol. НИ den. 



— 171 — 

Summa istius pagine, L melayrolas vini. Valent XL 
libras. 

Item summa de aceto, I melayrolam, VIII scandais. 
Valent ХШ sol. Ш1 den. 

Fol. 34 V. 

Item die lune, IIII a die Novembris, emi a Guillelmo Ber- 
trandi de Podio-Luperio, XIIII mètre ta s vini portâtes Tritis, 
precio cuiuslibet, XIIII sol. II den. — valent IX lib. XVIII 
solid. III1 den. 

Item emi centumxx millayrolas vini, precio cuiuslibet XVI 
solid. — valent IIII" XVI lib. 

Item dicta die, emi ab Alacta Gapolene, XIX mellayrolas, 
I scandai vini et II den. precio cuiuslibet melayrole, XVI sol. 
— valent XV lib. V solid. VI den. 

Summa istius pagine, GLIII melayrolas, I scand. II den. — 
valent VI« I lib. III solid. X den. 

[Summa universalis vini empti et traditi per dictum do- 
minum Pelrum, videlicet IX e II melayrolas et VII scandais 
et médium. 

Valent in summa, exceptis CXXXVII melarolis traditis 
per dictum dominum Petrura, videlicet V e LXXXIIII lib. 
IIIIsol. VIII den. ob. 

Item summa de aceto, III melayrolas, III scandai, et mé- 
dium. Valent XXVI sol. IIII den.] (*) 

Summa universalis tocius vini et aceti tam empti et 
quam reperti, IX e I melayrolas, XI scandais. 

Summa universalis tocius precii vini et aceti emptorum, 
V° LXXXV lib. XI solid. IIII den. — valent in floren. del 
grayle VII* XLVII flor. VIII sol. VIII den. 

Recepta mutonum per dominum Petrum Areobaudosa tra- 
ditorum michi camerario predicto, videlicet XXII mutones. 

(*) Les trois articles de cette parenthèse sont effacés dans le Codex 
papal, sans doute parce qu'il y a erreur de chiffres. 



— 172 — 

Recepta carnium salsarum tradilarum per dictum dominum 
Petrum michi camerario prediclo, videlicet XVI bacones et 
médium ponderantium XV quintals. 

Fol. 36. Emptio porcorum. 

Primo XIII* die Decembris, emi, in Sanclo Maximino, XIJ cim 
porcos, precio XXII lib. XVI sol. quos porcos feci salsare, 
pondérantes XIII quintales, II lib. et média m. 

Summa istius pagine, XII ciin porcos. Valent XXII lib. 
XVI solid. 

Summa universalis porcorum salsorum, XXVIII baconos 
[et] médium pondérantes XXVIII quintals, II lib. et média m. 

Valent, exceptis XVI baconibus cl medio traditis per dic- 
tum dominum Petrum, XXII lib. XVI solid. dicte» monete. 
/ Valent in flor. de grayleto XXIX flor. I sol. VIII den. 

Fol. 37. Receptio olei tradili per dictum dominum Petrum 
de Areabaudosa michi camerario prediclo et viventi in dicto 
prioratu, ridelicel LX1 lib. oley. 

Emptio oley. 

Hem II die Octobris, emi XXII1I libr. olei, precio cuiuslibet 
lib. XV den. — valent XXX solid. 

Item XII я die Novembris, emi a Guillelmo Marinide Tritis, 
Il mellayrolas olei antiqui, precio cuiuslibet XLVIII sol. 
VI den. - valent IIII lib. XVII sol. 

Item lll 1 die Januarii, emi ab Anthonio Borini de Sancto 
Maximino, III melayrolas et mediam olei novi, precio me- 
layrole, XLIIII sol. — valent VII lib. XIIII sol. 

Summa universalis olei empli tradili per dictum dominum 
Petrum, VII milayrolas, XIII lib. — valent, exceptis LXI lib. 
traditis per dictum dominum Petrum, XIIII lib. XII den. — 
valent in flor. de grayleto, XVII flor. XIIII sol. VIII den. 
dicte monete. 



— 173 — 

Fol. 37 v 9 . Sequitur emptio candelarum 

Primo die III* Junii, recepi a domino Petro de Areabaudosa 
videlicet unum quintale, XX libr. candelarum. 

Item ultima die Septembris, emi a Bertrando Prime de 
Tritis, III' quinlalia candelarum, precio cuiuslibet quintalis 
IIII libr. XIX sol. VIII den. — valent XIIII libr. XIX sol. 

Item III 1 die Januarii, emi a Cibilia, uxore Bertrandi Prime 
condam, I quintale, LXXXVII lib. III quart, libre, precio 
quintalis, IIII libr. XIX sol. —valent IX libr. V sol. VII 
den. obol. 

Summa universalis omnium candelarum, VI quintalia, 

VII libr. III quart, libre. Valent, exceplis uno quintale, 
XX lib. tradilis per diclum dominum Petrum de Areabau- 
dosa, videlicet XMIII lib. IIII sol. VII den. obol. 

Valent in flor de grayleto XXX flor. XIIII sol. VII den. 
obol. dicte monete. 
Le fol. 38 est en blanc. 

Fol. 38 v°. Sequitur emptio provisionis piscis salssati. 

Primo XXVII die mensis Januarii, emi ab AnthonioBorini 
de Sancto Maximino, ll m С dauratas salsatas. 

Item CLIIII mugilos saisatos, precio XIII libr. VI sol. 

VIII den. 

Item dicta die, emi a dicto Anthonio, duas barrilas de 
tonina salsatas, pro precio XLVIU sol. 

Item XXX e die dicti mensis Januarii, emi a dicto Anthonio, 
VI e auratas salsatas, precio LXVIII sol. 

Summa universalis istius pagine, XIX libr. II sol. VIII 
denar. — \ aient in flor. de graylelo XXIII1 flor. VI sol. VIII 
den. dicte monde 

Fol. 39. Sequitur emptio provisionis leguminum. 

Primo XX* die Augusti, erai ab Hugone Regordi de Sancto 
Maximino, XIIII sest. de fabis, precio cuiuslibet sest. VIII 
sol. III den. — valent CXV sol. VI denar. 



— 474 — 

Item dicta die, cmi a dicto Hugone Regordi, H sest. de 
lentilhis, precio cuiuslibet sest. XlIIIsolid. — valent XXVIII 
solid. 

Surama istius pagine, XVI sest. leguminum. Valent VII 
lib. III solid VI den. 

Fol. 39 V. 

Item die martis, I' die Octobris, emi VI sest. cum dimidio 
de cisseribus albis, precio cuiuslibet sest. Х1Ш sol. — valent 
IIII lib. XI solid. 

Item dicta die, emi XI sest. et médium de lentibus, precio 
cuiuslibet sest. IX solid. — valent GUI sol. VI den. 

Item dicta die, emi I sest. I cartieyra de fabis, precio sest. 
VIII sold. — valent X solid. 

Summa istius pagine, XIX sest. I cartieyra leguminum. 
Valent X lib. IIII sol. VI den. 

(*) Summa universalis leguminum emptorum, XXXV sest. 
I cartieyra. Valent XVII lib. VIII solidos. 

Valent in flor. de grayleto XXII Qor. III sol. IIII den. 

Fol. 40. Emptio provisionis nucwn. 

Primo XXIII e die Octobris, emi ab Hugone Laugi deVruhon 
(sic), II sest. de nucibus, precio cuiuslibet sest. III solid. — 
valent VI solid. 

Item dicta die, emi a Bertrando Bartholomei dicti loci, 
V pannales de nucibus, precio V solid. 

(*) Sur la marge du manuscrit, en face du vocable summa, se 
trouvent les lettres apro avec une barre horizontale les surmontant. 
C'est une main étrangère qui a écrit, avec une encre différente, ce 
mot à signe abréviatif. D'après le jugement des deux distingués 
paléographes du Vatican qui ont fait la présente collation, apro 
voudrait dire tout simplement approbo, et serait, apparemment, la 
marque approbative du contrôleur pontifical appelé à vérifier les 
comptes du rationaire. 

La même formule se retrouve fol. 40-40 v; il v; 42; 43-43 v;etc. 



— 175 — 

Item dicta die, emi a Raimundo de Sparrono de Podio — 
Nerio, VI sest. banales (?), I sest. ras. et mediam panoalem 
de nucibus, precio sest. III sol. IIII den. — valent XXII sol, 

IX den. 

Item XXV* die Octobris, emi a Moneto Raynaudi de Vruhon, 

I sest. de nucibus, precio III sol. IIII den. — valent III sol. 
IIII den. 

Summa istius pagine, XI sest. et médium de nucibus. 
Valent XXXVII sol. I den. 
Summa universalis nucum emptarum, XI sest. médium. 
Valent XXXVII sol. I den. — valent in flor. de grayleto, 

II flor. V sol. IX den. dicte monete. 

Fol. 40 v*. Emplio provisionis caseorum. 

Primo, XIX* die Junii, emi a Petro Minorum, III quintalia 
et X lib. caseorum, precio cuiuslibet quinialis, XLV sol. — 
valent VI lib. XIX sol. VII den. 

Item X 1 die Sep tem bris, emi a Johanne Garnerii, tria 
quintalia caseorum, precio cuiuslibet quintalis, L sol. — 
valent VII lib. X sol. 

Item, XII die Decembris, emi tria quintalia caseorum, 
precio cuiuslibet quintalis, XLIX sol. VIII den. — valent 
VII lib. IX sol. 

Summa istius pagine, IX quintalia, X libr. caseorun. 
Valent XXI lib. XVIII sol. VII den. 

Summa universalis caseorum emptorum, IX quintalia y 

X lib. — valent XXI lib. XVIII sol. VII den. 

Valent in flor. de grayleto, XXVIII flor. dempto uno de- 
nario. 

Fol. 41. Recepta salis Iradite per diclum dominum Petrum 
michi camerario predicto, videlicet unum sest. die ilh Junii. 

Sequitur emplio provisionis salis. 
Primo, X* die Junii, emi a Romano Auduberti de Va- 



— 176 — 

lencia (*), X sest. et med. et III octavas salis, precio cuius- 
libet sest. II solid. VI den. — valent XXVIII vsolid. II den. 
p\ [picte vel pecie] 

Item dicta die, a Bertrando Carnulidicti loci, emi Vlsesl. 
salis et très octavas, precio predicto. Valent XVI sol. 
demptis III p e . 

Item VI ' die Septembris, emi a Petro Textore dicti loci, 

V sest. et médium et I octavam salis, precio predicto. 
Valent XIIII sol. III p\ 

Item XIII* die Octobris, emi a Ruffo de Gardana, IIII sest. 
I octavam de sale, precio X sol. VIII den. 

Item dicta die Octobris, emi a Petro Novelle de Gardana, 
tria sest. et III carterias salis, precio cuiuslibet sest. II sol. 
VI den. — valent IX sol. IIII den. obol. 

Summa istius pagine, XXX sest. médium, III octav. salis. 

Valent L4XVII solid. II den. III p\ 
Fol. 41 v\ 

Item die X я Decembris, emi a Petro Novelle de Gardana, 

V sest. salis et octavam, precio cuiuslibet sest. II sol. VI den. 
— valent XII sol. IX den. III p c \ 

Item X a die Febroarii, emi I sest. III carterias salis, precio 
sest. III sol. IIII den. — valent V sol, X den. 

Summa istius pagine, XII sest. III carterias et I octava 
salis. Valent, exceptis ultimis VI seslar. XVIII sol. VII 
den. III p*. 

Summa universalis salis empte et tradite (sic), XXXVII 
sest. III carterias. Valent, excepto uno sest. tradito per 
dictum dominum Petrum,IIII libre, XV sol. X den. obol. 

Valent in flor. de grayleto VI flor. XII, X den. obolum. 

Fol. 42. Emptio feni. 

Primo, X* die Junii, emi a Bertrando Capolcrii, XL quin- 

(*) Le manuscrit porte bien Valencia. 



— 177 — 

talia feni, precio cuiuslibet quintalis, II sol. VI den. — 
valent С sol. 

Item dicta die, erai XLII quintalia feni a domino Hugone 
Girardi, precio cuiuslibet quintalis cum portu, II sol. VIII 
dcn. — valent GXII sol. 

Summa istius pagine feni empti, НИ** Il quintalia. 
Valent Xlib. XII sol. 

Summa universalis feni empli, IIII** II quintalia. Valent 

X libr. XII solid. 

Valent in flor. de grayleto, XIII flor. VIII sol. IIII denar. 

Fol. 42 v 9 . Recepta rivale invente in prioratu de Tritis et 
micki camerario tradite per dominum Petrum de Area- 
baudosa videlicet y XXVII sest. rivale. 

Sequitur emptio provisionis civate. 

Primo die veneris, V J die Julii, emi a domino Hugone 
Girardi, monacho Massilie , XXIIII sest. civate, precio 
cuiuslibet sest. V sol. — Summa VI libr. 

Item die iovis, XXII e die Auçusti, emi a domino Guillelmo 
Maure, monacho Marsilie, in loco de Rosseto, videlicet XXV 
sest. et duas partes unius sest. civate, precio cuiuslibet sest. 
V sol. IIII den. — Summa, VI libr. XVI sol. X den. 

Summa islius pagine, LXXVI sest. II partes unius sest. — 
valent, exceptis XXVII sest. per dictum dominum Petrum 
traditis, XII lib. XVI soi. X den. 

Fol. 43. 

Item II e die Septembris, emi a Guillelmo Payrolerii, XL 
sest. civate, precio cuiuslibet sest. V sol. X den. — Summa, 

XI lib. XIII sol. IIII den. 

Item dicta die, emi XII sest. et médium civate, precio 
cuiuslibet sest. V sol. X den. —valent LXXII sol. XI den. 

Item X" die Septembris, emi LIX sest. et médium civate, 

precio cuiuslibet sest. V sol. X den. — valent XVII lib. 

VII sol. I denar. 

12 



1 



— 178 — 

Summa istius pagine, CX1I sest. — valent XXXII libr. 
ХШ sol. 1111 den. 

Summa uuiversalis ci va te empte et tradile per dictum 
dominum Pelrum de Areabaudosa, videlicet IX х * VIII sest. 
et duas partes unius sest. — valent in summa, exceptis 
XXVII traditis per dictum dominum Petrum, videlicet XLV 
libr. X sol. II den. 

Valent in floren. de grayleto LVI1I flor. I sol. VI den. 

Fol. 43 V. 

Summa universalis omnium emptarum provisionum p re- 
dicta ru m in pecunia, MII C XLVII lib. III sol. obolum. 

Valent in ilor. de grayle, MV C IIH" XII flor. del graylibe 
(sic), XIX den. I obolum, computato floreno pro XV sol. 
VIII den. 

(Les autres pages sont en blanc). 

Fol. 52 v*. Sequuntur expense ordinarie in studio de Tritis 
pro scolaribus dicti loci pro domino uostro papa incepte a die 
secunda mensis Junii in antea per me Deodatum Jordani 
camerarium Sancti Andrée, prope Avinionem, anno domini 
millesimo CCC* LXHIP* et die predicta ordinale ut infra 
sequitur et de moneta provinciali, et finiendo anno sexagesimo 
quinto, die prima Junii inclusive. 

In sequentibus expensis continentur expense pecunie ordi- 
narie carnium rescentium, salsarum, bladi, vini et cande- 
larum de cevo, salis, oley, casei et numerus comestorum. 

Fol. 53. Sequuntur expense ordinarie. 

lunius. 

Anno domini millesimo CCG° LXIUP et die secunda mensis 
Junii que fuit dies dominica, comedimus unum mutonem 
de aueri studii. 

Item posui pro cepis in potagio XX den. — Item pro car- 
nibus, infirmis, III solid. 

Item de carnibus saisis, III lib. — Item de caseo, rectori 
et madstris. 



— 179 — 

Item de oleo pro lampade, I libr. 

Coraedimus panes, III e XXV — valent III sest. et oblatio- 
nem ecclesie. Bibimus de vino, ХХШ scand. — et XII ci " valent 
mellayrol. — et XVIII scand. valent saumata vini (*). 

Item de candelis, mediam lib. 

Fuimus comestores, CLXIII. 

Fol. 53 f. 

Junius. Item die lune, III* die Junii, comedimus de car- 
nibus saisis, XXX libr. 

Item in potagio de herbis orti nostri. Item pro carnibus, 
rectori et magistris et infirmis, II 1 1 sol. 

Item de caseo, rectori et magistris. 

Comedimus panes, III e X — valent III sest. Ht quart. 
Bibimus de vino, XXIII scand. et médium 

Item de candelis, mediam libram. 

Fuimus comestores, CLXIII. 

Fol. 54. 

Junius. Item die martis, 1 lll a die Junii, comedimus unum 
inutonem aueris (sic) studii. 

Item in potagio de brodio. Item de carnibus pro infirmis, 
II sol. VI den. — Item de carnibus saisis, III I lib. 

Item do caseo, rectori et magistris. 

Comedimus panes, III e XL — valent III sest. III quart. 

Item de vino, XXIII scandai. — Item de candelis, mediam 
libram. 

Fuimus comestores, CLXIII. 

Foi 54 v\ 

Junius. Item die mercurii, V a die, comedimus de carnibus 
saisis, XXIX lib. — Item de carnibus pro infirmis, II sol. 
VI den. 

Item emi de ovis, II sol. — Item expen[dimusj de oleo, 
mediam libram, 

(*) Voir : Introduction, p. 13, notes I et i. 



1 



— 180 — 

Comedimus panes, III e XLVIII — valent Ш sest. Ш quart. 
— Bibimus de vino, XXUII scand. — Item de candelis, me- 
diam libram. Fuimus comestores, CLTIII. 

Fol. 55. 

Junius. Item die iovis, VI* die Junii, comedimus unum 
mutonem aueris studii. Item de carnibus saisis, III lib. et 
mediam. Item in potagio de brodio. Hem de carnibus, infir- 
mis, Il sol. Vlll den. — Item de caseo, rectori et magistris. 

Comedimus panes, III e V — valent III sest. III quart. — 
Bibimus de vino, XXIIII scandai, et médium. Item de can- 
delis, mediam libram. 

Fuimus comestores, CLXIII. 

Fol. 55 v*. 

Junius. Item die veneris, VII a die, emi de piscibus, VIII 
sol. — Item emi de ovis, III sol. IIIl den. — Item in potagio 
de caseo Hquefacto cum aqua toti tinello, cum speciebus 
quas habuimus de apothecario. 

Item emi de spinargiis pro infirmis, II den. — Item expendi 
de oleo, H libras. 

Comedimus panes, 1111 e — valent III sest. III quart. — Bi- 
bimus de vino, XXIII scand. — Hem de candelis, mediam 
libram. 

Fuimus comestores, CLXHI. 

Fol. 56. 

Junius. Item die sabbati, VIII e die Junii, expendi de pis- 
cibus die veneris preterita emptis. Item de caseo, toti tinello. 
Item emi de ovis, II sol. IIII denar. — Item emi de spi- 
nargiis, infirmis, IIII den. — Item expendi de oleo, I lib. 

Item in potagio de herbis orti nostri. 

Comedimus panes, III e XII — valent III sest. III quart. — 
Bibimus de vino, XXIII scandai, et médium. Item de can- 
delis, mediam libram. 

Fuimus comestores, CLXV. 



— 181 — 

Fol. 56 v\ 

Junius. Item die dominica, IX* die Junii, comedimus unum 
mutonem aueris studii. 

Item de carnibus saisis, 1Ш lib. — Item ii> potagio de 
brodio. Ilem pro pelrocillo, II den. — Item emi de carnibus, 
infirmis, II sol. VIII den. — Item de caseo, priori et magislris. 
Item de oleo pro lampade, I libram. 

Comedimus panes, III e Ш1 — valent III sest. et oblacione 
ecclesie. Bibimus de vino, XXII1I scandai. — Item de candelis, 
mediam libram. 

Fuimus comestores, CLXVII. 

Foi 57. 

Junius. Item die lune, X a die Junii, expendi de carnibus 
saisis, XXVIII libr. — Item emi de carnibus, rectori et ma- 
gistris et infirmis, de mutone, НИ sold. VI den. — Item emi 
de spinargiis, infirmis, II den. 

Item in potagio de herbis orli nostri. Item emi de о vis, 
VIII den. — Item de caseo, rectori et magistris. 

Comedimus panes, III e L — valent III sest. III quart. — 
Bibimus de vino, XXIII scand. — Item de candelis, mediam 
libram. 

Fuimus comestores, CLXVII. 

Fol. 57 v\ 

Junius. Item die martis, XI a die Junii, comedimus unum 
mutonem aueris nostri. Item emi de carnibus, infirmis, 
III solid. — Item emi de spinargiis, dictis infirmis, II den. — 
Item de caseo, priori et magistris. 

Item de carnibus saisis, III libras et mediam. Item in 
potagio de brodio. 

Comedimus panes, III e XL — valent III sest. III quart. — 
Bibimus de vino, XXIIII scandai. — Item expendi de candelis, 
mediam libram. 

Fuimus comestores, CLXVII. 



1 



— 182 — 

Vol 58. 

Junius. Item die mercurii, XII й die Junii ex pend i de car- 
nibus saisis, XXVIII libr. — Item erai de carnibus, infirmis, 
II sold. — Item pro herbis in potagio, XVI denar. — Item 
expendi de oleo, mediam libram. Item emi VII polios pro 
provisione infirmorum, VII sol. — Item pro piscibus, priori 
et magistris, II solid. 

Comedimus panes, III e XXVIII — valent III sest. fil quart. 

— Bibimus de vino, XXIII scandai. — Item de candelis, me - 
diam libram. 

Fuimas comestores, GLXVII. 

Fol. 58 V. 

Junius. Item die iovis, XIII e die Junii, comedimus unum 
mutonem aueris nostri. Item emi de carnibus, infirmis, 
II solid. — Item in potagio de brodio. Item de carnibus 
saisis, 1111 libr. — Item pro petrocillo, II den. — Item de 
caseo, priori et magistris. 

Comedimus panes, III e XLV — valent III sest. III quart. — 
Bibimus de vino , XXIIII scandai, et médium. Item de 
candelis, mediam libram. 

Fuimus comestores, CLXVII. 

Fol. 59. 

Junius. Item die veneris, X1III* die Junii, emi de piscibus, 
VI sol. III den. — Item emi de ovis, infirmis, Il sol. VI den. 

— Item pro spinargiis, dictis infirmis, IIII den. — Item ex- 
pendi de oleo, II Hb. — Item in potagio de herbis orti nostri. 

Comedimus panes, III e LV — valent III sest. III quart. — 
Bibimus de vino, XXIII scandai.— Item de candelis, mediam 
libram. 

Fuimus comestores, CLXVII. 

Foi 59 V. 

Junius. Item die sabbati, XV e die, emi de piscibus, IIII 
sol. II den. — Item emi de ovis, pro infirmis, XVI den. — 



— 483 — 

Item in pot agi о de avenaco, infirmis, habito de apolhecario. 

Item in potagio, tinello, de herbis orti nostri. Item ex- 
pendi de oleo, I librain et mediam. 

Comedimus panes, III e LXVIII — valent III sest. III quart 

— Bibimus de vino, XXIII scandai, et médium. Item de 
candelis, mediam libram. 

Fuirnus comestore9, CLXV, 

Fol. СО. 

Junius. Item die dominica, XV» die Junii, comedimus 
unum mutonem aueris nostri. Item in potagio de brodio. 
Item de carnibus saisis, 1III libr. — Item emi de carnibus, 
infirmis, II sol. — Item de caseo, priori et magistris. Item 
de oleo pro lampade, I libram. 

Comedimus panes , III e LVIII — valent III sest. I 
oc[t]benam (*) et oblacionem ecclesie. Bibimus de vino, 
XX1III scandai. 

— Item de candelis, mediam libram. 
Fuimus comestores, С LXVIII. 

Fol 60 v\ 

Junius. Item die lune, XVII e die Junii, expendi de car- 
nibus saisis, XXVII lib. — Item in potagio de herbis orli 
nostri. Item emi de carnibus, infirmis, XVIII den. 

Item de caseo, priori et magistris. 

Comedimus panes, III e XXVII — valent 111 sest. I pal. 
] ochena. Bibimus de vino, XXIII scandai, et médium. Item 
de candelis, mediam libram. 

Fuimus comestores, CLXV. 
Fol. 61. 

Junius. Item die martis, XVIII 8 die Junii, comedimus 
unum mutonem aueris nostri. Item in potagio de brodio. 
Item de carnibus saisis, V libr. — Item emi de carnibus, 
infirmis, XVI den. — Item de caseo, priori et magistris. 

(*) L'interprétation proposée pour certains mois abrégés de 
notre texte s'applique à ces mêmes mois chaque fois qu'ils repa- 
raissent dans la présente publication. 



- 484 — 

Comedimus panes, III e XXXI — valent III sest. I pal. — 
Bibimus devino, XXII scandai, el médium, lient decandelis, 
mediam librain. 

Fuimus comeslores, CLXI11. 

Fol. 61 v°. 

Junius. Item die mercurii, XIX* die Junii, expendi de 
carnibus saisis, XXVIII lib. — Hem in polagio de herbia orli 
nostri. Item emi de carnibus, inlirmis, XX den. — Кеш 
emi de piscibus. Il solid. — item de oleo, mediam libram. 

Coraedimus panes, 111 e XX11 — valent III sest. 1 pal. [pa~ 
nalcm] [palmam] î — Bibimus de vino, XXIII scand. — Item 
decandelis, mediam libram. 

Fuimus comeslores, CLXI111. 

Fol. 62. 

Junius. Ilem die iovis, XX" die Junii, come<limus uuum 
mutonem aueris noslri. 

Ilem in potagio de brodio. Item de carnibus saisis, II 1 1 
lib. — Item pro Laurencio Panthalconis scolari, infirmo, 
mediam libram oley pro vigilando. 

Item de caseo, priori et magistris. Ilem emi de carnibus, 
inlirmis. XX den. 

Cotnedîmus panes, 111° XXVII — valent III sest. I pa). — 
Bibimus de vino, XXIII scandai, et médium. Ilem de candelis, 
mediam libram. 

Fuimus comeslores, CLXII1. 

62 V. 

inius. Ucm die venons, XXI» die Junii, comedimus in 
gio de berbis orli nostri. Ilem de polagio de avenaco 
becarii, in fi r mis. Ilem emi de ovis, III solid. X den. 
tout expeudinius de caseo in lincllo superius empto. 
i de oleo, I libram. 
nnediinus panes, 111 e XXII1I — valent III sest. I pal. 



— 185 — 

1 ochena. Bibimus de vino, XXII scandai, et médium. Item 
de candelis, mediam libram. 
Fuimus comestores, GLXV. 

Fol. 63. 

Item die sabbati, XXII a die Junii, comedimus in polagio 
de herbis orti nostri, et pro infirmis, de dictis herbis. 
Item emi de ovis, III sold. — Item expendi de caseo in tinello 
su péri us empto. Item de oleo, I libram. 

Comedimus panes, III e X — valent III sest. I pal. — Bibi- 
mus de vino, XXII scandai. — Item de candelis, mediam 
libram. 

Fuimus comestores, CLXIIII. 

Fol 63 V. 

Junius. Item die dominica, XXIII a die Junii, comedimus 
unum mutonem averis studii. Item emi de carnibus pro 
infirmis, XVIII den. — Item de carnibus saisis, IIII lib. — 
Item pro lavando vent rein mutonis predicti, IIII den. — 
Item pro IIII 01 " rafanis, II den. — Item de caseo, priori et 
magistris. 

Comedimus panes, III e II — valent III sest. I ochenam et 
oblacionem ecclesie. 

Item de candelis , mediam libram. Bibimus de vino , 
XXIII scand. 

Fuimus comestores, CLXV. 

Fol 64. 

Junius. Item die lune, XXIIH a die Junii, que fuit nati- 
vitas beati Johannis Baptiste, comedimus unum mutonem 
averis nostri, modici valoris. 

Item emi de carnibus pro infirmis, XVIII den. — Item de 
carnibus saisis, IIII libr. — Item in potagio de brodio. Item 
de caseo, priori et m a gis tris. Item pro petrocillo, VI den. 
— Item emi de carnibus iu cero [sero], XVI denar. 

Comedimus panes, II e LXXX et oblationem ecclesie — va- 



— 186 — 

lent III scst. et médium. Bibimus de vino, XXII scandai, 
et médium. Item de candelis, mediam libram. 
Fuimus comestores, CLXVIII. 

Fol. 64 v\ 

Jnnius. Item die martis, XXV* die Junii, comedimus de 
carnibus saisis, XXVIII lib. — Item de carnibus pro infirmis, 
XVIII den. — Item emi de herbis pro potagio, VIII denar. 
— Item emi de carnibus in cero,priori et magistris, XVI den. 
— Item de caseo priori et magistris. 

Comedimus panes, III e XX — valent III sest. I pal. — Bi- 
bimus de vino, XXII scandai, et médium. Item de candelis, 
mediam libram. 

Fuimus comestores, CLX. 

Fol. 65. 

Junius. Item die mercurii, XXVI e die, expendi de car- 
nibus saisis, XXVII lib.— Item emi de carnibus prd infirmis, 
XX den. — Item emi de piscibus, II sol. VI denar. — Item de 
herbis in potagio, VIII denar. — Item de oleo, mediam libram. 
Item de caseo superius empto. 

Comedimus panes, III e X — valent III sest. I pal. — Bibimus 
de vino, XXII scandai, et médium. Item de candelis, me- 
diam lib. 

Fuimus comestores, CLXI. 

Fol. G5 v\ 

Junius. Item die iovis, XXVII a die Junii, comedimus 
unum mutonem averis nostri. Item de carnibus saisis, III 
libras et mediam. Item in potagio de brodio. Item de caseo, 
priori et magistris. Item emi de carnibus, pro infirmis, XVIII 
den. — Item pro lavando ventrem mutonis predicti, IIII den. 

Comedimus panes, III e X — valent III sest. I pai. — Bibimus 
de vino, XXII scandai et médium. Item de candelis, me- 
diam libram. 

Fuimus comcslorcs, CLXI. 



— 487 — 

Fol. 66. 

Junius. Item die veneris, XXVIII 8 die Junii, comedimus 
in potagio de herbis orti nostri. Item emi de berbis pro 
infirmis, I1II den. — Item emi de о vis, IIU sol. — Item 
expendimus de caseo in linello, superius empto. Item de 
oleo, I libram. 

Comedimus panes, III e — valent III sest. I pal. — Bibimus 
de vino, XXII scandai. — Item de candelis, mediam libram. 

Fuimus cornes tores, CLIX. 

Fol. 66 V. 

Junius. Item die sabbati, XXIX a die Junii, emi de pis- 
cibus, III sol. IIII denar. — Item emi de ovis, III sol. VIII 
den. — Item in potagio de brodio cum de caseo superius 
empto. Item emi de bletis pro infirmis, IIII denar. — Item 
emi unum pullum pro Moneto Constancii scolari, infirmo, 
X den. — Item expendimus de caseo pro companagio, supe- 
rius empto. Item de oleo, I libram et mediam. 

Comedimus panes, III e XV — valent III sest. I pal. — Bi- 
bimus de vino, XXI scandai, et médium. Item de candelis, 
mediam libram. 

Fuimus comestores, CL VII. 

Fol. 67. 

Junius. Item die dominica, XXX e die Junii, comedimus 
unum mutonem averi nostri. Item de carnibus, infirmis, 
XX den. — Item de carnibus saisis, IIII lib. — Item pro 
lavando л entrera mutonis predicti, IIII den. — Item de caseo 
priori et magistris. Item in potagio de brodio in tinello. 
Item in potagio de bletis, pro infirmis, II denar. — Item de 
oleo pro lampade, I libram. 

Comedimus panes, II e LX — valent III sest. et oblacionem 
ecclesie. Bibimus de vino, XXII scandai. — Item de can- 
delis, mediam libram. 

Fuimus comestores, CL VII. 



1 



— 188 — 
Fol. 67 v\ 

Summa summarum expcnsarum tocius raensis Junii pre- 
dicli, a die secunda usque ad fitiem mensis. 

Primo, de annona, Cil sest. et médium. Item de vino, LV 
melayrolas, IX scanda lia (*). Item, XIII nmtones. Item de 
carnibus, gallinis, herbis infirraorum, LX solid. X denarios. 
Item de о vis, XXVI sol. VIII den. — Item de piscibus res- 
centibus, XXVIII solidos, III denarios. Item de potagio, НИ 
solidos, IIII den. — Item de oleo, XVI libras et média in. Item 
de candelis, XIIII lib.— Item de carnibus saisis, H quintalia, 
LXXV iib. et med. 

Fuerunt comestores, IHI m VII e L. 

Fol. 70 v\ Julius (••). 

Item die iovis, IIH a die Julii, comedimus unum miitonem, 
averis nostri. Item emi de carnibus pro infirmis, XX den. — 
Item de carnibus saisis, III lib. et mediam. Item de caseo, 
priori et magistris. Item in potagio tinello et infirmis, de 

(*) En additionnant le nombre des scandalia de ce mois de juin, 
et en divisant le total par 4 2, on trouve exactement 55 milleroles, 
9 scand. — La preuve de l'assertion ou attribution étrange du fol. 
53, ligne П, semble donc bien faite. Voir, d'ailleurs, les autres 
mois de Tannée scolaire ; voir aussi fol. 31-31 v, etc., etc. 

(**) Pour ne pas répéter les mêmes menus, à peu près chaque jour 
identiques, et rédigés dans des termes presque similaires, durant 
une année entière (juin 1364 à juin 1365), nous croyons devoir 
omettre ici une grande partie des éphémérides de la cuisine. 

Mais si nous voulons éviter une nomenclature fastidieuse de 
mets et de repas, nous ne saurions jamais consentir à priver le 
savant de tout ce qui peut être utile à l'histoire. Aussi, afin de 
donner une idée complète de l'ensemble de cette partie du manus- 
crit relative aux consommations journalières, nous reproduirons 
le total ou summa de chaque mois, et nous choisirons, dans cha- 
cune des semaines, tout ce qu'il y a de plus particulièrement inté- 
ressant. 



— 189 — 

brodio. Item de oleo pro vigillando infirmis incensatis, III 
quart. — Item posui pro uno pullo, pro Johanne de se (sic), 
Petro Bonirilii et Moneto Constancii, X den. — Item eadem 
die, posui pro provisione in pullis, pro infirmis, X solid. 

Comedimus panes, III e X — valent III sest. I pal. — Bibi- 
mus de vino, XXIII scand. — Item de candelis, mediam 
libram. 

Fuiraus comestores, CLXI. 

Fol. 71. 

Juiius. Item die veneris, V a die, posui pro piscibus, VI sol. 
— Item emi de ovis, II1I sol. HII den. — Item pro herbis in 
potagio, XII den. — Item in potagio, infirmis, de avenacocum 
amiedalis, de apothecario. Item de oleo, II lib. — Item de 
oleo pro vigilando infirmis incensatis (*), I quart. 

Comedimus panes, III e II — valent III sest. I pal. — Bibi- 
mus de vino, XXII scand. et médium. Item de candelis, III 
quart. 

Fuimus comestores, CLÎX. 

Fol. 76 v\ 

Juiius. Item die martis, XVI e die Julii, comedimus unum 
mutonem, aueris nostri. Item de carnibus saisis, IIII libras. 

(*) Ce mot apparaît pour la première fois en ce> deux journées, 
4 et 5 juillet 1361. II exprime une maladie curieuse et bien 
effrayante, comme on peut le voiraux pages 28i-285 et surtout 
287 v. Le 6 juillet, un samedi, arrivent deSaint-Maximin les deux 
médecins Isnard Brime et Pierre Gavaudan, fol. 266 v. 

Mandés à Trets par maîtie Jean de Fraxine, en l'absence du 
directeur parti pour Avignon, ils visitent les malades-incensati — 
et reçoivent pour honoraires 42 sous, 8 deniers. 

Plusieurs écoliers sortent du Studium le lendemain, 7 juillet, cl 
le chiffre des commensaux descend de 151 à 132. Fol. 72 etc. 

Ce licenciement partiel sauve momentanément l'Ecole de Trets, 
et la brillante rentrée d'octobre est loin de faire pensera la décision 
ultérieure si désastreuse pour la prospérité de notre pays. 



1 



— 190 — 

Item in potagio de brodio. Item posui pro ficubus, IIH de- 
narios. Item pro bletis, infirmis, H denarios. Item pro 
ovis uni infirmo, II denarios. Item de oleo pro vigilando 
dicto infirmo, I quart. — Item de caseo, priori et m agis tris. 

Gomedimus panes, III e II — valent III sest. — Bibimus de 
vino, XXI scandai. — Item de candelis, mediam libram. 

Fuimus comestores, CXXXVII. 

Fol. 79 v: 

Julius. Item die lune, XXII 8 die Julii, que fuit festum 
béate Marie Macdalene, comedimus unum mutonem emptum, 
XV sol. — Item de carnibus saisis , IIH libras. Item de 
caseo, priori et magistris. Item in potagio de brodio. Item 
expendi unum pullum pro Isnardo Fernandi, infirmo, supe- 
rius emptum. 

Comedimus panes, II e XXXII — valent III sest. — Bibimus 
de vino, XXI scandai. — Item de candelis, mediam libram, 
I quart. 

Fuimus comestores, CXXXV (*). 

Fol. 80 V. 

Julius. Item die mercurii, XXIIII 8 die Julii, que fuit 
vigilia (**) beati Jacobi, comedimus de caseo in tinello su- 

(*) Sainte Madeleine était, à cette époque, fôtée avec la plus 
grande ferveur dans notre Provence. Les Bénédictins de Trets 
s'unissent donc aux Dominicains de la Sainte-Baume et de Saint- 
Maximin pour glorifier l'illustre pénitente de l'Evangile. Contre 
l'usage du lundi des premiers mois, on sert un mouton à la table 
des écoliers de la Trinité. 

Sur le culte rendu à sainte Madeleine, voir le Gallia ckristiana 
novissima, par Albanés. T. I, diocèse d'Aix, préface et pp. 21 , 51 , etc. 

(**) Jeûne ou abstinence en l'honneur de saint Jacques, aujour- 
d'hui disparu de la pratique de l'Eglise, comme d'ailleurs bien 
d'autres jours consignés dans ce manuscrit, et dont l'observateur 
pourra faire la remarque. 



— 191 — 

periusempto. Item pro bletis, infirinis, И den. — Item posui 
pro ovis, III sol. X den.— Item pro herbis in potagio, X den. 

— Item de oleo, média m libram. 

Gomedimus panes, II e XLII — valent III sest. — Bibimus 
de vino, XXI scand. et médium. Item de candelis, mediam 
libram. 

Fuimus comestores, CXXXV. 

Fol. 81. 

Julius. Item die iovis, XXV e die Julii, comedimus unum 
mutonem emptum, XV sol. — Item de carnibus saisis, V lib. 

— Item in potagio de cucurbitis (*) orti nostri. Item de 
caseo, priori et ma gis tris. Item pro prunis in tinello,XHden. 

Comedimus panes, II e XXXVIII — valent III sest. — Bibi- 
mus de vino, XX scand. et X den. — Item de candelis, me- 
diam libram. 

Fuimus comestores, CXXXVIII. 

Fol. 85. 

Summa summarum expensarum tocius mensis Julii predicti. 

Primo, de annona, LXXXXV sest. III cart. — Item de vino, 
LU melhayrolas, VI scand. — Item de carnibus rescentibus, 
novem mutones averis nostri, et quinque emplos, quos 
quinque constateront LXX1III sol. — Item de carnibus saisis, 
II quintalia, LXVIII lib. et med. — Item de carnibus, gallinis, 
pullis, berbis, pro infirmis, LXXI sol. VI den. — Item de 
ovis, XLIIII sol. 1111 den. — Item pro piscibus, XXVIII sol. 
VI den. — Item de potagio, Vil sol. Ull den. — Item de oleo, 
XVIll lib. — Item de candelis, de cevo [sevo], XVI libras et 
mediam. 

Fuerunt comestores, Hll m IlI c XLVf. 

(*) Les diverses espèces de cucurbitacées viennent à merveille 
dans la plaine de Trets, tandis que ia sauvage vallée de Valvènes 
(vallis venarum) rapportait une copieuse récolte de prunes ex- 
quises. 



— 192 — 

Fol. 86 v°. Augustus. 

Augustus. Item die iovis, prima die Augusli, incepi 
habere carnes ab Andréa Borgonhoni ad libras (*). Expendi 
dicta die, de carnibus mutonis, XXXVIII lib. precio cuius- 
libet libre, III den. cum obolo. Item de carnibus saisis, lll[ 
libras. Item in potagio de cucurbitis orli nostri. Hem de 
caseo priori et magistris. Item pro ovis, pro vino, Rostagno 
Avessuti, Il 11 denarios. 

Comedimus panes, II e XXIX — valent III sest. — Bibimus 
de vino, XIX scand. et médium. Item de candelis, III 
quart, libre. 

Fuimus comestores, CXX. 

Fal. 93 v\ 

Augustus. Item die mercurii, XflH a die Augusti, expendi 
quia fuit vigilia Assumplionis bcale Marie, pro ovis, X sol. 
Mil den. — Item in potagio de ciceribus superius emptis. 
Item de oleo, I libram cum dimidia. Comedimus panes, 
II e V — valent III sest. — Item bibimus de vino, XIX scandai, 
et médium. Item de candelis, média m libram. 

Fuimus comestores, GXXXllf. 

Fol. 94. 

Augustus. Item die iovis, XV a die, que fuit festum 
Assumptionis bealc Marie, expendimus de mulone, XLV 
libras, cum augumento quod est Mil lib. in dicta summa 
inclusive. Item de carnibus saisis, III lib. — Item in potagio 
de cucurbitis orti nostri. Item de caseo, priori et magistris. 

(*) Déodat Jordan renonce à faire engraisser des moutons dans 
la bergerie du prieuré, et commence à acheter de la viande à la 
boucherie. Apparemment, dans ce dernier système, il y avait avan- 
tage ou plus grande facilité pour l'économe, à un moment où les 
chaleurs, les vacances et surtout la maladie ne permettaient pas 
de prévoir du soir au lendemain le nombre exact des hôtes du 
Sludium. L'expérience ayant réussi, on continua cette coutume. 



à 



— 493 — 

Comedimus panes, II e XXV — valent II sest. et médium 
et ohlacionem ecclesie. Bibimus de vino, XIX scandai, et 
médium. Item de candelis, média m libram. 

Fuimus comestores, СХХХШ. 

Fol. 96. 

Augustus. Item die lune, XIX' die Augusti, expendi de 
carnibus saisis, XXVII lib. — Item expendimus de mutone, 
quia fuit disputatio (*), ХШ1 libr. — Item pro caulibus in 
potagio, IIII den. — Item posui pro ovis, XVI den. — Item de 
caseo, priori et magistris. 

Comedimus panes, II e LX — valent III sest. — Bibimus de 
vino, XX scandai. — Item de candelis, III quart. 

Fuimus comestores, CXXXVII. 

Fol. 102 v\ 

Summa summaruin expensarum tocius mensis Augusti 
predicti. 

Primo, de annona, IIII** XII sest. III carteyr. — Item de 
vino, LU melhavrolas, IX scandai. — Item de carnibus res- 
centibus, VI quinlalia, LXV lib. — Item de carnibus saisis, 
II quintalia, XXIX libras et médium. Item pro infirmis, de 
carnibus, gallinis, pullis et herbis, VIII sol. V denarios. Item 
pro ovis, LXXVIII soiidos, VII denarios. Item de piscibus 
rescentibus, LV sol. X den. — Item de potagio, VII sol. — Item 
de oleo, XXIII libras, I quart. — Item de candelis de cevo, 
XXIII lib. I quart. 

Fuerunt comestores, IIII ra 11 e LXXIII. 

Fol. 107. ш Septembris (sic). 

Septembris. Item die veneris, VI a die Septembris, posui 
pro piscibus, XI sol. VI den. — Item pro herbis, in potagio, 
XII den. — Item de oleo, II lib. — Item pro lampade, I libram. 



(*) Voir fol. 130 ; et Ducange. 

43 



1 



— 194 — 

Item expendi in cero (*), de ovis superius emptis. Item de 
caseo superius empto, in tinello. 

Comedimus panes, II e XLVIII — valent III sest. — Bibimus 
de vino, XIX scandai, et médium. Item de candelis, mediam 
libram. Fuimus comestores, CXLII1. 

Fol. 110 V. 

Septembris. Item die veneris, XIII e die Septembris, ex- 
pendi in potagio, de cepis hospicii. Item expendi de ovis 
superius emptis. Item expendimus de caseo superius empto, 
in tinello. Item expendimus de oleo, I libram. Item pro lam- 
pade ecclesie (**), I libram. Item pro lampade ccllarii, 
duabus vicibus, III quart. — Item posui pro boracgis, ma- 
gistris et infirmis, НИ den. 

Comedimus panes, II e LX — valent III sest. I ochena. 

Bibimus de vino, XX scandai, et médium. Item de candelis, 
III quart. 

Fuimus comestores, CXLV. 

Fol. 112. 

Septembris. Item die lune, XVl a die Septembris, expen- 
dimus de carnibus saisis, XXX lib. — Item expendimus de 
mutoue, X lib. — Item posui pro herbis in potagio, XII den. 
— Item de caseo, magistris. Item eadem die, emi de ovis pro 
provisione, III sol. V den. 

Comedimus panes, II e LXVI — valent III sest. I quart. — 
Bibimus de vino, XV scandai. — Item de vino mediocri, VIII 

(*) Pour in sero. Ce changement de lettre — quelquefois uue 
addition ou retranchement de mots — est assez fréquent dans le 
texte, comme d'ailleurs, dans les actes latins de cette époque si 
pervertie de goût. 

(**) Il s'agit de la lampe qui brûlait devant le tabernacle où re- 
posait la Sainte Eucharistie. 



— 195 — 

scandai. (*) quod vinum fuit prioratus et nichil decostitit. 
Item de candelis, I libram. 
Fuimus comestores, CL. 

Fol. 115 V. 

Septembris. Item die lune, XXIII a Septembris cxpendi de 
carnibus saisis, XXIX libr. — Item de mutone emi, cum 
macellarius non haberet, II sold. VIII den. — Item in ccro 
huius modi ? a macelario nostro, de mutone, VI lib. (**) — 
Item expendi in polagio de herbis orti nostri. Item de caseo, 
priori et magistris. Item de oleo pro lampade, I lib. 

Comedimus panes, II e LXXX — valent III sest. I quart. — 
Bibimus de vino puro, XVI scandai.— Item de vino mediocri, 
VI scandai. — Item de candelis, I libram. 

Fuimus comestores, CLVII. 

Fol. 116. 

Septembris. Item die martis, XXlIII a die Septembris, ex- 
pendi de mutone, LVIII lib. cum augmenta quod est III lib. 
et duas partes libre in dicta summa inclusive. Item de car- 
nibus saisis, III lib. — Item in potagio de caulibus orti nostri 
cum de brodio. Item de caseo, priori et magistris. Item de 
oleo pro vigillando in caméra magistri Johannis medici (***), 
I libram. 

Comedimus panes, III e LI — valent III sest. I pal. I ochena. 

(*) Ce mélange de vin pur avec un petit vin piqué — vino 
mediocri — qui ne coûtait rien au procureui , dura quelques 
semaines. La ration était alors un peu plus abondante. 

(**) Le boucher de la maison n'ayant pas de viande ce matin 
là, on en chercha ailleurs ]юиг dîner ; mais le soir on retourna 
chez André Borgondion qui put \endre 6 livres de mouton. 

(***) On peut juger, par l'ensemble du texte, de l'attention, pleine 
de sollicitude, du médecin interne et de l'administration scolaire 
pour les pauvres malades du Studium. V. fol. 221, aole. etc. 



— 196 — 

Bibimus de vino puro, XVIII scandai, et tertium. Item de 
vino mediocri, V scandai. — Item de candelis, I libram. 
Fuimus comestores, CLXVI. 

Fol. 119 v°. 

Summa summarura expensarum tocius mensis predicti 
Sep tera bris. 

Primo, de annona, НИ** XVII sest. III ochenas. Item de 
vino, XLV raelayrolas, XI scand. II ter. — Item de carnibus 
rescentîbus, VII quintalia, II libras et mediam. Item de car- 
nibus saisis, II quintalia, LXXIIII lib. — Item pro in fi r mis, 
IIII sol. X den. — Item pro ovis, XI sol. IX den. — Item pro 
piscibus, XXVIII sol. IIII den. — Item de oleo, XIIII lib. III 
quart, et médium. Item de potagio, VII sol. I den. — Item de 
candelis, XXVII lib. I quart. 

Fuerunt comestores, IIII m V e XXVII. 

Fol. 129 v\ Octobris (sic). 

Item die veneris, XVIII e die Octobris, emi de ovis pro 
provisione hospicii, IIII sol. VI den. — Item expendi de caseo, 
in tinello, superius empto. Item in potagio de caulibus orti 
nostri. Item de oleo, I libram. Item expendi de ovis superius 
emptis. 

Comedimus panes, III e LXII — valent IIII sest. III ochenas. 
Bibimus de vino, XXIII scandalia. Item de candelis, I 
libram, I quart. 

Fuimus comestores, GLXXVl. 

Fol 130. 

Octobris. Item die sabati, XIX й aie Octobris, emi pro 
provisione hospicii, de ovis, XVI sol. II den. — Item expendi, 
in, potagio, de herbis orti nostri. Item expendi de ovis, 
superius emptis, duas partes, quia fuit disputacio (*) propter 

(*) Le 49 août il y eut aussi disputacio, mais l'apparat, d'après 
le rationaire, fut beaucoup plus humble, et la réunion moins im- 
portante. 



— 197 — 

principium sludii et fuerunt mio...? [minores?] et advocati 
de Aquis qui sunt numéro X, cum eorum sociis. Item expendi 
de oleo, Il lib. et mediam. Item expendi de caseo superius 
empto, in tinello. Item pro caméra magistri Johannis, me- 
diam libram oley. 

Comedimus panes, 1111 e — valent V sest. I ochena. Bibi- 
mus de vino, II miiayroias et mediam. Item de candelis, 
I libram et mediam. 

Fuimus comestores, II e VIII. 

Fol. 130 V. 

Octobris. Item die dominica, XX a die Octobris, expendi de 
mutone, LXUI lib. cum augumento quod est IllI Hbrarum 
in dicta summa inclusive. Item de carnibus saisis, IIII libras. 
Item in potagio de caulibus orti nostri. Item de caseo, priori 
et magistris. 

Comedimus panes, 111 e XXXII — valent IIII sest. Ш ochenas. 
Bibimus de vino, XXIII ? scandalia et médium. Item de 
candelis, l libram et mediam. 

Fuimus comestores, CLXXVII. 

Fol. 131. 

Octobris. Item die lune, XXl a die Octobris, expendi de 
mutone, LIX lib. — Item de carnibus saisis, IIII lib. — Item 
in potagio de brodio. Item de caseo, priori et magistris. 
Item solvi pro tribus gallinis antiquis, pro infîrmitate Gau- 
celini de Gluiol [is ?] monachi, VII sol. VI don. 

Comedimus panes, III e LV — valent IIII sest. I pal. — Bi- 
bimus de vino, XXII1I scandalia. Item de candelis, I libram 
et mediam. 

Fuimus comestores, IX* X III. 

Fol. 135 v°. 

Octobris. Item die mercurii, XXX e die Octobris, expendi 
de carnibus saisis, XXIX lib. — Item in potagio de caulibus, 
orti nostri. Item emi de ovis, Ш sol. НИ den. — Item de 



1 



— 198 — 

diciis ovis expendimus. Item de oleo, unam libram. Hem de 
caseo superius empto. 

Comedimus panes, III e LXX — valent 1III sesl. I pal. — 
Bibimus de vino, XXHII scand. — Item de candelis, III lib. 

Fuimus comestores, IX** II. 

Fol. 136 v\ 

Summa summarum expensarum tocius mensis Oclobris 
predicti. 

Primo, de annona, GXX. XI1II (sic) sest. I eia, [emina] 
I ochena. Hein de vino, LIX melayrolas, IX scand. — Hem de 
carnibus rescenlibus, X quintalia, XVIII lib. et mediam. 
Item de carnibus saisis, I quintale, LXXXXVI libr. — Hem 
pro infirmis, XXV sol. — Item de ovis, XLVIH sol. HII den. 
— Hem pro piscibus, XXXVI sol. VIII den. — Item de oleo, 
XXI lib. et mediam. Item de candelis, XL VIII lib. I quart. 

Fucrunt comestores, V^IIHf LXVI (*). 

Fol. 138 v\ Novembris (sic). 

Novembris. Item die veneris, prima die Novembris, que 
fuit festum omnium Sanctorum, expendi de piscibus, 
XIX sol. — Item in potagio de ciceribus superius emptis. 
Item de oleo, Il lib. — Item de caseo superius empto. Item 
de oleo pro lampade, I lib. 

Comedimus panes, 1111 e II— valent IUÏ sest. I eia, I ochena. 
Bibimus de vino, ХХШ1 scand. — Item de candelis, II lib. 

Fuimus comestores, GLXXXV. 

Fol. 130. 

Novembris. Item die sabati, II a die Novembris, expendi 
de piscibus, XI sol. II den. — Item in potagio, de cepis hos- 
picii. Item de oleo, II lib. — Item de caseo superius empto. 

<*) Octobre est, ce semble, le plus brillant mois du Studium. La 
moyenne des commensaux ou pensionnaires atteint 180 par jour. 
Les courtes vacances finissaient à saint Luc ; mais les fêtes de ГЕ- 
glise assuraient dans le cours de Tannée d'assez nombreux loisirs. 



— 199 — 

Item expendi de ovis superius emplis, pro infirmis. Ilem de 
oleo, pro caméra magistri Johannis, mediam libram. 

Comedimus panes, XXXIX — valent I sest. et ultra de 
oblacionibus (*) ecclesie. Bibimus de vino, XX11I scand. 
— Item de candelis, Il lib. 

Fuimus comestores, IX XX Vlll. 

Fol. 139 v\ 

Novembris. Item die dominica, tertia die Novembris, 
expendi de mutone, LX lib.— Item de carnibus saisis, III lib. 
et mediam. Item in potagio de caulibus orti nostri. Item de 
caseo, priori et magistris. 

Comedimus panes, LXX et ultra de oblacionibus panis 
ecclesie — valent dicti panes I sest. — Bibimus de vino, 
XXIIII scand. et médium. Item de candelis, I libram et 
mediam. 

Fuimus comestores, IX х * X. 

Fol. 153 v\ 

Sumina summarum omnium expensarum tocius mensis 
Novembris predicti. 

Primo, de annona, VI х * VII sest.— Item de vino, LIX rae- 
layrolas et médium scandai. — Item de carnibus rescentibus, 
X quintalia, III lib. et mediam. Item de carnibus saisis, I 
quinlale, LUI libras et mediam. Item pro infirmis, V sol. 
VI den.— Item de ovis, XLI sol. VII den.— Item de piscibus, 
LI sol. I den. — Item de oleo, XXIII lib. et mediam. Item de 
candelis, LVIH lib. I quart. 

Fuerunt comestores, V m III e I1H XX XI. 

Fol. 158 v°. Decembris (sic). 

Decembris. Item die veneris, VI a die Decembris, posui 

(*) Les offrandes que les laïques de Tret s présentaient à Гаи tel 
étaient aussi considérables que régulières. Certain dimanche et 
quelques jours de fêtes, la charité des fidèles fournissait un et 
même deux tiers du pain nécessaire à la communauté. 



— 200 — 
pro piscibus, Vil sol. — Hem expendi de herbis orti noslri, 
in polagio. Item de oleo, Il lib. — Item expendi de ovis 
superius emplis. Ilem proerangîs?, VI den. — Item de caseo 
superius empto, in сего. 

Cumcdimus panes, III e LV — valent 1111 sest. I cart. — Bi- 
bimus de vino, XXII scand. et médium. Ilem de candelis, 
II lib. 

(■'minus (.41 mes tores, CLXX1II. 
Fol. 164. 

Dccembris. Ilem die martis, XVII» die Decembris, expendi 
de minulis poreorum interfectis lune preccdenli. Ilem in 
potagiode cepis hospicii, cumdebrodiodictoruiu minulorum 
et de speciebus quas habuimus de apotechario. Item de 
caseo, priori cl magistris. Item pro boraegis, infirmis, II den. 

Comedimus panes, III e LXXIIII — valent IIII sest. I pal.— 
Bibimus de vino, ХХШ1 scand. — Item de candelis, III lib. 

Fuimus comestores, CLXXVI. 

Fal. 167 v. 

Dccembris ; vigilia natalis Domini. Item die martis ХХШ' 1 

que fuit vigilia natalis Domini, expendi de piscibus, XXI den. 

— Item emi de ovis pro provisione, XXIII sol. — Item emi de 

spinargiis pro infirmis, IIII den. — Item iu polagio tinello, 

de fabis superius emplis. Item de oleo. Il lib. 

Comedimus panes, II e IIII" V — valent 111 sest. I pal. 

I octena. Bibimus de vino, XIX scand. — Hem de candelis, 

H lib. 

Fuimus comestores, CXLV. 
. 168. 

tac.embris. Festum natalis Domini. Ilem die mercurii, 
V 1 die Decembris, expendi de bove, С lib. — Hem de 
loue, I,X lib. — Hem de carnibus saisis, IIII lib. — Item 
lolagîo de pipe rn ta tu ni speciebus babilis ab apotechario. 
и expendi pro magislro Johauiic cl uno scolari, de ovis 



— 201 — 

superius emplis. Item de caseo, priori et magistris. Item de 
clareya (sic) de apothecario, V quart. — Item de nelis (sic). 
Item emi duos cuniculos, V solidos. Item emi imam per- 
dicem, XVIII den. 

Comedimus panes, 111° ХИН— valent 111 sest. I pal. 
I ochena et oblaciones ecclesie. Bibimus de vino, XXV 
scand. — Item de candelis 1Ш lib. 

Fuimus comestores, CXLV (*). 
Fol. 168 v e . 

Decembris. Item die iovis, XXVI a die Decembris, expendi 
de bove, LXXV lib. — Item de mutone, L lib. — Item de 
carnibus saisis, III lib. — Item in potagio de porris orti 
nostri. Item emi duas perdices, III sol. — Item de mostaria 
pro provisione, XII den. — Item de clayreya et de nellis (**) 
de apothecario. Hem de caseo, priori et magistris. 

Comedimus panes, II e L — valent III sest. et oblacionem 
ecclesie. Bibimus de vino, XXIIII scandai. — Item de can- 
delis, III libres. 

Fuimus comestores, CXLII. 

Fol. 171 v\ 

Summa summarum omnium expensarum tocius meusis 
Decembris predicti. 

Primo, de annona, VI" V sest. III quart. — Item de vino, 
LIX melayrolas, I scand. et médium. Item de carnibus 
rescentibus, IX quintalia, IIII" VI lib. — Item de carnibus 
saisis, I quint. II lib. — Item pro cuniculis et perdicibus et 
pro sinapi pro natale Domini, IX sol. VIII den. — Item pro 
infirmis, III sol. V den. — Item de ovis, LU sol. IX den. — 

(*) A noter qu'une quarantaine d étudiants sont en vacances, 
probablement ceux dont les familles demeuraient le plus près de 
Trets. Malgré cela, une montagne de \ictuailles et de flacons ou 
pots divers s'élève, en l'honneur du jour natal du Seigneur, sur 
les tables du réfectoire pontifical. 

(**) Ve de nellis est barré au-dessus. 



— 202 — 

Item de piscibus, XXXVII sol. I den. — Item de oleo, XXIX 
lib. — Item de candelis, LXXVII lib. I quart. — Item de 
mostaria, XVII den. 

Fuerunt comestores, V m IIII** III. 

Fol. 175 v°. Januarius. 

Januarius (*). Item die lune, VI a die Januarii que fuit fes- 
tum Ephiphanic Domini, expendimus de mutone, LXX lib. 
cum augmente) quod est XXX Hbrarum in dicta summa in- 
clusive. Item de bove, X lib. — Item de carnibus saisis, 
III lib. — Item in potagio de porris orti nostri. Item de 
caseo, priori et magistris. 

Comedimus panes, III e LX — valent III sest. I pal. I cart. 

— Bibimus de vino, XXV scand. — Item de candelis, III lib. 
Fuimus comestores, CL. 

Fol. 185 v\ 

Item die dominica, XXVI я die Januarii, e\pendi de mutone, 
LXII lib. et mediam. Item de carnibus saisis, IIII lib. — Item 
in potagio pro conventu, de porris orti. Item in potagio pro 
priore et magistris, de rapis superius emptis. Item pro herbis, 
infirmis, II den. — Item de caseo priori et magistris. 

Comedimus panes, III e IIII** I — valent IIII sest. III cari. 

— Bibimus de vino, XXI11I. — Item de candelis, II lib. et 
mediam. 

Fuimus comestores, IX" IX (**). 

Fol. 188 y. 

Summa summarum omnium expensarum tocius mensis 
Januarii predicti. 

(*) Le premier janvier, qui est un mercredi, tout se passe 
comme à l'ordinaire, et, à la table du réfectoire, on ne sert qu'un 
peu de bacon. Mais le lundi, С janvier, solennité de l'Epiphanie, on 
fait un petit festin. 

(**) Le chiffre des écoliers se retrouve encore très élevé en cette 
fin de janvier 1365. 



— 203 — 

Primo, de annona, VI" XIII sest. et médium. Hem de 
vino, LX melhayrolas, I scand. — Item de carnibus reseen- 
tibus, X quintalia, LIX lib. et média m. Item de carnibus 
saisis, I quintale, IIII** lib. et mediam. Item pro infirmis, 
VI sol. VI den.— Item de ovis, XL sol. I den.— Item de pis- 
cibus, XLII sol. IIII den. — Item de oleo, XXXIII lib. et 
mediam. Item de candelis, IIII" III lib. et mediam (*). Item 
de potagio, VI sol. H den. 

Fuèrunt comestores, V m III e LXXl. 

Fol. 190 r°. Februarius. 

Februarius. Item die dominica, II* die Februarii, que fuit 
purificatio béate Marie (**), expendi de mutone, LXXVI lib. 
cura augmente quod est XIII lib. in dicta summa inclusive. 

Fol. 199 v\ 

Februarius. Item die iovis, XX e die Februarii, expendi de 
mutone, LXX lib. cum augmente quod est X lib. in dicta 
summa inclusive. Item de carnibus saisis, III lib. — Item in 
potagio de porris orti nostri. Item pro infirmis de borracgis, 
II den. — Item de hedulo pro infirmis, II sol. VI den. — Item 
de caseo priori et magistris. Item pro provisione infirmorum, 
pro tribus gallinis, VII sol (***). 

Coraedimus panes, III e LX — valent IIII sest. et médium. 
Bibimus de vino, XXIII scand. — Item de candelis, H lib. 
et mediam. 

Fuimus comestores, IX х *. 

(*) En été, on usait une demi-livre de chandelles, tandis qu'en 
plein hiver, mention est faite d'environ trois livres, par jour. La 
proportion varie, évidemment, avec les saisons. 

(**) La paroisse de Trels a, pour titulaire, la Purification de la 
Sain te- Vierge. 

(***) Ces derniers prix sont particulièrement élevés en compa- 
raison surtout des cotes du siècle précédent. 



— 204 — 

Fol. 20 î. 

Februarius. Hein die dominica, XXIII e die Februarii, que 
fuit carniprivium (*), expendi de mutone, IIII** XIIU lib. 
cum augmenta. Item de carnibus saisis, IIII lib. — Hem in 
potagio de porris orti noslri. Item pro infirmis, de caprilo, 
III sol. IIII den. — Item de caseo, priori et ma gis tris. 

Gomedimus panes, III e XL — valent IIII sest. I pal. — Bibi- 
mus de vino, XXIIII scandai. — Hem de candelis, III lib. 

Fuimus coinestorcs, IX**. 

Fol. 201 v\ 

Februarii (sic). Item die lune, XXHII» die Februarii, prima 
die quadragesime (**), e\pendi de auratis saisis supra 
emptis. Item pro infirmis, de ovis supra emptis. Item pro 
Bernardo, Gaucelino, Medulione, monachis infirmis, pro una 
gallina, H sol. VIII... 

Hem in potagio de caulibus orti nostri. Item in potagio de 
spiuargiis orti noslri. Hem de oleo, II lib. — Hem de ficubus 
stipra emplis. Item de nucibus supra emptis. Hein pro in- 
firmis aliis scilicet tribus, I gallina supra empta. 

Coinedimus panes, II e LX — valent Ш sest. — Bibimus de 
vino, XXII scandai. 

Item de candelis, Il lib. et mediam. 

Fuimus comestore-î, VIII х * XV. 

(*) Hanc dominicain ante carnes tollendas rocat Missa Mosa- 
rabwn. — Drc.vNGE. 

Un menu trè< copieux fut servi aux convives en ce dernier di- 
manche de gala, avant la fé4e de Pâques. 

(**) Pendant ce carême de 1365 qu'on fit, à Trets, durer 48 jours, 
il y eut maigre complet pour les valides. Aucun aliment gras ne 
parut à leur table depuis le 24 février jusqu'au 13 avril exclusive- 
ment. En faisant la lecture de toute celte première semaine, on 
acquiert la" connaissance des six autres qui la suivent, tant la res- 
semblance du service est parfaite. 

La communauté fut fort éprouvée par ce long jeûne et cette par- 
ticulière abstinence, et, clans l'espace d'un mois, près de 100 places 
d'écoliers furent vacantes au réfectoire. 



г 



— 205 — 

Fol. 202. 

Februarii. Item die martis, XXV e die Februarii, expendi de 
auratis saisis supra emptis. Item pro Bernardo, Gaucelino, 
monachis, pro una gallina, III sol. — Item in potagio de rapis 
supra emptis. Item in potagio de spinargiis orti nostri. Item 
de oleo, II lib. — Item de nucibus supra emptis. Item pro 
infirmis, de cabrito, III sol. 

Comedimus panes, II e L — valent III sest. — Bibimus de 
vino, XXII scandai. — Item de candelis, Il lib. et média ni. 

Fuimus comestores, CLXXV. 

Fol. 202 v\ 

Februarii. Item die mercurii, XXVI я die Februarii, expendi 
de auratis supra emptis. Item emi de piscibus rescentibus, 
II sol. VIII den. — Item pro Gaucelino, Bernardo, monachis 
infirmis, pro una gallina, Il sol. VIII den. — Item pro aliis 
infirmis, de caprito, III sol. — Item in potagio de cisceribus 
supra emptis. Item de oleo, II lib. — Item in potagio de spi- 
nargiis orti nostri. Item de nucibus supra emptis. 

Comedimus panes, CLXXX — valent II sest. et med. — Bi- 
bimus de vino, XXI scand. — Item de candelis, II lib. et med. 

Fuimus comestores, CLXII. 

Fol. 203. 

Februarii. Item die iovis, XXVII e die Februarii, expendi 
de auratis supra emptis. Item in potagio de rapis supra 
emptis. Item pro Bernardo et Gaucelino monachis infirmis, 
pro una gallina, II sol. VIII den. 

Item de oleo, Il lib. — Item in potagio, pro aliis infirmis T 
de spinargiis (*) orti nostri. Item de nucibus supra emptis. 

(*) Les épinanls et les navels constituaient des plats ou des po- 
tages tres-appréciés. Ils étaient servis quelquefois à toute la com- 
munauté, mais bien souvent les épinards étaient réservés aux 
malades et aux maîtres qui en étaient très friands. 

... Spinargia pro yaudio Reliyiosorum 



1 



— 206 — 

Comedimus panes, II e L — valent II sest. I pal. — Bibimus 
de vino, XXI scand. — Item de candelis, II lib. et mediam. 
Fuiraus comestores, CLXI. 

Fol. 203 V. 

Februarii. Item die veneris, XXVIII e die Februarii, expendi 
de auratis supra emptis. Item de piscibus rescentibus, IIII sol. 

— Itéra in potagio de fabis supra emplis. Item pro Bernardo, 
Gaucelino monachis infirmis, pro una gallina, II sol. VI den. 

— Item pro aliis infirmis, de caprito, XVI den. — Item de 
oleo, II lib. et mediam. Item de spinargiis orti nostri, pro 
potagio. Item de nucibus supra emptis. 

Comedimus panes, II e LX — valent III sest. — Bibimus de 
vino, XX scandai. — Item de candelis, H lib. et m éd. 
Fuimus comestores, VIII х *. 

Fol. 20 i. 

Summa summarum expensarum omnium tocius mensis 
Februarii predicti. 

Primo, de annona, CXVI sest. I quart. — Item de vino, 
LIIII mejhayrolas, IIII scand. — Item de carnibus, rescen- 
tibus, IX quintalia, XXXI lib. — Item de carnibus saisis, 
I quintale, XIX lib. — Item pro infirmis, LXI1II sol. VI den. 
— Item de ovis, XLIX sol. II den. — Item de piscibus, XV sol. 
VI den. — Item de oleo, XXXII lib. et med. — Item de can- 
delis, LXX lib. et med. — Item de potagio, II sol. X den. 

Fuimus comestores, V m LXXI1I. 

Fol. 206. Marcius. 

Marcius. Item die sabali, prima die Marcii, expendi de 
auratis saisis superius emplis. Item de piscibus rescentibus, 
III sol. — Item in potagio de rapis supra emptis. Item in 
potagio de leuthis supra emptis. Item de oleo, II lib. — Item 
de alleis, II den. — Item pro Bernardo, Gaucelino, monachis 
infirmis, pro una gallina, II sol. VIII den. — Item pro vigi- 
Jando infirmis, de oleo, II lib. — Item de nucibus supra 
emplis. 



— 207 - 

Comedimus panes, II e XV — valent II sest. et med. — Bi- 
bimus de vino, XXI scand. — Item de candelis, II lib. et 
média m. 

Fuimus comestores, GLX. 

Fol. 206 v\ 

Marcius. Item die dominica, II a die Marcii, expendi de 
auralis supra emplis. Item de mugi) lis saisis superius emptis. 
Item de piscibus rescenlibus, II sol. XI den. — Item de eruga 
pro provisione, VIII den. — Item in potagio de cisceribus 
supra emptis. Item de oleo, II lib. — Item pro Bernardo, 
Gaucelino monachis infirmis, pro una gallina, III sol. — 
Item pro infirmis, de hedulo, II sol. — Item de nucibus supra 
emptis. Item de ficubus emptis. 

Comedimus panes, II e XX — valent II sest. et mediam. 
Bibimus de vino, XXI scand. — Item de candelis, II lib. et 
mediam. 

Fuimus comestores, CLX. 

Fol. 219. 

Marcius. Item die iovis, XXVH a die Marcii, expendi de 
auratis supra emptis. Item de mugillis supra emptis. Item de 
tonina salsata supra empta. Item de pot.igio de fabis supra 
emptis. Item in potagio de spinargiis orti nostri. Item de 
mostaria, II den. — Item de oleo, II lib. — Item de caméra 
magistri Johannis, med. lib. oley. Item pro Johanne domini 
Aslorgii (*), pro una gallina, III sol. — Item de nucibus 
supra emptis. 

Comedimus panes, Vlh* VIII — valent II sest. — Bibimus 

(*) Ce Jean d'Aslorge, dont il est déjà parlé fol. 216 л°, appar- 
tenait, peut-être, à la famille Astorge de Cayraco, ancien recteur 
du collège de Trots (fol. 288). 

Гп Astorge de Petra fut aussi Aiguicr et seigneur de Trets à la 
liu de ce XIV siècle et au siècle suivant. 



— 208 — 

île vino. XII scand. el meilium. Ilem de candelis. I lîb. et 
média m. 

F ni m us comestores, IIII" XVI. 
Fol. 221. 

Ma reins. Item die la ne. oltîma die Marcii. venît dominus 
Astorgius (*) ad castrum de Tritis. Ex pend i de piscibus res- 
centibus, VI sol. XI den. — Item expendi de auratis saisis 
supra emptis. Item de magîllis supra emplis. Item de lonina 
supra empta. Item in potagio de Га bis supra emplis. Item in 
potagio de spinargiis orti nostri. Item de oleo. III lib. — Item 
de nucibus supra emplis. Item pro infirmis. de hedulo, 
XX den. 

Comedimus panes. IX" — valent II sesl. — Hem de pane 
albo ville, pro domino Astorgio. H sol. IX den. — Bibimus de 
\ino, XXI scand. — Hem de eandelis, II lib. 

Fuirnus comestores. С 

(*) L'état sa ni tain; devint de plus en plus mauvais à Trets : 
la diminution tles élèves suivant les classes et mangeant à la table 
commune s'accentue tous les jours. Le mal étrange dont souf- 
fraient écoliers et certain maître effraie le recteur Deodat Jordan. 
Une estafette part pour Avignon. Aussi lût arrive l'inspecteur 
papal. A^torge de Cayraco ouvre une euquête. Des médecins sont 
appelés en consultation (fol. 28 i). La question du transfert du 
Stwlium e t virement débattue. On redouble d'attention pour les 
malades : aucun soin, aucun remède n'est épargné pour leur sou- 
lagement et guérison. En plein carême, même durant la semaine 
sainte, poulets, agneaux, pigeons, chevreaux, légumes recherchés, 
pâtes fines d'apothicaires, mets succulents, pain blanc de la ville, 
fruits exotiques, tout est prodigué aux notes de l'infirmerie du 
Studinm. Mais ce qui leur réussit le mieux fut, lisons-nous dans 
le texte, la série des processions et les riches offrandes de cierges 
en cire, en l'honneur de la Sa in te- Vierge. 

Le médecin interne de la communauté déclare que les nombreux 
infirmes — incensati seu furiosi — paraissaient guéris miraculeu- 
sement par la bienheureuse Vierge Marie : Maria miraculose vide- 
bantur sanari (fol. 287 л°). 



— 209 — 

Fol. 221 1Л 

Su m ma summarum omnium expensaruin locius mensis 
Marcii predieii. 

Primo de annona, LX1X scst. III quart. — Item de vino, 
XLÏI melhayrolas, XI scand. — Item de piscibus roscenli- 
bus (*), CV sol. VIII den. — Item pro infirmis, III lib. XIX 
sol. H den. — Item de oleo, IIII** III lib. III quart. — Item de 
candelis, LX lib. et média m. — Item de potagio, III I sol. X 
den. — Computalo pane domini Astorgii et erugua. 

Fuerunt comestores, IIl m VII c XLVI. 
Fol 223. Aprilis. 

Aprilis. Item die martis, prima die Aprilis, cxpendi de 
auratis supra emplis. Item pro piscibus rcsccntibus, XV sol. 
Item de inugilis supra emplis. Item de tonina salsa supra 
empta. Item in potagio de cisceribus supra emplis. Item in 
potagio de spinargiis orti nos tri. Item de risu, XX den. — 
Item pro infirmis, de hedulo, X den. — Hem de oleo, II lib. 
et média m. Item de nucibus supra emplis. 

Comedimus panes, II e III — valent II sest. — Bibimus de 
vino, XVIII scandai. — Item de pane albo, pro domino 
Astorgio, II sol. IX den. — Item de candelis, III lib. 

Fuimus comestores, С ; fuit dominus Astorgius. 
Fol. 228. 

Aprilis. Item die veneris, XI a die Aprilis que fuit dies 
veneris sancta. Item de tonina salsa supra empta. Item in 
potagio de spinargiis orti nostri. Item de oleo. Item de nu- 
cibus supra emptis (**). 

(*) Poissons frais et huile forment, durant ce mois, une somme 
assez importante. 

(**) Le régime maigre suivi à rétablissement conventuel était 
confortable. Outre des légumes variés et abondants il y avait tous 
les jours du carême deux ou trois espèces de poissons salés ou en 
conserve, et presque tous les jours du poisson frais. Les ligues et 
les noix y remplacent le fromage. Quant aux œufs ils apparaissent 
très-rarement. 

U 



л 



— 210 — 

Comedimus panes, IIII**XVUI — valent I sest. III cart. — 
Bibimus de vino. X scandai. — Item de candelis, I lib. 

Fuimus comestores, llll* x . 
Fol. 229. 

Aprilis. Item die dominica, XIII e die Aprilis, que fuit dies 
Phaca (sic) (*) expendimus de mutone, XXIX lib. — Item 
emi unum bedulum, VIII sol. — Item de carnibus saisis, 
II lib. — Item in potagio de hcrbis orti nostri. 

Comedimus panes, IIII* X XVI11. — valent I sesl. I pal. et 
oblacionem ecclesie. Bibimus de vino,XHII scand. — Item 
de candelis, I lib. 

Fuimus comestores, IIII** VII. 
Fol. 234 v\ 

Aprilis. Item die iovis, XXIIII* die Aprilis, expendi de 
mutone, XXXII lib. — Item de carnibus saisis, II lib. — Item 
pro infirmis, de cabrito, XIIII den. — Item in potagio de 
brodio. Item de caseo, masistris. 

Comedimus panes, II e IX — valent II sest. III cart. — Bi- 
bimus de vino, XIII scandai. — Item de candelis, I lib. 

Fuimus comestores, CXX. 
Fol. 238. 

Summa summarum omnium expensarum tocius mensis 
Aprilis predicti. 

Primo de annona, LXV sest. — Item de vino, XXXI1II me- 
lhayrolas, I scandai. — Item de piscibus rescentibus, XL1X 
sol. VIII den. — Item pro uno hedulo in pascha, VIII sol. — 
Item de carnibus rescentibus, III quintalia, LXXXXVII lib. 
— Item de carnibus saisis, II1I** lib. et mediam. Item pro in- 
firmis, XVIII sol. VIII den. — Item de ovis, X sol. II den. — 
Item de potagio, II sol. IIII den. — Item de oleo, XXXIIII lib. 
et mediam. — Item de candelis, XXXVII libras. 

Fuerunt comestores, II ю IX e LVII. 

(*) On voit que l'agneau traditionnel de Pâques n'est pas 
oublié à la table des écoliers de Trets. 



— 211 — 

Fol. 252. Mayus (*). 

Item die dominica, XXV* die May, expendi de mutone, 
XLVII lib. — Item de carnibus saisis, III lib. — Item in po- 
tagio, de caulibus orti nostri. Item pro infirmis, de hedulo, 
VIII den. — Item de caseo supra empto, pro magistris. 

Comedimus panes, II e XX — valent III sest. I cart. — Bi- 
bimus de vino, XX scandai, et médium. Item de candelis, 
I lib. 

Fuimus comestores, CL. 

Fol. 252 V. 

Mayus. Ilem die lune, XXVl a die, expendi de mutone, XL 
lib. — Item de carnibus saisis, Il lib. — Item pro infirmis, 
unum pullum, X den. — Item in potagio de brodio. Item de 
caseo, magistris, supra empto. 

Comedimus panes, II e X — valent III sest. I pal. — Bibi- 
mus de vino, XIX scandai. — Item de candelis, I lib. 

Fuimus comestores, CXLIX. 

Fol. 253. 

Mayus. Item die martis, XXVII e die May, expendi de mu- 
tone, XLV lib. — Item de carnibus saisis, III lib. — Item pro 
infirmis, de caprito, X den. — Item in potagio de caulibus 
orti nostri. Item de caseo, magistris. 

Comedimus panes, II e X — valent III sest. III cart. — Bi- 
bimus de vino, XX scandai. — Item de candelis, I lib. 

Fuimus comestores, CLII. 
Fol. 253 V. 

Mayus. Item die mercurii, XXVIII e die Maii, expendi de 

(*) Voici la dernière semaine que les écoliers du Studium d'Ur- 
bain V passèrent au Castrum de Trets. Nous la donnons toute en- 
tière et, dorénavant, jusqu'à la fin du manuscrit, le texte sera 
imprimé dans son intégralité absolue. 

Il importe de remarquer ici, qu'en ce mois de mai, il. n'y avait 
presque plus d'étudiants malades à Trets. Au réfectoire, le chiffre 
des commensaux se trouvait monté à 150 ! 



- 212 — 

c^roûbw* saisis, XXII lib. — liera emi de ovis, IÏ1I sol. — 
tUm in potagio de eau lib us orti nostri. Item in potagio, pro 
NM*$i$ftris, de lentibus supra emptis. Item de oleo, mediam 
lib. — Item de allis, IIII den. — Item de caseo supra emplo. 

Comedimus panes, II e XLI — valent III sest. Il cart. — 
Bibimus de vino, XX scandai. — Item de candelis, I lib. 

Fuimus comestores, CL. 

Foi. 254. 

Mayus. Item die iovis, XXIX e die May, expendi de mu- 
tone, XLV lib. — Item de carnibus saisis, III lib. — Item pro 
infirmis, de hedulo, VIII den. — Item in potagio de brodio. 
Item de caseo, priori et magistris. 

Comedimus panes, II e XXVII — valent III sest. I cart. — 
Bibimus de vino, XX scandai. — Item de candelis, 1 lib. 

Fuimus comestores, CXLVIU. 

Fol. 254 v\ 

Mayus. Item die veneris, XXX e die May, expendi de pis- 
cibus, Il sol. VIII den. — Item expendi de ovis, III sol. — 
Item in potagio de herbis orti nostri. Item de oleo, II lib. 
et mediam. Item de oleo pro Iampade, med. lib. 

Comedimus panes, II e XXAV — valent 111 sest. — Bibimus 
de vino, XX scand. — Item de candelis, I lib. 

Fuimus comestores, CXLVIII. 

Fol. 255. 

Mayus. Item die sabati, ultima die May, expendi de ovis 
pro tinello, V sol. — Item in potagio de fabis, supra emptis. 
Item in potagio, pro magistris, de cisceribus supra emptis. 
Hem de oleo, II lib. et med. 

Comedimus panes, II e XL — valent III sest. — Bibimus de 
vino, XX scand. — Item de candelis, I lib. 

Fuimus comestores, CXL. 

Fol. 255 v\ 
Summa summarum omnium expensarum tocius mensis 



— 2*3 — 

« 

May predicli et incl^sa prima die Junii futuri mensis proximi. 

Primo de annona, lll* x XIX scst. MF quart. — hem de 
vino, LI melhayrolas, III scandai. — Item de carnibus res- 
centibus, VII quintalia, XXII lib. — Item de carnibus saisis, 
I quintaie, V lib. — Hem pro infirmis, VII sol. Mil den. — 
Item de ovis, XXXI sol. X den. — Item de piscibus rescen- 
tibus, XXVI sol. — Item de potagio, Mil den. — Item de 
oleo, XXIII lib. — Item de candelis, XXXI lib. et mediam. 

Fuerunt comestores, ПИ» VI e XXVIII (*). 

Fol. 256. 

Junius. Item die dominica, prima die Junii que fuit dies 
Pentecostes, expendi de mutone, LX lib et mediam. Item de 
carnibus saisis, Il lib. — Item in potagio de brodio. Item de 
caseo, priori et magistris. 

Comedimus panes, '1 e XXX — valent II sest. I pal. — Bi- 
bimus de vino, XI I scandai. — Item de candelis, I lib. et 
mediam. 

Fuimus comestores, CXL. 

Fol. 257. 

Sequuntur summe omnium expensarumordinariarum pre- 
dictarum. 

Primo summa universalis annone supradiclc ordinarie 
expense est videlicet MII C LX sest. II oclavas annone. Item 
summa universalis vini expensi ordinaria est videlicet 
Vie XXVII milayrol. VIII scandai, vini et II terc. 

Item pro degusto (sic) V e melhayrol. vini novi per me 
empti, ut in computis provisionum supra lacius continetur, 
tam pro portu tam pro adulhando quam pro semo (sic) et 
pro lia, et computato pro quolibet centenario melhayrole 
videlicet octo melhayrole diminuuntur de supra dicta emp- 
tione vini XL melhayrole quibus additis et inclusis in 

(*) Se lit l'abréviation apro à la marge des folios 238 ; 255 v* ; 
258-258 v» ; 259-259 v«, etc. — Cf. fol. 39 v", note. 



— 214 — 

Mi m ma supra expensa in ordinarïo est çumma totalis vioi 
expeosî et devastati. VI LXVII melhayrol. VIII scandai. 
II tercia. 

Fol. 25 7 v\ 

Item summa га г ni u m rescentiuiu supradictarum expen- 
«arnm onl inaria ni m vide! i cet XXVII mutoneset LXXV quin- 
tal ia. IIII lib. mutonis. precio quintal is, XXX sol. IIII den. 
computando pro libra III den. eu m obolo. Item II quintalia, 

XVII lib. bo\is. precio quint. XXVI sol. computando pro 
libra III den. - valent i и summa in pecunia. exceptis XXII 
mutonibus per doniinum Pet ru m de Areabaudosa traditis, 
dicte carnes mutonis et boviset inclusis LXX1I1I sol. solutis 
pro precio qoinque mutonum videjicet CXX lib. VI sol. 

V den. — valent in florenis del grayle СЫН flor. IX sol. 

V den, со m pu lato floreno pro XV sol. V11I den. 

Item summa pro perdicibus et cuniculis et uno hedulo pro 
festis natalis domini et pachc, videlicet XVII sol. VI den. 

Fol 258. 

Item summa carniuin sa Isa ru m supradictarum emptarum 
in provisione expensa ru m ordinariarum, XXX quintal, 
IIII" IIII lib. 

Ktern summa ex pensa ru m predictarum pro infirmis. tam 
pro gallinis, puJlis et aliis carnibus et berhis, videlicet 

XVIII Jib. XV sol. VIII den. — valent in florenis del graylhe 
ХХ1Ш flor. dcrnptis IIII den. — Itéra summa su rama ru m ex- 
pensarum de ovis, XXI lib. XV sol. IX den. — valent in 
florenis del graylhe XXVII flor. XII sol. IX den. 

Item summa expensa rum ordinariarum piscium rescen- 
tium videlicet XXV lib. IIII sol. XI den, — valent in florenis 
del graylhe XXXII flor. 111 sol. VII den. 

Fol. 258 v\ 

Item summa expensarum supradictarum oley in provi- 
«ionibus, Hic LUI libr. III cartavr. et médium libre. Videlicet 

m 

VII melhayrol. XVIII lib. III quart, et médium libre. 



I 



— 215 — 

Est auleiH sciendum quod XL VIII libre faciunl melhayrol. 

olev. 

Item summa expensarum supradictarum candelarum 
emptarum in provisionibus, videlicet У quintal. XLVII lib. 
III quart. 

Item summa expensarum supradictarum in polagio, сот- 
ри ta ta mostaria, XLI1I sol. VIII den. — valent II flor. XII sol. 
IIII den. 

Item pisces salsati cmpti in provisione sunt expensi, ex- 
ceptis GXX a и rat is et média baril ha de tonina. 

Item summa expensarum supradictarum leguminum emp- 
torum in provisione, XXV sest. I quart, tam de fabis quam 
cisseribus et lentibus. 

Item summa expensarum nue и m emptarum in provisione, 
X sest. et médium. 

Item summa expensarum supradictarum caseorum emplo- 
rum in provisione, VIII quintal. XXXVII lib. et média. 

Fol. 259. 

Item summa expensarum supradictarum salis empti in 
provisione, videlicet XXXVI sest. III carterias. 

Item summa expensarum supradictarum feni empti in 
provisione, IIII" II quintal. 

Item summa expensarum supradictarum ficuum emptorum 
scripta in computis apothecarii, II quint. X libr. 

Item summa expensarum supradictarum civate empte in 
provisione, videlicet IX х * VIII sest. et II partes unius sesterii. 

Item summa omnium coniestoriini supradietorum videlicet, 
LV milia VPXI. 

Fol. 259 v\ 

Item summa universalis su mina ru m omnium supradicta- 
rum provisionum et expensarum ordinariarum in pecunia : 
MIlIIc XXXVI lib. VI sol. IX den. Videlicet MVIII^ ХХХШ 
flor. signo del gravie, IX sol. IX den. 

(Les autres pages sont en blanc). 



— 216 — 

Fol. 263 v\ 

Sequunlur expense extraordinaire per me Deodatum Jor- 
dani camerarium Sancli Andrée fade pro scolaribus et ser- 
vitoribus domini nostri pape in studio de Tritis ; et incepfe 
a die XXX mensis may in antea, anno domini millesimo 
CCC° IX//// 10 , et finiendo anno LX quint о л et die prima 
mensis Junii inclusive ; et die predicla ordinata ut infra 
sequitur de moneta provinciali (*). 

Fol. 264. Expense extraordinarie. 

Mayi (sic). Primo die veneris, XXX e die Mayi, accessi apud 
rastrum de Tritis pro gubernando studium de Tritis, pro 
domino Dostro papa. 

Primo expeodi in itinere, eundo Tritis, ХХНП sol. com- 
putando portum de Novis. 

Item die sabbati, VIII e die Junii, misi dominum Hugonem 
Giraudi pro cambiando aliquos florenos de caméra in florenis 
de cena, Aquis ; expendi, III sol. 

Iem die lune, X a die Junii, posui pro tribus aiols (sic) 
mulo nigro, XII den. 

Item pro corda campa ne cum qua pulsatur ad mensam, 
VI den. 

Summa istius pagine, XXVIII sol. VI den. 

Fol. 261 v\ 

Junius. Item cadein die emi duo vitra, IIII den. 
Item eadem die emi de acutis ad aptandum ianuam stabuli, 
VIII den. 

(*) Le chapitre des impenses extraordinaires est plein de rensei- 
gnements et de profit : chaque page, presque chaque ligne nous 
révèle des faits curieux. Complétant admirablement ce qui a été 
dit au cours des titres antérieurs, il achève de nous informer 
d'une façon détaillée et précise des coutumes, usages, industries, 
etc. de la vie du mo) en-Age. On ne saurait donc trop arrêter l'at- 
tention sur les matières décrites dans ces derniers feuillets. 



— 21? — 

Item die iovis, XIII a die Junii, solvi Alnsaveie uxori 
Thomacii que sletit duobus diebus cum dimidio ad mun- 
dandum ceutum ciste ria bladi, II sol. VIII den. 

Item eadem die solvi Johanni de Alesto basterio, qui apta- 
vit baslos mulorum et pro una forma basti novi, XIIII sol. 

Item die veneris, XIIII a die Junii, emi duo cloquearia de 
cupro ponderantia III lib. III quart, precio pro Hbra, 1111 
sol. — valent XV sol. 

lu» m eadem die^ emi unam vanoam ad inquantum, XXV 
sol. 

Summa istius pagine, LVII sol. VIII den. 

Fol. 265. 

Junius. Item emi unum alium pannum scacatum, 
XVII sol. 

Item emi unum chalonum listatum et unum copertorium 
de linido, XX sol. VIII den. 

Item die sabbati, XV a die Junii, emi a magistro Johanne 
Payrolerii unam mensuram de cupro pro mensurando oleum 
quod expenditur, IIII sol. 

Item dicta die posui pro duobus vrinalibus (sic), XVI den. 

Item eadem die solvi Alasaycie uxori Thomacii que stetit 

V diebus ad interfodendum caules et сера s et ad removendum 
thoras de dicto orto et ad scandandum lentes, dando sibi 
pro dieta, XII don. — valent V sol. 

Item die lune, XVII e Junii, emi de clavis pro uno tabu- 
lario II sol. II den. 
Summa istius pagine, L sol. II den. 

Fol. 265 V. 

Junius. Item eadem die, emi unum crunellum, XX den. — 
Item die martis, XVIII e die Junii, solvi pro duobus circulis 
in duobus broquis, XVI den. 

Item eadem die emi unam cenglam mulo nigro, II sol. 

VI den. 



— 218 — 

Item die merrurii, XIX a die Junii, posui pro uno circulo 
inferrato orti, VIII den. 

Item die XXVIII e Junii, accessi Avinionem pro habendo 
pecuniam et facicndo provisioncs, et pro habendo unum ma- 
gistrum qui erat studio neccssarius, quod steti tara in 
eundo Sallonem, Avinionem et Auraycam pro habendo dic- 
tum magistrum, et steti XIII dicbus ; expendi IX lib. III sol. 
VIII den. — Erant mecum dominus Ludovicus Veteris, Per- 
rinus pistor, Guillelmus de Cadafalco et Johannes de Bivo 
pro . sociando, quia ferebam pecuniam pro faciendo pro- 
visiones. 

Sumina istius pagine, IX lib. IX sol. X den. 

Fol. 266. 

Junius. Item ultima die Junii, que fuit dies domiuica, 
posui pro capsanis et reguis? muli nigri, VIII sol. 

Julius. Item die sabati, VI a die Julii, solvi uxori Thomacii 
que stelit pcr X dies in orlo ad mundandum thoras et ad 
interfodendum cepas et caules, dabam sibi pro die ta, XII den. 
— valent X sol. 

Item eadem die, solvi Bertrando Prime qui stetit in dicto 
orto ad plantandos porros in dioto orto, III sol. 

Item eadem die emi unam amphoram, VIII den. 

Item emi unam ollam terrcam, VIII den. 

Item eadem die, feci ponere unum circulum in uno parvo 
broqueto, solvi UII den. 

Summa istius pagine, XXII sol. VIII den. 

Fol. 266 V. 

Item eadem die solvi magistris Ysnardo Bruni et Petro 
Gavanda[i?]ni medicis de Sancto Maximino, qui venerunt ad 
castrum de Tritis, de mandato magistri Johannis de Fraxino, 
me absente qui eram Avinione pro negociis studii pro in- 
firmilatc quam paciebantur scolarcs qui effîciebantur in- 
maniaci sive inccnsati, ad poncndum remcdium in dicta 



— 219 — 

infirmitate. Diclus magister Johannes dictos medicos quesi- 
tum mandavit. Solvi pro eorum salariis, LX1I sol. VIII den. 
Item solvi pro loquerio duorum ronsinorum dictis medicis, 
pro duobus diebus, XIII sol. 

Item pro expensis famulorum et animalium solvi V sol. 
11 den. 

Item solvi Pelro Aycardi de Tritis pro tribus cordis scu 
tortoreriis et una barderia, VIII sol. III den. 

Summa istius pagine, III I lib. IX sol. 1 den. 

Fol 267. 

Julius. Item die mercurii, X a die Julii, eini unam ollam 
terream, VIII den. 

Item eadem die, solvi Alasaycie uxori Thomacii que stetit 
duobus diebus in orto pro plantando caules et porros, XX 
den. 

Item eadem die, emi rentiim crelos pro computando cum 
una bursa in qua tenebantur, solvi VIII sol. 1III den. — Item 
emi unam lanternam ferream, IX sol. UII den. — Item solvi 
Johanni de Alesto basterio qui repara vit unum bastum et 
posuit formam novam et aptavit unam cellam equorum, 
ХИН sol. 

Item die sabbati, IIII a die Julii, emi unam parvam ollam 
terream pro infîrmis, IIII den. 

Summa istius pagine, ХХХШ1 sol. Mil den. 

Fol. 267 1Л 

Item die mercurii, XVIII e Julii, posui pro duobus urina- 
libus, XVI den. 

Item pro uno cayrello calibis pro securi saumalerii, XII 
den. 

Item eadem die solvi Bertrando Audiberti fabro pro ferra- 
mentis animalium videlieet a die eecunda mensis Junii pre- 
teriti usque ad XX em diem mensis Julii inclusive ac cliam 
pro una secure nova, XXI sol. 



— 220 — 

Item die lune, XXII a (*) die mensis Julii, ivi ad Sanctum 
Maximinum pro emendo vinum et pro quadara questionc 
quam quidam de Valensolia mihi faciebat de mulo ruffo 
qui asserebat esse suum ; expendi, XIHI sol. 

Item die mercurii, XXIIIl a die dicti mensis, solvi pro portu 
CGC cister. annone que emeram a Guillelmo Marnii?eta 
Ravmundo Autriti 9 , XVI sol. VIII den. — Item solvi diversis 
mulieribus pro portu provisions palearum, nam palec 
nichil deoost itérant, quia fucrunt de prioratu. 

Suinma istius pagine, CV sol. 

Fol. 268. 

Juliu». Item die martis, XXX я Julii, solvi domino caméra rio 
Massilie, pro sex cucullis monachorum Massilie, de mandato 
domini Bernardi de Sancto Stepbano, IIII lib. V sol. I1II den. 

Item dicta die emi sex duodenas scutellarum et duas 
cissoriorum do fusta, XXIII sol. VIII den. 

Item pro clavis ad faciendum рог ta m fontis, XVI den. 
Item pro una duodena vitrorum, II sol. — Item dicta die 
pro ligaminibus saccorum, II den. 

Item eadem die solvi tribus mulieribus pro mundando 
bladum que steterunt tribus diebu.*, dabam eis pro dieta 
IX den. cuilibel — valent VI sol. IX den. 

Item die mercurii, ultima die Julii, posui pro tribus cen- 
glonis mulorum, IX den. 

Item pro una gavedeta, XX den. 

Summa istius pagine, VI lib. I sol. VIII den. 

Fol. 268 v\ 

m 

Augustus. Item die iovis, prima die Augusti, locavi Ala- 
sayciam uxorem Thomacii pro interfodendo porros orti 
studii, XVI den. — Item eadem die loquavi unum lioininem 
pro fodendo in dicto orlo, sine victu, II sol. 

(*) Voir fol. 79 v. 



— 221 — 

Item fcci mu tare annouam de uno granerio in alium, 
duabus mulieribus, dedi eis VI don. 

Item die sabbati, III" die Augusti, emi scx cabeliudas pro 
ollis, XVI den. — Item eadem die emi duo repositoria urina- 
lium, XX den. 

Item locavi duas mulieres tribus diebus ad enreslandum 
cepas et ad extraendum dictas cepas, dabam cuilibet XII 
den. — valent VI sol. 

Item emi de scopis, duas lib. et III quart. XXII den. 
Item raisi pro solvendo pecuniam dominum Petrum pro 
vino empto in Sancto Maximino, expendit XX dcu. 

Summa istius pagine, XVI sol. 1III den. 

Fol. 269. 

Augustus. Item die lune, V e die Augusti, locavi Antho- 
nium Eme pro imbugando vasa cellarii in domo claustrali 
et Pétri Capolerii, XVI den. 

Item unam lib. de scopis emi pro penoro, VIII den. 

Item die iovis, VIII e die Augusti, locavi Guillelmum 
Guandi duobus diebus in orto ad fodendum et ad plantan- 
dum caules, dedi pro dieta XII den. — valent II sol. 

Item eadem die, solvi uni mu lie ri que iuvit dictum homi- 
nem, VIII den. 

Item eadem die, emi unum embutum cupreum ponderan- 
tem unam lib. unum quartum et médium, V sol. VI den. 

Item pro duobus picariis terreis, XVI den. 

Item emi de caulibus pro plantando unam tabulam orti, 
solvi III sol. II den. 

Summa istius pagine, XIII1 sol. VIII den. 

Fol. 269 v\ 

Augustus. Item die veneris, IX a die Augusti, locavi 
Garinum de Tritis pro fodendo unam tabulam orti, solvi 
XVI den. 

Item die lune, Xll a die Augusti, solvi magistris Jobanni 



— 222 — 

de Morlacio et Guillelmo de Bal ma fasteriis de Auriolo, et 
raagistro Johanni Gin[r?]ardi fusterio de Gardana, tam pro 
circul s et amarinis vasis necessariis, tam pro aptando vasa 
cellariorum in quibus vina studii fuerunt reposila videlicet 
XI lib. XII sol. VI den. 

Item dicta die feci finale computum eu m Ferando Garini 
apothecario de Tritis, quod a secunda die Junii mensis 
preteriti usque ad XXIX diem dicti mensis Junii assendit, 
apothecaria quam recepi pro scolaribus domini nostri pape, 
quam sibi solvi predicta die videlicet VI lib IIII sol. IX den. 

Item die sabbati, XVII a die Augusti, locavi duos homines 
ad curandum puteum orti quatuor diebus, videlicet Guillel- 
mum Giraudi et eius sororium, dando sibi pro dieta, XVI 
den. — valent X sol. VIII den. 

Summa istius pagine, XVIU lib. IX sol. III den. 

Fol. 270. 

Augustus. llem dicta die Augusti accessi apud Pertusium 
pro habendo unum repetitorem necessarium scolaribus do- 
mini nostri pape, et postea reveni Aquis pro habendo unam 
Htteram a domino senescallo ut baïuius de Sancto Maximino 
non se intromitteret de mulo ruffo studii, nec daret aliquod 
impedimentum, cum quidam bomo de Valansolia dictum 
mulum dicebat esse suum, et tam eundo quam ibidem 
stando et redeundo steti tribus diebus, expendi XXXV sol. 

Item eadem die, locavi duas mulieres pro cerclando porros 
et interfodendo caules, dabam eis pro dieta, X den. — valent 
XX den. 

Item eadem die, posui pro vitiïs quia cyphi erant fracti, 
XVI den. 

Item emi V urinalia precio cuiuslibet, VIII den. — valent 
III sol. IIII den. 

Item solvi pro reppo pro faciendo reponitoria dictorum 
urinalium, XX den. 

Summa istius pagine, XLIII sol. VI den. 



— 223 — 

Fol. 270 v\ 

Augustus. Item die martis, XX a die Augusti, feci finale 
computum cum .Andréa Pascalis, semelatore de Tritis, quod 
a die secunda mensis Maii usque ad présentent diera solvi 
pro sotularibus dominorum Pétri Faunerii?, Pétri de Monte- 
matono, Bernardi pistons, Gaucelini de Cluiolis?,Biasoui de 
Sancto Germano, Hugonis Giraudi, monachorum Marcilie, 
magistri Jobannis de Fraxino, domini Pétri de Aroabaudosn, 
Pétri Aiamani coqui, Johannis Pascalis ortolani, et Joha^nis 
de Rivo clerici, videlicet LI sol. VI den. 

Item die mercurii, XXI a Augusti, emi très ceras, alias 
sarralhas, pro necessitate studii, solvi XI sol. VI den. 

Item die iovis, XXII e Augusti, ivi apud castra de Podio- 
Leberio et de Rosseto pro emendo bladum, et in loco de 
Rosseto rcccpi bladum per me emptum ; expendi II sol. 
VI den. 

Item die veneris, XXIII e Augusti, emi duas sarrias, precio 
IX sol. 

Summa istius pagine, LXXiHI sol, VI den. 

Fol. 27 î. 

Augustus. Item die sabbati, XXIIII 8 die Augusti, emi 
a Guillelmo Marino et Ravmundo Audrici unam botam, 
unam capsam, unam porta m, et duas tabulas pro necessitate 
studii, precio LXUII sol. — Item emi de accutis pro ianua 
fontis, H sol. II 1 1 den. 

Item dicta die, solvi pro portu VIHl xx sestaria (sic) bladi, 
VI sol. VI den. 

Summa istius pagine, LXXII sol. X den. 

Fol. 171 v\ 

Septembres (sic). Item die mercurii, HII a die Septembris, 
feci aptare unam culcitramet unum matalacium uxori Mosse 
Judea, solvi sibi XVI den. 

Item emi duos canonos sive encas (sic) pro vasis, V den. 



— 22i — 

Item die veneris, sexta die Septembris, solvi magistro 
Johanni Manganelle fusterio pro salario suo, qui stetit 
duohus diebus eu m dîmidio, pro studio, ad facieodum ras- 
tellos ubi reponatur panis et ad aptandum scaona lioelli 
videlicet XI sol. 

Item pro portu VII" III mellayrolas, I scandai, vini de 
Saneto Maximino, precio cuiuslibct mellayrole vini, II sol. 
X den. — solvi Anthonio Botini et Moneto Ghabaudi, XX lib. 
V sol. X den. I ob. [obolum]. Item pro porlu НИ sest. de 
fabis, II sest. lenticularum, solvi dicto Anthonio Botini, VI sol. 

Summa istius pagioe, XXI lib. IIII sol VII den. obol. 

Fol. 272. 

Septembris. Item die sabbati, VII e die Seplembiïs, solvi 
Petro Visquerie et Guillelmo Honda et Andrée Fornerio qui 
steteruot per très dies in orto ad fodenduin et ronpendum 
quamdam parte m orti, dabam euilibet pro dieta, H sol. — 
valent XVIII sol. 

Item die lune, IX a die Septembris, accessi Aviuioneni pro 
babendo pecuniam pro provisiouibus vini faciendis; expeudi 
tam eundo quam Aviuione morando et redeundo pro oclo 
diebus, LXXII sol. 

Item emi Avinione II longerias magnas et 1111 er manutergia 
necessaria studio, solvi XXXIII sol. 

Ilem emi XII c,m scutellas, XII clm graletos, II platellos, duas 
pilalphas magnas, III fialas su aygaderias de stagno ponde- 
rantia LVIII marcos, VII uncias, solvi pro quolibet marco 
XXII den. — valent V lib. VII sol. IX den. 

Summa istius pagine, XI lib. X sol. IX den. 

Fol. 272 v°. 

Septembris. Item die martis, X a die Septembris, solvi 
Petro Visquerie et Guillelmo Houde qui steterunt in orto pro 
rumpendo petras, videlicet Petrus Visquerie per très dies et 
dictus Guillelmus per duos dies, dando sibi pro dieta XX den . 
— valent VIII sol. IIII den. 



— 285 — 

Item eadem die, posui pro un a ochena in grana spinar- 
giorum pro seminando in orto, XII den. — Item pro grana 
pclrocilli, II1I den. 

Item die veneris, XIII a die Septembris, solvi Alasaycie Ce- 
pete que mundifîcavit mapas hospicii, XX den. — Item eadem 
die, solvi Biatrici de Trieuas et Cecilie Boysete que steterunt 
per duos dies ad interfodendum caules in orto et porros ; 
dabam eis, pro dieta, X den. — valent III sol. IIII den. 

Item die lune, XVI й die Septembris, locavi Garinum Toardi 
pro imbugando vasa et rasclando in cellario Pétri Capolerii, 
solvi sibi XVI den. 

Summa istius pagine, XVI sol. 

Fol. 273. 

Septembris. Item die martis, XVII e die Septembris, locavi 
Raymundum Guis et unum pue ru m pro lavando et vushu- 
lando vasa cellarii Pétri Capolerii, quibus dedi II sol. VIII 
den. 

Item die iovis, XIX e die Septembris, emi unam amphoram, 
XX den. 

Item pro vitris, VIII den. 

Item eadem die, conveni cum Thomacio Cotheti apsfhat 
(sic) pro removendo duas claperias et restringendo alios 
lapides qui in diclo orto erant, pro quo solvi sibi XVIIIÏ sol. 
II den. 

Item posui pro ligaminibus in saccis, IIII den. 

Item die predicta solvi Beatrici de Trieuas et Cecilie 
Boysete pro duobus diebus que steterunt pro mundando 
bladum, pro expensis hospicii; dabam eis, pro dietn, X den. 
— valent III sol. IIII den. 

Summa istius pagine, XXVI sol. X den. 

Fol 273 V. 

Septembris. Item die veneris, XX a die Septembris, tradidi 
de mandato domini Bernardi de Sancto Stephano, pro ves- 
tiario, de anno domini millesimo CCC° LXIII , videlicet do- 



— 226 — 

mino Petro S[F?]aunerii, II cannasde panno alto. Item domino 
Petro de Monmatono, H cannas, I pal mu m. Item Berna rdo 
pistoris, XIII palmos, precio cuiuslibet canne, XXXII sol. — 
Item Gaucelino de Cliuolis, XII palmos blanqueti. Item 
Brasono de Sancto Germano, XII palmos. Item Guillelmo 
Regordi, XII palmos blanqueti, monachis Sancti Victoris, 
precio cuiuslibet canne, XXVIII sol. VI den. — valent XV lib. 
X sol. III den. 

Item pro facturis cotardiarum dominornm P. Saunerii, 
Pétri de Monmatono,, Bernardi pistoris, Brasoni, Guillelmi 
Regordi et Gaucelini monachorum, solvi sutori XX sol. 

Summa istius pagine, XVI lib. X sol. III den. 

Fol. 274. 

Septembris. Item die mcrcurii, XXV a die Septembris, solvi 
Bertrando Audubcrti fabro pro ferraturis animalium, vide- 
licet a die XXI e mensis Julii usque ad XXVIU am mensis Sep- 
tembris, XX sol. 

Item eadem die, solvi eidem Bertrando pro ferrando duas 
fenestras in tincllo et coquina de cladato ferri, ne scolares 
per predictas fenestras possent intrare nec exire, XXII sol. 

Item eadem die, solvi eidem fabro pro duobus anellis de 
ferro positis in duobus ushetis, XVI den. 

Item die iovis feci a p tare saccos uxori Thomacii, solvi sibi 
pro filo et labore suo, XVI den. 

Summa istius pagine, XLII1I sol. VIII den. 

Fol. 274 v\ 

Septembris. Item die lune, ultima die Septembris, posui 
pro una sengla minuta mulo nigro, H sol. — Item eadem die 
misi dominum Petrum de Areabaudosa in Sancto Maximino 
pro emendo vinum pro provisione, cum ronsino, expendit 
Ш1 sol. 

Item eadem die predicta, solvi pro anno domini millesimo 
CCC° LXIIII et de solucione Sancti Micaëlis proximi prête- 



— 227 — 

rili, pro vestinrio dominis Petro Saunerii, Petro de Monma- 
tono, Gaucelino de Cliuolis, Bernardo pistoris, Brezono, 
Guillelmo Regordi, mouachis Marcilie, videlicet cuilibet, 
VI fl. — valent XXVJ1I Hb. XVI sol. 

Item expendi de mandata domini mei domini Bernardi de 
Sancto Stephano, in repara tionibus hospiciorum et ecclesie 
prioratus de Tritis, quia dominus Bernardus Guidonis, olim 
rector studii de Tritis receperat pro repara tione dictorum 
hospiciorum et ecclesie, videlicet XLV flor. a Bertrando 
Besauduni (*) ; solvi pro dictis reparationibus factis Jacobo 
Teulerii, Guillelmo Ricordi, Johanni Manganelle, Stephano 
Pilibonis, Stephano Castellani, Raymundo Bosse, Giperio de 
Auriolc, Guillelmo Templi, videlicet LU flor. et médium et 
ultra — valent XLll lib. 

Summa istius pagine, LXXI lib. II sol. 

Fol. 275. 

Octobris (sic). Item die veneris, llll a aie Octobris, solvi di- 
versis mulieribus pro portu II e XXV sest. et médium, compu- 
tando pro quolibet sestario I obolum — valent X sol. III den. 

Item dicta die, computavi cum Andréa Pascalis semella- 
tore, solvi pro sotularibus magistrorum Johannis de Fraximo 
(sic), Liuini medici, Pétri Massabonis, VI monachorum, Pétri 
Alamanni coqui, domini Pétri de Areabaudosa et domini 
Ludovici qui stetit in cellario, videlicet XLIIII sol. IIII den. 

Item die sabbati, V a die Octobris, solvi Raimundo Guis 
ргц tribus diebus quos steterat ad fodendum et ad aportan- 
dum unam botam vini de domo Rebolli, et aliam de domo 
Broquerii, dabam sibi, pro dieta, XX den. — valent V sol. 

(*) Ce Bertrand Besaudun peut, vraisemblablement, être l'ancien 
chanoine de Toulon, devenu, sous le Pape français Clément VI, 
archevêque de Gênes. Né dans une de ses terres de Saint-Maximin, 
d'après VItalia sacra, il avait, à Trets, des possessions territoriales. 
Sa nièce, Bonifacette Bcsaudun, s'était mariée à un d'Agout de 
Roquefeuil — Trets. — Cf. Les seigneurs de Trets. p. 152. 



— 228 — 

Кош die mercurii, IX" die Octobris, conclu» Guillelmum 
Girardi qui stclil duobus diebus pro refodendo et semînando 
duns tabulas orli de spinargiis, dabam sibi, pro dicta, XVI 
don, — valent H sol. XIII den. 

Summa istius pagine, LXII sol. III den. 
Fol. 275 V. 

Oclobris. Item die lune, X1III* die Octobris, erai unam 
palara ferream, V sol. 

Item eadein die, erai unum cabatium, XX den. 

Item eadem die, erai unutn seponnm cnm clavo in porta 
coquine. 

Item die iovis, XVI» Octobris, conduxi Guillelmum Girardi 
pro inlerfodendo caules et cerclando et fodendo in orto, et 
stetit duobus diebus ; dabam sibi, pro dicta, X11II den. — 
valent II sol. IT 11 den. 

Item posui pro uno pergameno ad facietidum accidentia 
in generali, XVIII den. 

Item die lune, XXI* die Octobris, emi unura morterium a 
Raimundo Audrici, X sol. 

Item eadem die, solvi pro duobus pergainenis (*) ad seri- 
bendum accidentia in lalîno et roraanlio pro scolaribus, 
XVIII den. 

Summa istius pagine, XXII1I sol. 
■ Fol. 276. 

Octobris. Item eadem die, solvi Pelro С lia u dey qui sletit 
in nemore pro sindeudo ligna duobus diebus, III sol. IHIden. 

Item eadem die, solvi pro una olla lerrea, II den. 

Item pro llIl or senglonis pro bastis raulorum, XII den. 

Item eadem die posui pro una lampade, XII den. 

Item die martis, XXIX e Octobris, solvi Petro Aycardi eor- 

rio pro duobus cabeslris mulorum, III sol. 1111 den. 

Item pro una libra et média de slopis, XV den. 

") Parchemin et annales utiles autant que 



— 229 — 

Item dicla die solvi Hugoni Cayrane qui stetit in orto una 
die ad refodendum caules, II sol. 

Item dicta die solvi Boysiete masclese ad reclaudendum 
caules et mundandum bladum, II sol. 

Item pro uno palmo de fustan. pro domino Petro de Mon- 
matono, infirmis, pro uno amplastro, XII den. 

Item eadem die solvi Guillelmo Borgonhoni pro se et 
animali suo qui ivit quesitum Marcilie cucullas monachorum 
et cortadias, VIII sol. 

Su m ma istius pagine, XXIII sol. I den. 

Fol. 276 V. 

Novembris (sic). Item prima die Novembris, que fuit dies 
veneris, collocavi hospicium Pétri Gapolerii pro comorandis 
scolaribus domini nostri pape quia nimis morabantur stricte 
in aliis hospiciis, cum penore et vasis capasibus nec (sic) 
milhayrol. vini a Bertrando Gapolerii de Tritis, precio XXII1I 
flor. ad unum annum continuum et completum — valent 
XIX lib. IIIl sol. 

Item die iovis, VI e die Novembris, conduxi duos homines 
ad curandum cellarium, dedi eis II sol. VIII den. 

Item eadem die, emi VII lem banastonos et duas banastas 
magnas pro pane in tinello ad porta ndum, et unum canistrum, 
XIII sol. VIII den. 

Item emi unam palam de ferro, III sol. 1III den. 

Item pro duobus squillonis de métallo mulis, II sol. VII 
den. 

Item pro uno cannono ferri embuti penorum, III sol. IIH 
den. 

Item pro uno cabatio magno, II sol. 

Item eadem die, solvi Thomacio qui curavit cameram 
graneriorum, XVI den. 

Surama istius pagine, XX lib. XIX sol. 

Fol. 277. 
Novembris. Item die martis, XIl a die Novembris, posui 



— 230 — 

pro IIII or crucibolis ad tenendum ta m in coquin;» i|iiain in 
tinello, despensa, pistoria, coslitcrunt XVI sol. 

Item solvi Guillelmo Borgonhoni pro portu unius saumale 
fubarum de Saticlo Maximirib, III sol. IIII den. 

Hem pro uno quartayrono de pcga, II dcn. 

Item pro iina libra de stopis, VIII dcn. 

Item conduxi Alasayciam, uxorem Thomaeii et uxorem 
coqui ad mundandum btadiim, dedi eis II sol. 

Item expendi pro faciendo pnhnipurgium ta m scolarium 
quant hospicii a die XV* mensis Auguslî usque ad diem XV an > 
tnensis Novembris sequenlis, solvi Alaele, Cepete, Mone, 
XXXI sol. VIII den. 

Siininia istius pagine, XLIII sol. X den. 

Fol. 277 V. 

Item die iovis, XXI e Novembris, solvi Alasaycie uxori 
Thomaeii et Mone uxori coqui pro duobus diebus que inun- 
daverunt bladum, dedi eis IIII sol. 

Item eadem die conduxi Johannem Bauasterii pro portando 
vmum emptum in villa de Tritis ad bospicîuni, dedi ei 11 sol. 

Item solvi Anthonio Germa ni qui perfora vit bospicium 
Pelri Capolcrii, XVI den. 

Ilem die lune, XXV e Novembris, solvi Thoinalio Cotheli 
qui portavil vinum d.: domo ltcbolli ad hospicium de claus- 
tra, pro una die, II sol. VI den. 

Item dicta die solvi uxori Âycardenis que nshulavit unam 
botam, VI den. 

Ilem eadem die pusuî pro dunbus ollis terreîs, XVI den. 

Sumnia islius pagine, XI sol. VIII dcn. 

c -' 278. 

3ID die inercurii, XXVII 1 Novembris, accessi Aviuiouem 
quercudo pecuniam cl pro scîendo si scolarcs sol vent 
Qor. pro introitu, quia volebant recederc. Expeudi pro 
;in diebus in eundo, slando Avinionem et redeundo 



— 231 — 

Tritis computando pro qualibet die XV sol. — valent VI lib. 
XVden. 

Item erai Avinione très sa r rai ha s quia magister Johannes 
voluit ut in quolibet hospicio esset una sarratura, ne panni 
scolarium perderentur, solvi XX sol. 

Item eadem die solvi pro loquerio hospicii Jacobi de Gran- 
seleriis quod tenent scolares domini nostri pape, IX lib. 
XVIII sol. Xden. 

Summa istius pagine, XVII lib. I den. 

Fol. 278 V. 

Decembris (sic). Item die martis, Hl a die Decembris, con- 
duxi Alasayciam uxorem Thomacii et uxorem coqui per 
duos dies ad mundandum bladum, IIII sol. 

Item die lune, IX a die Decembris, posui pro uno palmo de 
tela pro uno scolari in fi rm о pro faciendo emplastrum, VI den. 

Item dicta die solvi Thomacio Ghoteti qui stetit per quin- 
que dies, dabam sibi pro dieta XVI den., ad curandum cur- 
tem et stabulos, VI sol. VI den. 

Item die veneris, XIII e Decembris, misi dominum Petrum in 
Sancto Maximino pro emendo XII cilD porcos, expendit II sol. 

Item dicta die emi IIIÏ or XII nae scutellarum et IIII or cissoria; 
deconstiterunt (sic) ХШ sol. VI den. 

Item die sabati, XHII a die Decembris, emi unum sestarium 
de glandis porcis, costitit II sol. — Item solvi pro ligando 
très cyphos VIII den. 

Summa istius pagine, XXIX sol. II den. 

Foi. 279. 

Decembris. Item pro clavis serraturis, XV den. 

Item eadem die emi a Johanne banasterio unam banastam 
et unum canistrum ad tenendum scutellas et cissoria in 
coquina, IIII sol. 

Item die lune, XVI a die Decembris, conduxi Anthonium 
Germani et Guillelmum Guis ad interficiendum porcos et 



— 232 — 

salandum, tenui eos duobus diebus ; dabam cuilibet pro 
dieta II sol. — valent VIII sol. 

Item eadem die conduxi Thomaciura Cotheti duobus diebus 
ad tritandum sal dictorum porcorum ; habuit II sol. VIII den. 

Item die marlis, XVH a die Decembris, solvi uxoriGuillelmi 
Guis et Mone uxori coqui pro duobus diebus que steterunt 
ad lavandum tripas et facieudum trulos dictorum porcorum, 
habuerunt IIII sol. 

Item eadem die, computavi cura Bertrando Auduberti 
manescallo et facto finali computo de ferrando et referra ndo 
animalia a die XXVIII 8 Septembris usque ad ha ne diem, solvi 
dicto Bertrando XX1III sol. 

Summa islius pagine, XLIII sol. XI den. 

Fol. 279 v\ 

Decembris. Item die iovis, XIX a Decembris, conduxi Guil- 
lelmum Chaudoyni et Thomaciuin Cotheti ad portandum 
viuum emptum, XX metretas Alasaycie Gapolerie, ad hos- 
picium, et ad girandum fimum in suelha orti pro dicto orto; 
tenui eos duobus diebus ; dabam eis pro dieta XVI den. — 
valent V sol. IIII den. 

Item die sabati, XXI a Decembris, solvi Anthonio Germani 
pro remeirendo bacon os, duobus vicibus, II sol. VIII den. 

Item eadem die solvi Guillelmo Chaudoyni pro sindendo 
ligna, VI den. 

Item dicta die solvi pro duabus cellis ad radendurascolares, 
XX den. 

Item die. p redicta solvi Johanni de Alesto basterio de Tritis 
pro repara tione unius basti, X sol. 

Summa istius pagine, XXI sol. 

Fol. 280. 

Januarii (sic). Item die lune, VI e die Januarii, emi unam 
libram de stopis pro usholando vasa, VIII den. 

Item eadem die conduxi Guillelmum Balbi ad fodendum 
in orto, XVI den. 



— 233 — 

Item eadem die emi de paleis (*) ad poncndum in tinello 
et auditoribus scolarium, V sol. 

Item eadem die emi très iauras ad tenendum oleum pro 
expensis hospicii, XXII sol. 

Item die martis, VII* die Januarii, feci aptare bastum muli 
nigri et ponere unam formam novam, et duodecim libras de 
borra, solvi XV sol. VI den. 

Item die veneris, X* die Januarii, solvi Anthonio Germani 
pro remenando baconos duobus vicibus, II sol. 

Item eadem die conduxi Guillielmum Balbi ad fodendum 
unam tabulam in orto et ad aptandum ianuam hospicii 
Jacobi de Granselleriis ut non intraret pluvia in auditorio, 
XVI den. 

Summa istius pagine, XLVI1 sol. X den. 

Fol. 280 v\ 

Januarius. Item eadem die computavi cum Andréa Pascalis 
semellatore a die IIII a mensis Octobris preteriti usque ad 
ha ne présentera diem, facto finali coinputo tum pro sotu- 
laribus magistri Johannis, magistri Liuini, Pétri Massabonis, 
Giraudi Charelli, domini Durandi, domini Pétri de Areabau- 
dosa, videlicet pro decem paribus sotularium predictorum 
solvi dicto Andrée Pascalis, XXXIII sol. II1I den. 

Item die lune, XIII e die Januari, emi de tela HI[° r cannas, 
pro faciendo saccos, XVI sol. IX den. 

Item solvi uxori coqui pro faciendo saccos, II sol. I1II den. 

Item die martis, XIIH a die Januarii, posui pro vitris et 
una lampade, XI sol. IIII den. 

(*) Toutes les informations de ces lignes sentent et respirent la 
froidure. Au cœur de l'hiver, en effet, les portes sont bien fermées 
et un chaud tapis de paille est épandu au réfectoire ainsi que dans 
les salles et classes du Studium. De la forêt on apporte du bois ; 
aux pieds des professeurs et des élèves apparaissent des chaus- 
sures neuves ; quant à la cuisine, une odeur de porc rôti l'envi- 
ronne et l'imprègne. " 



— 234 — 

Item pro una cella de fusta et duobas taulonis, II sol. 

Item die iovis, XVI e die Januarii, solvi Mone uxori coqui 
et Alaete uxori Thomacîi pro UH 01 " iornalibus, pro mundando 
bladum, JIU sol. 

Item solvi dicte Mone uxori coqui pro aptando XXXV 
saccos et facieodum unum bamtellam. I1II sol. 

Summa istius pagine, LXXI1II sol. IX den. 

Fol. 281. 

Januarii (sic). Item die martis, XXI* die Januarii, emi de 
postibas 1111°*" pro faciendo unum pestrim, XL sol. 

Item pro clavellis pro dicto pistorio, II sol. 

Item solvi magistro Johann i Manganelle pro facturis, 
V1U sol. IX den. 

Item solvi pro uno quarlayrono canapis pro fiiando repu m, 
VIII den. 

Item die rocrcurii,XXII a die Januarii, posui pro duabus tor- 
toreriis et tribus aiois (sic), pro animalibus, V sol. MI den. 

Item die iovis, XXIII e die Januarii, emi duos tabula nos 
pro mensis tinelli, XVI den. 

Item emi septem tabulas ubi reponatur panis in despensa, 
XVII soi. 

Item solvi uni mulieri et uxori coqui pro mundando bla- 
dum, II sol. 

Item solvi Johanni de Alesto basterio pro XII clm libris 
borre et rebatre bastum et aptando formam et pro una 
layderia in dicto basto, VI sol. XI den. 

Summa istius pagine, 1III lib. IIII sol. 111 den. 

Fol. 281 V. 

Fcbroarius. Item die martis, IIII a die Febroarii, solvi pro 
duabus trabis pro panateria, XII sol. 

Item pro clavellis pro predicta panateria, XVI sol. 

Item pro facturis dicte panaterie magistris Johanni et 
Stephano Tasilli, Vil sol. 



— 235 — 

Item sol vi Alaete Thomasseet alteri mu lie ri que cercla- 
verunt spinargia, II sol. 

Item solvi eadem die pro CL scutellis, XXXII sol. 

Item pro LXXIIII cissoriis, XII sol. 

Item solvi eadem die pro lignis, II sol. — Item pro grana 
porrati, XVII den. 

Item die iovis, VI a die Febroarii, expendi pro* una sarra- 
tura cum clave capse ubi tenentur candele, VII sol. 

Item pro IIII C clavellis pro nécessita te studii, VI sol. 
VIII den. 

Summa istius pagine, II1I lib. III sol. V den. 

Fol. 282. 

Item die sabbati, VIII a die Febroarii, emi unam ollam 
terream pro infirmis, VIII den. 

Item pro grana spinargiorum ad seminandum, II sol. 

Item pro grana lactucarum, II den. 

Item pro corda fontis, Il sol. 

Item pro grana cucurbitarum, VIII den. 

Item pro mundando bladum in Podionerio, solvi matri 
domini Anlhonii que dictum bladum mundavit, II sol. VI den. 

Item die lune, X a die Febroarii, emi XXIII urinalia, XV 
sol. IIII den. 

Item eadem die solvi Guillelmo Blancardi moynerio, pro 
multura bladi, V libras, XII sol. 

Item emi IIII or ollas terreas pro infirmis, XIIII den. 

Item emi de pane albo pro Bernardo et Gaucelino mona- 
chis, II II den. 

Summa istius pagine, VI lib. XVI sol. X den. 

Fol. 282 1Л 

Febroarius. Item die martis, XI a die Febroarii, posui pro 
milgranis IIII or infirmis, VIII den. 

Item pro XIII clm broquetis et duobus barra lis magnis, solvi 
magistro Hugoni Domicelli, XXXIX sol. IIII den. 



— 236 - 

Item tenui duos homines ad fodendum ia orto, solvi eis 
VI sol. 

Item die iovis, XIII e die Febroarii, solvi magistro Johanni 
Payrolerii pro uno scalfatorio et aptando unam conquam 
coquine, XXXII sol. 

Summa istius pagine, LXXVIII sol. 

Fol. 283. 

Marcius. Item die iovis, VI 1 die Marcii, emi très cellas 
perfora tas pro infirmis, III sol. 

Item eadem die solvi duobus hominibus qui steterunt pro 
plantando eau les et refodendum dictum ortum, IUI sol. 

Item pro II cloqueariis, IIII den. 

Item pro una olla infirmorum, X den. 

Item die lune, X a die Marcii, misi Johannem de Rivo Avi- 
nionem cum una lilera, ad sciendo (sic) cum domino raeo 
Thesaurario et cum domino meo Bernardo de Sancto Stephano 
si infirmis provideretur ex integro, tradidi ci pro salario et 
expensis XVI sol. 

Item die sabbati, XV* die Marcii, solvi Johanni Pascalis 
pro fodendo ortum, duobus diebus, IIII sol. 

Item eadem die, emi de fimo pro ponendo in tabula cepa- 
rum, in orto, IIII sol. 

Summa istius pagine, XXXII sol. Il den. 

Fol. 283 V. 

Marcius. Item die veneris, XXI a Marcii, conduxi Johannem 
Pascalis pro fodendo in orto, stetit duobus diebus, solvi 
IIII sol. 

Item eadem die emi de cepis a Raimundo Borgondionis 
pro plantando in orto, VI sol. 

Item eadem die conduxi Johannem Ghaudoyni pro fodendo 
ortum, duobus diebus, solvi IIII sol. 

Item die lune, XXHII a Marcii, emi de limo pro caulibus, 
IIII sol. 



— 237 — 

Item die iovis, XXVII e die Marcii, conduxi Johannem 
Pascalis pro sindendo ligna in riemore, stetil duobus diebus, 
solvi IUI sol. 

Item eadem die, conduxi 1res mulieres ad cerclandum in 
orto, solvi eis II sol. 

Summa istius pagine, XXIIII sol. 

Fol. 284. 

m 

Aprilis. Item die martis, prima die Aprilis, conduxi duos 
bomincs ad fodendum ortum, dedi eis IIIT sol. 

Item die sabbati, IIII a die Aprilis, conduxi unum hominem 
ad vertendum fimum in suelha, dedi ei XXII den. 

Item eadem die emi duas palas fusteas, II sol. 1III den. 

Item eadem die emi de grana caulum, X den. 

Item die mercurii, VIII a die Aprilis, posui pro quinque 
vitris, X den. 

Item die predicta Aprilis emi octo aioas (?) pro roulis, 
II sol. VIII den. 

Item emi mediam libram de stopis, HII den. 

Item eadem die, solvi magistro Ysnardo Bruni medico de 
Sancto Maximino qui de mandato domini Astorgii venit ad 
castrum de Tritis ut consultaret cum eo quare in fi rmi ta les 
scolarium processerunt, solvi, de voluntate domini Astorgii, 
XVI sol. 

Summa istius pagine, XXVIII sol. X den. 

Fol. 284 1Л 

Aprilis. Item die mercurii, II a die Aprilis, recessi apud 
Avinionem cum domino Astorgio de Cayraco, de mandato 
domini nostri Thesaurarii, et de eius mandato transivimus 
per Pertusium et per Sanctum Romigium, ad videndura si 
dicta loca erant ydonea pro studio domini nostri pape quod 
erat Tritis, quia volebat quod permuta retur, et feci expensas 
dicto domino Astorgio in itinere cum IIII or animalibus suis, 
qui dominus Astorgius erat Tritis, et pro me, pro duobus- 
animalibus, ut infra sequitur. 



— 238 — 

Primo expendi dicto die pro predictis, Aquis, in prandio, 
XXVIII sol. 

Item eadem die, expendi in portu Pertusii, VII sol. 

Item in cena nichil expendi in Pertusio quia eramus in 
hospicio domini abbatis Montis-maioris. 

Item die veneris, IHI* die Aprilis, expendi in portu Cada- 
neti, VI sol. 

Item dicta die expendi in cena in Maft morte, XX soi. 
VI den. 

Item die sabati, V я die Aprilis, expendi in Sancto Romegio 
in prandio, XXX sol. monete provincialis. 

Item eadem die, expendi in portu Castri-Raynaldi, VI sol. 

Item dicta die expendi in cena, Avinione, pro me et duobus 
animalibus, et postea non feci expensas dicto domino 
Astorgio, IX sol. provincialis (sic). 

Fol. 285. 

Item die dominica, Vl a die Aprilis, et die lune et die 
martis sequentibus steti Avinione ; expendi, pro me et duobus 
animalibus, XLV sol. monete provincialis. 

Item die mercurii, IX e die Aprilis, recessi de Avinione 
Tritis ; expendi in itinere, XXIIII sol. 

Summa huius pagine et precedentis, videlicet VIII lib. 
XV sol. VI den. 

Foi 285 V. 

Madius. Item die iovis, prima die Madii, emi unam sen- 
glam mulo nigro, XVI den . 

Item pro aptando carreriam fontis, VIII den. 

Item die predicta emi V vitra, X den. 

Item die sabbati, IIII a die Madii, solvi, de mandato domini 
Thesaurarii et domini Bernardi de Sancto Stephano, Petro 
Olivarii offîciali Aquensi, de tempore quo dominus Berna r- 
dus Guidonis rectorstudii olim regebat beneficium prioratus 
de Tritis pro domino nostro papa, deciraam impositam 
per dominum nostrum papam de anno domini millesimo 



— 239 — 

CCG° LXIH° , qui dictus dominus Bernardus recepit fructus 
dicti prioratus pro domino nostro papa : que décima ascendit 

XV lib. 

Item expenditlatorpredicte pecunie, quando solvit dictam 
pecuniam, II sol. 

Summa istius pagine, XV lib. IHl sol. X den. 

Fol. 286. 

Madius. Item die iovis, VHI a die Madii, emi octo londerias 
et IIII or ligamina pro ligando trocellas quas misi apud Man- 
noscam, XV sol. VIII den. 

Item eadem die solvi domino Hugoni Girardi quem misi 
ad Sanctum Maximinum pro vendendo vinum, expeudit 

XVI den. 

Item die sabati, X e die Madii, solvi de manda to domini 
mei domini Bernardi de Sancto Stephano, ut patet per suam 
literam, magistro Johanni Manganelle apothecario, videlicet 
de tempore quo dominus Bernardus Guidonis et Pctrus de 
Areabaudosa rexerunt studium de Tritis, scilicet tam pro 
speeiaria quam etiam pro rébus medicinalibus acceptis tem- 
pore quo dicti dominus Bernardus Guidonis et Petrus de 
Areabaudosa dictum studium gubernabant, videlicet XXIII 
lib. UII sol. VI den. 

Summa istius pagine, XXIIII lib. XVIII den. 

Fol. 286 v°. 

Madius. Item XI a die Madii, que fuit dies dominica, emi 
IX vitra, XVIII den. 

Item die iovis, XV a die Madii, solvi Ferando Garini apo- 
thecario de Tritis pro in fi r mi ta te Pétri Audrici scolaris 
gratie domini nostri pape, de rébus medicinalibus, IX sol. 
VI den. 

Item die lune, XXIX e mensis Madii, conduxi duos homines 
pro mensurando farinam que resta bat Tritis, II sol. VIII den. 

Item die sabbati, ultimo die Madii, solvi Bertrando Таг- 



— 240 — 

dini manescallo de Tritis pro ferrando mulos et roncinos (*), 
bic quod facto finali computo solvi a die XVII a Decembris 
usque ad ha ne presentem diem, videlicet XXXIII sol. 

Item dicta die, coraputavi cum Andréa Pascal is sabaterio 
de Tritis, sic quod a die X a mensis Januarii preteriti usque 
ad diem presentem, solvi pro sotularibus magistri Livini, 
ma gis tri Giraudi, domini Durandi et Raynaudi et Golumboni, 
videlicet ХХ1Ш sol. 

Summa istius pagine, LXX sol. VIII den. 

Fol. 287. 

Junius. Item die lune, ll a die mensis Junii, de anno do- 
mini M CCC° LXV° feci finale computum cum Guillelmo 
Marini apothecario de Tritis et scolarium domini nostri 
pape, sic quod apothecaria et alie res recepte ab eodem a 
die prima mensis Julii de anno domini M° CGC LXIlIl to 
usque ad secundam diem futuri mensis Junii, ascendunt 
prout patet per cartularium scriptum manu propria dicti 
Guillelmi Marini, videlicet СП Hb. IX sol. I obolum, quas 
eidem Guillelmo Marini solvi'. 

Item expendi pro Petro Gaii elerico infirmo Tritis post 
recessum studii, III sol. IIH or den. pro IIII or pullis. 

Item pro mutone pro eodem, XII den. 

Item pro eodem expendit dominus Hugo Giraudi Tritis, 
nomine mei, pro suis necessariis, Ilil sol. 

Item dicta die expendit dominus Hugo nomine mei pro 
Syffredo elerico infirmo Tritis, post die tu m recessum studii, 
pro suis necessariis, VII sol. IIII den. 

Summa istius pagine, CIII lib. IIII sol. VIII den. obolum. 

Fol. 287 v\ 
Item dicta die, feci finale computum cum magistro Johanne 

(*) Sous ce terme, qui est souvent répété dans le manuscrit, 
on désignait les chevaux de deuxième ordre. Sans avoir la valeur 
du palefroi, cheval de bataille ou de parade, le roussin en avait 
une notable. 



— 241 — 

de Fraxino de hiis que ipse expendit in infirmitatibus pue*- 
rorum dum erant furiosi seu incensati, me absente, de 
mense Julii preteriti, quia anie recusabam solvere cum 
videretur michi excessivum, sed dominus Jacobus Cena, de 
mandata domini mei domini Bernardi de Sancto Stephano, 
literatorie mihi mandavit ut infra scripta solverem domino 
magistro Johanni, videlicet pro IIII or lib. candelarum cum 
dimidia cere oblatarum in processionibus, dum dicti sco- 
lares erant incensati, precio cuiuslibet libre, III sol. VI den. 
— valent XV sol. IX den. 

Item ad longitudinem corde cum qua ligabantur pueri in 
infirmitate fuit facta una candeia IX em librarum cere oblate 
altari béate Marie, quia miraculose videbantur sanari, precio 
cuiuslibet libre, III sol. VI den. — valent XXXI sol. VI den. — 
que predicla solvi dicto magistro Johanni de Fraxino, man- 
date predicto. 

Summa istius pagine, XLVII sol. III den. 

Fol. 288. Sequuntur soluciones mercenariorum de tempore 
domini Astorgii de Cayraco et domini Bernardi Guidonis 
lune rectoris .sludii de Tritis pro domino nostro papa, de 
anno domini millesimo CCC° LXIIII . 

Primo a die prima mensis Novembris usque ad diem 
secuhdam mensis Junii, de anno domini M GCC° LXHIH , 
solvi magistro Dyans Losal iudeo, physico studii, pro pen- 
tione, XII lib. II sol. VIII den. 

Restantes de summa quam ei debebant pro pentione dicti 
domini Astorgius et Bernardus. 

Item a die dicta prima Novembris usque ad secundam 
diem Junii anni predicti, solvi magistro. Stephano Gastellani 
barberio, pro pentione sua, XXVI sol. VIII den. 

Restantes ad solvendum de summa quam ei debebant do- 
mini Astorgius et Bernardus de tempore eorum. 

Item dicta die secunda mensis Junii, feci finale computum 

46 



— 242 — 

cum Petro Verderie de Aquis pistori, sic quod solvi, de lem- 
pore predictorum,prosalario quod ei debebant, XXXI1II sol. 
Summa isiius pagine, XV Hb. III sol. HII den. 

Fol. 288 V. Sequuntur solutiones rnercenariorum de tem- 
pore met Deodati Jordanie 

Primo a die prima mensis Julii proxime preteriti usque 
ad prima m diem futuri mensis Julii anno révolu lo, solvi, 
per diversas soluciones, primo Rebolli pistori studii, pro 
mercede sua, XV lib. XV sol. IIII den. 

ftem prima die Augusti, solvi Mosse de Audtfsia iudeo, 
sartori , qui suebat vestes VI monacborum "Massilie , pro 
mercede sua usque ad festum Sancti Micaelis proxime ven- 
turum, XVI sol. 

Item XVIII e die Augusti, compuiavi cum magistro Dyans 
Losal physico studii, sic quod facto finali computo a die 
secunda mensis Junii proxime preteriti usque ad présente m 
diem, solvi dicto magistro Dyans Losal, pro pentione sua, 
IIII lib. IX sol. 

Item XIX e die Augusti, venit ma gis te г Livinus medicus. 

Item X a die Septembris, feci finale computum cum Petro 
Alamanni, coquo studii, sic quod a die prima mensis Junii 
proxime preteriti usque ad primam diem futuri mensis Junii, 
anno revoluto , solvi dicto Petro pro mercede Mia IX lib. 
XII sol. 

Item feci finale computum cum Jobanne Girardi boticulario 
studii, sic quod a die uJtima mensis Septembris proxime 
preteriti usque ad diem seeundam mensis Junii subsequentis, 
solvi dicto Jobanni pro mercede sua VI lib. 

Item dicto die, tradidi domino Rostagno Camboni magistro 
scolarium qui non sunt de gratia, IIII 011 sest. annone pro 
victu. 

.Summa istius pagine, XXXVI lib. XII sol. IIII den, et 
IIH or 6est, annone. 



— 243 — 

Fol. 289. 

Item feci finale computum cura Slephano de Nivers de 
Valobriea, Petro Glerici et Petro Guillelmi Agathensis diocesis 
sulhardis studii cum u[i?]num habueram posi alium quia 
recedebant, sic quod predictis solvi per diverses soluciones 
pro VI mensibus in ter omnes, LXIIU sol. 

Item ullima die Madii, feci finale computum cum Anthonio 
Germani de Tritis, bugaderio sive lavatorio pannorum studii, 
sic quod a XIX e die mensis Novembris usque ad ultimam 
diem Madii solvi domino Anthonio pro mercede sua, per 
di versas soluciones, videlicet GXVIIl sol. II den. 

Item dicta die, ullima mensis Madii, feci finale computum 
cum Johanne Blancardi mulaterio studii, sic quod a die 
II a mensis Junii proxime preteriti usque ad diem secundam 
' futuri mensis Junii, anno revoluto, solvi dicto Johanni pro 
mercede sua, per di versas soluciones, LXIIII sol., pro veslitu 
et calciamento, et XL sest. annone. 

Item dicta die ultima mensis Madii, computavi cum Bar- 
tholomeo de Ortica de Tritis moleneiïo sic quod solvi dicto 
Bartholomeo pro moltura, per diverses soluciones, XXXsesl. 
I pannal. de annona. 

Summa istius pagine, XII lib. VI sol. II den. et LXX sest. 
et I pannal. annone. 

Fol. 289 V. 

Item die ultima Madii, feci finale computum cum magistro 
Stephano Gastellani, barberio studii, sic quod a die II a 
mensis Junii proxime preteriti usque ad secundam diem 
futuri mensis Junii, anno revoluto, solvi dicto magistro 
Stephano pro mercede sua, videlicet VIII lib. 

Item dicta die computavi cum Johanne Blancardi mole- 
nerio, solvi pro moltura dicto Johanni, X sest. annone. 

Item dicta die computavi cum Johanne Pascalis ortolano 
suo, X sest. annone. 

Item ultima predicta Madii, solvi magistro Dians Losal 
iudeo, physico, qui in infirmitatibus scolarium laboravit 



— 244 — 

diligenter сищ medicus studii non pote rat servire toi infir- 
mis cumessent LX scolares infirmi, solvi pro labore,XH lib. 
et adhuc non conlentatur. 

Item dicta die, solvi Moseneto Lunelli iudco qui ivit cum 
dicto medico Manuascam, unam saumatam annone. 

Summa istius pagine, XX lib. et ХХ1Ш sest. annone. 

Fol. 290. Sequunlur expense facte in ilinere et in loco de 
Manuasca pro permutations studii de Tritis in dicto loco 
Manuasce facienda (*). 

Primo die lune XIIIl» die Aprilis discessi de Tritis eundo 
apud Manuascam, expendi in Sancto Paulo in prandio, com- 
putando portum Sancti Pauli, XII sol. VI den. 

Item eadem die, in cena Manuasce expendi cum duobus 
ronsinis et V personis, XII sol. VIII den. 

Item die marlis, XV a die Aprilis, expendi in os tel aria per 
totam diem cum predictis personis et animalibus XVIII sol. 
VI den. 

Item die mercurii, XVI a die Aprilis, usque ad diem ulti- 
mam dicti meosis inclusive steti in ostelaria Jacobi Symonis 
cum non habebam aliqua hospicia per me cum dictis V per- 
sonis et animalibus et pro XV diebus expendi pro qualibet 
dieta XVIII sol. — valent XIII lib. X sol. 

Item die iovis, prima die Madii, fuerunl michi tradita 
hospicia pro scolaribus domini nostri pape, in quibus feci 
mansîonem. Et a dicta die iovis usque ad XH am diem Madii 
que fuit dies lune inclusive, expendi cum VII personis et 
duobus animalibus, computando pro qualibet die XVI sol. 
VI den. — valent LX lib. XVIII sol. 

Summa istius pagine, XXV lib. XI sol. VIII den. 

(*) L'abbaye de Saint-Victor de Marseille possédait à Manosque 
l'église de Notre-Dame.— a Cette paroisse est placée au centre de la 
ville, dit l'abbé Féraud, dans son histoire de Manosque ; elle a eu, 
de tout temps, le second rang ; tandis que l'église de Saint-Sauveur 
a toujours été la paroisse principale» » 



— 245 — 

Fol. 290 V. 

Item VIII e die Madii, solvi portanerio Manuasce pro portu 
X animalium tam eundo et redeundo exceptis duobus que 
non fuerunt reversa, que portaverunt lectos et pannos meos 
et aliquorum magistrorum et unam saumatam baconum, 
videlicctXXIIIlsol. 

Item expendiderunt dicti nuocii (*) animalium cum dictis 
animalibus, XVI sol. 

Item die martis, XIII die Madii, ivi Avinionem, de man- 
data domini mci domini Thesaurarii, quia magister Johanncs 
de Fraxino eral Avinione, steti ibidem tribus diebus. Ex- 
pendi eundo, stando et redeundo pro VII diebus, computando 
pro qualibet die XVI sol. — valent CXH sol. provincial. 

Item misi Bertrandum Genesii cum uno animali Tritis, 
pro portando raubam, et revcnit cum aliis duobus mulis 
que portaverunt raubam monachorum Massilie. Expenderunt 
tam pro portu, eundo et redeundo, et pro expensis, XX sol. 

Item dicta die martis, usque ad diem XIX am mensis Madii, 
que fuit dies lune inclusive, restaverunt IHI or persone Man- 
uasce pro faciendo reparare hospicia, computando pro qua- 
libet die VI sol. — valent XLII sol. 

Summa istius pagine, X lib. XIIH sol. 

Fol. 291. 

Item die martis, XX a die Madii, venerunt Manuascam de 
Avinione, de Ponte-Sorgie, de Carpen., de Mosteriis et de 
aliis locis, XIX scolares et magister Petrus. Et a dicta die 
martis usque ad XXVI am diem Madii que est dies lune inclu- 
sive, expendi cum dictis XIX scolaribus et magistro Petro 
et VI persone que erant anle mecum Manuasce, exceptis 

(*) Les nuncii ou cursores étaient des gens de service auxquels 
on faisait remplir toutes sortes de fonctions. Ils avaient à la fois 
un salaire fixe et un casuel. — L. Bla.ncar». chapitre XVIII. — 
Monnaies de Provence. 



— 246 — 

animalibus, computando pro quolibet die et pro qualibe 
persona, XII den. — valent pro dieta XXVI sol. 

Summa VI dieruni supradictarum, VII lib. XVI sol. 

Item pro dictis VI diebus an te dictis expendi pro duobus 
animalibus, XXVIII sol. VI den. 

Item die veneris, XXIII a die dicti inensis, misi Petrum 
Berengarii ad portus Manuasce et Sancti Pauli ad sciendum 
quis portus erat melior ut in meliori sco lares transirent, 
cum studiuiu recederet Manuasce ; expendit pro dictis por- 
tu bus et aliis expensis IX sol. VI den. 

Item die martis, XXVII e die Madii, accesi Tritis pro fa- 
ciendo venirc studium de Tritis domini nostri pape Manuas- 
cam ; expendi in Sancto Paulo cum portu, in prandio, IX sol. 
VIII den. 

Item dicta die in cena fui Tritis. 

Summa istius pagine, X lib. V sol. VIII den. 

Fol. 201 V. 

Item de dicta die martis usque ad terciam diem Jurai 
inclusive que fuit dies martis, post festum Penthecostis, 
expendi pro XXIIII or personis sive scolaribus cum servilo- 
ribus Manuasce, computando pro qualibet persona, in die 
qualibet, XI den. — ascendit qualibet die XXII sol. 

Summa octo derum predictorum, VIII lib. XVI sol. 

Item die martis tercia die Junii, recessit studium' domini 
nostri pape de Tritis (*), in'quo studio erant С et X persone, 

{*) Grégoire Xï vient d'Aviguon pour visiter la Sainte-Baume. 
Le Pape s arrête à Aix, puis, le 17 septembre 1376 arrive à Trets. 
On y fait commémoration de l'École d'Urbain V qu'une privation 
de quelques années ne permettait point d'oublier et on y reçoit 
chaleureusement son auguste successeur. — Voici, dans son lan- 
gage poétique, Ja part, glorieuse pour notre localité, du journal de 
voyage de Pierre Amélius, ancien sacriste d'Urbain V. « In Trecis 
paratur meridionolis nwnsio, refectioque grala ; qua fiunt triplicia 
omnium banorum copia, quia civitas amœna. » 

Itinerarium Gregorii pape Л7, reproduit par Muratori-: t. ni, 
page 691. 



— 247 - . 

que omnes persone fuerunt pransi (sic) et cenaverunt et 
iacuerunt in Sancto Paulo ; et expendi exceptis pane et vino 
et uno mutone portatisde Tritis pro cena, videlicet XLH sol. 
VIden. — quia portanerii nolebant dicta die dictura studium 
transire quia Durencia erat magnus (sic). 

Item die mercurii, IIIl ta die Junii, transivit diclum studium 
Durcnciam et solvi pro portu porta neriis de Sancto Paulo, 
tam pro dictis clericis quam pro XIII animalibus, tam eundo 
quam redeundo, et pro IX trossellis pannorum, videlicet 
VII lib. VI sol. 

Summa istius pagine, XVIII lib. IHI sol. VI den. 

Fol. 292. 

Item solvi pro loquerio unius roncini pro raagistro Dians 
Losal phisico, qui ivit cum studio Manuasce, VII sol. 

Item die mercurii dicta, solvi hoc-pitibus Sancti Pauli pro 
feno VIII animalium pro una die et pro XUII lectis et can- 
delis et pro feno et stabulo quem comederunt muli quando 
portabant trocellas de Tritis ad Sanctum Paulum, videlicet 
X VIII sol. VIII den. 

Item dicta die mercurii, expendi in prandio in Sancto 
Paulo, quia remansi cum XV scolaribus in dicto loco, quia 
non poteramus transire Durencia m, X sol. 

Item dicta die, expendi pro dictis scolaribus in beguda (*) 
bel H montis in potu qui ibidem fecerunt transitum dicti 
scolares, et biberunt de mane in dicta beguda, videlicet 
XVI sol. X den. 

Summa istius pagine, LVII sol. VI den. 

Fol. 292 v°. 

Item dicta die mercurii, IIII a die Junii, solvit Ludovicus 



(*) Beguda, sive Begudo, Beguta, était un logis ou lieu de station 
pour les voyageurs. Sur toutes nos routes fréquentées ces sortes 
d'hôtelleries se trouvaient nombreuses, et aujourd'hui encore, avec 
le nom provençal de Bégudo, restent les ruines de ces utiles éta- 
blissements. 



• _ 248 — 

Bartholoraei monachus Massilie, Domine mei, pro IX trocellis 
portatis de Sancto Paulo Manuasce, excepio portu Durcncie, 
videlicet XLIX sol. 

Item pro expensis IIH or animalium que porta verunt pannos 
restantes Tritis Manuasce, expendi tara pro portu, eundo et 
redeundo, et pro expensis tam pro animalibus quam pro 
nunciis, videlicet, XX sol. VIII den. 

Summa istius pagine, LXIX sol. VIII den. 

Fol. 293. Нес sunt expense f 'acte pro reparacionibus hos- 
pictorum receplorum pro scolaribus domini nostri pape in 
loco Manuasce, et aliis expensis tangentibus studium predic- 
tum, ut infra sequitur. 

Primo II a die Madii expendi, pro uno ponte fuste facto 
inter hospicium Raymundi Juliani et hospicium in quo inha- 
bitabat dominus Arnulphus miles, carreria média inter dicta 
hospicia, tam pro magistris scilicet magistro Ludovico Ro- 
baudi, Bertrando Castoni fusteriis, et pro fusta posita in 
dicto ponte, videlicet IX lib. IIII sol. 

Item pro tribus lecheriis fuste et pro clavellis et pro 
fcislerio qui eas fecit solvi XVI sol. 

Item III* die dicti mensis, solvi pro faciendo curari fimum 
carrerie Sancti Salvatoris et alia inmundicia porta ta pro 
XVI animalibus et quinque hominibus, videlicet LUI sol. 
VI den. — que carreria est contigua hospiciis iuxta cancellum 
scolarium domini nostri pape (*). 

(*) De pareilles révélations dénotent une rare insouciance de la 
salubrité publique dans ce quartier de la ville de Manosquc. Elles 
indiquent aussi le soin que l'administration scolaire s'appliquait à 
mettre dans la propreté et la saine hygiène — D. Arbaud dans son 
étude historique de Manosque cite une délibération de cette com- 
mune * qui voulait que les fumiers non enlevés dans le délai fixé 
par la publication fussent donnés au premier occupant, » 26 avril 
I i86. 

Le moyen, rarement manquait son effet, ajoute 1 erudit histo- 
rien, p. 18i. 



— 249 — 

Item pro НЦог ferris pro mulis, I1II sol. IIII den. 

Item pro una caxa necessaria studio, solvi B. Gausi, 
XVIII sol. 

Item dicta die pro mundando tinellum quando fuit factus 
arc h us in dicto tinello, solvi cuidam homioi II sol. 

Summa istius pagine, XIII lib. XVII sol. X den. 
Fol. 293 v\ 

Item VI* die Madii, que fuit dies martis, solvi Petro Bara- 
lerii pro gipo pro claudendo portas aliquarum camerarum 
et pro gradario facto noviler et III fenestris posito, et pro 
magistro qui eum posuit Vil lib. XI sol. 

Item dicto die pro pingendo arma domini nqstri pape 
supra hospicia iu IIII or loeis, V sol. IIII den. 

Item pro latrina facta iuxta cameram nieam tam pro 
curando quam pro portando lapides, terra m, et pro ina- 
gis tri s, LV sol. VIII den. 

Item dicta die, solvi pro latrinis communibus pro curandio 
et pro murando, et lapides ferendo, computatis duobus 
trabis emptis, CV sol. VIII den. 

Item VIII 8 die, emi quamdam tabulam a domino Petro 
Vezilha Manuasce pro tinello, solvi XII sol. 

Item pro portando terra m pro arcu hospicii Pétri Hospi- 
tallerii solvi, pro uno animali, III sol. 

Item dicta die solvi cuidam homini qui cavavit dictam 
terram, videlicet III sol. IIII den. 

Item pro portando duas tabulas magnas quas a fratribus 
minoribus in comandam solvi VIII den. 

Summa istius pagine, XVI lib. XVI sol. VIII den. 
Fol 294. 

Item VIII e die Madii, solvi pro Hll or ferratis, pro duobus 



— 250 — 

puteis (*) studii tain pro ferramentis et pro fusta et magistris, 
et pro duabus telhelis munitis de fusta et ferramentis pro 
puteis, videlicet LXXVII sol. II den. 

Item posui quamdam campa nam in tinello studii, solvi 
tam pro magistro, fusta et ferramento, videlicet IX sol. 
VIII den. 

Item dicta die pro faciendo X tabularios, et unam ianuam 
in gradario, et pro una ianua private, pro magistro, solvi 
XXI1II sol . 

Item pro una cera in porta graderii et pro clavellis, 
XII sol. II den. 

Item pro ferrando duos pedes roncini et pro ferrando 
ununi pedem, et pro una duelha ferri candelabri, III sol. 

Item pro una tabula fuste in tinello, solvi VII sol. 

Item X a die Madii, emi XII candelabra ferri pro tinello, 
XVIII sol. 

Summa islius pagine, Vil lib. XI sol. 

Fol. 294 v\ 

Item dicta die pro palmelis et pro gofonis et clavellis et 
una clave unius caxe solvi fabro Manuasce, XIX sol. 

Item pro XX cyphis pro tinello, VIII sol. IIH den. 

Item pro faciendo archum tinelli solvi duobus magistris, 
LXIIII sol. 

Item solvi cuidam mulieri que porta vit aquam, VIII den. 

Item dicta die emi VIII sestar. calcis pro dicto archu, solvi 
VII sol. 

Item XII e die Madii solvi Petro Bonerii pro perforando 
parietes operatoriorum que sunt subtus tinellum ubi facte 
fuerunt ianue nove, videlicet X sol. 

(*) Jusqu'à la fin du XV e siècle, à Manosque, la population était 
réduite à des puits publics ou privés. Des eaux suffisantes au 
besoin public ne furent amenées en ville que dans la première 
moitié du XVI* siècle. — Délibération du conseil municipal de Ma 
nosque, citée par Arnaud, p. 188. 



- 251 — 

hem dicta die suivi duobus bominibus pro removendo 
maniadoyras stabuli Raimundi Capelli, et pro curando tor- 
cular, videlicet V sol. 

Item solvi pro papiro, Xll den. 

Item dicta die solvi pro duobus cancellis et pro fusta et 
pro traversa riis et pro duobus magistris qui dictos cancellos 
Fecerunt, XXXII sol. 

Summa istius pagine, VII lib. VII sol. 

Fol. 295. 

Item dicta die, solvi cuidam mulieri que portavit aquam 
pro muraodo ianuas magnas, VIII den. 

Item solvi pro duabus cordis pro ferratis puteorum, V sol. 
IIII den. 

Item solvi pro aptando duos bastos mulorum, videlicet 
un u m feci aptare in Castro de Relhania, alterum in Manuasca, 
costiterunt XXVIII sol. VIII den. 

Item dicta die, pro clavellis in porta meiana stabuli, 
XII den. 

Item pro faciendo portare de Tritis Manuasce XXIIII sau- 
matas farine, solvi pro cena animalium et hominum, vide- 
licet XXXII sol. 

Item dicta die, solvi pro IIII or gavedas fuste, VIII sol. 
VUIden. 

Item emi XLV lapides a Jacobo Hostalerii pro faciendo 
arcum tinelli, precio cuiuslibet lapidis, X den. — valent in 
summa, XXXVII sol. VI den. 

Item solvi pro uno homine qui mostravit nemus Johanni 
Blancardi mulaterio studii qui etiam scindit ligna, II sol. 
IIII den. 
Summa istius pagine, CXV1 sol. II den. 

Fol. 295 v\ 

Item XV a die Madii solvi pro una cera pro porta meiana 
stabuli cum clavellis, videlicet V sol. 



- 252 — 
IUmu dicta die, suivi pro HH or Terris et referraluris pro 
.vuciuU, V sol. IIII den. 

Hum XVI" die dicli metisis, condux'i duo animalia que 
-"■*4verunt lapides pro faciendo roeiaaum in audilorio hos- 

Potri Hospitalerii, solvi VI sol, 

m pro duobus banastonis, solvi XIIII den. 

m suivi cuidam homini qui ivit Bastidam pro habendo 

un hospicii Raimundî Capelli, VI den. 

m WIIII* die Madii, emi a Guillelma Dalmacie uoam 

.ara pro liuello, XIIII sol. 

m solvi Guillelmo Croie pro curando tinellum et 1ms- 

, II sol VIII den. 

m XIX» die Madii, solvi Guillelmo Bonerii et Guillelmo 

sono peyreriis qui fecerunl unum parietem in audilorio 

., XXV sol. IIII den. 

m pro aptando unum circulum ferra ti uovi, solvi XII 

m ma islius pagine, LXI sol. 
fol. 296 est en blanc. 



™ XX" die Madii, solvi Mieabeli Hirabclli qui fecil 
iadoyras stabuli et unain ianoam, videlicet XVI sol (*). 



mnia universalis omnium summarum expenssaruiu 
lordinariarum supradietarum in pecunia, videlicet : 

l-cs matières économiques traitées dans un grand nombre de 
. du ct'Ce publication et appliquées aux êtres évaluables de la 
ère moitié du XIV 1 " siècle pourront donner plusieurs été- 
ч de solution du problème de l'expression la plus vraie du 
lir mnnelnliT ,i relie époque, en Provence. En général, et 
roiiiiirquc uiiiis punill importante, les données multiples de 
«y ntliè.c, ninqui'ws à celles du XIU<" siècle, nous ont fait 



— 253 — 

• 

Vie XXXVII ]ib. VI sol. II den. — valent in florenis del 
grayle : VIII e XIII fl. IX sol. II den. 

Item summa annone expendite extraordinaire : IIII X *XVI1I 
sest. I panai, annone, quibus additis summe supra dicte 
bladi expensi in ordinariis est totalis summa bladi expensi 
qualitercumque MIII C LVIH sest. III cart. 

Et sic constat quod plus recepi quam expendi : III e 
XXXVI sest. III cart. bladi. 

Item summa tocius vini tam expensi tam in ordinario 
quam extraordinario et venditi et devastati : VIII e I milhay- 
rolas 1Ш scandais, II tercia vini. Et sic constat quod plus 
recepi quam expendi de vino : G milhayrol. VI scandalia, 
I tercium. 

Item constat quod plus recepi quam expendi de carnibus 
saisis : VIII quintalia, XVIII lib. et mediam. 

Item constat quod plus expendi quam recepi de oleo : 
III libras et médium cartayr. qui debentur michi pro plus 
expensis quam receptis. 

Item constat quod plus recepi quam expendi de candelis : 
LX libras. 

Item constat quod plus recepi quam expendi de deauratis : 
VI" aurat. et média barila de tonina. 

Item constat quod plus recepi quam expendi de legumi- 

arriver à ce résultat : décroissance très progressive et surprenante 
du pouvoir essentiellement instable de la monnaie. 

Fixer l'ensemble des marchandises citées, en exprimer le coût 
total, réunir le plus grand nombre de prix, les mettre en regard 
de leurs équivalents des XIII«» e et XIX m « siècles ; déterminer les 
rapports existants entre les séries de prix de divers salaires, de 
vente, d'achat de toutes sortes d'objets, de transport, de frais de 
voyage, de nourriture quotidienne etc.; déduire de la somme de 
ces rapports une évaluation des espèces monétaires aux deux épo- 
ques constitue une étude des questions sociales étendue, utile autant 
qu'attachante, môme dans un simple essai. 



— 254 — 

nibus emplis pro provisionibus : IIII sest. fabarum et VI sest. 
de lentibus. 

Item constat quod plus recepi quam expendi de nucibus 
provisionis : I sest. 

Item constat quod plus recepi quam expendi de caseis, 
computatis pro expensis XLIX libris et média que furate 
fuerunt me absente et existente in Manuasca : XXIII lib. 

Item constat quod plus recepi de sale quam expendi : 
I sest. 

Item fenum et avenam (sic) supra emptis et receptis (sic) 
omnia sunt expensa, et ideo nichil restât. 

Fol. 298. 

Item summa universalis omnium summarum supradic- 
tarum emptarum provisionum et expensarum ordinariarum 
et extraordinariarum supradictarum, facta reducione sol. et 
lib. et avaluatan. ad florenos de grayleto computando 
XV sol. VIII den. pro floreno, est : № Vie XLVII fl. III sol. 
III den. dicte monete. 

Fol. 299. 

[Sequuntur reste dictarum provisionum etpecunie (*). 
Et sic restant quod facto finali computo de receptis et 
omnibus provisionibus supra emptis et expensis ordinariis 

(*) Les ff. 299-299 v° se trouvent raturés dans le texte du 
Vatican. La raison de cette effaçure est qu'ils sont la répétition 
partielle des ff. 297-297 v° avec certaines petites variantes dans la 
comparaison des chiffres énoncés. A noter que Yapro a été apposé 
aux ff. 297-297 v», mais point aux deux autres. Et à ce sujet il est 
bon de constater encore ceci : dans le total des articles ou dans la 
récapitulation générale des recettes et des dépenses, s'il manque 
quelque chose, c'est bien peu, et ce peu sera dû probablement 
à quelque omission, négligence ou distraction. Aussi après examen 
sérieux, nous n osons proposer une rectification, tant les diffé- 
rences sont légères et de médiocre importance pour la substance 
même de ce travail aussi (lifBcultucux qu'original. 



- 255 — 

et extraordinanis supradictis oomputatis et deductis que, 
restant in prioratu de Tritis, et in aliis locis prout sequitur : 

Primo restât de annona et farina : III e XXXVII sest. VIII 
ochenas. 

Item restant de vino II e XXXVI milhayrole VIII scand. et 
médium, de qua resta vini vendidi Hugoni Regordi de Sancta 
Maocimino ////** milhayroi vini, precio cuiuslibet milhayroL 
XIIII sol. — valent LVI lib. 

Item de dicta resta vini vendidi Petro Negrelli de Tritis 
LUI milhayroi. VIII scand. et médium, precio cuiuslibet 
milhayroi XVI sol — valent XLII lib. XIX sol HII den. — 
valent dicte due summe ultime : CXXVI fi. de grayleto, V sol. 
IIII den. 

Et sic restant finaliter omnibus supradictis computatis et 
deductis que sunt in Sancto Maximino de resta vini predicti 
CIII melayrol. vini. 

Fol. 209 v\ 

* 

Item restant de carnibus saisis, VIII quintalia, XXI lib, 
et mediam. 

Item restât de oleo, V libre I quart, que sunt devaslate pro 
crama. 

Item restant de candelis LXl lib. 

Item restant de piscibus salsatis VI х * aurai, salsale et 
média barrilha de tonina salsata. 

Item restant de leguminibus IIII sest. fabarum et VI de 
lentibus. 
. Item restant de nucibus : I sest. 

Item restant de caseis LXXII lib. et mediam de quibus 
dum ego eram Manuasce pro permutatione studii de Tritis 
facienda furate fuerunt XLIX libre et média de orreis ubi 
reponebantur de quibus sunt excommunicati, et in ecclesia 
de Tritis plubicati (sic), et sic finaliter non restant nisi XXIII 
libre caseorum.] 



— 256 — 

Fol. SOI V. 

Item finaliter facto finali computo de omnibus singulis 
receptis et expenssis ordinariis et extraordinariis pecunie 
ac venditis de quantitatibus dictarum provisionum supra- 
dictis computatis et deductîs que restant de summis pecunie 
sîve florenorum superius receptorum, videlicet II e XXXII fl. 
del grayle, I sol. obolum, de quibus florenis emi aliquas 
provisiones vini et carnium Manuasse pro scolaribus studii 
domini nostri pape dicti loci, et solvi pro loqueriis hospi- 
ciorum scolarium et feci aliqua extraordinaria in dicto loco 
Manuasse que in presentibus computis supradictis niebil 
continentur neque computanlur. 

Finis. 

Езс Archivo Apostolico Vaticano 
die 17'Augusti 1897 : Collatio in quantum 
fleri potiait concordat cum Origineili. 

Pktrus WENZEL, subarchivista. 



Picot du sceau 

de* archive* iecrètes 

du Vatican. 



Dom Grégorio Palmièri unanimement estimé par ses recherches 
sur les archives vaticanes s'est montré à notre égard d'une par- 
faite obligeance. Monsieur Vîncenzo Nardoni et son collègue 
Monsieur Herzen, très distingués paléographes du Vatican, ont 
été nos précieux collaborateurs dans l'œuvre délicate de la colla- 
tion. Nous sommes heureux d'offrir ici à ces trois savants nos 
remercîments bien vifs et bien sincères. 

H. CHAILLAI. 




LES 

EXHALAISONS VOLCAHIQ0ES 

CONSIDÉRÉES AU POINT DE VUE 

DE LA GENÈSE DU GLOBE TERRESTRE 

Par ■ le Vicomte DE SELLE. 



Au nombre des phénomènes qui s'accomplissent dans 
les régions volcaniques, pendant la période active et alors 
même qu'elle a pris fin, il en est un qui, après avoir passé 
longtemps inaperçu, n'a pas été étudié dans ses origines 
par les observateurs qui en ont fait connaître la nature. 

Il nous semble que bien interprété, il apporte une preuve 
nouvelle en faveur de cet état de fluidité, que Ton considère 
généralement comme le trait le plus caractéristique de l'his- 
toire de notre globe à ses débuts. Je veux parler des exha- 
laisons volcaniques. 

La lave d'un volcan se déverse assez rarement par dessus 
les bords du cratère. On a sans doute des exemples de ce 
mode d'écoulement ; mais ils sont peu nombreux, et on 
le conçoit aisément. Le cratère est une muraille circulaire 
formée de scories, de fragments déchiquetés de lave re- 
froidie, de cendres et même de matériaux solides, parfois 
très volumineux, empruntés aux assises stratifiées, à travers 
lesquelles la cheminée a été ouverte. Tous ces débris sont 
rejetés par la bouche volcanique et, après s'être élevés à 

une grande hauteur, retombent autour de son contour pour 

M 



- 258 — 

y former une enceinte à double talus, l'un inclinant vers 
Taxe de l'orifice, l'autre penchant à l'opposé. Ces matériaux 
de toute figure, de toute dimension, sont jetés les uns sur 
les autres dans le plus grand désordre, dans le pèle- mêle 
le plus complet. 

Imaginez maintenant la lave sélevant graduellement dans 
ce bassin t comparable à un véritable crible — la lave dont 
la densité est trois fois supérieure à celle de l'eau, ou, si 
vous le voulez, un liquide, dont le mètre cube pèse trois 
mille cinq cents kilogrammes. Vous estimez sans effort la 
pression latérale exercée sur la face interne du récipient. 
Voilà une force énorme en lutte avec une paroi sillonnée 
de cavités, branchées les unes sur les autres. Sitôt qu'en 
vertu de l'ascension du fluide pesant, le moteur aura acquis 
une certaine puissance, il ne pourra manquer d'avoir bien 
vite raison, sur un niveau déterminé, du simulacre d'obs- 
tacle qui lui est opposé et, s'ouvrant un passage à travers 
le vase, la lave s'échappera par une région du cratère voisine 
de sa base. Cette brèche, à laquelle on donne le nom de 
fente, sera sans cesse élargie par la poussée du liquide. 

Laissons maintenant la coulée prendre son régime et 
gagner les basses altitudes. Elle affecte la figure d'une 
nappe, dont la largeur va en s'amplifiant, au fur et à me- 
sure qu'elle s'éloigne de son origine. Prés de la fente elle 
est franchement liquide sur toute son épaisseur ; mais un 
peu plus loin elle subit un refroidissement superficiel et 
s'enveloppe d'un manteau solidifié de scories. C'est à cette 
circonstance qu'il faut attribuer la marche si lente de la 
coulée qui, sur des pentes de cinq à six degrés, ne se déplace 
que de quelques centimètres par seconde. Il lui faut, en effet, 



— 259 — 

briser el repousser sa carapace terminale, qoi est comme 
une digue construite en travers de son cours. 

Plaçons- nous maintenant aussi près que possible de la 
nappe et dans le voisinage de la fente, là où le courant de 
feu a conservé l'élit fluide. Nous voyons s'en échapper des 
vapeurs qui flottent à sa surface, rassemblées çàet là, à 
la manière de véritables nuages. La lave est très riche en 
vapeur d'eau, nous le savons. Elle est assimilable à une 
éponge sursaturée de vapeur surchauffée. C'est à la tension 
de ce fluide aériforme qu'il faut attribuer ses déplacements 
dans la cheminée volcanique, comme c'est à la tension du 
gaz refoulé dans les boissons mousseuses qu'il faut attribuer 
l'éruption du liquide hors du flacon qui le renferme. Ce 
nuage est formé par de la vapeur d'eau, il n'en faut pas 
douter. Mais un observateur consciencieux ne doit rien 
avancer sans contrôler son dire. 

Une cloche en verre où a été fait le vide et muuie 
d'une soupape, sur laquelle nous pouvons agir au moyen 
d'un cordon, est placée à l'extrémité d'une longue tige. 
Engageons la cloche dans le nuage et faisons jouer la sou- 
pape. Le gaz ambiant se précipite aussitôt dans la cavité. 
Fermons alors la soupape et ramenons la cloche à nous. Elle 
est pleine de gaz, dont la teinte est le gris cendré. Pour être 
bien assurés que nous avons recueilli de la vapeur d'eau, 
il nous faut plonger le récipient dans un milieu amené à 
une basse température. Des vésicules de vapeur vont se 
réunir pour former une buée épaisse, puis il se produira 
une véritable condensation et des gouttelettes liquides 
ruisselleront sur les parois transparentes du vase. Chose 
étrange ! nous n'observons rien de semblable. Il n'y a ni 



— ^;,i — 



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■' г'гъ'Л pcnr i£ ры rwx'i r * ri*î . iççarenc* ia 11 

w /д v/- été e<v ъж&л ~-A.5#>&. D*k. airs ii2s «ce 

r^î-w, ■■* *'V, ** e*t **\> п&л**сл à зге спек de scories, 

4t v>, v/U k* ft r *m 4e «cet:* eù*e-:ççe qpî .тоы 

a*it ptbW\4 tùtiAH. Лъгла г соатем de cotre ic: 

de pri** р*лг îe§ f-aptorer. d. après les атоет refroidis, 

tV/fj* rowiaUron*, oon sans satisfaction, qee cette fois nos 

\ffhw>ui ш\\ pleinement justifiées et que la ▼ apeer d'eaa 

tomiiUf, h plo» grande partie do noage. Mais celte eau 

ponrnit riV;fre pis pore. Si elle lient eo dissolution quelques 

cotfm étrangers, tasateor noos les fera peut-être connaître. 

f,ftt**on* tomber sor notre langue one gootle do liqotde 

сыпкие , et nous sommes aussitôt atisés de la présence 

dn l'ticirio cMorhjrdriqoe associé à l'acide salforeox, celai 

qui w <Щщо d'une allumette enflammée, en laissant dé- 



— 264 — 

gager des senteurs exceptionnellement piquantes. Ce nou- 
veau groupe d'émanations a reçu le nom de Fumerolles 
acides. 

Mais nous sommes engagés dans une voie qu'il faut 
suivre jusqu'au bout. Descendons plus bas encore. Parvenus 
au niveau d'une autre zone» nous ne saurions douter que 
l'aspect du nuage et sa nature n'aient encore changé. Appa- 
raît alors un phénomène dont nous n'avons pas tout d'abord 
l'explication. La masse exhalée, d'une teinte sombre, est 
traversée par des filaments très déliés d'un blanc éblouis- 
sant, qui voltigent dans toutes les directions. L'engin dont 
nous faisons usage en saisira certainement quelques-uns. 
Placé sous nos yeux, nous reconnaissons le chlochydrale 
d'ammoniaque, mais eu remarquant qu'il subit dans la 
cloche une décomposition rapide et qu'il y a scission entre 
l'ammoniaque et l'acide saturateur. L'odeur suffocante d'al- 
cali volatil qui se dégage du vase en est un sûr garant. En 
poussant plus loin nos investigations, nous constatons en- 
core la présence du carbonate d'ammoniaque et aussi celle 
de l'acide snlfhydrique, ce gaz dont la senteur est particu- 
lièrement repoussante. Mais la vapeur d'eau est encore ici 
l'élément essentiel. C'est la zone des Fumerolles ammo- 
niacales. 

La température des émanations s'est déjà singulièrement 
abaissée. Dans les fumerolles sèches elle était de 500 degrés, 
elle ne descendait pas au-dessous de 300 degrés dans les 
fumerolles acides. Elle est à peine supérieure à 100 degrés 
dans ces dernières. 

Les fumerolles froides succèdent aux précédentes à une 
moindre altitude. La température est de 100 degrés et 



— 262 — 

môme plus basse, si le relief est assez élevé pour se prêter 
à une vaporisation plus hâtive. Elles se réduisent à de la 
vapeur d'eau, à peu près pure, ou tout au moins ne ren- 
fermant qu'un proportion minime (cinq pour cent environ) 
d'acide carbonique, accompagné d'acide sulfhydrique qui, 
partiellement décomposé par la vapeur, laisse déposer sur 
les parois de la cloche un mince enduit de soufre libre. 

La série se termine par des exhalaisons d'acide carbo- 
nique qui constituent de véritables moffettes ; mais il im- 
porte de ne pas prendre l'apparence pour la réalité. Le gaz 
dégagé est un carbure d'hydrogène qui, subissant une oxy- 
dation provoquée par le contact de l'atmosphère, est con- 
verti en acide carbonique. Nous donnons à ce dernier groupe 
le nom de Fumerolles carbonées. 

Tel est l'exposé du phénomène dans l'espace. La coulée 
est comparable à une échelle graduée, dont les divers degrés 
sont comme les sources des exhalaisons que nous avons 
dénommées : sèches, acides, ammoniacales, froides et car- 
bonées, lesquelles sont distribuées suivant les termes dé* 
croissants de la température. 

Puisqu'il est démontré que la nature des fumerolles varie 
avec la température, il est à l'avance évident qu'elles de- 
vront aussi varier à une même place dans le temps. 

Quand la coulée a cessé et que les liens qui la rattachaient 
à la source interne du calorique ont été tranchés, le refroi- 
dissement gagne de proche en proche les parties les plus 
élevées, et il se produit une rétrogradation des zones. Si 
Ton considère, par exemple, l'espace qui émettait au début 
les fumerolles sèches, on y voit successivement apparaître 



— 263 — 

les fumerolles acides, puis les fumerolles ammoniacales et 
ainsi de suite jusqu'à épuisement de la série. 

Il nous reste maintenant à interpréter ces faits et à en 
démêler, s'il est possible, l'origine. 

Lorsqu'une question de genèse se pose en géologie, on 
en découvre le plus souvent la solution, en invoquant le 
principe fondamental, qui est comme le flambeau dont la 
lueur éclaire tous les faits révélés par l'observation. Ce 
principe est celui de la fluidité originelle du globe. Nous 
allons, si vous le voulez bien, tenter ensemble l'entreprise. 

Il est assez malaisé de mettre la main sur tin liquide dont 
on puisse élever la température dans des limites très éten- 
dues. Les corps qui se montrent à nous à cet état, dans 
les conditions de pression qui prévalent à la surface, sont 
convertis en vapeur, quand une quantité d'ordinaire assez 
minime de chaleur leur est fournie, et le résultat poursuivi 
est mis en défaut. Pour l'obtenir il convient de s'adresser 
aux corps solides et d'y dénouer les liens de la cohésion 
par un apport de calorique. Certains métaux se prêtent bien 
à ce changement d'état, qui persiste, sans modification, en 
même temps que la température s'élève, aussi longtemps 
que sont maintenues les relations avec le foyer qui Га pro- 
voqué. 

Si Ton fait choix de l'argent, on obtient un bain liquide 
qui, au début, accuse une température de 1000 degrés; et 
Ton peut, sans craindre de voir se former, à ses dépens, 
un fluide aériforme, élever la température bien au-delà de 
cette limite. Or, ces milieux liquides, capables de fixer ces 
températures exceptionnelles, offrent la propriété singulière 
d'absorber certains gaz, certaines vapeurs et parfois même 



— 264 — 

certaines substances amenées à l'étal volatil, qui constituent 
leur atmosphère ambiante. Chacun d'eux afflue dans le 
liquide, doué du pouvoir attractif, à une température diffé- 
rente; mais tous y demeurent emprisonnés tant que la tem- 
pérature capable d'amener la résolution du bain en fluide 
élastique n'a pas été atteinte. 

Ce résultat acquis, éloignons le bain de la source où il 
a puisé son calorique. Il se refroidit par voie de rayonne- 
ment. Sitôt que l'instrument de mesure, dont nous avons 
fait usage pour déterminer l'état thermique du milieu absor- 
bant, accuse de nouveau celui où l'appel de Tune des subs- 
tances avait été produit, nous voyons cette substance s'é- 
chapper brusquement, violemment, comme si une force 
lui était appliquée pour l'expulser. C'est le phénomène du 
rochage. Si donc plusieurs gaz sont venus se loger dans 
les intervalles intermoléculaires de la masse en fusion, nous 
observerons des départs successifs qui correspondent à des 
températures successivement décroissantes. 

Admettons maintenant qu'à l'origine le globe terrestre 
ait passé par une période au cours de laquelle la somme 
de calorique emmagasiné dans sa masse a été assez élevée 
pour la maintenir à l'état de fusion. L'écorce granitoïde 
qui est à la base de toutes les assises sédimentaires a dû 
former une nappe liquide continue et accuser une tem- 
pérature de 1500 degrés. Voilà certainement un milieu 
liquide qui remplit toutes les conditions requises pour 
absorber les gaz, les vapeurs et les principes volatils qui, 
flottant à sa surface, sont aptes à subir son attraction. Or, 
l'observation des fumerolles nous a appris que des subs- 
tances gazeuses ou volatiles : eau, chlorures, alcalis, acides, 



— 265 — 

etc., sont incorporées à la lave, c'est-à-dire à des nappes 
profondes. D* autre part on ne sanrait douter qu'en raison 
de leur légèreté spécifique ces corps n'aient fait partie de 
l'atmosphère primitive. Nous sommes dès lors autorisés à 
conclure de l'absorption à une température de la masse 
assez élevée pour lui procurer à la fois la fluidité et le pou- 
voir absorbant. 

Que la vapeur d'eau ait été capturée jusqu'à saturation 
par le sphéroïde terrestre, c'est chose évidente. Il n'est pas 
une seule roche de la série éruptive, ou autrement, il n'est 
pas un seul témoin parvenu à la surface, après s'être élevé 
des régions profondes, dont la texture n'indique clairement, 
sous le microscope, qu'il a été consolidé non pas seulement 
par le fait de l'expulsion du calorique natif, mais bien 
plutôt par le fait de l'expulsion définitive de l'eau sur- 
chauffée dont il était imbibé. Il a fallu que la sphère ait 
été pénétrée jusqu'à refus par la vapeur d'eau, pour que 
le reste du fluide ait pu se condenser, de manière à former 
les océans qui, sous une profondeur moyenne de quatre 
mille mètres, s'étendent sur les trois quarts de la surface 
terrestre. 

Ces eaux, évidemment présentes dans l'atmosphère, nous 
les retrouvons dans les fumerolles. 

Il en est de même des chlorures alcalins et autres qui 
donnent aux mers leur salure. 

Il faut ajouter encore l'ammoniaque qui est la source où 
animaux et végétaux ont constamment puisé l'azote de leurs 
tissus; l'acide calorique qui, dans tous le cours des temps 
géologiques et de nos jours encore, fournit au calcaire la 
moitié ou à peu près de sa charpente. 



— 266 — 

Ne soyons pas étonnés si dans l'atmosphère de cette 
époque nous ne rencontrons pas la chaux, la silice et l'argile 
qui entrent pour une si large part dans la constitution des 
terrains sédimentaires. Nous savons en effet que toutes ces 
substances existaient dans le globe sous-jacent et que ce 
sont les eaux météoriques qui les ont entraînées par voie 
de dissolution ou d'ablation mécanique, pour les charrier 
aux places qu'elles occupent aujourd'hui. 

L'acide carbonique a droit à une autre mention. C'est 
à lui, à lui seul, que tous les végétaux qui se sont succédés 
sur la terre ont emprunté le carbone qu'ils ont fixé dans 
leurs fibres combustibles, assainissant sans trêve ni relâche 
une atmosphère qui, tout d'abord empoisonnée, est aujour- 
d'hui devenue assez pure pour se plier aux conditions très 
étroites de la vie de l'homme et des animaux supérieurs. 

Il nous resterait à vous donner la preuve que les acides 
chlorhydriques, sulfureux, sulfhydriques, qui eux aussi en- 
traient dans la composition de l'atmosphère primitive, ont 
accompli depuis ces temps reculés jusqu'à nos jours une 
mission particulière. Mais je ne puis qu'indiquer le rôle 
qui leur a été dévolu. Ils ont été les véhicules qui ont en- 
traîné les métaux localisés dès le début, en vertu de leur 
grande pesanteur, dans les régions les plus profondément 
situées, pour les faire remonter jusqu'à la surface dans ces 
cheminées aux contours réguliers, ou ces enceintes aux 
profils capricieux, que l'on désigne sous les noms de filons 
et amas métallifères. 

Le phénomène de l'exhalaison volcanique, compris de 
cette manière, se résumerait dans un acte de restitution à 



— 267 — 

notre atmosphère de produits, qui lui ont été dérobés dans 
le passé par une sphère en fusion et dès lors apte à acquérir 
le pouvoir d'absorber les fluides qui formaient son enve- 
loppe aérienne. 

Il nous semble que cette thèse repose sur de solides fon- 
dements, et que de la discussion des faits que nous avons 
eu l'honneur de vous rappeler, découle, en faveur de l'hy- 
pothèse de la fluidité originelle du globe terrestre, un ar- 
gument que les géologues n'ont pas mis en lumière et qui, 
à nos yeux, n'est cependant pas sans valeur. 




*jt«:w-: , ..n; 






V •• 




Li CELEBRATION BU MARIAGE 



A. AIX 



AU XV- <\ XVI- SIÈCLES 

PAR 

L'abbb MARBOT 



H y a deux ans, notre éminent confrère, M. Ch. de 
Ribbe, donnait sa large part d'intérêt à la séance publique 
de Г Académie, par une communication sur les Fiançailles 
et les mariages en Provence à la fin du mojren-dge. 
Il a depuis, sur le même sujet, publié une brochure f 
des mieux documentées, avec de plus vastes horizons et 
des développements amplifiés ; le charme seul en est 
resté le même : il ne pouvait plus grandir. 

Or, tandis qu'il nous dévoilait ce point particulier de 
ses éludes si complètes sur la famille, en parcourant avec 
nous ce champ qu'il explore en maître et où il moissonne 
à pleines mains, M. de Ribbe exécutait lui-même Tordre 

(I) Ch. de Ribbe.— Les fiançailles et les mariages en Provence à 
la fia du moyen-âge. In-8* de 55 pages. Montpellier. Firmin et 
Montane. 1896. 



— 270 — 

que Rooz donnait à ses ouvriers f : il négligeait sciem- 
ment quelques épis, pour laisser au moins une glane à 
ceux qui modestement marcheraient sur ses traces. Je 
Геп remercie pour ma part ; et je veux en tirer profit, 
bien que je n'aie rien qui ressemble à la moabite, dont 
Booz favorisait l'humble labeur. 

Je vous demande donc la permission de vous dire 
comment à Aix, au XV e siècle et au XVI e , s'administrait 
le sacrement de mariage. 

Un document de grande valeur nous fixe à cet égard : 
c'est le Bréviaire aixois de 1499 *, incunable dont 
l'exemplaire sur velin est unique et que notre confrère 
de l'Académie, M. Mouravit, juge sage et compétent, 
appelait si justement ce un joyau précieux» de la Mé- 
janes 3 . 

A la fin de ce volume se trouve le Rituel. C'est là que 
trèsauthentiquement s*affirme le rit sacré auquel je désire 
vous initier. 

Mais une sèche énumération de textes et de formules 
vous fatiguerait peut-être. Faisons mieux ; et mettons en 
scène deux heureux fiancés. Les fiancés sont... toujours 
heureux ! 

Henri Patrisi a rencontré dans Aix Catherine Platel, 

(1) Livre de Ruth, 11-16. 

(2) Bréviaire iTAix. — impr. sur velin in-42. 333 folios (calen- 
drier non compris.) Lyon. Michel Thopie 4499. — Bibl. Méjanes, 
coté 47485. 

(3) Mouravit. Rapport à l'Académie d'Aix, sur les incunables de 
la Méjanes. Séance du 18 mars 4889. 



— 271 — 

que le ciel lui destine \ Tous deux sont d'égale con- 
dition ; leurs familles sont honnêtes ; leur foi chrétienne 
et leurs sentiments s^harmonisent ; entre eux a passé im 
courant plus que sympathique. Quant à leur fortune, elle 
est dans leur labeur, soutenu de quelque épargne. 
Henri est maître-maçon. Son intelligence et son travail 
l'ont conduit assez tôt à cette maîtrise qui n'était pas alors 
un simple titre. Catherine n'est pas sans avoir : et, au 
jour du contrat, son oncle Raudet Pidance ajoutera à sa 
dot cinq florins, dont deux et demi payables le jour des 
épousailles, in die subarrhationis. 

Tous renseignements assurés et tous préliminaires 
accomplis, nous voici au 18 janvier 1493. C'est le jour 
des fiançailles. Les deux familles sont réunies ; les actes 
sont dressés ; il faut aussi le concours de la Religion dont 
alors tout événement familial ne se dispensait jamais, et 
qui revêtait, au seuil des nouveaux foyers, un caractère 
plus particulièrement ému. 

Le prêtre s'est levé devant les futurs époux agenouillés. 

— Voulez-vous être fiancés l dit-il a . Un oui simul- 
tanément et fort bien accentué répond à cette question. 

(t) Ch. de Ribbe, loc. cil. page 51 note 2. 

(2) — Pour rendre plus accessibles à la majorité de l'auditoire les 
textes de notre rituel nous en avons fait la traduction. Nous met- 
tons donc en notes les textes latins originaux. Quant aux phrases 
qui sont en français dans ie rituel, nous les produisons sans chan- 
gement au courant de cette étude. Le style et l'orthographe les 
distinguent asseç clairement de nos traductions, pour qu'il soit 
inutile de les signaler autrement 

Voici le début de la cérémonie : 

— Vullis affidari.— ял sic. — Quod est nomen tuum. — Joha- 
nès. — Et mulier : Maria, — Par la foy. etc.. 



— 272 — 

— Comment vous appelez-vous l 

— Henri Patrisi — Catherine Platel. 

— Par lafoy de vostre corps , ajoute le prêtre, avez- 
vous promesse ou aultre en cas de mariage t 

— Non. 

Les précautions étant ainsi prises, voici la formule 
essentielle : 

— Henri Patrisi) tu promets et jures par tafoy 
que prendras à femme et à espouse Catherine Platel 
qui est cy -préfente dedans quarante jours, si Dieu et 
notre Mère saincte Eglise consent et accorde f 

— Oui 9 sire, répond loyalement Henri. 

Et la même question f posée à Catherine Platel obtient 
une réponse non moins empressée et non moins loyale. 

C'est alors que, levant la main, d'un signe de croix le 
prêtre les bénit en disant : 

— Affido vos (je vous fiance). In nomine Patris et 
Filii et Spiritus sancti. Amen. 

M. de Ribbe nous avait fait assister déjà à cette céré- 
monie. Il a pris soin de noter que la caractéristique de 
ces fiançailles était une ce parole de futur, » sponsalia 
per verba de futuro, comme dit la langue juridique. Cet 
engagement si formel devait, dans le délai fixé de qua- 
rante jours, se convertir en un contrat définitif par des 
ce paroles du présent x> verba de prœsenti, au jour de la 
célébration du mariage ce en face la sainte Eglise. э> 

Mais, entre temps, se faisait la publication des bans, 

(1) ~ Sic et mulier — Affido vos, elc. 



— 273 — 

durant trois jours de dimanche ou de fête, à la messe 
solennelle et à vêpres {tara intra missam solen. q. in 
vcspis). 

Aussi bien, les dimanches qui suivirent l'inoubliable 
18 janvier 1493, les amis de nos fiancés et tous les 
fidèles de Saint-Sauveur durent-ils entendre tomber de 
la chaire cette proclamation : 

ce Henri, fils de [Louis] Patrisi, de cette paroisse 
et Catherine, fille de [Jean] Platel, demeurant en 
cette même paroisse, se veulent se prendre et assem- 
bler par loyal mariage. S'il est nul ne nulle gui 
saiche entre eux lignage, affinité ne empeschement 
p. quoj le mariage [ne] se doive faire, si le die sus 
peine de excommuniment avant que on procède plus 
avant, с est pour le premier ban. [C"est\pourle second. 
[(?est] pour le tiers, w 

Nul ne sut ce lignage, affinité ne empeschement x> entre 
Henri et Catherine. Aussi, trop lentement peut-être au 
gré des fiancés, les quarante jours étant écoulés, le 27 
février, un cortège tout en habit de fête s'ébranle et, — 
précédé du ménestrier, — pédestrement il se dirige vers 
la métropole. C'est le jour solennel ce de la subarrhation » 
ou des épousailles, le jour du vrai mariage. 

On s'arrête à la porte de l'église f . Le prêtre s'y pré- 
Ci) — Dans quelques localités, où c'est l'usage on entre de suite 
à l'église et Ton va devant l'autel. Cette disposition était excep- 
tionnelle. Nous croyons que l'usage, alors général, était que le 
mariage se fit devant la porte de l'église, en laquelle on entrait 

ensuite pour la bénédiction nuptiale. 

48 



— 274 — 

sente, revêtu des ornements sacrés ; et il adresse à l'assis- 
tance ce grave monitoire ? 

ce Nous avons proclamé en Féglise de céans trojs 
bans solennellement par troys jours solennels pour le 
mariage que Henri fils de [Louis] Patrisi et Catherine 
fille de \Jeari] Platel de ce diocèse et de cette paroisse 
cj-présens entendent à contracter et faire ensemble à 
Г honneur de Dieu et de la Vierge Marie : auxlquieulx 
nul na contredit. Derechief nous proclamons le quart 
ban (Tabundance en faisant commandement s'il y a 
aucun qui sache nul empeschement légitime par quoi 
le présent mariage ne se puisse faire, si le die sur 
peine de excommunément ; ou aultrement nous dénon- 
cions excommuniés tous ceux qui malicieusement nous 
vouldront bailler faulx troublemens et empesche- 
mens. m 

S'ils avaient craint c< faulx troublemens, » Henri et 
Catherine eussent respiré à cette dernière phrase, qui 
mérite notre attention. On a toujours, en effel, déploré 
les intrigues parfois nouées par la malice humaine pour 
jeter le trouble au sein des familles et mettre obstacle 
aux plus légitimes établissements. Ici TEglise veut y 
couper court par la menace de rexcommunication. Et 
telle est l'importance que notre Rituel attache à ce mo- 
nitoire qu'il en déclare la lecture nécessaire, quand bien 
même les parties auraient obtenu dispense des autres 
bans. — Il ajoute dailleurs que si Tun des deux époux 
est d'un diocèse étranger, le prêtre aura dû prendre la 



2 г* »» 
/о — 

précaution de faire jurer à tous deux qu'il n'y a entre eux 
aucun empêchement. 

Ce préambule achevé, on procède à la Datio corpo- 
rum, qui est le vrai contrat matrimonial, constituant 
l'essence même du Sacrement de mariage. 

Les deux époux se donnent la main droite. C'est Henri 
qui va parler le premier, l'homme étant, dit saint Paul, 
ce le chef de la femme, w II dit : 

— ce Je, Henri Patrisi, donne à toy Catherine 
Platel mon .corps en loyal mari. 

ce Et le reçoy, répond aussitôt Catherine, qui dit à 
son tour : 

— ce Je, Catherine Platel, donne à toy Henri Pa- 
trisi mon corps en loyale femme. x> 

— ce Et le reçoy, répond Henri. » 

Rien de plus rigoureusement juste, on oserait presque 
dire de plus technique, que cette forme sacramentelle ! 
A tous ceux que Ton aime, mais avec des nuances diverses, 
à des degrés différents, on donne son cœur. Le serment 
conjugal enchaîne la vie corporelle. A Dieu seul on donne 
son âme ! 

A cette dation des corps succède la subarrhation. 

L'anneau nuptial est présenté au prêtre. On raccom- 
pagne de treize sous tournois f et d'une lettre conçue en 
ces termes : 

(1) Le texte de la lettre dit decem solidos turon. Et la rubrique 
qui suit dit douze ou treize deniers tournois ou une pièce de mon- 
naie, selon l'usage. — Voir sur le treizain etc. le travail de M. de 
Ribbe (loc. cii.) p. i8 et suiv. 



— 276 — 

ce Au nom du Christ, moi Henri Patrisi prend pour 
épouse Catherine Platel et lui donne en présent de 
noces treize sous tournois. Philippe Herbert étant 
archevêque iïAix, Charles étant notre roi de France. 

Donné à Aix le 27 février 1493 *. » 

Le prêtre bénit Panneau, avec les arrhes et la lettre 
qui les mentionne en disant 9 : 

ce Bénissez, Seigneur, ces arrhes que livre aujour- 

(1) Nous mettons Charles VIII roi, pour correspondre au ma- 
riage pris en exemple en 4493. Mais la formule du Brév. de 4499 
porte Ludovico (Louis Xïï régnant depuis 1498.) 

Texte : In Xpi nomine, Ego Petrus N. duco in uxorem Johanam 
N. cui coucedo in sponsalicio decem solidos turon. Karolo d'bor- 
bonio vel gaudiosia Claramonlen vel sancti flori epo existente rege 
nostro Ludovico fra[n]corum regna[n]te. Datum etc. 

Il y a dans la rédaction de cette formule un petit problème 
bibliographique. Remarquez qu'on y a mis le vrai nom du roi 
régnant Louis XII. Pourquoi pas de même pour l'archevêque ? Le 
compositeur avait sans doute sous les yeux la morne formule rédi- 
gée pour Clermont et Saint-Fiour, qui eurent leur liturgie commune 
au XV* et au XVI e siècles, et dont les évêques étaient, à cette 
époque Charles II de Bourbon et Charles de Joyeuse. Mais nous 
ne connaissons pas de Bréviaire de ces églises se rapportant à 
cette date. Nous savons seulement que Thopie imprima leur Missel 
en 1492. 

(2) Texte : Adjulorium nostrum. — Dne exaudi — Dns vob. — 
Oremus. Benedic >$< Dne has arras quas hodie tradat famulus tuus 
N. in manu ancille tue N. quemadmodum benedixisti Abraham 
cum Sara Ysaac cum Rebecca Jacob cum Rachel : Dona super eos 
gratiam salutis tue abundantiam rerum et constantiam operum. 
Florescant sicut rose in hierico plan ta te et Dnum nostr. Jesum 
Хощ timeant et adorent. Qui tecum vivit et régnât. Et benedictio 
Dei patris opotontis et filii et spir. si descendat et maneat super 

stas arras. Amen. 



— 277 — 
cThui votre serviteur Henri aux mains de .voire 
servante Catherine, ainsi que vous avez béni ceux 
(C Abraham à Sara, ceux iCIsaac à Rebecca, ceux de 
Jacob à Rachel. Répandez sur ces époux la grâce 
i de votre salut. Donnez-leur V abondance des biens, la 

} constance dans leurs œuvres. Qu ils fleurissent comme 

\ les rosiers plantés en Jéricho. Çuils craignent et 

■ 

adorent Jésus-Christ notre Seigneur qui vit et règne 
avec vous. Et que la bénédiction de Dieu le Père tout- 
puissant et du Fils et du Saint-Esprit descende et 
demeure sur ces arrhes. Ainsi soit-il. » 

L'époux reçoit aussitôt du prêtre et la lettre pliée en 
laquelle on met les arrhes et l'anneau qu'il va passer au 
doigt de Tépouse. 

Remarquez bien ici la solennité de ce dernier acte. 

De trois doigts de la main droite, Henri a saisi Panneau. 
De la gauche il prend et soutient la main droite de Cathe- 
rine. Il va successivement lui introduire l'anneau à l'index, 
au grand doigt et à l'annulaire (le doigt moyen) où il le 
laissera ; mais à chacun de ces trois mouvements il tracera 
auparavant le signe de la croix avec ce gage des plus 
loyaux serments ; et il dit : 

« Je, Henri Patrisi, épouse toi Catherine Platel, 
ainsi que Dieu, la loy, la saincte foy catholique et la 
saincte Eglise de Rome le commande. In nomine 
Patris »J» (in indice) et Filii ^ (in magno) et Spiritus 
sci »i* (in medio remanet) Amen *. x> 

(I) « In mediOy écrit-on pour désigner l'annulaire, sans doute à 
cause de sa moyenne grosseur entre le doigt du milieu et le petit 
doigt. » (Ch. de Ribbe, loc. cit. page 53). 



1 



— 278 — 

Et le prêtre dit aussitôt Tordre divin : Quod Deus 
conjunxit homo non separet. In nomine Patris, etc. 

Et il continue : 

ce Que le Dieu (Г Abraham, le Dieu dlsaac, le Dieu 
de Jacob vous unisse Lui-même, et quil vous emplisse 
de sa bénédiction. Ainsi soit-il. » 

« Seigneur, jetez un regard favorable sur ce con- 
trat ; et comme vous avez envoyé Raphaël, l'ange de 
la paix, à Tobie et à Sara la fille de Raguel, ainsi 
daignez répandre votre bénédiction sur votre serviteur 

et sur votre servante. Au nom du Père Ainsi 

soit-il *. x> 

Les deux époux sont alors aspergés d'eau bénite. 

Les voici maintenant qui entrent à l'église, avec leur 
cortège. La foule les suit, car foule il y a pour voir l'air 
heureux d'Henri et la bonne grâce de Catherine. Rien ne 
nous indique l'attitude de cette foule. Mais Catherine a sur 
sa robe rouge un manteau bleu « couleur perse ; » et son 
voile blanc est surmonté de la couronne de perle ! C'est 
sa toilette de mariée *. Or, la toilette d'une mariée a 
toujours eu le privilège d'attirer les regards féminins. Et 
comment supposer qu'en Provence, dans ce pays où l'on 
pense tout haut, il fut jamais possible, en pareil cas, d'ad- 

(1) Texte. Deus Abraham : Deus Ysaac : et Deus Jacob ipse 
vos conjungat impleatque benedictionem suam in vobis. Amen. 
Respice Dne super hanc eomentionem et sicut misisti angelum 
tuum Raphaelem pacificum Thobie et Sare filie Raguelis : ita 
mittere dignerisDne tuam bndictionem superhune famulum tuum 
et famulam tuam. In nomine Patris, etc. 

(2) Détails donnés par M. de Ribbc. 



— 279 — 

mirer sans parler ? Quoiqu'il en soit, je n'avancerai cer- 
tainement rien de trop, ni ne calomnierai mon temps, en 
assurant au XIX e siècle que dans les églises, à l'occasion 
d'un mariage, au XV e siècle on ne parlait pas davantage. 

Les époux sont arrivés au pied de Гаи tel. Henri et 
Catherine ont pris place, côte à côte, sur leurs agenouil- 
loirs, tout pénétrés des grâces de ce grand jour et prêts h 
bénéficier, en bons chrétiens qu'ils sont, du saint sacrifice 
qui est offert à leur intention. C'est à la messe d'ailleurs 
qu'ils vont recevoir la bénédiction nuptiale. 

La messe que dit le prêtre devant les époux est celle 
de la Sainte-Trinité, — car la messe spéciale pro sponsis 
n'est pas encore en usage *, mais aux oraisons du rit on 
en ajoute une autre pour les époux. L'Epître et l'Evangile 
sont appropriés à la cérémonie. De plus, à Yhanc igitur, 
on accentue que ce cette oblation sainte est présentée 
au Seigneur pour Г épouse qiïil a fait grandir et 

(l) Introit. Benedicta sca Trinitas. Oraisons. 2, propres : la 
\ ère de la Trinité, la 2me pro sponsis : « Exaudi nos, omnip. et 
« misericors Deus, ut quod nostro ministrante ofïicio tua bndic- 
« tione implcatur. P. D. N. » — Toujours Gloria et Credo — 
Epitre S. Paul : Nescitis quia corpora nostra membra sunt Christi. 
— Graduel Bndictus es Dne qui intueris abyssos. Sans Alleluja — 
Evangile. Noces de Cana, (de St-Hilaire à la Septuag.). Régi qui 
fecit nuptias filio suo (temps de la sepluag.). Accesserunt... si licet 
dimittere (les autres temps). — Offert. Bndictus sit Deus pater — 
Secrètes 4 ère de la Trinité. 2me « suscipe quesumus Dne pro 
« sancta connubii lege munus oblatum et cum largitor es о péri s 
« esto dispositor. P. D. N. » — Préface de la Trinité. — Commu- 
nion Bndicimus.— Post communion 4 e de la Trinité. 2» « Quesumus 
« omnipotens Deus institula providenlie tue pio a more со mi tare 
« utqiios légitima societate connectis longe va расе custodias. P.D.» 



— 280 — 

qu'il a conduite jusqu'à ce jour de ses noces, afin 
que Lui-même soit le lien favorable Vunissant à son 

époux*. 

Après le Pater, le prêtre ayant rompu la sainte hostie 
se retourne avant de dire le Pax. Les époux s'agenouillent 
devant l'autel. C'est le moment de la bénédiction nuptiale. 

La formule en est la même qu'aujourd'hui, avec cette 
seule différence que la deuxième oraison affecle la for- 
me d'une préface s . Mais la bénédiction complémentaire 
Deus Abraham, maintenant en usage, est remplacée par 
celle-ci : 

« Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, 
nous réitérons no sprières et, suppliants, nous vous 
demandons <F être favorable à cette union de vos ser- 
viteurs. Qu'ils méritent de recevoir vos bénédictions ; 
que vous daigniez confirmer leur mariage, comme 
vous le fîtes pour le premier homme ; que loin eTeux 
se détournent les embûches de V ennemi, afin quils 
imitent dans leur vie conjugale la sainteté des aïeux, 

(\) Texte. Hanc igitur... pro famula tua quam producere dig- 
natus es ad statu m mensure et ad diem nuptiarum : pro qua 
maieslati tue fundimus supplices preces ut eam ppcius cum viro 
suo copulare digneris : quesumus Dne ut plaça tus. etc. 

(2) Texte. Dns vobisc. — Oremus : Propi tiare, etc. — Per omnia 
sec. sec. — Dns vob. — Sursum. — Gratias. — Vere digoum et 
justum est equumet salutare nos tibi....eterne Deus. qui potestate 
virtutis. etc. 



— 281 — 

dont la vertu obtint de votre providence Vunion dans 
le Seigneur 4 . » 

La messe est achevée, Henri et Catherine se sont 
levés. Les voici qui s'approchent une fois encore du prêtre. 
Celui-ci prend une hostie, non consacrée mais bénite ; il 
la partage par le milieu ; il en donné à chacun une moitié : 
précieux symbole qu'ils emporteront et garderont, pour 
se souvenir que désormais, étant deux dans une même 
chair, selon le mot divin, chacun ne doit plus être que 
la moitié de l'autre. 

Une cérémonie complémentaire s'ajoutait , en ce 
temps-là, à la solennité nuptiale dont nous venons dé 
lire les détails. 

Dans le courant de la journée, sans se mêler aux « es- 
baudissements » de la noce ni les troubler, le prêtre, s'il 
en était requis *, se rendait à domicile pour bénir la 
chambre nuptiale. — Suivons-le et assistons à cette bene- 
dictio ihalami. 

Elle commence par le psaume Nisi Dns : ce Si le 
Seigneur n édifie une maison, c'est en vain qu'auront 
travaillé ceux qui la bâtissent. x> Et le psaume achevé, 
le prêtre dit : ce Bénissez, Seigneur, cette chambre et 

(\) Texte. Dne saiicte pater ops eterne Dcus iteratis precibus 
supplices exoramus ut conjunctioni famulorum favere digneris et 
benedictiones tuas accipere mereantur nuptias eorum sicut primi 
hominis confirmare digneris avertantur ab eis insidie inimici : ut 
saoctificationcm patrum iu ipso conjugio iniitentur : qui provi- 
dentia tua Dno conjungi merueruul. Per D. . . 

(2) Si fucrit presb. requisitus. 



— 282 — 

tous ses habitants, afin que ceux-ci y demeurent en 
votre paix, quHls soient fidèles à votre volonté et quils 
se multiplient en de longs jours f P. N. S. J.-C. » 

Puis, à la suite de quelques versets, il reprend : ce De 
votre ciel saint, 6 Seigneur, jetez un regard sur ce 
mariage ; et de même que vous avez envoyé saint 
Raphaël, votre ange, à Tobie et à Sara, la file de 
Raguel, ainsi fortifiez et conservez ceux-ci, afin que 
ils vivent en votre amour, qu'ils y vieillissent et qu'ils 
se multiplient en de longs jours. P.'N. S *> 

Et, se tournant vers les époux, il les bénit en disant : 

♦ ce Soyez bénis du Père et du Fils et du Saint-Esprit 

qui est trine dans le nombre et unique en la déitè ; et 

qui vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi 

soit- il. >:> 

Enfin, s'accomplit un rit final dont le charme ne peut 

(1) Texte. Ps. Nisi Dns... Gloria.— Dne exaudi or. — Dns vobisc. 
— Oremus. Benedic Dne thalamum istum et omnes habitantes in 
eo et in tua расе consistant et in tua voluntate permaneant 
et raultiplicent in longitudinem dierum. P. С Dn... 

f Manda Deus virtutc tua : confirma hoc Dcus quod opéra tus 
es in nobis. — ty A tcmplo tuo etc. — f Incrcpa feras arundinis 
congregatio taurorum in vaccis populoruni. — Ц Ut excludant eos 
qui probati sunt argento. — Gloria — Kyrie — Pater N. — Dns. 
vob. — Oremus. Respice Dne de celo sco tuo super conventionem 
istam et sicut misisti scum angelum tuum Raphaelem Thobie et 
Sare filie Raguelis ita et hos confortare et conservare digneris 
ut in amore tuo vivant et senescant et multiplicent in longitu- 
dinem dierum. P. D. N... 

Alia bndictio super sponsum et sponsam : Benedicat >$< vos 
Pater et Filius et Spiritus ses qui trinus est in numéro et unus in 
deitate, qui vivit et régnât etc. 



— 283 — 

échapper à personne. On présente an prêtre un pain et 
du vin : 

— « Bénissez, dit-il. — Que ce soit Dieu qui bé- 
nisse ! » répond l'assistance. Et le prêtre étend la main 
et prononce ces mots : 

ce Que le généreux dispensateur de tous biens bé- 
nisse ce pain et ce vin. Au nom du Père, etc. 4 . Et 
prenant le pain et le vin, il les remet à l'époux avec cette 
suave injonction : 

— ce Prenez et donnez à vostre espouse en luy fai- 
sant aussi bonne part et loyauté que voulés quelle 
vous fasse. » 

Enfin, les saluant tous deux pour se retirer, il conclut : 
— ce Demourez en paix : Dieu demoure avec vous. » 

Tel était dans tout son développement le rit matri- 
monial qui se pratiquait en l'Eglise d'Aix au XV e siècle. 

J'ai cru assez longtemps que, avec le bréviaire qui en 
gardait le texte, ce rit était resté invariable jusqu'au Concile 
de Trente. J'ai tout récemment reconnu mon erreur, en 
étudiant un petit livre de 1 577, rarement feuilleté, exem- 
plaire unique gardé soigneusement à la Méjanes et qui, 
sous le titre de Liber ordinarius a , n'est autre chose 
qu'un rituel. 

(t) Texte. Benedicile — /fDeus. — Largitor bonorum bene- 
tlicat >$< istum panem et vinum. In nom. Pair. etc. 

(2) Liber ordinarius sive modus baptizandi secundum usum et 
consuetudinem sancte metropolitanse Aquensis ecclesie ordinera, 



— 284 — 

Un rituel de 1 577 ! On s'attendrait presque à le trouver 
conforme aux décrets du Concile de Trente * ! Il n'en 
est rien. L'archevêque d'Aix, Antoine Filholi, qui avait été 
le seul évêque français présent à l'ouverture de la grande 
Assemblée, et qui y avait si bien marqué sa place, avait 
voulu, dès 1549, publier les décrets déjà portés par le 
Concile. Henri II Гу avait même autorisé le 4 février 
1549*. Mais la maladie et sa mort, arrivée Tannée 
suivante, ne lui avaient point permis de réaliser son des- 
sein. Or, une fois le Concile achevé, nul n'ignore com- 
ment les événements en retardèrent la publication : ce 
qui ne fut fait en Provence que par le Concile d'Aix de 
1 585. Le rituel romain du reste ne fut donné qu'en 1614 
par Paul V. 

Cette explication suffit à faire comprendre comment le 
Liber ordinarius est un dernier écho des vieux usages. 
Mais il devient, précisément à ce titre, un témoin aussi 
curieux qu'authentique de la transformation que la pre- 
mière moitié de ce XVI e siècle si remuant avait fait subir 
à nos coutumes séculaires. 

Ici, en effet, n'apparaît plus la cérémonie des fiançailles. 
Il est vrai que cela n'eu suppose pas la complète suppres- 

ab benedicendu[m] aqua[m] diebus dominicis et mu lia a lia conti- 
nens. {e et œ, sic). 

Impr. in 18 de 222 pages. Aquis Sextiis apud Thoman Maillou 
4577. — Bibl. Mejanes côté 36023 - 

L'archevêque/! 'Ai x siégeant alors était Alexandre Canigiani, qui 
devait en 1585 convoquer et présider le concile provincial. 

(1) 15i5 f à 4563. 

(2) Voir Albanès. GalUa christiana novissima. 1. 



— 285 — 

sion, car la rubrique énonce que les habitudes particu- 
lières peuvent être retenues. 

La dation des corps reste la même avec addition des 
mots loyal époux et loyale épouse aux termes loyal 
mari et loyale femme existant déjà. 

La subarrhation subit de plus notables changements. 
Deux oraisons 1 précèdent le Benedic Dne has arrhas 
qui se dit encore ; et, chose digne de remarque, il y est 
question de plusieurs anneaux : hos annulos ut... qui eos 
gestaverint. Le mari en portait donc un, ainsi qu'on le 
pratique quelquefois de nos jours. Quant à la lettre qui 
contenait les treize sous ou deniers, on n'en parle plus. 

Mais la modification la plus importante est dans la 
forme de la tradition de l'anneau. 

Ce n'est plus à la main droite mais à la main gauche 
de Tépouse qu'est remis ce symbole de l'union. Ce ne 
sont plus l'index, le grand doigt et* l'annulaire, mais 

(I) Texte, j^ Ostende nobis — Dne exaudi or. — Dns vobisc. 
— Or, Creator et consecrator humani generis, dator gratiae spiri- 
tualis, largitor œternae salutis, emitte bencdictionem tuam super 
hos annulos ut armati virtute celestis qui eos gestaverint defen- 
sionis tu» rouniantur auxilio. Per Chr. D. N. 

Dne Deus oranipotens pâte г qui per siroilitudinem sancti 
connubii, Isaac cum Rebecca per intermissionem arrarum Âbrahe 
famuli tui copulari jussisti : ut oblatione numerum universitas 
cresceret filiorum, qua?sumus omnipotentiam tuam, ut ad hanc 
oblationem arrarum quam hic famulus tuus dilecte sua? sponsae 
(sic e - œ) offerre procurât, sancti ficator accédas eosque cum suis 
numeribus propitius benedicas quatenus tua benedictione protecti 
et invicem dilectionis vinculo innexi gaudeant se féliciter cum tuis 
fidelibus perhenniter mancipari. Per Dom. N 

Benedic Dne arras istas etc... 



— 286 — 

le pouce , l'index et l'annulaire (doigt moyen) qui le 
reçoivent successivement. Le signe de croix *J* n'est 
plus marqué dans le texte : ce qui ne prouve pas qu'on 
l'omit alors, l'usage acquis pouvant y suppléer et le mot 
super de la rubrique le supposant au contraire. 

Et voici quelle formule accompagne cette cérémonie : 

ce Je N. vous espouse N. avec cestujr anneau et les 
arrhes vous donne, en signe de mariage ensins comme 
Dieu et S. Peire et S. Paul et la saincte mère Eglise 
de Rome ha ordonné et commandé. In nomine Patris 
(super pollicem) et Filii (super indicem) et Spiritus ScL 
Amen, (super médium et in ipso remanet in manu sinis- 
tra mulieris). 

La bénédiction nuptiale est la même qu'en 1499, — 
celle de notre Rituel Romain, avec l'adjonction de quatre 
versets au début 4 . Mais la courte bénédiction com- 
plémentaire de la fin est modifiée. Ce n'est plus celle de 
14 9 9. Ce n'est pas encore celle du Rit actuel, bien qu'elle 
s'en rapproche par les premiers mots. 

Le prêtre, en effet, prend les mains des deux époux 
et les joint en disant : 

« In nomine Patris, etc. Deus Abraham, Deus Isaac 
et Deus Jacob ipse sit vobiscum et ipse vos conjungat 
impleatque benedictionem suam in vobis. Amen. э> 

C'est une sorte d'acclamation, qu'il répète trois fois ; 

(1 ) Texte, j^ Salvuro fac servum tuum et ancillam tuam. — 
Ц Deus meus etc. — f Ostende nobis. — f Mitte eis. — f Exurge 
Dne. — Due exaudi or. — Dns vobisc. — Oremus Propitiare etc. 



— 287 — 

puis il ajoute : Et benedictio Dei Patris et Filii et 
Spir.S .descendat super vos et marient semper. Amen. 

Une observation s'impose à mon esprit en terminant 
ces modestes pages. 

Aix avait gardé dans sa liturgie la tradition romaine, 
sauf de légers écarts. La variation que je viens de signaler 
ne suffit-elle pas cependant à démontrer que de tels 
changements, laissés à l'arbitre des évêques et des cha- 
pitres, avaient le double inconvénient de détruire des 
usages locaux plus anciens et d'exposer le Rit à de per- 
pétuelles fluctuations ? N'était-ce pas assez pour justifier 
les décrets disciplinaires de Trente, dont l'archevêque 
d'Aix fut l'un des meilleurs champions et que Rome allait 
bientôt exécuter par la réforme successive des livres 
liturgiques et la loi de leur usage exclusif ? 

Le Rituel Romain a définitivement consacré le prin- 
cipal détail que nous remarquions tout à l'heure au Liber 
or dinar ius d'Aix. Ce n'est pas à la main droite comme 
autrefois, c'est à la main gauche que l'épouse reçoit 
Panneau nuptial. 

D me plairait de répondre à la légitime curiosité, qui 

ne peut manquer de saisir une respectable partie de cette 

assemblée ; et je voudrais vous dire, Mesdames, pourquoi 

la main gauche l'a emporté sur la main droite. Mais... je 

l'ignore. 

M. de Ribbe va venir à mon secours. 

Dans son intéressante étude, que je signalais en com- 
mençant, il rapporte cette explication naïve du choix de 
l'annulaire : on dit, et c'est une vieille croyance, qu'en 



— 288 — 

ce doigt est une veine communiquant plus directement 
au cœur. — Pourquoi ne dirai-je pas de même?... La 
main gauche, c'est le côté du cœur ! — Voilà mon der- 
nier mot. 

L'argument, je l'avoue, est peu scientifique. L'Aca- 
démie ne le sanctionnera pas ; mais les épouses et les 
mères l'accepteront, car leur meilleur trésor c'est leur 
cœur. 




INSCRIPTION 

de la tapisserie 
de l'église métropolitaine de Saint-Sauveur à Aix 

(Réduction tux 6/10™) 



'-■5 



LA TAPISSERIE 



DE I/ÉQLISE MÉTROPOLITAINE 8-8AUYE17K 



Par I. A. DE FOHTEBT et I. le Chanoine J. MILLE. 



' ■I 



Quelle est l'origine de la tapisserie de Saint-Sauveur à 
Aix, quelle fut sa première destination, quel peintre dessina 
ses cartons? 

Ces diverses questions ont fait l'objet des recherches de 
plusieurs historiens et les ont singulièrement partagés. 

On admet généralement qu'elle décorait le chœur de la 
cathédrale Saint-Paul de Londres jusqu'à l'époque où, par 
suite de la Réforme Anglicane, les tableaux, les tapisseries, 
les statues et autres ornements religieux furent exclus des 
temples ; c'est à ce moment, seulement, que les Anglais 
brûlèrent un grand nombre de ces objets d'art sacrés et 
cherchèrent à vendre les plus précieux dans les pays étran- 
gers. 

Cette époque est précisée dans l'histoire par la mort 
d'Henri VIII en 1547. On sait que ce prince, quoique 
auteur de la réforme dans son royaume, avait conservé dans 
l'Anglicanisme beaucoup de pratiques de la religion catho- 
lique, enlr'aulres le culte des saints et des images. Après sa 

19 



— 292 — 

sont naturellement reproduites les dernières scènes de la 
vie de Marie, dont l'enfance, la jeunesse et la divine mater- 
nité ont servi de prologue à l'œuvre. 

Ce sont : un tableau représentant la Sainte-Vierge debout 
sur le seuil de sa demeure et tenant un livre à la main ; elle 
est entourée de cinq personnages, l'un d'eux au premier 
plan est à genoux devant elle. 

L'attribution de ce tableau, désigné comme représentant 
la Sainte-Vierge entourée de quelques apôtres, est assez 
difficile ; comme sujet, ne serait-ce pas les adieux de Jésus 
à sa mère ? Une tradition dont l'art au moyen-âge et même 
en pleine renaissance s'est fréquemment inspiré, rapporte 
qu'avant sa passion, le Sauveur vint s'agenouiller devant 
sa Mère comme pour lui demander de souffrir pour le genre 
humain. 

Dans le tableau, à la droite de la Sainte- Vierge, est 
Saint-Jean l'évangéliste, reconnaissable à sa figure imberbe 
et à la palme qu'il porte, attribut qui le dislingue assez or- 
dinairement. Le personnage, agenouillé devant Marie, est 
vêtu de la robe violette que porte ordinairement le Christ, 
et les trois figures qui sont derrière lui ressemblent plutôt 
à des pharisiens qu'à des apôtres. 

Nous signalons cette hypothèse qui pourrait amener 
quelque lumière sur une composition aussi mystérieuse. 

Suivent : la mort de Marie — sa sépulture — son as- 
somption glorieuse. 

L'épilogue final est la scène qui représente le jugement 
dernier. 

On pourrait s'étonner que certains sujets des plus im- 
portants de l'histoire évangélique, de préférence même à 



— 293 — 

quelques-uns de ceux qui ont été représentés, n'aient pas 
trouvé place dans cette admirable suite de tableaux, tels 
par exemple : l'adoration des mages, la Cène, un épisode 
du Chemin de la Croix. Il y aurait peut-être une explication 
plausible à donner de ces lacimes. 

A l'égard de l'adoration des mages on peut répondre, 
d'abord, que le sujet de la composition étant à peu près 
identique, quant au cadre de la scène et à la plupart des 
personnages, avec le tableau de la naissance de Jésus qui 
précède, il n'y avait pas à reproduire, coup sur coup, un 
événement à peu près analogue. D'ailleurs le baptême de 
Jésus est, avec l'adoration des mages et le miracle des Noces 
de Cana, une des trois formes consacrées de l'Epiphanie. 
Ce mystère ne manque donc point à la série des peintures 
évangéliques que présente notre tapisserie. 

Pour la Cène, le motif de son absence est, peut-être, la 
difficulté matérielle de disposer le sujet dans un cadre rela- 
tivement restreint par le nombre des personnages à y placer, 
vu la taille que le peintre a adoptée pour toutes les figures 
de la tapisserie. En effet, si dans le tableau du lavement 
des pieds où tous les personnages sont debout, il n'y a que 
neuf apôtres sur douze qui soient représentés, comment les 
grouper au complet assis autour de la même table ? 

Quant à l'épisode du Chemin de la Croix, nous observons 
que M. de Saint- Vincens, dans son mémoire sur la tapis- 
serie de Saint-Sauveur, publié en 1812, parle d'une com- 
position à laquelle il donne pour titre : Apparition de Jésus 
ressuscité aux Saintes- Maries. 

Or, non-seulement le tableau représentant ce sujet, de 
fait n'existe pas, mais il n'y aurait pas même moyen de 



— 294 — 

l'intercaler à sa place unique, c'est-à-dire entre les deux 
scènes de la résurrection et de l'ascension, attendu qu'à cet 
endroit, ainsi que nous l'avons observé en parlant de la 
représentation des mystères glorieux, le tissu de la tapisserie 
est absolument continu, le panneau est d'une seule pièce. 

L'auteur du mémoire dans lequel on relève d'ailleurs 
quelques erreurs par rapport à la disposition des compar- 
timents de la tapisserie, n'aurait-il pas confondu, au point 
de vue de la désignation du sujet : Jésus apparaissant aux 
trois Maries avec Jésus consolant les filles de Jérusalem 
qui le suivent au Calvaire, mystère douloureux que repré- 
sente la huitième station du Via Crucis ? Dans cette hypo- 
thèse que confirme une interruption sensible de la tapisserie 
entre les deux tableaux du couronnement d'épines et du 
crucifiement, la question de l'épisode relatif au Chemin de 
la Croix serait expliquée. 

A quel artiste peintre, à défaut de signature, faut-il attri- 
buer le dessin des cartons que l'ouvrier tisserand a si riche- 
ment reproduits? 

Une inscription en écriture gothique placée sur la bor- 
dure du haut, touchant à la lisière de suspension et assise 
sur le chapiteau de la colonnette qui sépare le tableau du 
couronnement d'épines de celui du crucifiement, donne la 
date de la confection de la tapisserie. 

Depuis très longtemps la partie supérieure de cette ins- 
cription, détériorée par de fréquents maniements, était 
cachée sous des replis de la tenture et sur la partie restée 
visible on ne lisait plus que les mots : 

Fecit anno Domini millesimo quingentesimo 

ondecimo (sic). 



— 295 — 

II y avait tout lieu de supposer qae ces mots étaient 
précédés du nom de fauteur des cartons et peut-être du 
lien où la tapisserie avait été confectionnée. 

Mais les plis ayant été soigneusement déroulés, nous 
avons vu que de cet écrit brodé en laine noire dans les 
méandres d'une banderole blanche, les premières lignes 
étaient effacées par une longue usure ; sur le tissu effiloché 
n'existent plus que des traces illisibles des lettres emportées. 

Pourtant, sur la partie encore intacte, nous avons pu 
découvrir, précédemment cachés par les replis de la tapis- 
serie, trois mots qui jettent un jour nouveau sur l'ins- 
cription et écartent toute idée qu'elle pouvait contenir le 
nom du peintre ; ces trois mots sont : Celerarius me fieri. 

L'inscription se termine donc ainsi : 
Celerarius me fieri 

fecit anno Domini millésime quingentesimo 

ondecimo. 

Le titre de cellerier est un nom d'office dans une com- 
munauté régulière (chapitre, abbaye, monastère). Les nom 
et prénom de celui qui a commandé la tapisserie devaient 
précéder le mot Celerarius, et probablement encore avec 
eux il était fait mention du lieu où le cellerier était en charge 
et qui devait être orné de la tapisserie. Il faut alors remar- 
quer que ces indications rempliraient toute la partie effacée 
des méandres de la banderole, et que si le nom du peintre 
avait dû figurer quelque part sur l'inscription, son intro- 
duction n'aurait été possible qu'entre les mots : Celerarius 
me fieri fecit et la date. Or, à cet endroit il n'y a évidem- 
ment point de place pour cette insertion. 

A défaut de toute indication d'auteur, il a donc fallu 



— 296 — 

recourir à un système d'attribution qui eut, an moins, le 
mérite d'être plausible. On croit l'avoir trouvé par la judi- 
cieuse observation des tableaux, par l'étude comparée du 
genre de la composition, de la manière du dessin, du type 
des personnages, de la forme des costumes, des détails 
d'ornementation, des effets de lumière et de coloris. 

D'après ces inductions très consciencieuses, la tapisserie, 
qui est tout à fait du style de Quentin Metsis, serait l'œuvre 
de ce célèbre peintre flamand, né en 1 450 et mort en 1 529. 
Ce nom restera donc celui du peintre de la légende, quelque 
soit, d'ailleurs, le lieu où la tenture a été ouvrée. 

Dans cette œuvre splendide, si Ton considère, à part, 
la composition artistique des scènes représentées, le dessin 
et l'expression des figures, l'originalité et la richesse des 
costumes, l'ampleur si bien accusée des draperies dont les 
personnages sont revêtus, le choix des accessoires, les effets 
du coloris, en un mol, l'aspect pittoresque des tableaux, 
il en est parmi eux à remarquer plus particulièrement ; 
nous citons entr autres : le baptême de Jésus, le sermon 
sur la montagne, l'arrestation de Jésus trahi par Judas, 
le couronnement d'épines, le crucifiement, la descente de 
croix, pour les scènes relatives à la vie du Sauveur ; l'an- 
nonciation et l'assomption pour celles qui ont trait à la vie 
de sa Mère. 

Au devant du tableau le sermon sur la montagne, deux 
femmes sont assises ; celle de droite richement vêtue et dont 
la tête est ornée d'un diadème, représente Catherine d'Ara- 
gon, première femme d'Henri VIII. C'est elle encore qui, 
dans le tableau de la descente de croix, parée du manteau 
royal, s'agenouille devant le corps du Christ déposé au pied 



— 297 — 

de la croix, la tête reposant sur les genonx de la Sainte- 
Vierge. 

La bordure de la tenture, enjolivée par une guirlande de 
feuillage de vignes et de rosiers entremêlé de raisins violets, 
de roses rouges et de pensées, est aussi très intéressante 
par les armoiries qu'elle porte dans le haut et par les signes 
héraldiques disséminés dans tout son parcours ; manifes- 
tation, sans doute, de reconnaissance envers les insignes 
bienfaiteurs de l'église à laquelle la tapisserie élail destinée.* 
On y voit, plusieurs fois reproduites, les armoiries du roi 
d'Angleterre, de la famille d'Octhamplon, des archevêques 
de Cantorbéry : Henri Déné, cardinal Morton et William 
Warham * . — Des écussons portant sur champ un daim 
accroupi, attachée un pieu par une corde et un anneau et 

avant sur le flanc la lettre R.— La même lettre sans écussoo 

• 

et d'autres lettres très ornées sont multipliées au milieu du 
feuillage de la bordure. 

Les tableaux de la tapisserie, au nombre de vingt-six, 
ont été reproduits par M. A. de Fonvert en autant de dessins 
au trait ; nous publions les trois premiers de la série dans 
les planches qui suivent : 



(\) William Warham avait été évoque de Londres avant 
de devenir archevêque de Cantorbéry, primat et chancelier 



d'Angleterre en 1503. 



TAPISSERIE DE S l ~SAUYEUR A AIX, 

DESCRIPTION SOMMAIRE 

DÇS TROIS PREMIERS TABLEAUX DE LA SÉRIE 
Dessinée par M. A. de FQNVERT. 



La nativité de U S le ïierge. 

S le Anne est, dans son lit, entourée de six femmes qui 
l'assistent, une d'elles lui présente une potion dans une sou- 
coupe à long pied. 

Au-devant du lit, une autre femme verse de Геаи dans un 
bassin pour laver l'enfant, que tient sur ses genoux une 
sixième femme assise et richement vêtue. 

La Présentation an Temple. 

La Vierge, enfant, conduite par un ange , monte avec 
assurance les degrés du Temple et sur le seuil de la porte 
elle est reçue par le grand prêtre. 

S 1 Joachim et S 1 ' Anne assistent à la Présentation. 

Sur la bordure du haut est un écusson parti ; au premier, 
d'azur, au pallium potence portant des petites croix de sable ; 
il accompagnait toujours les archevêques d'Angleterre et 
d'Irlande. Au deuxième d'argent à trois oiseaux de sable, au 
bec et aux .pieds de gueules. Ce sont les armoiries de Henri 
Déné ou Dééné transféré de l'évêché de Salisbury à l'arche- 
vêché de Canlorbéry en 1500, après la mort du cardinal 
Morton.Déné mourut en 1503. William Warham lui succéda. 



Я>\ 



— 299 - 

L'AiBonciatioB. 

La S lB Vierge couverte d'un grand manteau est à genoux 
devapt une table richement drapée, sur laquelle est un 
grand livre ouvert. Elle se retourne vers l'ange Gabriel qui 
apparaît les ailes déployées, vêtu d'une longue robe blanche 
et d'une chape en drap d'or doublée d'écarlate. De la main 
droite élevée vers le ciel, il annonce à Marie la volonté du 
Très-Haut et de l'autre main il lui présente le sceptre, sym- 
bole de sa future grandeur. 

Au-dessus de la tête de la Vierge, on voit le S 1 Esprit sous 
la forme d'une colombe blanche dans un cercle radieux. 




LA PROVENCE DES TEMPS AUTONOMES 

RAPPORT 

SUR « ЬА SOCIÉTÉ PROVENÇALE» 

DE M. CHARLES DE RIBBE 

Présenté à l'Académie d'Aix 
Par M. L. de Berlue - Porussis. 



-*»•««■ 



c< La plupart de nos contemporains semblent peu 
touchés par le culte de l'art pour l'art... Le vieux monde, 
condamné à se dissoudre dans la poussière des ruines, 
leur paraît, en littérature comme ailleurs, s'effacer devant 
un monde nouveau, où l'étude plus complète, une satis- 
faction plus large et plus générale des besoins éternels 
de l'ame humaine, retremperont les esprits dans le sen- 
timent du juste et du vrai... 

ce Les enseignements des révolutions mettent à nu la 
vanité des conceptions politiques ou sociales qui ne 
s'inspirent pas de la loi morale. Ils placent l'homme en 
présence de lui-même et de l'histoire, et la recherche 
du passé devient le point de départ de la philosophie 
pratique... C'est alors qu'aux jouissances purement litté- 
raires succèdent le sens nouveau et les vives ardeurs des 
recherches historiques. L'observation exacte des faits, 
de leurs développements , de leurs causes , de leurs 
conséquences, se lie à tout un travail d'élaboration et de 



— 302 — 

rénovation intellectuelle... L'étude du passé prend alors 
la place qu'occupaient d'une manière exclusive de sédui- 
santes et aussi, trop souvent, de décevantes abstractions. 
Nous en sommes là, et c'est ce qui explique les succès 
de l'école historique... 

ce II était possible autrefois aux Académies de se réfu- 
gier dans les hauteurs d'un platonisme où elles s'isolaient 
du mouvement général. De nos jours, la société boule- 
versée convie tons ceux qui ont un cœur et une plume 
à relever dans son sein le culte des bonnes et patriotiques 
traditions. * » 

C'est en ces termes éloquents que M. Charles de 
Ribbe esquissait, il y a un tiers de siècle, le programme 
de la jeune école historique, dont il fut parmi nous le 
promoteur. C'était l'heure où la Provence, à l'appel 
claironné de Maillane, venait de s'affirmer dans sa langue, 
emblème auguste et vivant de sa personnalité ; l'heure 
/ où le Languedoc, lui aussi, se ressaisissait, incité par un 
groupe d'initiateurs zélés, dont l'ouvrier majeur appar- 
tient à notre Académie. Cette date sera un repère pour 
celui qui racontera quelque jour l'évolution de l'esprit 
provincial. 

Joignant l'exemple à la formule, curieux des problèmes 
du passé, et soucieux tout autant de ceux de l'avenir, 
M. de Ribbe, tout le long de son abondante carrière 
d'écrivain, a sans cesse creusé l'histoire au profit de la 

* Séance de l'Académie d'Aix du 25 avril 4865. Voir Revue de 
Marseille et de Provence. XI, 351. 



— 303 — 

réforme sociale. Il a écrit, sur la vieille Provence, nombre 
de belles études très fouillées, très siennes. Avant 
lui, les érudits s'étaient limités, pendant trois siècles, à 
raconter par le détail la chronologie de nos princes, les 
guerres et les bouleversements politiques qui travaillèrent 
notre beau, mais infortuné pays, objet perpétuel, comme 
l'Italie , des convoitises du Nord. Aucun d'eux n'avait 
soupçonné, sous ces contingences, le fonds immanent 
d'une race résistante ? qui , grâce à la solidité de ses 
traditions, a pu traverser de continuelles crises, et passer 
de mains en mains sans abdiquer son individualité propre. 
La Provence, à l'abri de sa forte éducation successsi- 
vement romaine et chrétienne, a pu finalement devenir 
une des composantes, et une composante inséparable, de 
l'aggloméré français, tout en demeurant, sous sa nationa- 
lité nouvelle, Timpérissable Provincia. Si indestructible 
a été cette personnalité du peuple provençal, qu'aujour- 
d'hui, après cent ans de France une et indivisible, c'est 
chez nous que se manifeste avec le plus d'Intensité la 
réaction régionaliste ; c'est de la Provence qu'est parti 
le mot d'ordre qui, avant peu, contraindra les gouver- 
nants à remplacer la bureaucratie parisienne par le libre 
jeu des organismes locaux. A elle donc reviendra l'hon- 
neur d'avoir réveillé les caractères, d'avoir donné au pa- 
triotisme cette forme concrète qui seule peut lui assurer 
une base solide. 

Des premiers, il y a quarante ans, M. Charles de 
Ribbe, élève de prédilection de Rouchon-Guigues avant 
de Fêtre de Le Play, contribua à la résurrection des 



— 304 — 

trtKÎ.î!.4is provençales, en évoquant dans son Pascalis, 
«чч:е nJniste et admirable constitution de nos commu- 
nes et de nos Etats, qui demeurera à jamais le modèle 
vies systèmes politiques à la fois libres et balancés. 

Vinrent plus tard de savantes et fort neuves recher- 
ches sur l'ancien barreau provençal , celte pépinière 
iuvdigue où notre nation recrutait ses administrateurs 
ivttriotes, tuteurs indéfectibles des franchises séculaires, 
qui, pied à pied, et dans la mesure matériellement pos- 
мМе, luttèrent, de François I er à Richelieu, et de Ri- 
chelieu à l'effondrement des provinces, contre les empié- 
tements du pouvoir central, chaque jour plus autoritaire, 
plus accapareur des droits. 

Puis, entré plus intimement dans l'exploration de 
notre passé, M. de Ribbe découvrit cette mine inconnue, 
aux filons merveilleux, qui s'appelle ce les livres de raison.» 
Par douzaines et presque par centaines, il étudia ces 
vénérables registres familiaux, où revivent non plus les 
civiques dévouements de nos pères, mais leur existence 
privée, leurs habitudes sociales. C'est aiusi qu'il nous 
offrit tour à tour ces deux admirables volumes de 
la Vie domestique (dont le héros principal, Antoine de 
Courtois, est devenu, grâce à celte publication, un per- 
sonnage presque historique), bientôt suivis de deux autres, 
non moins importants, sur les Familles et la Société 
avant la Révolution. Autour de ces œuvres majeures 
se groupèrent de précieuses monographies : Les fian- 
çailles et les mariages en Provence , les Guiran 
Labrillanc (un nom aixois), Une famille au ХУ1 т0 



— 305 — 

siècle , Une grande dame dans son ménage , Deux 
chrétiennes pendant la peste (ici, c'est dans sa propre 
maison que Fauteur avait trouvé d'inimitables exemples 
de vertu), et d'autres encore. Toute une galerie de por- 
traits défila ainsi sous nos yeux émerveillés, nous révélant • 
notre Provence des derniers siècles, prise dans toutes 
les classes de la société, depuis le personnage féodal ou 
parlementaire jusqu'à l'ultime valet de ferme. Partout, 
du plus fier échelon au plus modeste, c'est le même type 
de simplicité native, de probe labeur, d'attachement à la 
demeure héréditaire, la même absence de toute ambition, 
sauf celle de garder et de transmettre intact l'héritage des 
traditions ancestrales. La fidélité à Dieu, au foyer, à la 
commune, telle est, au total, la base de l'existence de ces 
générations. Et de quelle douloureuse façon tout cela ne 
contraste-t-il point avec le scepticisme, l'individualisme, 
l'envie, qui, de nos jours, détruisent la joie de la maison 
et la paix de la cité ! 

Un seul reproche pouvait être fait à l'œuvre de M. de 
Ribbe, celui d'être empruntée à des documents de choix, 
émanés de familles exceptionnellement attachées aux 
bons principes. Et de fait, les lamentations mêmes de 
quelques-uns des livres de raison exhumés par ses soins, 
nous révèlent, à côté d'un élément d'élite, de tout autres 
milieux, où l'orgueil, la soif de parvenir, et de moins 
nobles passions offrent im visible contraste avec les mo- 
dèles proposés. Il va de soi, en effet, que la francisation 
de la Provence, avait dû, par une infiltration lente mais 
sure, entamer l'antique simplicité et les patriarcales 

20 



— 306 — 

mœurs de nos pères. Les exemples de corruption et de 
luxe de la cour des derniers Valois, ne pouvaient qu'in- 
fluer lamentablement sur une partie au moins de la 
noblesse provençale, et, de proche en proche, sur la 
bourgeoisie et le peuple. Que cette corruption fut acquise 
et nullement innée, que la Provence lut, avant son ad- 
jonction à la monarchie de France, une terre privilégiée 
entre toutes, nous en avons désormais la preuve indé- 
niable, par le beau et profond livre que nous donne 
aujourd'hui M. de Ribbe. 

L'auteur de tant de probants travaux a voulu couronner 
sa tache d'érudit et de dévot provençal, en s'enfonçant 
plus haut dans le passé indigène, en nous peignant, cette 
fois, la vie provençale aux derniers temps de notre 
autonomie. 

Une chance des plus heureuses a permis à M. de 
Ribbe de mettre la main, dans un recoin perdu du Var, 
sur le doyen probable des livres de raison que la Provence 
possède. C'est celui de Jaume Deydier, d'Ollioules, dont 
les premières lignes datent de 1 477, mais qui contient 
des mentions rétrospectives remontant jusqu'à 1250. A 
l'aide de cet inappréciable registre, l'auteur a pu nous 
donner la monographie d'ime famille vraiment biblique, 
durant de longues générations. Mais c'est surtout la figure 
de Jaume Deydier qui se détache sur ce fond de capti- 
vant intérêt. Son livre, régulièrement et soigneusement 
tenu, nous permet d'étudier — et d'admirer — en lui 
le chef de maison, le propriétaire rural, le citoyen. 

De là les trois grandes divisions de l'ouvrage de M. de 



— 307 — 

Ribbe : la famille, la propriété, Ta commune. 

Fidèle à l'ingénieuse méthode qui caractérise ses 
publications antérieures , et leur donne ime force si 
concluante, le savant écrivain ne s'est pas borné à suivre 
son béros dans le cadre, nécessairement étroit, où il se 
meut. De même que , dans La Vie domestique , il 
groupa, autour d* Antoine de Courtois, toute la Provence 
des XVIP 116 et XVIH me siècles , de même, ici, de nom- 
breux personnages des deux siècles précédents font cor- 
tège à Jaume Deydier ; et tous ces exhumés lui ressem- 
blent si étonnamment, que Ton dirait un provençal unique, 
aux noms divers, aux situations variées, mais à l'inchan- 
geante physionomie : tant la tradition médiévale coulait 
les âmes dans un même moule de vertu et d'honneur. 
Deydier, comme Courtois, n'est, à vrai dire, qu'un pré- 
texte, une ébauche première, que Fauteur complète et 
affine à l'aide d'éléments dispersés , et qui, sous son 
experte main d'artiste, devient un type achevé : le Pro- 
vençal d'avant l'union, le Provençal sans alliage. 

On n'attend pas de nous que nous parcourions, avec 
l'émment sociologue, tous les développements de sa large 
étude. Il nous suffira d'indiquer, d'une plume rapide, les 
principaux points de vue de l'horizon si complet qu'il 
déroule à nos yeux et qui contraste du tout au tout, 
avec la noire image que l'on nous présentait, au collège, 
du moyen-âge français : image vraie en grande partie 
pour les provinces coûtumières du Nord, mais absolu- 
ment mensongère pour notre Midi, de droit écrit et de 
libertés indéracinables. 



— 308 — 

C'est la famille , avons-nous dit, que l'auteur décrit 
tout d'abord. Ce cercle, qui semble limité aux quatre 
murs de la maison, embrasse, en réalité, tout un monde 
intime.. La vie ne se dépensait point à cette époque de 
reconstitution sociale, en mondanités et en sports. Elle 
avait son assise au foyer. Tour à tour nous assistons, sur 
les раз de notre guide, aux solennités touchantes du bap- 
tême, du contrat de mariage et du testament : Deydier 
et ses contemporains nous en disent les rites et les 
émotions. Us nous racontent leurs fêtes domestiques, 
leurs pèlerinages, les audiences de la judicature villa- 
geoise, les arbitrages entre amis, en un mot les infinis 
détails d'une existence qui étonne et charme par son 
cachet de simplicité et d'harmonie. Il y a là des tableaux 
d'une exquise douceur, et dont la plume si littéraire de 
M. de Ribbe a tiré des effets émouvants. Ce qui frappe 
et domine dans l'ensemble, c'est, à tous les étages de 
cette société, une solidarité surprenante entre le pauvre 
et le riche, si tant est qu'il y eût des riches et des pauvres 
à cette heure où le monde se reprenait à vivre après les 
désastres du XTV me siècle. Seigneurs, bourgeois et paysans, 
également ruinés, se donnent la main en frères, pour 
sortir ensemble de leur écrasement, h l'aide fies deux 
leviers éternels que rien ne remplacera jamais chez les 
civilisés, le travail loyal et l'épargne courageuse. Et si 
entière est la fusion des classes, qu'elles s'unissent entre 
elles par des mariages, par des baptêmes, par des arbi- 
trages quotidiens, où le bourgeois et le paysan, le gen- 
tilhomme et le barbier contractent d'égal à égal. Ce n'est 



— 309 — 

pas la Provence du XV e siècle qui eût inventé, pour ses 
pèlerinages, trois catégories de voyageurs ou, pour ses 
représentations de Mystères, des fauteuils d'orchestre. Ils 
étaient trop égalitaires pour cela. Si leur pyramide avait 
un monarque au sommet, elle avait la république com- 
munale à sa robuste base. 

L'étude de la Propriété suit naturellement celle de la 
famille. Et ici, les découvertes sont, s'il est possible, plus 
inattendues encore. Le repeuplement de la Provence, 
après tant de guerres et de pestes, s'accomplit grâce à 
de nombreux « actes d'habitation n, à d'innombrables 
baux emphythéotiques, qui firent passer la terre aux 
mains des cultivateurs, indigènes ou étrangers, i des con- 
ditions d'incroyable bon marché. Il nous faudrait, par 
malheur, dix fois l'espace dont nous disposons, pour suivre 
M. de Ribbe dans les curieux et précis détails qu'il nous 
donne sur la propriété, le colonat partiaire, les afreira- 
men, le taux des salaires, et surtout sur le mouvement 
de concentration agricole qui amena, à la fin du moyen- 
âge, la création des domaines ruraux actuels, sans cesse 
morcelés, depuis lors, par les partages de famille (car la 
Provence ne connut jamais le droit d'aînesse, même pour 
les fiefs), et sans cesse reconstitués par l'énergique et 
indéfectible labeur des pères de famille, qui accomplis- 
saient des prodiges d'économie pour doter leurs filles 
sans écorner leur capital. 

Viennent enfin, pour couronnement, de très nouveaux 
aperçus sur la Commune provençale, qui, non moins que 
la maison, non moins que la ce bastide », fut, pour nos 



— 310 - 

* 

devanciers, un centre de dévouement et d'activité. L/ori- 
gine de nos mtinicipes a été très mal racontée jusqu'à 
présent* On a cru longtemps que les institutions romaines 
avaient traversé sans éclipse toutes les invasions barbares. 
C'est là une erreur désormais insoutenable. M. Ch. de 
Ribbe, après Firmin Guichard et d'autres, nous montre 
dans les « confréries du S'-Esprit », établies au XIII" 10 
siècle, le berceau de bien des consulats du Midi. Il 
fait l'histoire des transactions qui, de bonne heure, ré- 
glèrent les droits réciproques des possédant-fiefs et de 
leurs tenanciers, et devinrent la charte des franchises 
locales. 

Rien de plus intéressant que l'exposé du méca- 
nisme communal, où les Cap etoustau délibérèrent en 
assemblée plénière sur toutes les questions majeures, et 
tranchent par un vrai référendum les difficultés dont la 
moderne bureaucratie se réserve jalousement la solution 
autoritaire. Rien, d'autre part, de plus attachant à suivre 
que les efforts patients, et presque toujours couronnés de 
succès, des municipalités provençales, pour racheter les 
droits seigneuriaux, et assurer aux personnes comme aux 
biens cette pleine indépendance que Richelieu devait 
malheureusement confisquer au profit d'une oligarchie 
administrative, dont le joug est autrement lourd que celui 
de l'aristocratie terrienne, M. de Ribbe cite à ce sujet 
d'éloquents exemples de concorde entre féodaux et vas- 
saux. Ce sont là, dit-il en terminant, ce les fruits naturels 
des sociétés chrétiennes. Dans l'esprit chrétien, dans l'es- 
prit de l'Évangile, était alors le grand ressort social, parce 



— 311 — 

qu'en lui était le régulateur des mœurs. C'est lui qui, 
disposant les seigneurs fonciers à ne pas se laisser entraîner 
par leurs passions, quand elles étaient en conflit avec 
celles des populations, les faisait se détacher d'une préoc- 
cupation trop exclusive de leurs intérêts particuliers pour 
déférer à leurs vœux, et qui, chez celles-ci, exerçaient 
un semblable pouvoir d'apaisement. » C'est ce frein qui 
manque aujourd'hui aux gouvernants comme aux gou- 
vernés, et dont l'absence rend insoluble la question 
sociale, jadis si simple à solutionner, à l'aide du Déca- 
logue. 

Telles sont les grandes lignes de ce livre magistral, 
livre à la fois de vulgarisation érudite et de haute portée 
sociale. M. Charles de Ribbe, auteur de toute une biblio- 
thèque d'histoire et d'économie, nous a donné là une 
synthèse de son œuvre entière. Tout provençal qui lira 
ce volume connaîtra l'âme profonde de son pays, et 
sentira croître en lui le respect et le culte de sa race. 
Ces pages révélatrices affermiront dans les cœurs pa- 
triotes le triple amour de la famille, du sol natal et des 
vieilles libertés endormies. 



LA BULLE DE SAVON 



GUE 1 



Par M. AinxiH DE FONVERT. 



De son souffle puissant Dieu créa l'univers, 

— Du souffle d'un bambin je naquis toute ronde ; 
Les soleils que Dieu fit pour éclairer le monde 
De leur masse brûlante illuminent les airs ; 

— Quand, au jeu de l'enfant, mon corps a pris naissance, 
Transparent et sans flamme il jette un faible éclat, 

Mais dans l'éther il prend, tour à tour, la nuance 
Du bleu, du vert, du jaune et du vif incarnat. 

— A d'immuables lois Dieu soumit la nature, 
Les astres dans leur cours ne s'égarent jamais ; 

— Je vais, tournant comme eux, mais j'erre à l'aventure, 
Je monte, je descends, je brille et disparais ; 

— Dans l'empire des airs le Soleil et la Lune, 
Mars, Vénus, Jupiter et l'immense Neptune , 

En leurs corps grands et lourds se moquent des autans. 

— Bien petite et légère, au gré des moindres vents 
Lorsque je' m'abandonne, ils protègent ma vie 
Qu'à terre un heurt fatal m'aurait bientôt ravie ; 

— Des rayons divergents du grand astre du jour, 
Tout ici-bas reçoit la couleur, la lumière. 

— Je n'ai que des reflets décorant mon contour 



— 3U — 

Et qui, pâles ou beaux, se fondent en poussière. 
— De me lancer en l'air s'est amusé l'enfant, 
Au bout du chalumeau d'où son souffle me chasse 
Je nais et m'arrondis, pour briller un instant, 
Puis il rit de mon sort quand j'éclate en l'espace. 

C'est là ce que l'on voit très souvent ici-bas : 
Aider dans le malheur, rendre quelque service, 

Pousser le dévoûment jusqu'au jour du trépas 

Ne laisser qu'un ingrat, et même l'injustice. 

Avec les corps sortis des mains du créateur 

Me comparant, j'ai dit quelle est la différence. 

Il est pourtant un être, œuvre du même auteur, 

Qui conserve avec moi parfaite ressemblance : 

Ne voit-on pas, parfois, un fat, un orgueilleux, 

Comme moi goutte d'eau, se croyant une sphère, 

Et d'un mince succès faisant très grosse affaire ? 

D'esprit on Га cru plein quand en lui tout est creux, 

De s'élever très haut, tout en rampant, il rêve; 

Ballotté dans tous sens, il se soutient encor ; 

On dirait un moment, qu'il prendra son essor, 

Mais... le meilleur lui manque, au premier choc... il crève. 



POÉSIES 



PAR 
M. le Baron DE MEYRON NET-SAINT-MARC. 

■ I — ■ ■■<■ 



I 

JE VEUX MUBIR! 

Paraphrase de Vorei Motive 
De Paolo T08TI 

ROMANCE 



Je veux mourir au printemps de Tannée 
Quand l'air est tiède et que le ciel est pur, 
Quand l'hirondelle à l'humble maisonnée 
Suspend son nid protecteur du vieux mur. 

Je veux mourir au lever de l'aurore 
Quand mille fleurs éclosent sous mes pas, 
Quand dans les prés l'insecte dort encore 
Et qu'au matin s'entr'ouvrent les lilas. 

Alors, vers Dieu, joyeuse irait mon âme, 
Quittant la terre au lever d'un beau jour, 
Et dans mon cœur, brûlerait cette flamme 
Que donne seul le véritable amour. 

Mais, quand les airs sont troublés par l'orage, 
Le temps, plus noir que l'aile des corbeaux, 
Quand l'ouragan arrache le feuillage 
Et que l'hiver dépouille les rameaux , 



— 316 — 

Alors, j'ai peur de partir, et la terre 
Me semble un lit trop dur pour y mourir ; 
Pour résister, je me jette eu arrière, 
Dusse- je vivre ici-bas pour souffrir. 

Je veux mourir au lever de l'aurore 
Quand mille fleurs éclosent sous mes pas. 
Quand dans les prés l'insecte dort encore 
Et qu'au matin s 'en tr 'ouvrent les liias. 



II 



LE MOIS DE MAI 



CHANT D AMOUR. 



Pourquoi le pinson sur la branche 
Chante-t-il ses refrains joyeux ? 
Pourquoi, sous l'orme qui se penche, 
Dans l'herbe un bruit mystérieux ? 
Tout s'anime dans la nature 
Quand rayonne l'astre du jour, 
Pourquoi ? pourquoi ? C'est le murmure 
De la grande chanson d'amour. 



Pourquoi sortent de leurs cellules 
Tous les cri-cris dans les sillons ? 
Pourquoi volent les libellules 
Et deux par deux les papillons ? 
Les oiseaux vont dans le feuillage 
Faire leurs nids tout alentour, 
Pourquoi ? pourquoi ? C'est le ramage 
De la grande chanson d'amour. 



Pourquoi dans les forêts lointaines 
Le cri des grands fauves la nuit ? 
Pourquoi par les monts, par les plaines, 



— 318 — 

Ces soupirs, ces plaintes, ce bruit ? 
Serait-ce donc la vois du monde, 
Du printemps fêtant le retour t 
Pourquoi ¥ pourquoi t C'esl bien la ronde, 
La grande ronde de l'amour. 



BUREAU DE L'ACADÉMIE 

(1898) 



Président M. le Doyen Gcibal. 

Vice-Président M. le Chanoine Mille. 

Secrétaire perpétuel. . M. Charles de Ribbe. 

Secrétaire M. le Baron Guillibbrt. 

Archiviste M. de Berluc-Perussis. 

Bibliothécaire . . -. M. de Gaxtelmi d'Ille. 

* 

Trésorier M. Mouravit. 

Vice-Trésorier M. J. de Magallon. 



! > -■■■ < . 



TABLEAU 

des 

MEMBRES DE L'ACADÉMIE 



MEMBRES D'HONNEUR. 



MM. 



Vieille 0. $$, ancien recteur de Г Académie universitaire 
d'Aix, 1"mars 4869. 

Beaune %fc 4*i ancien procureur général à Aix, doyen de la 
Faculté libre de Droit à l'Institut catholique de Lyon, 25 
janvier 1876. 

Clément-Simon $$> C. 3fc, ancien procureur général près la 
Cour d'appel d'Aix, 19 février 1878. 

Gouthe-Soulard (Sa Grandeur M« r ) $fc Xavier, archevêque 
d'Aix, Arles et Embrun, primat, 21 janvier 1890. 

Belin 4$ I. P. U, recteur de l'Université, 21 janvier 1890. 

Arbaud U Paul, bibliophile, 30 janvier 1894. 

Gaston Paris C. $fe, de l'Académie Française et de l'Aca- 
démie des Inscriptions et Belles-Lettres, 11 novembre 
1895. 



21 



— 322 — 



MEMBRES TITULAIRES. 

MM. 

Feraud-Giraud 0. $$r il *i* Delphin, président honoraire à la 
Cour de Cassation, doyen de l'Académie, 40 février 1857. 

Ribbe (de) $ Charles, 40 février 4857. 

Reinaud de Fonvert Alexis, ancien membre de la commission 
des Musées, 46 mars 4858. 

Berluc-Perussis (de) îjt 0. »fi Léon, 24 janvier 4865. 

Cherrier (l'abbé) Auguste, chanoine, docteur en Théologie, 
45 avril 4872. 

Guillibert (baron) s§t 0. *J« Hippolyte , ancien bâtonnier de 
l'ordre des avocats à la Cour, 45 janvier 4878. 

Vidal U *§* François, conservateur honoraire de la biblio- 
thèque Méjanes, 24 janvier 4879. 

Meyronnet db Saint-Marc (baron de) Ф Philippe, 2 mars 4880. 

Chavernac Félix, docteur en médecine, lauréat de l'Académie 
de médecine, 9 mars 4880. 

Mouravit ^ Gustave, ancien président de la Chambre des 
notaires, 8 février 4884. 

Soubrat Charles, ancien conseiller à la Cour d'appel, pré- 
sident du Comice agricole, 45 février 4884. 

Guibal $fc ►{« U Georges, doyen honoraire de la Faculté des 
Lettres, 45 février 4884. 

Magallon (de) Ф i§t С >J« Jules, ancien membre de la Com- 
mission des Musées, 9 mars 4885. 

Marbot (l'abbé) Edmond, chanoine, ancien vicaire général, 
28 mars 4887. 

Gantelmi d'Ille (de) sgt *%* О. ф Charles, 47 juin 4890. 



— 323 — 

Lanery d'Arc tfp »J« С. $fc О. ф Pierre, docteur en droit, lau- 
réat de l'Institut, 8 mars 1892. 

Poktier I. P. W Henry, conservateur-directeur du Musée, 5 
avril 4892. 

Joret I. P. U Charles, professeur à la Faculté des Lettres, 
correspondant de l'Institut, 46 mai 4893. 

Sbllr (vicomte de) $fe ЦС. ф 4* Albert, ingénieur, pro- 
fesseur à l'Ecole Centrale en retraite, vice-président du 
Conseil général des Basses- Alpes, 46 mai 4893. 

Mille (l'abbé) Joseph, chanoine, curé de S'-Jean du Fau- 
bourg, 23 mai 4893. 

Sigaud de Bresc (de) Louis, ancien conseiller général, 23 jan- 
vier 4894. 

Chabrier Achille, docteur en médecine, ancien conseiller gé- 
néral, vice-président du conseil d'hygiène, 30 janvier 
4894. 

Fassii* Emile, I. P. У conseiller à la Cour, 24 avril 4894. 

Bec (de) Albert, 4" mai 4894. 

Moreau I. P. U Félix, professeur à la Faculté de Droit, 8 mai 
4894. 

Tourtoulon (baron de) I. P. y G. О. ^~С. ф Charles, ancien 
président de la société des Langues Romanes, correspon- 
dant le 4 juin 4878, résidant le 28 mai 4895. 

Saporta (comte de) Antoine, 23 mars 4897. 

Aude О.^^ф Philippe, médecin en chef de la marine, en 
retraite, 6 avril 4897. 



мм. 

Pisok 3£ I. P. у ffi Alexandre, doyen de la Faculté de droit, 

30 janvier Ш*. 
Mocgins de Roquefort (de) !j£ С. ф 0. •£ Eugène, conseiller 

doyen honoraire à la Cour d'appel d'ALx, 4" mai 189i. 
Cbanikr $ç Désiré, conseiller doyen à la Cour d'appel, 29 

mai 1894. 
Boisgelin (marquis de) С 4" Eugène, 16 juin 1896. 
Dvrahti ni la Cala de (de) Maurice, ancien conseiller à la Cour 

d'appel, 16 juin 1896. 



- 325 — 



MEMBRES RÉGIONAUX. 



MM. 



Mathero* £$2, ingénieur, de Г Académie de Marseille, corres- 
pondant de l'Institut, 21 décembre 4866. 

Reyoil 0. $J, ancien architecte diocésain, correspondant do 
l'Institut, à Nîmes, 27 février 1877. 

Marion $J, professeur à la Faculté des Sciences de Marseille, 
21 mai 1881. 

Forbin-d'Oppède (marquis de), château de Saint-Marcel, près 
Marsçille, 19 décembre 1882. 

Eysseric Saint-Marcel, ancien magistrat et conseiller général, 
inspecteur départemental de la Société d'Archéologie, à 
Sisteron, 19 décembre 1882. 

Plauchiîd i} Eugène, président de Г Athénée, à Força Iquier, 
pharmacien-chimiste de 1" classe, etc., 19 décembre 1882. 

Faucher (de) Paul, membre de l'Académie de Vaucluse, à 
Bollène (Vaucluse), 5 janvier 1883. 

Jessé-Charleval (marquis de), ancien directeur de la Revue 
de Marseille et de Provence, 5 janvier 1883. 

Jessé-Charleval (vicomte de) Ф Antoine,' ancien maire, mem- 
bre de l'Académie de Marseille, 5 janvier 1883. 

Rey (de) Gonzague, château du Prieuré d'Ardène, près Saint- 
Michel (Basses-Alpes), 5 janvier 1883. 

Terris (de) Ф Jules, notaire à Avignon, membre de l'Aca- 
démie de Vaucluse, 5 janvier 1883. 

Chailan £p О. Ф C. >J* Alfred, président honoraire de l'Ecole* 
félibréenne, à Marseille, 5 janvier 1883. 



— 326 — 

Guigou Just, docteur en droit, doyen honoraire de la Faculté 
libre de droit, à Marseille, 42 janvier 4883. 

Aube Frédéric, ancien notaire au Luc, membre de la Société 
d'Archéologie, 42 janvier 4883. 

Roux ^ Jules-Charles, ancien président de la Société Artis- 
tique de Marseille, ancien député, 42 janvier 4883. 

Isturd Ц I. P., archiviste des Basses-Alpes, secrétaire de la 
Société Académique, ancien élève de l'Ecole des Chartes, 
à Digne, 42 janvier 4883. 

Ollivieh 3£, docteur en médecine, ancien conseiller général, 
président honoraire de la Société scientifique et littéraire 
de Digne, 42 janvier 4883. 

Mireur £j£, archiviste du département du Var, membre du 
comité des travaux historiques, à Draguignan, 49 janvier 
4883. 

Bonhomme (l'abbé), chanoine à Riez (Basses- Alpes), 9 février 
4883. 

Brun, architecte, inspecteur de la Société Française d'Ar- 
chéologie, à Nice, 9 février 4883. 

Bernard $fc Charles, président à la Cour de Dijon, ancien 
avocat à la Cour d'Aix, 46 février 4883. 

Clappier $J Félix, ancien procureur général, à Saint-Gabriel, 
près Tarascon, 46 mars 4883. 

Pellissibr (l'abbé), vicaire général à Digne, 6 avril 4883. 

Cortès Fernand, à Saint-Maximin, 25 janvier 4886. 

Mâgallon (de) Xavier, avocat, conseiller général des Hautes- 
Alpes, à Marseille, 46 mars 4889. 

Mougins-Roquefort (vicomte de) Charles, avocat à la Cour 
d'Aix, 44 mars 4891. 

Gamber (l'abbé) Stanislas, aumônier du Lycée, à Marseille, 
7 avril 4891. 



— 327 — 

Pêlissier y Léon, professeur à la Faculté des Lettres de 
Montpellier, 4 juin 1891. 

Daixe U Louis, ingénieur, ancien président de la Société 
Littéraire de Digne, 12 janvier 1892. 

Gollot U Louis, professeur de géologie à la Faculté des 
Sciences de Dijon, 26 janvier 1892. 

Sénequier Paul, juge de paix à Grasse, 30 mai 1893. 

Poncet *|« Henri, maître de chapelle de la Basilique métro- 
politaine d'Aix, 6 juin 1893. 

Collongue (d'AvoN baron de), tjfê ^ О. Ф, ministre plénipo- 
tentiaire, au château de Collongue, par Gadenet (Vaucluse), 
6 juin 1893. 

Constantin (l'abbé), curé de Rognes (Bouches-du-Rhône)» 
9 janvier 1894. 

Ghaillan (l'abbé), curé de Beaurecueil (Bouches-du Rhône), 
12 janvier 1894. 

Dollieulb 0. >Js Frédéric, ancien magistrat, de Г Académie 
du Var, à Marseille, 28 mai 1895. 

Bourguet Alfred, avocat à la Cour de Paris, 10 mars 1896. 

Joubert (l'abbé) vicaire de la Madeleine, à Aix, 24 mars 1896. 

Borel 3£, anc. chef de musique militaire, à Aix, 9 mai 1896. 

Fbrrier Raymond, amateur d'art, à Aix, 16 juin 1896. 

Tourtoulon (baron de), marquis de Barre, Pierre, docteur 
en droit, à Aix, 12 janvier 1897. 

Теп, (baron du) »p Joseph, à Paris, 4 mai 1897. 

Maurel (l'abbé) Marie-Joseph, ancien curé de Puymoisson, 
à Marseille, 18 mai 1897. 

Bonnecorse-Lubières (comte Charles de), avocat à la Cour 
d'Aix, 28 décembre 1897. 



— 328 — 

Régnier I. P. (Antony), artiste peintre, à Marseille, 45 février 
4898. 

Autheman, ancien maire aux Martigues, 45 février 4898. 

Le Bourgeois (l'abbé) hagiographe, à Aix, 4" mars 4898. 

Prou-Gaillard О С. ^ (Auguste), ancien directeur de Г Aca- 
démie de Marseille, 3 mai 4898. 

Hemacle (comte) ф Louis, ancien maire d'Arles, 24 mai 4898. 



— 329 — 



MEMBRES COBRE8POIIDAIIT8. 

MM. 

Zeller Jules, professeur au collège de France, à Paris, rési- 
dant le 6 février 1855, correspondant le 43 avril 4858. 

Ferrand Joseph, ancien préfet, correspondant de l'Institut, 
rue de la République, 44, à Amiens (Somme), 20 janvier 
1864. 

Mistral Frédéric, à Maillane, 2 mars 4863. 

Mouttet Alexandre, juge de paix à Aix, 20 avril 4863. 

Teissier Octave, conservateur de la Bibliothèque, à Dragui- 
gnan, 20 avril 4863. 

Lescouvé , conseiller honoraire à la Cour de Cassation , 
résidant le 20 février 4866, correspondant le 3 décembre 
4878. 

Desjardins Arthur, avocat général à la Cour de Cassation, 
membre de l'Institut, résidant le 8 avril 4867, correspon- 
dant le 4" décembre 4873. 

Blancard Louis, correspondant de l'Institut, archiviste des 
Bouches-du-Rhône, à Marseille, 7 décembre 4868. 

Lavollée Paul-René, docteur ès-lettres, ancien consul général, 
à Paris, 25 avril 4870. * 

Bonvallot Edouard, ancien conseiller à la Cour de Dijon, à 
Paris, 26 février 4872. 

Millien Achille, lauréat de l'Académie Française, à Beaumont- 
la-Ferrière (Nièvre), 46 décembre 4872. 

Faisan Albert, à Lyon, 44*mars 4876. 

Roquc-Fcrricr Alphonse, président du Félibrige latin, à 
Montpellier, 4 juin 4878. 



— 330 — 

Bec (de) Léon, à Rieux-eu-Minervois (Aude), 11 juin 4878. 

Laugier, conservateur du Cabinet des médailles de Marseille, 
3 juin 4879. 

Bellet (l'abbé), à Tain (Drôme), 12 décembre 1882. 

Dorlhac de Borne, directeur honoraire d'Ecole Normale, à 
Tarascon, résidant 6 avril 4883, correspondant 9 mai 1893. 

Jullien Ernest, vice-président du Tribunal civil, en retraite, 
à Reims, 2 mai 1884. 

Boœt Alfred, président de la Société d'émulation de Mont- 
béliard, 4 juin 1888. 

Cottin Paul, sous-bibliothécaire à l'Arsenal, à Paris, 11 juin 
1888. 

Bremond d'Ars-Migré (marquis de) Anatole, conseiller géné- 
ral, château de la Porte-Neuve-en-Riec (Finistère), 27 
janvier 1891. 

Proal Louis, président à la Cour de Riom, résidant le 22 dé- 
cembre 1891, correspondant le 15 déembre 1896. 

Son Excellence Sawas-Pacha, à Menton, ancien ministre des 
affaires étrangères de l'Empire Ottoman, 26 janvier 1892. 

Gras Félix, capoulié du Félibrige, à Avignon, 11 novembre 
1895. 

Zeiller Charles-René, secrétaire du Conseil Général des 
Mines, à Paris, 19 janvier 1897. 

Petit Alexandre, docteur consultant à Royat et Paris, 4 mai 
1897. 

Hulot (baron), secrétaire général de la Société de Géographie, 
à Paris, 11 mai 1897. 



— 331 — 



MEMBRES CORRESPONDANTS A L'ÉTRANGER. 



MM. 

Adriani J.-B., membre du comité royal d'histoire nationale 
et de Г Académie des sciences, à Turin, 26 janvier 4858. 

Carnazza-Amari, ancien professeur à l'Université de Catane, 
sénateur du royaume d'Italie, 6 avril 4868. 

Rotrou (de), à Rome, 2 mai 1882. 

Gubernatis (comte de) Angelo $C. $ professeur à l'Institut 
national, à Rome, 3 janvier 4893. 

Typaldo-Bassia $J , juge suppléant , professeur agrégé à 
l'Université d'Athènes, 23 janvier 4894. 

Barr-Ferree, New- York, 5 juin 4894. 

Portai (le chevalier Emmanuel), Palerme, 42 février 4895. 

Le présont Tableau a été arrêté le 16 Juin 
1898, conformément à l'article 10 du Règle- 
ment intérieur. 

Le Président : 

G. Guibàl. Le Secrétaire: 

Baron Guillibert. 



LISTE 



DES 



ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES. 



»■« < 



Abbeville. 
A g en. 

Alais. 
Alençon. 

Alger. 
Amiens. 

Angers. 



Arras. 

Avignon. 

Bar-le-Duc. 

Bayonne. 

Belfort 

Besançon. 

Béziers. 

Bordeaux. 
Boulogne-sur-Mer. 

Bourg. 
Brest. 



Société d'émulation. * 
Académie Jasmin. 

Société d'agriculture, sciences et arts. 
Société scientifique et littéraire. 
Société historique et archéologique de l'Orne. 
Association scientifique algérienne. 
Société des antiquaires de Picardie. 
Conférence littéraire et scientifique de Picardie- 
Société académique de Maine-et-Loire. 
Société d'agriculture, sciences et arts. 

Société industrielle d'Angers et de Maine-et- 
Loire. 

Académie des sciences, lettres et arts. 

Académie de Vaucluse. 

Société des lettres, sciences et arts. 

Société des sciences et arts. 

Société Belfortane d'émulation. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts. 

Société de médecine. 

Société archéologique, scientifique cl littéraire. 

Société d'étude des sciences naturelles. 

Académie des sciences, bel les- lettres et arts. 

Société académique. 

Société d'agriculture de l'arrondissement. 

Société historique et littéraire de l'Ain. 

Société académique. 

Société d'agriculture de l'arrondissement. 



— 333 — 



Cahors. 

Cambrai. 

Cannes. 

Carpentras. 



Caen. Académie des sciences, arts et belles-lettres. 

— Société française d'archéologie. 

— Société linnéenne de Normandie. 

— Société des beaux-arts. 

— Société d'agriculture et de commerce. 

Société des études littéraires, scientifiques et 
artistiques du Lot. 

Société d'émulation. 

Société académique. 

Commission de la bibliothèque. 

Châlons-sur-Marne. Société d'agriculture, commerce, sciences et 

arts de la Marne. 

Chalon-sur-Saône. Société d'histoire et d'archéologie. 

Chambéry. Académie des sciences, belles-lettres et arts 

de Savoie. 

— Société savoisienne d'histoire et d'archéologie. 

Comice agricole. 

Société nationale académique. 

Société archéologique du département. 

Société scientifique, littéraire et artistique des 
Basses- Alpes. 

Académie des sciences, arts et belles-lettres. 

Commission archéologique. 

Société d'agriculture et d'industrie agricole du 
département. 

Société d'agriculture, sciences et arts. 

Société d'études scientifiques et archéologiques. 

Société d'agriculture et de commerce du Var. 



Chartres. 

Cherbourg. 

Constantine. 

Digne. 

Dijon. 



Douai. 
Draguignan. 



Dunkerque. 

Forcalquier. 

Gap. 

Grenoble. 



Hippone. 
Le Havre. 



Lille. 



Société dunkerquoise pour l'encouragement des 
sciences, des lettres et des arts. 

Athénée littéraire, scientifique et artistique. 

Société d'études des Hautes- Alpes. 

Académie delphinale. 

Société de statistique, des sciences naturelles 
et des arts industriels de l'Isère. 

Académie. 

Société nationale hâvraise d'études diverses. 

Société des sciences et arts, agricole et hor- 
ticole. 

Société des sciences, de l'agriculture et des arts. 



— 334 — 



Limoges. 

Lons4e-Saulnier . 
Lyon. 



Le Mans. 
Marseille. 



Mende. 

Montauban 
Montbéliard. 

Montbrison. 
Montpellier. 



Nancy. 



Nantes. 



Nice. 



Société archéologique et historique du Li- 
mousin. 

Société d'émulation du Jura. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts. 

Société littéraire, historique et archéologique. 

Société d'agriculture, histoire naturelle et arts 
utiles. 

Société botanique. 

Société académique d'architecture. 

Société d'agriculture, sciences et arts de la 
Sarthe. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts. 

Société de statistique. 

Société de géographie. 

Société de médecine. 

Société départementale d'agriculture des Bou- 
ches-du-Rhône. 

Société d'horticulture. 

Société botanique et horticole de Provence. 

Société d'agriculture, industrie, sciences et arts 
de la Lozère. 

Société d'agriculture du Tarn-et-Garonne. 

Société d'émulation. 

La Diana. 

Académie des sciences et lettres. 

Société pour l'étude des langues romanes. 

Société archéologique. 

Académie de Stanislas. 

Société centrale d'agriculture et comice de 
Nancv. 

m 

Société académique de Nantes et de la Loire- 
Inférieure. 

Société des sciences naturelles de l'ouest de la 
France. 

Commission de la bibliothèque de la ville. 

Société des lettres, sciences et arts des Alpes- 
Maritimes. 

Société centrale d'agriculture, d'horticulture et 
d'acclimatation de Nice et des Alpes-Mari- 
times. 



— 335 — 



Nimes. 

Niort. 
Paris. 



Pau. 

Perpignan. 

Poitiers. 

Quimper. 

Reims. 

Rennes. 

La Rochelle. 

Rodez. 
Romans. 

Rouen. 
Saint-Etienne. 



Académie. 

Société d'étude des sciences naturelles. 

Société centrale d'agriculture des Deux-Sévres. 

Faculté des sciences. 

Association philotechnique. 

Société philotechnique. 

Société nationale d'encouragement au bien. 

Société française de numismatique et d'archéo- 
logie. 

Société philomatique. 

Société ethnographique. 

Société de secours des amis des sciences. 

Société de biologie. 

Société de médecine légale. 

Société des antiquaires de France. 

Société des études historiques. 

Société centrale d'agriculture de France. 

Société zoologique de France. 

Société protectrice des animaux. 

Musée Gui met. 

Société des sciences, lettres et arts. 

Société agricole, scientifique et littéraire. 

Sociélé académique d'agriculture, belles-lettres» 
sciences et arts. 

Société archéologique du Finistère. 

Académie nationale. 

Société archéologique d'Ille-et-Vilaine. 

Société littéraire. 

Société des sciences naturelles. 

Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron. 

Comité de rédaction du Bulletin d'histoire 
ecclésiastique des diocèses de Valence, Gap, 
Grenoble et Viviers. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts. 

Société centrale d'agriculture de la Seine- 
Inférieure. 

Société d'agriculture, industrie, sciences, arts 
et belles-lettres de la Loire. 



- 336 — 



Saint-Là. 

Saint-Omer. 
Saint-Quentin. 

Saintes. 



Toulon, 
Toulouse. 



Tours. 

Troyes. 

Valence. 

Versailles. 



Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire 
naturelle de la Manche. 

Société des antiquaires de la Morinic. 

Société académique des sciences, arts, belles- 
lettres, agriculture et industrie. 

Société des archives historiques de la Saintonge 
et de l'Aunis. 



Académie du Var. 

Académie des jeux floraux. 

Académie des sciences, inscriptions et belle - 
lettres. 

Société d'agriculture de la Haute-Garonne. 

Société hispano-portugaise. 

Société d'agriculture, sciences, arts et belles- 
lettres. 

Société archéologique de Touraine. 

Société académique d'agriculture, des sciences, 
arts et belles-lettres de l'Aube. 

Société départementale d'archéologie et de 
statistique. 

Société d'agriculture et des arts de Seine-et-Oise. 

— Société des sciences morales, des lettres et des 

arts de Seine-et-Oise. 

Vitry-le- François. Société des sciences et arts. 



— 337 — 



ÉCHANGES INTERNATIONAUX. 



Anvers. 
Boston. 

Bruxelles. 



Bucarest. 
Buenos- Aires. 

Chicago. 
Christiania. 
Cl audiopoli. 

Colmar. 
Colombus. 
Florence. 
Genève. 
Metz. 

Mexico. 
Milan. 

Montevideo. 
Moscou. 

Munich. 
Naples. 
Neufchâtel (Suisse) 
Ottawa. 

Rio de Janeiro. 



Rome. 



Académie royale d'archéologie de Belgique. 

American academy of arts and sciences. 

Society of natural history. 

Comité du Bulletin Rubens. 

Académie d'archéologie. 

Société belge de géologie et de paléontogie, 

Comité de la revue de Belgique. 

Académie roumaine. 

L'Université. 

Académie des sciences. 

Université royale frédéricienne de Norwège. 

Sociéé rovale universitaire hongro-claudiopo- 
litaine François-Joseph. 

Société d'histoire naturelle. 

Ohio state agricultural society. 

Société dantesque italienne. 

Institut national genevois. 

Académie des lettres, sciences, arts et agri- 
culture. 

Société scientifique Antonio Alzate. 

Institut lombard. 

Société italienne des sciences naturelles. 

Musée national. 

Société impériale des naturalistes dp Moscou. 

Société impériale d'agriculture. 

Société d'histoire naturelle. 

Institut royal d'encouragement. 

Société neuchàteloise de géographie. 

Institut canadien. 

Société royale du Canada. 

Commission géologique des États-Unis du Brésil. 

Musée national. 

Observatoire national. 

Bibliothèque centrale Victor Emmanuel. 

L'Orient (revue). 

22 



1 



Santiago. 

Stockholm. 

Turin. 

Washington, 



Vienne. 



— 338 — 

Société scientifique du Chili. 

Académie royale d'histoire et d'antiquités. 

Université royale des études. 

Smithsonian institution. 

United slates geological and geographical Sur- 
теу of the ter ri tories. 

Académie américaine. 

Musée d'histoire naturelle. 



Envois du Ministère de l'Instruction publique 

et des Beaux-Arts. 



Bulletin du comité des travaux historiques et scientifiques. 

Répertoire des travaux historiques. 

Revue des travaux scientifiques. 

Réunion des sociétés savantes des départements, section des 
beaux-arts. 

Archives des missions scientifiques. 

Dictionnaire topographique de la France. 

Répertoire archéologique de France. 

Journal des savants. 

Romania. 

Rapports sur les archives nationales. 



Annales de l'Institut national agronomique. 

Bulletin du Ministère de l'agriculture et du commerce. 

Bulletin consulaire français. 



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s>X 



TABLE DES MATIERES 



Pages 

Rapport sur l'élection du Cardinal Boyer, par 

M. Guillibert 5 

Marius Reinaud, graveur provençal, par M. F. Vidal. 45 
Catalogue de l'œuvre de Marius Reinaud, par M. R. 

Le « Studium » papal de Trets au XIV siècle, par 

M. l'abbé Chaillan 413 

Les exhalaisons volcaniques considérées au point de 
vue de la genèse du globe terrestre, par M. le V u 

de Selle '. л 257 

La célébration du mariage à Aix aux XV* et XW 

siècles, par M. l'abbé Marbot 269 

La tapisserie de l'église métropolitaine Saint-Sauveur 
d'Aix, par M. A. de Fonvert et M. le Chanoine 

J. Mille 289 

La Provence des temps autonomes ; rapport sur « la 
Société provençale, » de M. Ch. de Ribbe, par M. L. 

de Berluc-Perussis 30! 

La bulle de savon, apologue, par M. A. de Fonvert . . 343 
Poésies, par M. le baron de Meyronnet-Saint-Marc ... 315 

Bureau de l'Académie 349 

Liste des membres 321 

Liste des sociétés correspondantes 332 



TABLE DES PLANCHES 



Pages 

Portrait do Marius Reinaud, par Lucien Gautier 46 

La Vierge de la Miséricorde, par Marius Reinaud . « . . 30 

Portrait de Granet, d'après Ingres, par Marius Reinaud 38 

Le Colisée de Rome, d'après Granet, par Marius Reinaud 69 

Jésus enfant, par Marius Reinaud 78 

Inscription de la tapisserie de Saint-Sauveur, par 

A. de Fonvert 289 

4" tableau de la tapisserie : la Nativité de la Vierge . 298 

2* » » : la Présentation » » 

3 e » » : l'Annonciation » » 



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ACADÉMIE D'AIX 



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MÉMOIRES 



DE 



L'ACADÉMIE 

DES 

SCIENCES, AGRICULTURE, ARTS 
ET RELLES-LETTRES 

D'AIX 



TOME XVIII 



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A. GABON, IMPRIMEUR DE L' ACADÉMIE 

1900 



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MÉMOIRES 



DE 



L'ACADÉMIE 



DES 



SCIENCES, AGRICULTURE, ARTS 
ET BELLES-LETTRES 



D'AIX 



TOME XVIII 





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A. GABON, nmUHKUl DE L' ACADÉMIE 

1900 



LE CABINET 

DES 

FÂURIS DE SAINT-VINCENS 

»a Aix 

D'APRÈS DBS DOCUMENTS INÉDITS 

PAR 

АЫПШЮШЕ MOCTTET 



Les belles collections d'antiquités, d'inscriptions, 
de médailles, de manuscrits de MM. Fauris de Saint- 
Vincens, père (i) et fils (a), présidents à mortier au 
Parlement de Provence, ont eu leur célébrité à la 
fin duXVIII me et au commencement du XIX"* siècle. 
Elles étaient propres à satisfaire les savants et elles 
excitaient la curiosité de nombreux voyageurs, 

Millin les visita, en 1804, au moment des jeux 
de la Fête-Dieu. Il avait pris gîte, sur le Cours, dans 
Thôtellerie qui devait se trouver, croyons-nous, 
dans la maison portant le n° 17 bis, entre la rue de 



(4) Jules-François-Paul de Fauris, seigneur de Saint-Vincens et 
de Noyers, né à Aix le 24 juillet 4748, mort le 22 octobre 4798. 

(2) Alexandre-Jules-Antoine, né à Aix, sur la paroisse Saint-Esprit, 
le 2 septembre 4750, mort le 45 novembre 4849. 



— 6 — 

la Masse et l'ancien hôtel d'Arbaud-Jouques, ayant 
en face l'hôtel Saint- Vincens, n° 14 (i). 

Le lendemain de notre arrivée, dit-il en son Voyage dans le 
Midi de la France, nous commençons à voir la collection de 
mon respectable ami. On éprouve un sentiment de véné- 
ration en entrant dans la maison de M. de Saint-Vincens ; 
tout y respire le savoir, la bienfaisance et la vertu. Le ves- 
tibule, la cour et les escaliers sont remplis d'inscriptions 



(4 ) Roux-Alphéran nous apprend que cet hôtel a été bâti, vers 
4660, sur les anciens terrains de l'évêché, par Honoré de Rascas, 
seigneur du Canet, conseiller au Parlement. — En 4668, il le passa 
à son neveu, sénéchal de Draguignan, qui le revendit, en 4698, 
à Silvy de Raousset, comte de Boulbon, seigneur de Mazaugues, 
etc., etc., président à mortier au Parlement. 

Antoine de Fauris, chevalier, seigneur de Saint-Vincens, con- 
seiller aux Comptes, père et grand-père de nos deux présidents, fit 
l'acquisition de cette maison, cour, écuries, remise et grenier à foin, 
sise dans l'enclos de cette ville et au grand cours, confrontant au 
levant, maison du marquis de Mirabeau, etc., etc., au prix de 
34,060 livres, de Joseph -A ndré-Silvy de Raoulx-Raousset, comte de 
Boulbon, petit-fils du président au Parlement (Etude Bertrand, dans 
les minutes de M e Garcin, l'un des prédécesseurs, à la date du 9 
juin 4739). 

Après la mort du dernier président de Saint-Vincens, sa succes- 
sion, ayant été acceptée sous bénéfice d'inventaire, l'hôtel fut judi- 
ciairement vendu le 4 juin 4822 et adjugé à sa veuve, née Dorothée 
de Trimond, au prix de 30,550 fr. 

Légué par elle à M. Alphonse d'Esmivy d'Auribeau, directeur 
des contributions directes à Nîmes, l'hôtel fut remis aux enchères 
devant M" Béraud, notaire à Aix, et adjugé, le 26 mars 4835, au 
prix de 38,500 fr., à M. Benjamin Crémieux, qui l'aliéna, le 46 juillet 
suivant, même notaire, à M. le conseiller Auguste Fabry, au prix 
de 40,000 fr. Il appartient aujourd'hui à ses fils, tous les deux ma- 
gistrats. 



grecques, romaines et du moyen-âge ; les dessus des portes 
sont ornés de fragments de mosaïque ; son cabinet présente 
une nombreuse collection de livres imprimés et manuscrits, 
de médailles et divers monuments d'antiquité ou relatifs à 
l'histoire de son pays (t. II, p. 195) (\). 

MM. de Saint- Vincens avaient compromis leur 
fortune à donner trop libre carrière à leur passion 
de collectionneurs. Aussi, après le dernier des Saint- 
Vincens, mort en 1819, président de la Cour royale 
d'Aix, ces richesses, si péniblement acquises, furent- 
elles judiciairement dispersées au feu des enchères 
publiques. 

On a été jusqu'ici inexactement renseigné sur 
cette vente. La Statistique des Bouches-du-Rhône (2), 
qui aurait pu nous dire la vérité, étant rédigée dans 
les bureaux de la préfecture au milieu de tous les 
documents officiels , effleure à peine le sujet , au 
Chapitre des bibliothèques publiques, dans la note 
suivante consacrée à la Méjanes : 

Cette bibliothèque, remarquable surtout par le choix 

des éditions et la beauté des reliures, s'est encore enrichie 
par différents envois du gouvernement et par l'achat d'une 
partie de la bibliothèque de M. Fauris de Saint- Vincens, qui 



(1) Voyage dans les départements du Midi de la France, par 
Aubin-Louis Miliin. Paris, de Timp. nat. 1 807-1 811, 1 vol. i 0-80 
avec atlas in-4°. — Voir Y addition, p. 51. 

(2) Statistique des Bouches-du-Rhône, dédiée au roi par le comte 
de Villeneuve, préfet de Marseille. A. Ricard, i vol. in-4° avec 
atlas in-folio. Marseille, 1821-1829. 



— 8 — 

a été partagée entre les villes de Marseille, d'Aix et d'Arles. 
Par cet arrangement, la ville d'Aix a, en outre, obtenu les 
objets d'antiquité et une foule de monuments, sceaux, mon- 
naies du moyen-àge, et des manuscrits précieux, parmi les- 
quels une certaine quantité ont appartenu au célèbre Peiresc 
(tome III, p. 582). 

Tout cela est bien vague et bien confus et ne fait 
qu'obscurcir l'histoire. 

M. Rouard, bibliothécaire de la ville d'Aix, qui 
ne pouvait pas ignorer la provenance du fonds Saint- 
Vincens, n'a été ni plus explicite ni plus exact que 
la Statistique dans la Notice sur la Méjanes (1). 

La belle collection, dit-il, que les présidents de Saint- 
Yincens avaient formée, en livres et manuscrits, en médailles 
et autres antiquités, fut acquise en 4820 (c'est 24 qu'il faut 
lire) par le département sous les auspices du comte de Ville- 
neuve, préfet, à qui rien n'échappait de ce qui pouvait être 
utile aux sciences et aux lettres, et répartie entre les villes 
d'Aix, d'Arles et de Marseille ; cette dernière eut les mé- 
dailles et les livres qui s'y rapportent ; Arles'eut à peu près 
tous les autres ; Aix les manuscrits et les antiquités qui for- 
ment la plus riche partie de son musée. 

Plus tard, Roux-Alphéran dans ses Rues dCAix, 
arrivé à l'hôtel des présidents de Saint- Vincens, 
devait naturellement parler de leur célèbre cabinet. 
Plein de confiance en l'érudition de son ami, qu'il 
avait tout lieu de croire au courant des choses de 



(4 ) Notice sur la bibliothèque d'Aix dite Méjanes, par M. Rouard, 
bibliothécaire. Aix, Aubin, 4831, in-8« f p. 232. 



— 9 — 

sa bibliothèque, Roux-Alphéran varia en ces termes 
le passage que nous venons de citer : 

Après lui (le dernier président de Saint- Vincens), le beau 
cabinet que son père avait passé sa vie à former et que lui- 
même avait augmenté, fut acheté par le département ; les 
livres furent envoyés à Arles, les médailles à Marseille, les 
antiquités et les manuscrits demeurèrent à Aix, où ils sont 
encore, les uns au Musée, les autres à la bibliothèque Mé- 
janes (4). 

Les erreurs ont la vie dure ! Bien des années 
après, en 1894, un érudit parisien, inspecteur géné- 
ral des bibliothèques et des archives, fut chargé de 
rédiger Y Introduction au catalogue des manuscrits de 
la bibliothèque (FÂix, dressé par le regretté abbé 
Albanès. Loin d'Aix, étranger à la Provence, que 
voulez-vous qu'il fit contre deux érudits Aixois, 
ordinairement mieux informés, il est vrai ? Il résu- 
ma ainsi ce qui avait été fort légèrement dit avant 

lui : 

Ces livres et antiquités ont été acquis en 4820 [pardon, 
c'est en 4824] par le département et répartis entre les villes 
d'Aix, d'Arles et de Marseille. 

Telle est la légende qui s'est faite autour de la 
vente du cabinet Saint- Vincens, légende à laquelle 
l'autorité de l'inspecteur général venait donner plus 



(I) Les Rues d'Àix, recherches historiques sur V ancienne capitale 
de la Provence, par Roux-Alphéran. Aix, typ. Aubin, Ш6-1818, 
2 vol. gr. in-8», t. II, p. 209. 



— lO- 
de crédit ; mais M. l'inspecteur n'a sans doute pas 
connu les Catalogues du Musée cTAix, publiés, en 
1862 et en 1882 par M. Gibert, son conservateur. 
Ils l'auraient mis sur la voie des documents que 
nous avons trouvés, en fouillant les registres des 
délibérations du conseil municipal d'Aix, et qui 
nous ont appris que, si le département a partagé 
entre les villes d'Aix, de Marseille et d'Arles, le lot 
de livres dont le préfet fit voter l'acquisition par le 
conseil général, ces villes avaient acquis, de leurs 
deniers : Aix , les antiquités et les manuscrits ; 
Marseille, les médailles, et Arles, qui n'avait pas 
de bibliothèque, le restant des livres. 

C'était assez pour couper court à la légende ; mais 
M. Gibert n'est pas entré dans les détails, s'il a 
toutefois connu les documents de la vente Saint- 
Vincens, conservés aux archives municipales d'Aix 
et aux archives des Bouches-du-Rhône à Marseille. 

Ces documents, encore inédits, vont nous per- 
mettre de rétablir les faits dans leur parfaite exac- 
titude. Mais avant de poursuivre, il nous paraît 
essentiel de dire sommairement les origines des 
présidents Fauris, seigneurs de Saint- Vincens et de 
Noyers. 

* 

Les Saint- Vincens, appartenant à une ancienne et 
très distinguée famille de robe, aujourd'hui éteinte, 



— M — 

étaient originaires de Manosque (i). Jules-François- 
Paul Fauris, seigneur de Saint- Vincens et de Noyers, 
arrière-petit-neveu de Christophe de Fauris de Saint- 
Vincens, avocat général au Parlement en 1 645 , était 
fils de second lit d'Antoine (2), conseiller à la Cour 
des Comptes, et de Anne-Bartholomée de Bouchet 
de Faucon, dont le père était conseiller au Parle- 
ment ; il naquit à Aix le 1 2 juillet 1 7 1 8, et fut baptisé 
le même jour à la paroisse Saint-Esprit de cette ville. 
La carrière de la magistrature s'ouvrait devant 
lui. Tout en étudiant le droit, il faisait ses délices des 
belles-lettres, de l'histoire et de l'antiquité. Les mé- 
dailles le passionnaient. Le 8 octobre 1737, il était 
reçu conseiller au Parlement, au siège de Jean- 
Baptiste de Suffren, et le 10 mars 1 746 il remplaçait 
André-Elzéar de Jouques en sa charge de Président 
à mortier. Il avait alors à peine vingt-huit ans. Le 3 1 
mai suivant, il épousait Julie de Villeneuve, native 
d'Aix, âgée d'environ dix-neuf ans, fille du marquis 



(1 ) Un des chefs-lieux de canton les plus importants des Basses- 
Alpes, sur la rive droite de la Durance, non loin du château de 
Mirabeau. C'est dans cette charmante petite ville que le jeune 
comte de Mirabeau fut exilé en 1774, qu'il y fut interdit et qu'il 
découvrit les relations coupables de sa femme avec le mousque- 
taire de Gassaud, de ce lieu. 

(2) Antoine de Fauris avait épousé en premières noces, le 16 
janvier 1700, Catherine-Thérèse d'Arbaud. 



_ 12 — 

de Villeneuve- Vence et de Sophie de Simiane, qui 
avait pour bisaïeule M me de Sévigné (i). 

De cette union, dont le Président eut beaucoup 
à souffrir (2), naquirent deux enfants : 

M. Alexandre- Jules-Antoine que, par la suite, on 
désigna plus particulièrement sous le nom de M. de 
Noyers pour le distinguer de son père ; et Julie- 



Ci) Règ. de la paroisse Saint-Esprit d'Aix pendant Tannée 1746, 
f. 10. 

(2) Voir le retentissant procès en faux survenu entre le vieux 
maréchal duc de Richelieu et la présidente de Saint -Vincens. La 
haute noblesse provençale intervint dans ces débats. De nombreux 
mémoires furent publiés à l'époque. La riche bibliothèque de M. 
Paul Àrbaud possède une collection fort rare de ces factums, trois 
gros vol, in-4' . Mary-Lafon en a publié un résumé sous ce titre : 
Les dernières armes de Richelieu — Mme de Saint- Vincent (sic) (lib. 
Didier, 18 ). Ce livre très partial, incomplet, sans valeur histo- 
rique, avec le nom des parties souvent estropié, ne manque pas 
cependant d'intérêt. Notre ami, le regretté M. Lucas de Montigny, 
en a laissé une relation manuscrite. Ce travail, intitulé : Un procès 
scandaleux au XVIII e siècle, composé tout entier à l'aide de lettres 
inédites de M. et de М ше de Saint- Vincens, de l'illustre Monclar, 
procureur général du Parlement de Provence ; de Mme de Simiane. 
du duc de la Vrillière, du marquis de Castellane, du chancelier 
Maupeou, du conseiller Meyronnet-Saint-Marc, etc., etc., est d'autant 
plus intéressant qu'il donne, pour la première fois, l'histoire vraie 
et le dénouement tragique de l'existence de cette malheureuse et 
spirituelle petite-fille de Mme de Sévigné (voir notre plaquette : 

G. Lucas de Montigny 18 14- 1874, Notes et Souvenirs. Aix, 1895, 
imp. Remonde t- Aubin. 

Le manuscrit autographe d'Un procès scandaleux au XVIII e siècle , 
prêt à être livré à l'impression, fait partie aujourd'hui de la bi- 
bliothèque du commandant L. de Montigny. 



— 13 — 

Sophie-Rossoline , mariée à Boniface de Perier, 
conseiller au Parlement, d'où Charles- Jules-Michel 
et Alexandre-Louis-Gaspard de Perier, qui héritèrent 
de leur oncle maternel. 

Comme son père, Alexandre fut destiné à la ma- 
gistrature ; comme lui, et sous sa direction, il cul- 
tiva les lettres, l'histoire et les antiquités. 

Né le з septembre 1750 (i), il était en 1775 reçu 
conseiller au siège et sénéchaussée d'Aix. En 1782 
son père résignait en sa faveur sa charge de prési- 
dent à mortier, sous réserve de cinq ans de survi- 
vance, avec rang et séance. La même année il épou- 
sait Marguerite-Dorothée, l'une des filles d'Henri- 
Joseph-Gabriel de Trimond, seigneur de Puymichel, 
petite-fille du conseiller Louis de Thomassin de 
Mazaugues et de Gabrielle de Seguiran, celle-ci 
petite-nièce de Peiresc. 

Les présidents de Saint- Vincens étaient deux 
grands collectionneurs, comme le Procureur général 
de la République des lettres, dont ils devinrent par 
ce mariage les alliés. 

Le président Saint- Vincens père tenait en telle 



(1) M. Aude, conservateur de la Méjanes, me communique les 
placards illustrés qu'il \ient de découvrir des deux thèses de phi- 
losophie soutenues par le jeune Fauris de Saint-Vincens : In aida 
Academiœ Regiœ Juliacensis sacerdotum oratorii domine Jesu. Ces 
thèses sont du 8 février et du 17 août 1768. Fauris de Saint-Vincens 
n'avait pas encore accompli sa dix-huitième année. 



— 44 — 

estime la mémoire de son illustre devancier, qu'il 
lui fît élever, à l'église de la Madeleine, un petit mo- 
nument confié au ciseau de Chastel (i).Il mourut à 
Aix le i er brumaire an VII (22 octobre 1798), dans 
la quatre-vingt-unième année de son âge, laissant 
aux mains de son fils les belles collections qu'ils 
avaient passé leur vie à former ensemble. 

Le premier soin de Saint- Vincens, après la mort 
de son père, fut de rendre un hommage public à sa 
mémoire en faisant imprimer une Notice sur sa vie 
publique et privée, dans laquelle il donnait une 
analyse des travaux littéraires qui l'avaient occupé 
jusqu'au dernier moment de sa vie (2). 

Après la suppression du Parlement, Saint- Vin- 
cens fils se tint à l'écart des événements. Il parta- 
geait son temps entre l'étude et les soins qu'il don- 
nait à son vieux père. 11 n'en fut pas moins quelque 
peu inquiété ; mais le calme étant revenu, il accepta, 
en 1802, d'être administrateur des hospices d'Aix. 
En mai 1807 (3), il remplaça au conseil général 
M. Millard (4), démissionnaire. Il fut nommé maire 

(4) Autour de Peiresc, par T. de Larroque et Mouttct. Aix, 4898. 

(2) Magasin Encyclopédique y de Millin, 4798, et réimprimé à Âix 
par Henricy, an VIII et an IX, in-i°. 

(3) Ledép. des B.-du-Rh.> par S'-Yves et Fournier, 4899, p. 94. 
<i) Millard était alors commissaire tle police à Aix. 



— 15 — 

de cette ville par décret du 18 mars 1808 et ins- 
tallé le 13 mai. L'année suivante, le département 
Tayant désigné comme candidat, il fut appelé au 
Corps législatif par un décret, signé au camp de 
Schoenbrunn le 13 octobre 1809. 

Le décret d'organisation de la Cour impériale 
d'Aix (i er juin 181 1), créa son président, le baron 
Baffier, premier président, et appela M. de Saint- 
Vincens à une présidence de chambre. 

Le président Alexandre de Saint- Vincens mourut 
à Aix le 15 novembre 181 9 (1). 

Ses deux neveux, Charles et Gaspard de Perier, 
fils de sa sœur Rossoline, mariée à Boniface de Perier, 
conseiller au Parlement de Provence, seuls habiles 
à se porter héritiers de leur oncle maternel, firent, 
le 22 du même mois et jours suivants, conserva- 
toirement procéder à l'inventaire des facultés mo- 



( I ) Voici son acte de décès : 

Etat-civil d'Aix. Du 1 6 novembre 1819. Acte de décès de M. Alexan- 
dre-Jules-Antoine de Fauris de Saint-Vinccns, ancien président à 
mortier au Parlement de Provence, ancien maire d'Aix, second pré- 
sident en la Cour royale, membre de l'Académie des inscriptions et 
belles-lettres de l'institut de France, officier de Tordre royal de la 
Légion -d'Honneur, décédé hier à midi en son hôtel sur le Cours, 
11 46 [il faut lire M] Agé de 69 ans, natif de cette ville, fils de feu 
M. Jules-François-Paul de Fauris de Saint-Vinccns, second président 
à mortier du Parlement de Provence, et de feue dame Julie de 
Villeneuve de Veuce, époux de dame Marguerite-Dorothée de Tri- 
mond. 



- \6 - 

bilières qui composaient sa succession, et ce par 
M e Gassier, notaire à Aix (i), assisté de trois experts 
désignés par eux : MM. Mane, tapissier ; Pontier, 
imprimeur-libraire, et Marcelin Boyer de Fonsco- 
lombe, « réputé par ses connaissances en objets 
d'art. » Le io janvier 1820, ils acceptaient la suc- 
cession sous bénéfice d'inventaire. 

En Tétat, l'affaire entrait dans la voie judiciaire, 
et Ton pouvait se demander quel sort attendait la 
célèbre collection Saint- Vincens qui allait passer 
aux enchères publiques. 

Heureusement le comte de Villeneuve, préfet des 
Bouches-du-Rhône, songea à conserver ces trésors 
à son cher pays de Provence. A cet effet, il adressa 
au ministre de l'intérieur, M. Decazes, la dépêche 
suivante : 

Marseille, 20 février 1820. 

La mort du respectable président Fauris de Saint-Vincens 
laisse ses héritiers en possession d'un cabinet magnifique en 
antiquités, en médailles, en monnaies anciennes et modernes, 
en manuscrits et en livres précieux pour l'histoire de Pro- 
vence. Son père et lui s'en étaient occupés sans relâche pen- 
dant leur longue carrière, et, d'après l'étude que j'ai faite par 
moi-môme de cette immense collection, je puis vous certifier 
qu'il n'en existe pas de plus intéressante dans son ensemble 
et dans ses rapports avec la localité. Cependant elle va être 



(1) Les minutes de ce notaire se trouvent aujourd'hui dans 
l'étude de M« Bernard, successeur de M« Pontier. 



— 17 — 

vendue et vraisemblablement dispersée; la position des héri- 
tiers, qui n'ont accepté la succession que sous bénéfice d'in- 
ventaire, l'exige impérieusement, et ils font toutes les dispo- 
sitions préalables à cette vente. Il paraîtrait même qu'ils ont 
reçu des propositions de quelques amateurs des arts et par- 
ticulièrement de M. le comte de Blacas. 

D'un autre côté, tout ce qui en Provence cultive les 
sciences, les belles-lettres et les arts, tout ce qui s'intéresse 
à la gloire de cette partie de la France, déjà si remarquable 
par ses souvenirs et ses monuments, gémit de voir s'anéantir 
une réunion d'objets uniques pour la plupart et que les 
étrangers venaient visiter avec un empressement presque 
religieux ; c'était, en quelque sorte, un abrégé de ce que la 
Provence offre d'intéressant, et, de toutes parts, on me sup- 
plie d'employer tous les moyens les plus efficaces pour faire 
en sorte que ce cabinet devienne une propriété publique. 

Ces vues rentrent trop dans les miennes, et comme admi- 
nistrateur et comme homme de lettres et comme provençal, 
poilr que je ne les adopte pas avec zèle et empressement ; 
d'ailleurs, ami et parent de M. de Saint-Vincens, lui ayant 
entendu dire souvent que si Dieu lui prétait vie et s'il pou- 
vait payer ses dettes, son vœu était de donner son cabinet à 
la ville d'Aix ou au département. Je regarde comme un de- 
voir sacré en concourant à l'accomplissement des derniers 
vœux d'un homme qui fait tant d'honneur à sa patrie de 
prendre l'initiative pour lui élever ainsi le monument le plus 
digne dé lui et de nous. Je suis convaincu que У. E. est 
d'avance disposée à me seconder, et, qu'après lui avoir fait 
connaître me& vues, je vais lui indiquer les moyens que je 
crois les plus propres à en assurer la prompte exécution (1). 

Les héritiers que j'ai vus et qui me paraissent disposés 



(4) Minute autographe de la dépêche : Arch. des Bouches-du- 
Rhône. 

2 



— 18 — 

à répondre à mes intentions, non moins qu'au désir qu'ils 
entendent se manifester par tous leurs concitoyens, m'ont 
dit que le cabinet de leur oncle était estimé 400,000 fr.; mais 
que cette somme était susceptible de rabais, soit par suite 
d'une estimation contradictoire, soit même par des arran- 
gements particuliers. Ainsi donc, pour partir d'une base 
quelconque, et sans rien préjuger toutefois, admettons que 
le prix soit de 80,000 fr. Cette donnée semblerait même assez 
juste, car il est notoire qu'en 4842 ou 4813 le cardinal Fesch 
en avait offert 70,000 fr., sans la bibliothèque, dans laquelle 
il ne prenait qu'un certain nombre d'ouvrages de choix. 

Cette somme serait bien considérable pour un département 
peu riche et pour les villes de Marseille et d'Aix dont les 
ressources financières sont absorbées par des charges énor- 
mes ; mais il ne me paraît pas impossible d'y atteindre en 
éloignant les termes du paiement et en multipliant les parties 
qui pourraient concourir à la dépense. 

Sur le premier point, les héritiers m'ont dit qu'ils étaient 
disposés à accorder cinq ou six ans et même plus pour le 
paiement, pourvu qu'il se fît en pactes égaux (sic) et qu'on 
leur précomptAt l'intérêt légal. Ce sont à mon avis les prin- 
cipaux obstacles aplanis. 

Abordons ensuite la question relative aux parties qui doi- 
vent acquérir : 

Le département ne le pourrait et ne le voudrait pas. Un 
cabinet de ce genre est par sa nature, un établissement com- 
munal, et le Conseil général consentirait tout au plus à 
accorder un secours pour cet objet aux \illes qui, formant 
cette utile entreprise, auraient besoin d'être aidées. 

Marseille et Aix sont celles que la chose devrait naturelle- 
ment regarder ; mais, outre que leurs dépenses ordinaires 
absorbent les recettes et que la charge du cabinet en entier 
serait énorme pour chacune d'elles en particulier, il faut 



— 19 — 

convenir qu'il contient des objets qui, inappréciables pour 
Tune d'elles, serait sans valeur pour Faulre. 

Ainsi, par exemple, Marseille pourrait se charger des mé- 
dailles, attendu qu'elle n'en a pas ou presque pas, et qu'une 
collection de ce genre y est vivement désirée ; tandis qu'Aix 
tiendrait surtout à avoir les manuscrits, les antiquités et 
plusieurs objets qui consacrent, en quelque sorte, l'illustra- 
tion de l'ancienne capitale de la Provence et compléteraient 
la bibliothèque qu'elle possède déjà. 

Quant aux livres, la plupart existent déjà à Aix ou à Mar- 
seille. Ces deux villes pourraient se partager les ouvrages 
qui leur manquent et les doubles seraient envoyés à Arles 
qui, s'occupant à se créer une bibliothèque, serait indubi- 
tablement disposée à voter annuellement quelques fonds 
pour cette destination. 

Ainsi donc, en résumant ces diverses indications, on peut 
croire que le département consentirait à accorder, à titre de 

secours, une somme de Fr. 20,000 

payable dans six ans. Elle n'aurait, assurément, 
rien de difficile à supporter. 

En supposant que les villes de Marseille et d'Aix 
émissent le vœu d'acquérir par moitié ce cabinet, 
proportion qu'on peut approximativement déter- 
miner entre les médailles et les autres objets, sauf 
les rectifications entraînées par la reconnaissance 
de ces mêmes objets, par leur estimation ou par ce 
qui serait amiablement déterminé par les deux 
villes, chacune d'elles pourrait y appliquer, pen- 
dant cinq ans, une somme de 5,000 fr., ce qui, au 
bout du terme, produirait un résultat de 50,000 

En admettant la quotité assignée à la ville d'Arles, 
et dont le montant lui serait imputé en livres, à la 
somme de 6,000 

on aurait un total de Fr. 76,000 



— 20 — 

Somme qui, répartie en six paiements, d'année en année, 
ne saurait être onéreuse et qui d'ailleurs se rapprocherait 

m 

tellement de la valeur présumée, qu'une augmentation quel- 
conque influerait faiblement sur les calculs ci-dessus, lorsque 
surtout les héritiers offrent de donner un plus grand nombre 
d'années pour effectuer le paiement, si la chose est jugée 
nécessaire. 

Jusqu'ici j'ai raisonné dans l'hypothèse que, pour faire 
cette acquisition, nous serions réduits à nos ressources 
locales ; mais ne pourrions-nous pas nous flatter que, sur 
nos instances, le gouvernement ne consentît à nous aider 
sur des fonds généraux ou communs destinés à l'encourage- 
ment des sciences, des lettres et des arts, soit qu'il le fit 
par pure bienveillance envers une contrée intéressante du 
royaume, soit qu'il voulût lui-même acquérir quelques objets 
qui peuvent manquer aux collections royales, ce que nous 
nous empresserions d'offrir. 

En outre, la Caisse de commerce de Marseille contenant 
des sommes considérables sans emploi pressant, on pourrait 
extraire en tout ou en partie le prix de l'acquisition pour 
être prêté au département ou aux villes dont il s'agit, de 
manière à être restitué dans un délai de dix ans, ce qui allé- 
gerait d'autant la charge en principal et intérêt ; et, pour 
cela, il suffirait de donner un an de plus à la ville de Marseille 
qui rembourse chaque année 72,000 fr. à celte caisse pour le 
cinquième de la somme empruntée en 1813 pour venir au 
secours des hôpitaux. 

Tels sont les moyens d'exécution que je vous soumets, 
Monseigneur, pour réaliser un projet auquel tiennent singu- 
lièrement tous les Provençaux éclairés. Rien ne me paraît 
faire prévoir des difficultés impossibles à surmonter, pour 
peu que vous veuillicz accéder à ces vues ; d'avance, je crois 
être sûr des bonnes dispositions du Conseil général et des 
Conseils municipaux, et je les en entretiendrai officiellement 
dès que Votre Excellence m'aura fait conna ître ses intentions; 



— 21 — 

elles nous seront favorables, j'en ai pour garant la pro- 
tection que le Roi accorde aux sciences et sa bienveillance 
pour cette province dont il a porté le nom, non moins que 
vos inclinations personnelles qui se manifestent si bien dans 
chacun de vos actes. Je me bornerai donc à vous assurer que, 
déterminer cette acquisition, sera faire une chose utile et 
agréable à cette contrée et dont elle vous aura la plus vive 
reconnaissance. Veuillez en conférer avec notre très honora- 
ble compatriote Siméon (4), qui, né à Aix et connaissant à 
fond ce cabinet et ses dignes possesseurs, vous donnera des 
notions certaines sur le prix qu'on doit attacher à empêcher 
qu'il ne se dissémine. Il se joindra à nous, je n'en doute pas, 
pour vous prier avec instance de protéger cette entreprise. 

En attendant que le catalogue détaillé soit achevé, je vous 
envoie une notice qui en tiendra lieu autant que possible. Sa 
lecture vous prouvera que tout ce que je viens d'avoir 
l'honneur de mettre sous vos yeux n'est pas exagéré et déter- 
minera, de votre part, une approbation sur laquelle je compte 
avec la plus entière confiance. 

Je suis avec respect, de Votre Excellence, le très humble 
et très obéissant serviteur. 

Comte de Villeneuve. 

Voici la réponse du nouveau ministre, M. Siméon, 
à la date du 13 mars 1820 : 



(4) M. le comte Siméon, к ce moment sous- secrétaire d'Etal au 
ministère de la justice, était nommé le lendemain 24 février mi- 
nistre-secrétaire d'Etat au département de l'Intérieur, en remplace- 
ment de M. le comte Decazcs, démissionnaire pour cause de santé, 
et que le Roi, par deux ordonnances du môme jour (20 février), 
avait fait duc et ministre d'Etat en son conseil privé. La dépêche 
du préfet des Bouches-du -Rhône arriva aux mains du nouveau mi- 
nistre et la réponse était signée : Siméon. 



- 22 — 

Monsieur, 

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire 
le 20 du mois dernier, concernant l'acquisition du cabinet 
de M. le président Fauris de Saint- Vincens. 

J'ai examiné les propositions que vous avez cru devoir me 
faire à cet égard et je ne puis qu'être disposé à les approuver 
si, comme vous semblez l'espérer, vous pouvez les faire 
adopter par le Conseil général du département et les conseils 
municipaux, des villes intéressées. 

Je vous engage donc à procéder d'abord à une estimation 
contradictoire de la collection dont s'agit, à convenir ensuite 
du prix définitif avec les héritiers de M. Fauris Saint- Vincens 
et à vous assurer par les voies qu'indique votre lettre les 
moyens de faire face aux payements. 

Lorsque ces formalités préliminaires seront remplies, vous 
voudrez bien me renvoyer l'affaire, afin qu'il soit définiti- 
vement statué sur son objet. 

Vous avez proposé d'emprunter à la caisse d& commerce 
de Marseille les fonds nécessaires à cette acquisition ; mais 
si,comme vous le dites, les héritiers sont disposés à accorder 
des termes pour les payements, cette mesure n'offrirait qu'une 
complication qu'il me semble qu'on peut éviter. 

Agréez, etc. Signé : Siméon (1). 

Conformément à ces instructions, il fut procédé 
contradictoirement à une première évaluation du 
cabinet Saint- Vincens, par Sallier (2) et Revoil (3), 



(1) Archives des Bouches-du-Rhône. 

(2) François Sallier, ancien maire d'Aix, alors receveur parti- 
culier des finances de l'arrondissement, le célèbre collectionneur 
provençal, mort dans cette ville le 20 février 1831. 

(3) Pierre Revoil, peintre d'histoire, ancien directeur de l'école des 
beaux-arts à Lyon et président de l'Académie d'Aix, père de l'archi- 
tecte actuel, qui lui succéda comme correspondant de l'Institut. 



- 23 — 

« experts désignés, » le premier par le préfet et le 
deuxième par les héritiers. 

Cette évaluation portait le prix total de la collec- 
tion à la somme de 60,503 fr., savoir : 22,629 fr. 
pour les antiquités et manuscrits, 18,723 fr. pour 
les médailles et 19,151 fr- pour les livres. 

Entre temps le préfet adressa aux maires d'Aix, 
de Marseille et d'Arles une lettre-circulaire tirée de 
sa dépêche au ministre et de la réponse de S. E. 
pour inviter chacune de ces villes à voter l'acqui- 
sition de la partie du cabinet Saint- Vincens la con- 
cernant plus spécialement. 

Nous allons nous occuper d'Aix, laissant Marseille 
et Arles agir de leur côté dans leurs intérêts parti- 
culiers. 

L'affaire mise à l'ordre du jour de la séance ex- 
traordinaire du conseil municipal du 22 avril 1820, 
d'Estienne Dubourguet, maire d'Aix, dit : 

Messieurs , 

M. le préfet désirant conserver dans le département les 
objets précieux qui composent le cabinet de feu M. le pré- 
sident Fa u ris de Saint- Vincens, a pensé que le seul moyen 
d'y pourvoir était d'en faire faire l'acquisition par les villes 
de Marseille, d'Aix et d'Arles ; il s'est empressé, en consé- 
quence, de soumettre ses vues à S. E. le ministre de Tinté- 
rieur qui a daigné les approuver, et il me charge de vous les 
communiquer par sa lettre duVde ce mois qui m'a été 
transmise par le sous-préfet et dont je vais vous donner lec- 
ture, bien persuadé que vous seconderez ses intentions pour 



' 



— 24 — 

que cette belle collection d'antiquités, de livres et de ma- 
nuscrits précieux ne soit pas enlevée à la Provence. Je vous 
invite à émettre votre vœu sur cette proposition. 

Après cet exposé : 

Le conseil a délibéré à l'unanimité, pour répondre aux 
vues de M. le préfet, de faire l'acquisition des monuments, 
livres et manuscrits du cabinet de M. le président de Saint- 
Vincens qui intéressent plus particulièrement la ville d'Aix ; 
qu'à cet effet MM. Pontier (\) et de Fonscolombe (2), mem- 
bres du conseil, seront chargés de faire la recherche de ces 
divers objets dans l'inventaire général du dit cabinet, afin 
que, d'après leur rapport, par l'estimation faite par les ex- 
perts commis, со ntradic toi rement par M. le préfet et les 
héritiers bénéficiaires de M. de Saint- Vincens, il puisse voter 
les fonds nécessaires à cette acquisition, suivant les condi- 
tions stipulées pour les paiements. 

L'affaire suivit le cours ordinaire. A la session 
du Conseil général de 1820, le préfet présenta dans 
la séance du 1 4 août le rapport suivant sur Vacqui- 
sition du cabinet de Saint-Vbicens : 

Cet honorable membre du Conseil général, dont nous ne 
saurions assez regretter les éminentes vertus, les bonnes 
qualités, la profonde érudition et surtout le dévouement à 
tout ce qui était bon et utile à sou pays, a laissé en mourant 
an cabinet précieux ; comme collection de médailles, de 
monnaies des comtes de Provence, d'antiquités, d'inscrip- 
tions, de manuscrits relatifs à l'histoire de Provence, biblio- 
thèque choisie, etc.; il serait difficile de trouver ailleurs une 



(1) Augustin Pontier, imprimeur à Aix. 

(2) Hippolyte Boyer de Fonscolombe, l'aîné des trois frères qui 
faisaient tous partie de notre Académie. 



— 25 — 

réunion plus intéressante, et la voir dispersée par une vente 
publique ou particulière serait une perte irréparable pour 
tout ce qui prend quelque intérêt au progrès des sciences, 
des lettres et des arts. Tous se sont réunis pour émettre le 
vœu d'en faire l'acquisition pour un établissement public, 
afin que ces objets pussent servir aux recherches de l'homme 
instruit comme aux études de la jeunesse. Toujours il fut 
ouvert aux personnes qui désiraient la vue ou la commu- 
nication des trésors qu'il renferme, et ce fut là la principale 
jouissance de MM. de Saint-Vincens père et fils, qui avaient 
consacré leur longue carrière à former et à accroître cette 
collection. L'intention du dernier possesseur (et il Га plus 
d'une fois manifestée) était d'en faire don au département 
ou à la ville d'Aix, pour peu qu'il lui fut possible de se 
mettre au courant de ses affaires que les circonstances avaient 
singulièrement dérangées. 

Le projet d'acquisition paraissait bien difficile au premier 
moment, car la valeur présumée de ce cabinet est portée 
fort haut et aucune de nos villes ne saurait y atteindre avec 
ses seules ressources. Mais les difficultés se sont affaiblies 
quand j'ai su que d'une part, les objets pouvaient être répartis 
d'une manière analogue aux vœux et aux intérêts des villes 
qui pourraient y concourir, et que de l'autre les héritiers 
possesseurs actuels étaient disposés à accorder plusieurs 
années pour effectuer le paiement, désirant eux-mêmes for- 
tement que le fruit des longs travaux de deux oncles (4) si 
recommandables ne fût pas perdu pour le pays auquel ils 
ont consacré tant de veilles et de capitaux. 

Ces vues ont été soumises au Ministre de l'intérieur qui, 
en sa qualité de Provençal, les a particulièrement approuvées 



(I) Inutile de relever ici la distraction du bon préfet. Il oublie 
que M. de Saint-Vincens fils, étant l'oncle maternel des de Périer, 
M. de Saint-Vincens père est leur aïeul, et non leur oncle. 



— 26 - 

et m'a chargé d'en suivre l'exécution, soit auprès de vous, 
soit auprès des conseils municipaux, en ayant soin au préa- 
lable de faire procéder par des experts contradictoiremeot 
nommés à l'estimation de chacun des articles qui composent 
ce cabinet. Les héritiers ont confié cette mission à M. Revoil, 
peintre de S. A. R. Madame la duchesse d'Angoulême, aussi 
recommandable par ses talents que par ses sentiments ; pour 
mon compte j'ai cru ne pouvoir faire un meilleur choix que 
celui de M. Sailier, receveur particulier de l'arrondissement, 
qui possède lui-même un superbe cabinet et réunit toutes 
les connaissances que ce goût entraîne à un dévouement 
sans borne, à la gloire de son pays et à une intégrité géné- 
ralement reconnue. 

Ces Messieurs se sont acquittés de cette mission intéres- 
sante avec le zèle qu'on devait attendre de l'empressement 
mis à l'accepter, et leur travail sera mis sous vos yeux s'ils 
ont le temps de le mettre au net. 

On avait cru d'abord et d'après des donnéeâ généralement 
admises que ce cabinet pouvait valoir de 70 à 80,000 francs; 
il fallait d'ailleurs une base quelconque et dût-elle être 
exagérée, il convenait de l'accepter, sauf à la réduire d'après 
l'estimation. 

•Cette opération terminée donne en résultat une somme 
totale de 60,503 francs, savoir : 

Antiquités 22,629 fr. 

Médailles 48,723 

Livres 19,451 

60,503 fr. 

Parmi tous les objets que renferme le cabinet, les seules 
qui conviennent à la ville de Marseille sont les médailles et 
monnaies qui dans l'estimation sont portées à la somme de 
18,723 francs. 

De son côté, la ville d'Aix tend uniquement à avoir les 
manuscrits, les antiquités et quelques livres de la bibliothè- 



— 27 — 

que ; on peut les évaluer à 22,629 francs, et déjà elle a voté 
en principe l'acquisition de cette quotité. 

La ville d'Arles, qui s'occupe de former une bibliothèque, 
a voté l'acquisition des livres dont Aix et Marseille n'auraient 
pas besoin, et on peut calculer qu'elle aura à s'abonner à 
une dépense de 4,000 francs. 

Mais le département sera sans doute jaloux de concourir 
à une acquisition toute d'utilité publique et de donner quel- 
ques facilités aux trois villes chefs-lieux d'arrondissement 
qui ont voté cette acquisition, soit en leur distribuant les 
livres qui, tombés dans son lot, sembleraient utiles à l'une 
des villes, soit en formant du surplus une bibliothèque pré- 
fectorale. Connaissant mieux que personne votre empresse- 
ment à seconder les efforts des amis des sciences, des lettres 
et des arts, je n'ai pu former le moindre doute à cet égard, 
et Son Excellence le Ministre de l'intérieur m'a expressément 
chargé de vous en entretenir. 

En supposant que vous assigniez au département un con- 
tingent égal à la valeur estimative des trois quarts des livres, 
il s'agirait d'une somme de : 

45,160 
Marseille aurait donc à payer 48,723 

Aix 22,620 > 60 ' 503 fr ' 

Arles 4,000 

Comme les héritiers ont offert de donner jusqu'à dix ans 
pour solder la somme, pourvu qu'on leur en bonifiât les 
intérêts, chaque ville serait maîtresse de prendre tels arran- 
gements qui pourraient lui convenir et de régler le partage 
des objets acquis d'après les rapports des commissaires res- 
pectivement délégués et sous la direction de l'autorité supé- 
rieure ; mais le département ne voudrait pas, sans doute, 
renvoyer ce paiement à des termes si reculés, et en prenant 
cinq ans il en résulterait seulement une dépense annuelle 
de 3,000 francs. Le motif que j'ai eu l'honneur de vous 



— 28 - 

développer et la certitude d'entrer dans vos vues, m'ont 
déterminé à la porter dans le budget de cette année ; outre 
les avantages qui doivent résulter de cette acquisition, vous 
y trouverez particulièrement occasion de rendre un hommage 
éclatant à la mémoire d'un homme respectable qui, membre 
du Conseil général pendant un grand nombre d'années, sut 
s'y montrer assidu, zélé, dévoué au bien public et y captiva 
l'estime et l'affection de tous ses coopérateurs (1). 

Le Conseil adoptant la proposition, décide de 
participer à cette dépense jusqu'à concurrence de 
1 5,000 fr.,en achat de livres qui seraient également 
distribués entre Aix, Marseille et Arles. 

Par sa lettre-circulaire du 21 du même mois 
d'août, le préfet fit part de cette décision aux maires 
de ces trois villes, en les engageant à mettre le 
catalogue sous les yeux du Conseil et à lui faire 
voter la somme nécessaire à l'acquisition de la 
partie à leur convenance et à leur choix. Les déli- 
bérations prises à ce sujet leur furent retournées 
approuvées, avec prière de les mettre à exécution. 

En lui transmettant, le 21 janvier 1 821, la déli- 
bération du Conseil municipal du 22 avril 1820, 
approuvée le 2 décembre suivant, M. de Coriolis, 
sous-préfet d'Aix, donnait avis au maire de cette 
ville que Marseille avait fait son choix et il lui en- 
voyait, pour lui servir de modèle, une copie du 



(1) Archives des Bouches-du-Rhône, série № 1 , registre 8, p. 105. 



— 29 — 

traité intervenu entre la ville et les héritiers béné- 
ficiaires du défunt Saint- Vincens : 

Veuillez bien, M. le maire, ajoutait-il, donner suite à la 
délibération du Conseil le plus tôt possible; il est urgent 
que le choix que doit faire la ville ait lieu le plus tôt possible 
pour que la ville d'Arles et le département puissent retirer 
de ce cabinet ce qu'ils désirent acquérir. Rien ne peut arrêter 
vos opérations. M. Je préfet vous a remis la copie de l'inven- 
taire estimatif du cabinet de M. de Saint- Vincens, dressé 
d'après ses instructions ; cette pièce remplit l'objet de la 
délibération du Conseil municipal qui a nommé deux mem- 
bres de ce Conseil qui doivent faire les recherches des mo- 
numents, livres et manuscrits dont il désire augmenter sa 
bibliothèque. 

Je vous recommande de veiller à ce que cette affaire soit 
terminée dans le plus bref délai, etc., etc. 

En Tétat, le Conseil s'étant réuni le 1 4 février 
182 1, autorisa le maire à traiter avec les héritiers 
bénéficiaires au prix définitivement fixé à 1 7,000 fr. 
pour les antiquités et les manuscrits. 

A la séance du 28 avril suivant, le maire déposa 
sur le bureau le contrat provisoire qu'il venait de 
signer avec les héritiers Saint- Vincens et qui est 
ainsi libellé : 

с Par la présente faite à double original 

Entre M. d'Estienne du Bourguet, maire d'Aix, chevalier 
de Tordre royal de la Légion d'Honneur, agissant au nom de 
la ville d'Aix, d'une part, 

Et MM. Charles-Jules-Michel de Perier et Alexandre-Louis- 
Gaspard de Perier, demeurant et domiciliés à Aix, héritiers 
bénéficiaires de M. Jules-François Fauris de Saint- Vincens, 



1 



— 30 — 

président à la Cour royale d'Aix, d'autre part, il a été con- 
venu ce qui suit : 

Article P r . — MM» de Perier, en leur qualité, vendent à la 
ville d'Aix les morceaux d'antiquités du moyen-âge, les 
tableaux, dessins et gravures faisant partie du cabinet de 
M. de Saint-Vincens, suivant l'inventaire estimatif qui en a 
été fait par MM. Revoil et Sallier (4). 

Art. H. — La susdite vente est faite pour le prix de 
47,000 francs pour les morceaux d'antiquités, dessins et 
gravures spécifiés dans l'inventaire estimatif. 

Art. III. — Ladite somme de 17,000 francs sera payable 
dans le terme de cinq ans, comptables du 4" janvier 1822 
jusqu'au 31 décembre 1826, à raison d'un cinquième ou de 
3,400 fr. chaque année, avec intérêts au 5 pour 100 par an, 
franc de retenue, et qui commenceront à courir du 1" janvier 
1822, lesquels intérêts décroîtront au furet à mesure et dans 
la proportion des paiements successifs, la ville se réservant 



(4) Notons en passant que les Manuscrits — chose essentielle 
— ne figurent pas dans Pacte do vente ; c'est sans contredit une 
simple omission du copiste ; les manuscrits faisaient partie du lot 
que la ville était autorisée à acquérir ensuite de la délibération 
sus-visée du 1i février ; ce qui est confirmé par le catalogue dressé 
entre les parties, au bas duquel est l'attestation suivante : 

« Nous arrêtons le présent catalogue détaillé des manuscrits 

dudit feu M. le président de Saint-Vincens, acquis par la ville d'Âix. 

« Fait double pour être annexé à chacun des originaux de l'acte 
de vente sous seing-privé. 

« A Aix, en l'hôtel-de-villc, le 17 mai 1821. » 

Suivent les signatures. 

Mme Louise de Magallon qui a signé « la marquise de Périer» 
comme mandataire de son mari Charles de Périer, est la tante 
paternelle de M. Jules de Magallon, ancien président de l'Académie 
d'Aix. 



— 31 — 

au surplus la faculté d'anticiper sur les termes ci-dessus 
convenus pour ces paiements. 

Art. IV. — La présente convention n'aura d'effet qu'après 
qu'elle aura été approuvée par une délibération expresse du 
Conseil municipal de la ville d'Aix, approuvée par M. le 
préfet du département, et qu'en outre l'acquisition qui en 
fait l'objet aura obtenu l'autorisation du gouvernement pour 
la ville et celle du tribunal de première instance pour les 
héritiers bénéficiaires vendeurs. 

En conséquence, les objets ci-dessus mentionnés vendus 
à la ville ne seront mis en sa possession que lorsque lesdites 
approbations et autorisations seront rapportées. 

Fait à Aix, en l'hôtel-de-ville, le 40 mars 1821 . 

Signé : D. Dcbourgubt, Charles de Решен, Alex, de Perier. » 

Le Conseil municipal a unanimement délibéré d'approuver 
le traité dans tout son contenu et prie enfin le maire de le 
soumettre à l'approbation de M. le préfet. 

Les héritiers bénéficiaires traitèrent aussi, dans 
les mêmes conditions, avec Marseille pour la collec- 
tion des médailles et monnaies au prix de 1 8,ooo fr.; 
avec le département, pour les livres, jusqu'à concur- 
rence de 1 5 ,ooo fr. , et avec Arles, pour le restant des 
livres au prix de 4,151 fr. 

Après quoi, ils provoquèrent la vente judiciaire 
des facultés mobilières et immobilières de l'hoirie 
Saint- Vincens et demandèrent spécialement l'auto- 
risation de faire vendre à l'encan les objets com- 
posant le cabinet, décrits dans l'inventaire du 22 
novembre 181 9, notaire Gassier, pour être, la vente 
du cabinet, effectuée en trois lots ainsi composés : 



1 



— 32 — 

I er lot, médailles et monnaies ; 
2 me lot, antiquités et manuscrits ; 
3 me lot, la bibliothèque. 

Par son jugement, en date du 12 mai 1821, le 
tribunal ordonna, avant dire droit, que le cabinet, 

* 

décrit et estimé dans l'inventaire sus- visé, serait vu 
et visité par M. Diouloufet, sous-bibliothécaire de 
la ville, expert nommé d'office, lequel déclarera, 
dans son rapport, s'il est ou non plus avantageux 
que les dits objets soient vendus en trois lots plutôt 
qu'au détail. 

Sur le rapport de l'expert, le tribunal rendit le 
6 juillet suivant un nouveau jugement. Voici les 
passages essentiels : 

Attendu qu'il résulte du rapport de l'expert Diouloufet 
qu'il sera plus avantageux de vendre en trois lols'la biblio- 
thèque, les médailles et les morceaux d'antiquités, que de 
les vendre par volume et pièce par pièce ; 

Que néanmoins, pour être assuré de parvenir à ce résultat, 
il convient d'augmenter la mise à prix des susdits objets, 
afin de prévenir toutes les chances contraires au but qu'on 
se propose. 

Le tribunal autorise les héritiers bénéficiaires à faire 
procéder à la vente aux enchères publiques par devant 
M. Agnelly, juré-priseur de cette ville d'Aix, des facultés 
mobilières de l'hoirie bénéficiaire de feu Fauris de Saint- 
Vincens. 

Et, quant au cabinet des médailles, aux antiquités et à la 
bibliothèque, ordonne la vente en trois lots, dont le premier 
sera composé du cabinet des médailles; le deuxième, des 
morceaux d'antiquités, et le troisième, de la bibliothèque; 



— 33 — 

Que le premier lot, composé du cabinet des médailles et 
monnaies, estimé dans le susdit inventaire h la somme de 
8,443 fr. 35 c, sera exposé aux enchères publiques sur la 
mise à prix de 47,900 fr. 

Que le deuxième lot, composé des morceaux 
d'antiquités, etc., estimé à la somme de 2,429 fr., 
sera exposé aux enchères publiques sur la mise 
à prix de 16,900 » 

Et que le troisième lot, composé de la biblio- 
thèque, estimé 10,485 fr., sera exposé aux en- 
chères sur la mise à prix de 19,000 * 



On nous permettra, à propos de ce dernier chiffre, 
d'ouvrir une parenthèse, au sujet de l'estimation 
des livres : 

Nos amis les bibliophiles ne liront pas sans sur- 
prise ni curiosité quelques-unes de ces évaluations. 
Ils seront frappés de l'écart énorme de ces prix 
avec ceux qu'atteindraient aujourd'hui les mêmes 
ouvrages. 

Ainsi, d'une part : 

Les Mémoires de Г Académie des Inscriptions et 
Belles-Lettres ) jusqu'en 1818, 50 vol. in-4 e , avec 
10 vol. des manuscrits de la bibliothèque du Roi, 
sont cotés 800 fr.; 

Et Le Magasin Encyclopédique de M. Millin, 134 
vol. 1/2 reliure, 400 fr. 

Tandis que, d'autre part, on évalue à des chiffres 
vraiment dérisoires des ouvrages fort rares et re- 
cherchés. 



— 36 - 

J'accompagne toutes ces pièces, ajoute-t-il en finissant, 
d'un avis motivé qui puisse servir de base à l'ordonnance 
royale que je vous prie de solliciter le plus tôt possible, afin 
que les villes de Marseille, d'Aix et d'Arles soient bientôt à 
môme de posséder une si précieuse réunion d'objets rares et 
dignes de figurer dans les cabinets et bibliothèques publi- 
ques de ces villes. 

C'est alors que fut rendue l'ordonnance royale à 

la date du 31 juillet 1821, portant : 

Art. P r . — L'acquisition du cabinet d'antiquités, médailles, 
manuscrits et livres, formée par feu le fils Fauris de Saint- 
Vincens, est autorisée. 

Art. II. — Les fonds de cetle acquisition seront faits, savoir : 

\ 9 Par le département des Bouches-du-Rhône, pour la 
somme de 15,000 fr. ; 

2 e Par la ville de Marseille, pour la somme de 18,000 fr. ; 

3° Par la ville d'Aix, pour la somme de 17,000 fr. ; 

Par la ville d'Arles, pour la somme de 4,151 fr. 

Entre temps le Tribunal civil de première ins- 
tance d'Aix avait rendu, à la date du 6 du même 
mois de juillet, le jugement autorisant la vente en 
trois lots du cabinet dépendant de la succession 
bénéficiaire de feu le président de Saint- Vincens, et 
commettant M. Agnelly, juré-priseur de cette ville 
d'Aix, pour procéder à ladite vente aux enchères 
publiques. 

En exécution de ce jugement cette vente eut lieu 
au jour indiqué, 24 septembre 182 1, à neuf heures 
du matin, en la maison qu'habitait, quand il vivait, 
feu M. de Saint- Vincens, sise sur le Cours, n° 14, 
en présence des héritiers bénéficiaires du défunt. 



— 37 — 

Il résulte du procès- verbal de la vente, dressé à 
la date dudit jour par le juré-priseur, que les adju- 
dications furent ainsi rapportées. 

Le premier lot, comprenant les livres, au prix de 1 9,1 51 fr., 
savoir : 15,000 fr. pour le compte du département et 4,151 fr. 
pour la ville d'Arles. 

Le second lot, comprenant les médailles et monnaies, au 
prix de 18,000 fr. pour le compte de la ville de Marseille. 

Et Je troisième lot, comprenant les antiquités [les manus- 
crits], au prix de 17,000 fr., par la ville d'Aix (1). 

Le catalogue détaillé des manuscrits compris dans 
ce lot est joint à l'expédition du procès-verbal de 
la vente qui se trouve aux archives de la mairie 
d'Aix. Signalons, en passant, les articles ci-après : 

1 e Manuscrit sur le Parlement sur parchemin de 1504 à 
1587, par le sieur Fabry, aïeul de Peiresc, 1 vol. gr. in-f*; 

2 e Recueil du Parlement, en grande partie par Peiresc, 
1 vol. in-f*; 

3° Correspondance littéraire de Peiresc par ordre alpha- 
bétique, 13 vol. in-f% demi reliure, dos parcheminé. 

4 e Correspondance de Peiresc avec Jérôme Aléandre, en 
italien, 1 vol. in-f*; 

5° Traduction de ces mêmes lettres, autre vol. 

6° Portefeuille contenant principalement* correspondance 
de Peiresc ; 

7° Ancien catalogue de la bibliothèque Peiresc; 

8° Manuscrit in-f* de Mazaugues intitulé au dos : Registrum 
Ludovici III, comitis Provinciœ, en caractères gothiques, 1 
vol. in-P ; 



(1) On remarquera que les lots n'ont pas été mis aux enchères 
clans Tordre porté au jugement. 



— 38 — 

9* Délibérations du Parlement par MM. de Mazaugues, 4 
vol. in-f ; 

10* Catalogue des livres de Thomassin-Mazaugues, titre 
au dos : Bibliotheca Thomassina, in-4° basane. 

Les opérations de la vente achevées, le préfet 
prit l'arrêté suivant, relatif à la répartition du lot 
des livres acquis au nom du département au prix 
de 15,000 francs : 

Nous, maftre des requêtes, préfet des Bouches-du-Rhône, 
Vu l'ordonnance du Roi du 34 juillet 1821 qui autorise 
l'acquisition du cabinet d'antiquités, médailles, manuscrits 
et livres, formé à Aix par feu Fauris de Saint-Vincens et 
détermine que les fonds de cette acquisition seront faits, 
savoir : 

4* Par le département des Bouches-du-Rhône, pour la 

somme de Fr, 15,000 

2 e Par la ville de Marseille 18,000 

3* Par la ville d'Aix 17,000 

4* Parla ville d'Arles 4,154 

Vu la délibération prise le 23 août 1821 par le Conseil 
général du département à l'effet d'approuver la convention 
passée le 26 avril précédent entre le préfet et MM. de Perier, 
héritiers bénéficiaires, pour l'acquisition d'une partie de la 
bibliothèque de M. le président de Saint-Vincens pour la 
somme de 15,000 fr. payables en cinq annuités; laquelle 
délibération porte en outre que les livres payés des fonds du 
département seront distribués en valeur égale entre les 
bibliothèques publiques des villes de Marseille, Aix et Arles, 
d'après 1 état qu'en dressera le préfet, et ce qui recevra de 
suite son exécution, sauf à le présenter au Conseil général 
dans sa prochaine session ; 

Considérant que, par sa délibération du 4 août 1821, le 
Conseil municipal de la ville d'Arles a fait le choix des 



— 39 — 

livres qu'elle désirerait acquérir pour la somme de 4,451 fr., 
à laquelle elle contribue dans l'acquisition de ladite biblio- 
thèque de M. de Saint- Vincens, ainsi qu'il résulte de l'état 
joint à cette délibération ; 

Que la distribution des 15,000 fr. de livres payés des fonds 
départementaux a été faite d'après la connaissance des 
besoins de chaque bibliothèque des villes de Marseille, Aix 
et Arles et en donnant aux deux premières les livres qui 
avaient rapport aux médailles et aux objets d'antiquités 
acquis par elles ; 

Arrêtons : 

Article 1 er . — Les livres choisis par la ville d'Arles sur la 
bibliothèque de feu M. de Saint-Vincens, suivant le cata- 
logue joint à la délibération du 4 mai 4821, seront livrés à 
M. le maire de cette ville jusqu'à concurrence de 4,151 fr. 
Ce catalogue restera annexé au présent arrêté sous le n* 1 . 

Art. 2. — La distribution des 15,000 fr. de livres acquis 
avec les fonds du département aura lieu suivant les cata- 
logues séparés annexés au présent arrêté sous les n" 2, 3 
et 4, entre les bibliothèques de Marseille, d'Aix et d'Arles. 
MM. les maires de ces villes désigneront des mandataires 
pour la réception de ces livres, leur enlèvement de la maison 
où ils sont déposés et leur transport au lieu de leur desti- 
nation. 

Art. 3. — En conséquence, M. le sous-préfet d'Aix est 
chargé de surveiller en notre nom cette distribution des 
livres qui sera faite en comparant l'inventaire général dressé 
le 29 janvier 1820 par MM. Sallier et Revoil avec les cata- 
logues particuliers joints au présent arrêté. 

M. le sous-préfet se concertera avec MM. Revoil et Sallier 
pour que chaque ville reçoive les livres qui lui sont assignés 
et pour que, dans le cas où il y aurait quelque erreur dans 
les additions du catalogue général ou des catalogues parti- 
culiers, elle soit rectifiée, de manière à ce qu'il revienne 



— 40 — 

pour 5,000 fr. de livres à chacune des bibliothèques de Mar- 
seille, Aix. et Arles. 

Art. 4. — Il sera donné récépissé des livres revenant à 
chaque ville, sur le catalogue particulier qui leur est destiné. 
Ce reçu sera signé par les délégués de MM. les maires. 

Fait à Marseille, le 49 février 1822. 

Signé : Comte De Villeneuve (1). 

Parmi les livres obtenus par la bibliothèque Mé- 
janes, figurent : 

72 volumes, journaux et gazettes littéraires reliés 
en 3 6 liasses ; 

46 volumes de Trévoux et des Nouvelles de la 
République des lettres reliés ; 

28 plans de villes, cartes géographiques, chro- 
nologiques, héraldiques et albums de moyenne et 
grande dimension ; 

28 liasses de brochures de tous formats, sur di- 
verses matières, avec un catalogue de 900 pièces 
détaillées, dans un registre-carton, sur papier grand 
raisin joint aux dites liasses ; 

147 volumes manuscrits et 37 portefeuilles ou 
cartons contenant un grand nombre de pièces sur 
les antiquités et autres matières, avec un catalogue 
des manuscrits, estimés 3,500 fr. 

Livre essentiel ajouté : 

« Catalogue des livres du cabinet du président 



(1 ) Archives des Bouches-du-Rhône, série К 2, registre 42, p. 388. 



— 41 — 

de Saint -Vincens, à Aix ; manuscrit de MM. de 
Saint- Vincens père et fils, écrit en divers temps et 
contenant des notions raisonnées. » 

Les livres choisis par la ville d'Aix ont été remis 
à la bibliothèque Méjanes le 28 février 1822, suivant 
reçu donné au bas du catalogue qui se trouve aux 
archives municipales d'Aix. En voici le texte : 

Je, soussigné, bibliothécaire de la ville d'Aix, départe- 
ment des Bouches-du-Rhône, reconnais avoir reçu de M. le 
maire de ladite ville d'Aix les livres mentionnés dans l*in- 
ventaire d'autre part. 

A Aix, ce 47 mars 1822. 

Signé : Gibelin, D. M. bibl. 

La note qui suit résume les opérations de cette 
vente : 

Note essentielle. 

La bibliothèque de feu M. de Saint- Vincens était composée 
d'environ 10,500 volumes, dont l'estimation fut portée à 
19,451 fr. dans un inventaire dressé par le sieur Pontier, 
imprimeur-libraire d'Aix. Il fut clos et arrêté le 29 juillet 
1820 et approuvé par MM. Sa Hier et P. Revoil, nommés par 
M. le comte préfet, et les héritiers bénéficiaires pour procéder 
contradictoirement à l'estimation de l'ensemble du cabinet 
de feu M. de Saint- Vincens. 

Le 19 février 1822 M. le comte préfet prit un arrêté pour 
la répartition, délivrance et transport des livres, conformé- 
ment au choix qu'en avaient fait les trois villes d'Aix, de 
Marseille et d'Arles. 

M. le comte préfet avait fait délibérer en 1820 par le con- 
seil du département un don de 15,000 fr. pour l'acquisition 
de la bibliothèque, dont 5,000 fr. en faveur de chacune des 



— 44 — 

la séance du Conseil municipal du3 décembre 1839, 
M. Aude, maire, expose l'affaire en ces termes : 

« Messieurs, 

« Le 9 de ce mois de novembre M. le président de l'Aca- 
démie d'Aix m'a adressé une demande, au nom de cette société 
savante, tendante à ce que le Conseil municipal voulut bien 
concéder gratuitement, au nom de la ville, une place au 
cimetière actuel pour y transférer, de l'ancien cimetière de 
Saint-Sauveur, les restes de M. le président Fauris de Saint- 
Vincens. 

« Cet hommage public à la mémoire de ce magistrat, qui a 
honoré la cité, soit comme savant, soit comme administra- 
teur municipal, me semble enfin devoir être accueilli par 
vous, qui, sans contredit, auriez désiré prendre l'initiative 
pour rendre aux mânes d'un citoyen si respectable les 
honneurs qu'ils méritent. » 

Et le Conseil délibère d'accorder gratuitement une partie 
de terrain dans le nouveau cimetière pour y déposer les 
restes de M. de Saint- Vincens. 

Cette délibération, fort honorable pour Г Aca- 
démie et dont elle sentit vivement tout le prix, lui 
fut tardivement communiquée à la séance du 6 juin 
1843. L'Académie décida alors : 

Que la commission nommée pour cet objet se concertera 
avec M. le maire pour choisir dans le nouveau cimetière le 
lieu le plus convenable pour recevoir ce dépôt, et poursuivre 
auprès des diverses autorités les démarches nécessaires à 
cette cérémonie. 

Sur le rapport fait par M. Rouard au nom de la 
commission, l'Académie vote 500 francs pour sa 



M 



— 45 — 

participation aux frais de la translation, et le Conseil 
municipal vote de son côté la somme de 300 francs 
(Séance du 18 juin 1843). 

Sur le vœu exprimé par l'Académie, le Conseil 
municipal délègue MM. Alexis, de Fortis et Bouteille 
pour se joindre à la commission de l'Académie aux 
cérémonies de la translation, qui eurent lieu le 28 
juin 1843 (0- 

Cette solennité, à laquelle assistaient MM. les 
doyen et chanoines du vénérable chapitre métropo- 
litain d'Aix, avait attiré un énorme concours de 
population. 

C'est un devoir pour nous de transcrire ici la 

page que le secrétaire de l'Académie, M. le docteur 

Payan, consacra à cette pieuse cérémonie, dans son 

compte-rendu des travaux de l'Académie, lu à sa 

séance publique annuelle tenue le 8 juin 1844 : 

Je ne saurais omettre ici, sans croire déroger à ma tâche, 
de vous rappeler cette imposante cérémonie, encore présente 
à tous les esprits, à laquelle prit part l'élite de notre cité, 
savoir, la translation des restes mortels du président de 
Saint-Vincens dans le nouveau cimetière. C'est, en effet, h 
l'Académie, dont il avait été un des membres fondateurs, 
que revient l'honneur d'avoir la première exprimé le pa- 



(\) A cette commission, composée d'abord de MM. Rouard, 
Maurin, Castellan et de Fonscolombe, furent adjoints M. Gendarme 
de Bévotte, M. d'Astros et en dernier lieu M. Mouan, vice-prési- 
dent de l'Académie. 



— 48 — 



Epitaphe gravée sur le monument de 1 8 1 9 

HIC JACET 

PATRIJE MELIORIS SPE INNIXUS 
NOBILISSIMUS VIR 

Alx. Jul. Ant. de Fauris S. Vincbns, 

REG. ORD. LBG. BON. MAJOR, 
ET EX ACAD. REG. INSCRIPT. 
PRIMUM IN 8BNATU AQUENSL. 
PRASUL INFULATUS, 
DBIN HUJUSGE URB. AQUENS. PRjEF. 

POST IN CURIA REG. AQ. PRISES 
PBR VARIOS VIT.fi ET RBRUM С A SUS 

SINB MACULIS ET OFFENSA ; 

APUD PARENTES ET AMICOS PIETATE 

ВТ SBRMONIS AMOENITATB ; 

APUD DOCTOS, ANTIQUITATUM 

ET REI NUM ISMATIC£ NOTITIA ; 

APUD PAUPERBS LARGITATE, 

APUD CIVES OFFICIIS SINE PRETIO DATIS 

COMMENDANDUS 

DE PATRIA, DE CIVITATB, DE OMNIBUS 

BBNE MBRITUS EST. 

OBIIT DIE XV. NOV. MDCCCXIX. 

ANNO ЖТАТ18 SUiB LXX. 

POS. UXOR, NEPOTES ET MOERENTES AMICI. 



k- 



- 49 - 



Il nous a paru intéressant d'accompagner cette 
étude des reproductions qui suivent : 

C'est d'abord le fac-similé en couleurs des armes 
de la maison de Fauris Saint- Vincens dessinées et 
peintes par le président de Saint- Vincens père. 
L'original appartient à notre savant confrère M. J. 
Laugier, conservateur du cabinet des médailles de 
Marseille. 

Puis, une lettre inédite de chacun des présidents, 
qui permettra de reconnaître les manuscrits de nos 
deux érudits. Ces autographes sont tirés de la 
riche collection de M. P. Arbaud, membre d'hon- 
neur de la Compagnie. 

La première lettre de Saint -Vincens père est 
adressée d'Aix, le 13 décembre 1782, à M. Mévoil- 
hon à Paris. Tout nous porte à croire que le desti- 
nataire de cette lettre est Jean-Gaspard Mévolhon, 
fils aîné de Jean-Pierre, consul de Sisteron, frère de 
Jean- Antoine-Pierre, baron de l'Empire, dont les 
biographies sont dans Y Histoire de Sisteron^ par de 
Laplane (t. 2, p. 435 et s.). Les armes de la famille 
de Mévolhon, qui avait à Bevons des terres voi- 
sines de la seigneurie de Noyers, des Saint- 
Vincens, sont reproduites dans Y Armoriai des Tri- 
bunaux de Sisteron récemment publié par M. Eys- 

4 



— 50 — 

série Saint-Marcel, membre régional de l'Académie. 
La seconde est du fils, Alexandre-Joies- Antoine. 
Elle est écrite d'Aix le 2 octobre 181 7. Son texte 
et le titre de cousin donné au destinataire nous 
autorisent à supposer qu'elle est envoyée au préfet 
de Marseille, le comte Christophe de Villeneuve, 
auteur de la Statistique des Bouches-du-Rh6ne, ou 
à son frère, le comte François de Villeneuve, préfet 
de la Meurthe, qui a publié en 1825 Y Histoire de 
René d* Anjou, 3 vol. in-8v 

Le portrait du second président de Saint- Vin cens, 
que nous donnons en tête de cette notice, est inédit. 

Il provient du cabinet de Roux-Alphéran, qui 
l'avait donné à son cousin M. de Sigaud de Bresc, 
père de notre aimable confrère M. L. de Bresc, pos- 
sesseur également du superbe Peiresc, de Finsonius. 
On nous saura gré de le publier, le médaillon par 
Olive, que nous avons mentionné, n'ayant pas été 

* 

gravé, ni aucun de ses portraits. 

Quant au portrait de Saint- Vincens père, il a été 
dessiné et gravé par B. Lantelme ; il se trouve dans 
la plupart des cabinets provençaux, soit en tête de 
la notice publiée par son fils , soit à part , ce qui 
nous dispense de le donner ici. 



— 51 — 
Addition à la page 7 de cette élude. 

Vers la même époque M. de Labédoyère, comme 
Millin, visitait la Provence. Il nous paraît intéres- 
sant de retenir le passage qu'il a consacré dans 
son journal, à Aix et au cabinet du président de 
Fauris , seigneur de Saint -Vincens et de Noyers , 
qu'il nomme le président Desnoyers : 

« On trouve encore (à Aix) chez quelques parti- 
culiers de belles galeries de tableaux : Le cabinet 
de M. le président Desnoyers mérite l'attention des 
antiquaires. Le goût le plus éclairé, l'érudition la 
plus vaste en ont dirigé la formation. Il est très 
riche en fragments d'antiquités, en inscriptions, en 
livres, en dessins et surtout en médailles. M. Des- 
noyers possède la suite complète de celles du Bas- 
Empire, ainsi que toutes les monnaies frappées en 
France depuis le commencement de la monarchie. 
Nous étions recommandés à ce respectable savant, 
qui consacre au soulagement de l'humanité toutes 
les heures qu'il dérobe à l'étude ; il nous accueillit 
avec une bonté pleine de grâce et se plut à nous 
montrer dans un grand détail sa précieuse collec- 
tion. » 

Extrait du Journal d'un voyage en Savoie et dans le midi de la 
France, en 1804 et 1805, par H. de la Bédoyère (Paris, 4849, 
p. 480. — С est une deuxième édition ; la première est de 4807 et 
fui traduite en allemand en 4809. 




L'ABRICOTIER & LE PÊCHER 

Par I. Chablbs JORET 

Professeur à la Faculté des Lettres 

Correspondant de l'Institut. 



Quoi qu'on en ait dit, d'ailleurs sans en donner 
de preuves, l'abricotier et le pêcher ont fait, à une 
époque relativement récente, leur apparition dans 
l'horticulture de l'Asie occidentale, de l'Afrique et 
de l'Europe. La Bible ne les connaît pas, et les ins- 
criptions de l'Egypte et de l'Assyrie, pas plus que 
celles des Achéménides, n'en font mention. Jusqu'ici 
Pline a été considéré comme le premier écrivain de 
l'antiquité qui ait parlé de ces arbres aux fruits déli- 
cieux. 

« On donne, dit-il dans un passage connu (i), le 
nom de pomme, quoique d'une espèce différente, à 
la pomme de Perse — Persica.... Parmi les pêches, 
la palme est aux duracines. Deux espèces sont dis- 

(I) Historia naturalisa lib. XV, cap. \\. 



— о* — 

tinguées par des noms de nation : la gauloise et l'asia- 
tique ; elles mûrissent après l'automne. Les précoces 
— praecocidj ce sont les abricots — mûrissent en été ; 
il n'y a que trente ans qu'on les a ; originairement 
on les vendait un denier — environ 6 fr. 82 c. — 
la pièce. C'est un fruit innocent qu'aiment les ma- 
lades ; il y en a eu de vendus jusqu'à trente sesterces 
— 6 fr. 30 c; — aucun fruit n'a été payé davan- 
tage. » 

Ailleurs ( 1 ), revenant sur le pêcher, qu'il ne paraît 
pas ici bien distinguer du perséa, arbre égyptien tout 
différent, l'écrivain latin dit que le premier n'avait 
été « introduit que tardivement et avec difficulté » 
dans l'Occident. 

D'où venaient l'abricotier et le pêcher, dont les 
fruits étaient encore si rares au temps de Pline et 
ont été si mal décrits par lui ? « Le nom de pomme 
persique — la pêche, — dit-il (2), montre que ce 
fruit est exotique même dans l'Asie et la Grèce et 
qu'il vient de la Perse. » On sait que les Romains 
donnaient aux abricots le nom de « pomme d'Ar- 
ménie (3); » mais ces noms n'ont aucune valeur scien- 
tifique. L'abricotier ne vient pas d'Arménie, où il 
çst même à peine cultivé de nos jours. Si le pêcher 



(4) Historia naturalis, lib. XV, cap. 43. 

(2) Historia naturalis, lib. XV, cap. 43. 

(3) Historia naturalis, lib. XV, cap. 12. 



— 55 — 

est cultivé avec succès en Perse et y donne d'ex- 
cellents fruits, il n'y est pas davantage indigène. 
D'où proviennent donc ces arbres fruitiers ? 

On a rencontré l'abricotier à l'état spontané dans 
la vallée du Zérafshan et dans le Ferghânah, ainsi 
que dans l'Alatau transilien et lé territoire de Wer- 
noje; il croît aussi dans laZongarie, la Mandchourie 
et laDaourie. Przewalski a vu des bois entiers d abri- 
cotiers sauvages sur les bords du Youldous, dans 
la première de ces contrées (i). C'est de là que cet 
arbre a dû se répandre dans l'Iran. S'il n'y était pas 
encore acclimaté avant la conquête d'Alexandre, — 
sans cela on ne s'expliquerait pas que Théophraste 
n'en eût pas parlé — il y était sans doute déjà cultivé 
avant notre ère. De l'Iran, l'abricotier ne tarda pas 
à pénétrer dans l'Asie antérieure et bientôt même 
en Europe. Nous venons de voir qu'à l'époque où 
écrivait Pline, c'est-à-dire vers l'an 60 à 77 de notre 
ère, cet arbre était connu en Italie depuis une tren- 
taine d'années. La précocité de ses fruits leur avait 
fait, ainsi qu'à une espèce hâtive de pêches, donner 
le nom de praecoqua ou praecocia en même temps 
que celui de « pomme d'Arménie (2). » D'Italie, 
l'abricotier s'est répandu dans les autres contrées de 

(4) A. Eogler, ap. V. Heho, Die Kulturpflanzen . Berlin, 4894, 
in-8<\ p. 448. 
(2) Dioscoride, De materia medica, lib. 4, cap. 465 : Ta & 

utxoÔTSooc y.uko'j'j.îjû 'âsuzviaxsë. ûwuaÏTri âl ïroai/ô /ля. 



— 56 - 

l'Europe tempérée occidentale avec le nom trans- 
formé qu'il avait reçu des Romains : esp. albaricoque^ 
port, albricoque, it. albercocco, fr. abricot. 

Quant au pêcher, bien qu'on l'ait cru indigène 
dans le Ghilan, où il n'est que naturalisé, sa patrie 
est encore plus orientale que celle de l'abricotier. 
On rencontre dans les montagnes des environs de 
Pékin, ainsi que dans les provinces chinoises de 
Shensi et de Kansou, une espèce de prunier — Prunus 
Davidiana — voisine de notre pêcher — le Prunus 
persica de Linné, — et les diverses variétés de cet 
arbre aux fruits savoureux sont cultivées depuis un 
temps immémorial dans l'Empire du Milieu (1). 

C'est de là qu'à la suite des relations commerciales 
qui s'établirent entre la Chine et la Bactriane, depuis 
le voyage d'exploration entrepris en 139 avant 
notre ère par le général Tshang-Kiën sur l'ordre de 
l'empereur Hsiawouti, le pêcher a sans doute pénétré 
dans le Turkestan actuel (2). A partir de 1 1 4 et surtout 
depuis la conquête du Tawan — le Ferghânah — 
par la Chine, de nombreuses caravanes furent en- 
voyées par les Fils du Ciel dans le pays des 'Ansi 
— peut-être le royaume des Parthes — et y portèrent 



(1) A. de Candolle, L'origine des plantes cultivées. Paris, 1883, 
in-8% p. 176-480. — A. Engler, ap. V, Hehn, p. 418. 

(3) Nicolas Svertzow, Etude de Géographie historique sur les 
anciens ittnéraires à travers le Pamir, (Bulletin de la Société de 
Géographie, vol. XI (1890), p. 596.) 



- 57 — 

de riches présents. Elles furent suivies d'ambassades 
qui se rendirent à leur tour de la Bactriane et de la 
Sogdiane en Chine. Ces échanges de relations con- 
tribuèrent à faire connaître et à répandre dans l'Oc- 
cident les produits agricoles et industriels de l'Em- 
pire du Milieu. Il n'est pas impossible qu'une des 
ambassades dont je viens de parler ait apporté le 
pêcher dans la région Caspienne. 

Si c'est bien de cet arbre et non du perséa, 
comme je l'ai supposé (i), que le syrien Posidonius 
dit qu'il croissait dans son pays, ainsi que le pista- 
chier (2), le pêcher aurait, au premier siècle avant 
notre ère, été déjà connu dans la région méditerra- 
néenne. Quoi qu'il en soit, il a dû être importé du 
Turkestan dans l'Iran occidental, sous la domination 
des Parthes, qui servirent pendant plusieurs siècles 
d'intermédiaires entre le monde gréco-romain et 
l'Extrême-Orient. De l'Iran il ne pouvait tarder à 
passer dans Г Asie antérieure et de là en Europe. Il 



(!) Le ïtîociwv de Posidonius. (Revue des études grecques , an. 4899, 
pp. 43-47.) 

(2) 1»£0ït os v.v.ï то TtioTâtov r, 'Дв' /'îa xai r, luota xat то xa).ov- 

ttivov B«ffra/iov. Athénée, Deipnosophistae, lib. XIV, cap. 64 (619 d ). 
Le savant botaniste de Berlin, M. G. Schwcinfurth , croit qu'il 
s'agit ici réellement du perséa, et il me fait remarquer qu'en 
supprimant le */.*>, qui suit SvotV, on écarte toute difficulté et 
qu'on a un sens satisfaisant : « L'Arabie produit le perséa et la 
Syrie le pistachier », ce qui est conforme à la réalité. 



— 58 - 

était cultivé du temps de Pline en Italie et même en 
Gaule, c'est-à-dire évidemment en Provence, où il 
avait même, nous apprennent Pline (i) et Colu- 
melle (a), donné une variété nouvelle. 



{1 ) Cognomen Gallica habet. Historia naturalit, lib. XV, cap. 4 4 . 
(S) ' Qua; maxima Gallia dooat. 

De rt ruslica, lib. X, v. Ш . 




LES NOUVELLES HÉBRIDES 



LEUR COLONISATION 



Par M. le ВостЕют AUDE. 



Il m'a été donné, dans le cours de ma carrière 
maritime, de visiter une partie des peuplades de 
FOcéanie, et, à l'époque où la question de coloni- 
sation est partout à Tordre du jour, j'ai pensé que 
l'Académie écouterait avec intérêt la description des 
mœurs et des coutumes des Néo-Hébridais qu^ la 
France est appelée à coloniser dans un avenir très 
prochain. 

Les Nouvelles Hébrides, appelées aussi Mélanésie, 
grandes Cyclades, archipel de Quiros, sont un ar- 
chipel de l'Océanie centrale situé dans le grand 
Océan Pacifique, entre les 14 e et 20 e degrés de lati- 
tude sud et les 164 e et 168 e degrés de longitude 
est, au nord de la Nouvelle-Calédonie et de l'Aus- 
tralie. 

Découvertes en 1606 par Queiros, il s'écoula 
plus d'un siècle avant qu'un nouvel explorateur, 
Bougainville, jetât Гапсге, en 1768, dans ces parages 



— 60 — 

que Cook visita six ans après. En 1788, Lapérouse 
parcourant les mêmes régions, se perdit avec ses 
deux navires, Г Astrolabe et la Zélée, sur les récifs 
de l'île Vanikoro qui fait partie de l'archipel de 
Santa-Cruz, voisin de celui des Nouvelles Hébrides. 

Ce n'est que vers le milieu de notre siècle que 
ces contrées, plus fréquentées par les navires euro- 
péens, ont été évangélisées par les missionnaires et 
exploitées par les traitants. 

Le groupe du nord, formé par les îles Santa-Cruz, 
est placé sous le protectorat Anglais ; les Nouvelles 
Hébrides constituant le groupe sud de la Mélanésie, 
sont sous le protectorat commun de la France et 
de l'Angleterre, ce qui conduira un jour au partage 
de ces îles entre ces deux puissances. 

Les Nouvelles Hébrides comptent trente-sept îles, 
dont sept seulement ont une superficie importante ; 
ce sont : Espiritu-Santo, Mallicolo, Ambrym, Vaté, 
Erromango, Tanna et Anatom. Elles ont ensemble 
une superficie d'environ 11,000 mètres carrés et 
53,000 habitants. Espiritu-Santo a 20,000 habitants 
et Tanna 10,000 ; ce sont les deux îles les plus 
grandes. Situées dans la zone de transition entre la 
Malaisie et la Polynésie, elles présentent des types 
variés suivant la juxtaposition des races. C'est une 
sous-race qui tient le milieu entre le Malais et le 
Canaque, qui peuple la Nouvelle-Calédonie. 

Front bas et fuyant, pommettes saillantes, nez 



— 61 - 

aplati, lèvres épaisses, teint jaunâtre tournant sur 
le noir clair, chevelure et barbe laineuses, taille 
moyenne, peu de corpulence, tel est l'ensemble des 
caractères physiques des Néo-Hébridais. Les mères, 
dit Roberjot dans le bulletin de géographie , ont 
l'habitude de déformer le crâne de leurs enfants au 
moyen de planchettes qui allongent l'encéphale 
d'avant en arrière, le rétrécissent et l'abaissent. 
Aussi sont-ils les plus dolicocéphales des hommes. 
Pourquoi cette pratique ? Dans un but de coquetterie 
sans doute, aussi peu raisonné et raisonnable que 
celle qui déforme les pieds des jeunes chinoises et 
la taille des européennes. Cook dit qu'à son arrivée 
aux Nouvelles Hébrides il avait vu des guerriers se 
serrer tellement la taille avec des cordes, qu'ils 
ressemblaient à de grosses fourmis. Combien de 
grosses fourmis circulent aussi dans nos rues ! Du 
reste, aux Nouvelles Hébrides la plupart des modes 
d'embellissement usités en Europe sont aussi em- 
ployés. Les oreilles sont percées pour recevoir des 
anneaux ; la poitrine et la tête sont ornées de coquil- 
lages rappelant les tortues vivantes qui font en ce 
moment fureur à Paris et ailleurs ; le visage est peint 
au moyen d'ocre rouge, de chaux et de pigments 
divers, et la cendre de certains bois est usitée pour 
donner à la chevelure une belle couleur dorée ; 
autant de recettes à retenir par nos élégantes. A 
Tanna, le suprême du genre, dit Marklam, consiste 



1 



— 62 — 

à diviser la chevelure en une multitude de petites 
touffes liées par des fibres végétales près de la ra- 
cine des cheveux. On appelle cela en France se 
poser des bigoudis. 

Comme vêtement, celui d'Adam avant la faute 
était d'abord le seul usité , puis sont venus les pa- 
gnes d'écorce battue, de feuilles ou de fibres de 
cocotier ; et, depuis le séjour des Européens dans 
les îles, les naturels emploient, pour se couvrir, des 
étoffes de différentes couleurs. 

Les productions de ces îles Mélanésiennes sont 
très variées. La fécondité des terres et la richesse 
de la végétation y sont très grandes. Le maïs, le riz, 
le coton, le tabac, le café s'y développent sans peine, 
grâce à une fumure constituée par des astérides re- 
tirées des çiers voisines. La flore comprend un grand 
nombre d'espèces propres au pays ; les myrthes et 
les cèdres y prennent un développement considé- 
rable ; le bois de sandal en est très apprécié. Les 
plantes nourricières et les arbres à fruit sont les 
mêmes que dans les autres îles Océaniennes : co- 
cotier, sagoutier, arbre à pain, bananier ; les ignames 
sont l'aliment principal des habitants, et l'époque 
de leur récolte sert de base à la supputation des 
années : il y a tant d'ignames depuis tel événement, 
dit-on habituellement aux Nouvelles Hébrides. La 
faune indigène est très pauvre : des chauves-souris, 
des rats, des chèvres et des porcs, ces derniers sont- 



— 63 - 

ils encore d'importation assez récente; aussi, comme 
nous le verrons bientôt, le porc est la monnaie cou- 
rante, c'est bien le cas de le dire, et joue un grand 
rôle dans les cérémonies publiques et les transactions 
commerciales. La nourriture animale aurait donc été 
à peu près inconnue aux Néo-Hébridais, qui auraient 
été des végétariens obligés, si le cannibalisme n'était 
venu à leur aide. Ils dévoraient d'abord les prison- 
niers de guerre et les cadavres des ennemis pour se 
nourrir de leur force et de leur courage ; puis, le goût 
de la chair humaine leur étant venu, ils mangeaient 
les morts de leur propre tribu. L'anthropophagie ne 
s'est du reste maintenue que dans quelques îles où 
elle tend aussi à disparaître à mesure que la chèvre 
et le porc deviennent plus répandus. 

Il n'y a, aux Nouvelles Hébrides, aucune organi- 
sation sociale générale : les habitants d'une île sont 
indépendants de ceux des autres, et même dans cha- 
cune d'elles il existe encore des tribus absolument 
étrangères entre elles. L'unité est la tribu dont tous 
les membres sont solidaires, ce qui transforme bien 
souvent un différend d'homme à homme en guerre 
de tribu à tribu. Chacune d'elles a un territoire fort 
restreint, très rapproché par conséquent de celui des 
tribus voisines, et le casus belli naît par suite avec 
une grande facilité. Qu'un attentat soit commis, la 
victime use immédiatement de représailles, et si l'a- 
gresseur ne s'exécute pas aussitôt qu'il y est invité en 



— 64 — 

payant une indemnité, qui est d'habitude constituée 
par un ou plusieurs porcs, suivant la gravité de 
l'offense, la tribu toute entière prend parti pour son 
homme et la guerre est déclarée. Ce n'est pas une 
guerre ouverte, en rase campagne, mais une série 
d'embuscades, de pillages, d'incendies, de dévasta- 
tions, où la ruse, la trahison, la surprise remplacent 
l'héroïsme, le courage et l'habileté. 

Jusqu'à ces dernières années les armes des Néo- 
Hébridais étaient celles qui ornent aujourd'hui bien 
des panoplies d'amateur : des sagaies, des casse-têtes, 
des arcs de différentes tailles. Chacune des îles avait 
sa spécialité pour la fabrication de ces armes. Espi- 
ritu-Santo produisait les plus belles sagaïes, Malli- 
colo les plus beaux arcs et les flèches empoisonnées 
les plus terpbles ; Ambrym et Pentecôte livraient de 
superbes casse-têtes ; mais si ces articles d'échange 
faisaient naître quelques relations d'île à île, les 
rapports ne devenaient jamais amicaux et la moindre 
cause les supprimait brusquement. Les Néo-Hébri- 
dais lancent les sagaïes, sorte de javelot, avec une 
dextérité inouïe ; ils se servent surtout du casse-tête 
par surprise et des flèches, empoisonnées ou non, 
lorsque la distance est hors de portée des sagaïes. 
Ils empoisonnent les flèches en les trempant dans 
un cadavre en putréfaction ou dans le suc d'une 
plante vénéneuse. De nos jours ces peuplades sont 
presque toutes armées de fusils Snider qui leur sont 



— 65 — 

donnés en échange par les maisons de commerce 
trafiquant avec eux. 

Quant au climat, il diffère dans les différentes 
parties de Г Archipel. En moyenne, l'humidité est 
très abondante, les pluies fréquentes, la chaleur très 
élevée ; aussi les Européens y sont-ils décimés par la 
fièvre et les naturels par la phthisie. 

Il faut avouer que tous les explorateurs sont una- 
nimes pour ne pas louer les qualités morales des 
Néo-Hébridais. L'astuce, la jalousie, la haine sont 
les mobiles de la plupart de leurs actes. Ils ne sont 
soumis à aucune loi ; le droit coutumier et au besoin 
le droit du plus fort règlent les contestations. 

Les chefs ne sont désignés ni par l'hérédité ni 
par les qualités qui peuvent les distinguer ; ils ne 
doivent leur élection qu'à leur fortune qui leur per- 
met de payer un nombre plus ou moins grand de 
porcs et de franchir ainsi tous les degrés hiérar- 
chiques pour arriver à la dignité suprême. 

Chaque promotion donne lieu à une cérémonie 
assez piquante. Tous les hommes de la tribu, armés 
de pied en cap et la figure peinte, se réunissent sur 
la plage du village, à l'endroit où sont les tambours 
et où s'exécutent les pilous-pilous. Là se trouve une 
sorte de toiture en bambous, soutenue par quelques 
poteaux et abritant de grandes figures grimaçantes 
taillées dans des troncs de fougères et peintes des 
couleurs les plus voyantes et le plus bizarrement 



— 66 — 

disposées. Derrière ces figures sont plantés, très 
denses, des bambous qui forment comme un clayon- 
nage serré et qui dépasse la toiture ; une échelle 
masquée donne accès sur la plate-forme au-dessus 
des statues. Le chef qui concède le grade se place 
auprès d'elles, sous le toit et le peuple reste en 
dehors, attendant le récipiendaire qui, s'il s'agit d'un 
grade inférieur, se place à côté du chef et offre le 
prix de sa dignité ; mais pour un grade supérieur, 
le récipiendaire en armes et la figure peinte monte 
par l'échelle et apparaît soudain sur la plate-forme. 
Il est aussitôt assailli par tous les projectiles qui 
tombent sous la main des spectateurs : bananes, 
mangues, ignames, noix de coco. Pour mettre un 
terme à l'assaut dont il est l'objet, il s'empresse de 
jeter à la foule, du haut de l'estrade, les porcs qui 
doivent servir au festin du jour et qui mêlent leurs 
cris harmonieux à ceux de la foule en délire ; les 
casse-têtes pleuvent alors sur eux et ils sont immé- 
diatement livrés à la cuisson. 

Les grades ainsi acquis sont surtout honorifiques ; 
le chef nommé aura désormais sa case à part, il ne 
prendra ses repas qu'avec ses égaux ; après son 
décès son corps ne sera point enterré, mais placé 
sur une claie élevée dans sa case où il se décom- 
posera à loisir. Dans certaines îles les corps des 
chefs sont conservés comme de véritables momies 
qui deviennent des fétiches. Le privilège le plus 



— 67 — 

précieux du chef est de prononcer le tabou sur un 
objet quelconque et de le rendre ainsi sacré et in- 
violable ; il apprécie lui-même la violation, si elle 
est commise, et elle doit être effacée par le coupable 
qui doit payer au profit du chef le nombre de porcs 
jugé nécessaire. Si un chef cependant abusait de 
son droit de tabouer, il lui serait enlevé et sa dé- 
chéance serait prononcée par la tribu entière. Il 
serait destitué pour abus de pouvoir, dirions-nous 
en France. 

La tribu, ainsi organisée, est formée d'un certain 
nombre de feux ou familles dont le développement 
et l'existence nous offrent des particularités inté- 
ressantes. La femme n'est rien dans la famille ; elle 
est achetée par le mari, fait toutes les grosses beso- 
gnes, travaille la terre, prépare les aliments et ne 
reçoit que des coups pour toute récompense ; c'est 
la bête de somme. Dans quelques îles, notamment 
à Mallicolo, on leur brise les deux incisives supé- 
rieures ; à Anatom, elles doivent suivre leur mari 
dans la fosse et, le jour même du mariage, on leur 
met la corde au cou afin de n'avoir plus qu'à la serrer 
le jour des funérailles. Ne serait-ce pas de la con- 
naissance de cette coutume qu'est née chez nous, à 
propos du mariage, cette expression humoristique : 
Se mettre la corde au cou ? Il faut avouer qu'elle 
est injuste pour les hommes et fort irrévérencieuse 
pour les femmes. 



— 68 — 

L'homme est seul propriétaire, il vit dans l'oisi- 
veté et ne porte que ses armes. Le père a sur 
ses enfants un droit de propriété absolu qu'il 
conserve sur ses filles jusqu'à leur mariage, et 
qu'il perd sur ses fils quand ils sont susceptibles de 
se défendre eux-mêmes. Lors de la naissance d'un 
enfant, la famille s'assemble et célèbre l'arrivée du 
nouveau-né par un repas dont un porc, tué pour la 
circonstance, fait tous les frais. La circoncision en 
usage chez les Néo-Hébridais donne lieu à une céré- 
monie publique. Quand un certain nombre d'enfants 
de la tribu a atteint l'âge de huit ans, les habitants 
se réunissent sur la place publique autour d'un grand 
feu où rougissent des cailloux ; les enfants sont 
amenés devant le sorcier qui, après avoir introduit 
un morceau de bois entre le prépuce et le gland, 
opère la circoncision et cautérise la plaie avec un 
caillou rougi. Après la cérémonie les enfants sont 
reconduits dans les cases où ils restent enfermés 
pendant neuf jours. Leur départ est le signal d'un 
pilou-pilou effréné avec accompagnement de tam- 
bours. Un grand festin suit les danses et la licence 
la plus complète règne ensuite dans l'assemblée. Ce 
jour-là chacun peut ravir la femme qui lui plaît, 
pourvu que le mari ne s'en aperçoive pas, au moins 
immédiatement ; ce sont là de vraies saturnales rap- 
pelant celles de l'ancienne Rome, 

Jusqu'à l'âge du mariage le Néo-Hébridais vit dans 



— 69 — 

la famille du travail des femmes, et lorsqu'il s'est 
procuré des armes il songe à acheter une femme. 
L'entente se fait avec les parents de la jeune fille sur 
le nombre de porcs à payer pour cet achat, et le 
marché conclu, le mari amène sa compagne. Mais il 
semble que le mariage le place dans un état de su- 
bordination vis-à-vis de ses beaux-parents ; il ne 
peut ainsi ni manger, ni s'asseoir, ni monter sur un 
arbre devant eux et il paie une amende s'il manque 
à ces preuves de déférence. Elle consiste en un objet 
bien précieux pour le pays, un porc à dents recour- 
bées, un sanglier sans doute. 

Le divorce est admis aux Nouvelles Hébrides, 
mais il n'est pas plus gratuit que le mariage et il 
faut encore payer le père pour qu'il reprenne sa fille. 
La polygamie est aussi admise : il suffit d'avoir de 
la fortune pour acheter plusieurs femmes. 

Le dernier terme de l'existence, la mort, ne donne 
pas lieu à des cérémonies particulières. Quand le 
Néo-Hébridais se sent mortellement atteint, il se 
couche dans un coin de sa case et y attend la mort 
dans le plus grand calme. Les parents essaient bien 
de le sauver par l'emploi de médicaments que dis- 
tribue le sorcier de la tribu, mais si les ressources 
de l'art et de la sorcellerie sont impuissantes, tout 
respect pour le malade disparaît aussitôt qu'il a rendu 
le dernier soupir ; le cadavre est enterré sans céré- 
monie, et quand le squelette est bien desséché, il est 



— 70 - 

vendu sans scrupule à l'Européen en quête de spé-' 
cimens anthropologiques. 

La croyance d'une vie future n'existe pas aux 
Nouvelles Hébrides, pas plus que l'idée d'une puis- 
sance créatrice ; aussi n'y a-t-il aucune religion et 
n'y redoute-t-on que les fantômes malfaisants qui 
courent la nuit dans les bois* 

Cet esprit superstitieux a donné naissance à la 
légende du volcan d'Ambrym assez originale pour 
mériter de vous être dite. 

Les habitants de l'île d'Ambrym, montés sur leurs 
grandes pirogues, se rendaient dans l'île de Pen- 
tecôte quand ils rencontrèrent des gens d'Aoba, une 
autre île, également en voyage. On fraternisa et les 
deux expéditions se joignirent. Parmi les gens 
d'Aoba se trouvait un jeune homme du nom de Таг- 
manou, auquel ses compatriotes témoignaient une 
certaine considération. Il plut au chef des hommes 
d'Ambrym qui l'invita à venir chez lui en manifes- 
tant le désir de lui acheter son nom en signe d'amitié. 
Tarmanou accepta l'invitation pour lui et ses com- 
pagnons et on se sépara après mille protestations. 

Peu de temps après les Ambryms aperçurent deux 
grandes pirogues se dirigeant vers leur île : c'était 
Tarmanou et ses amis qui venaient visiter Ambrym 
et qui apportaient de nombreux porcs pour en ré- 
galer leurs hôtes. La réception fut très cordiale et 
Tarmanou vendit, comme c'était convenu, son nom 



— 71 — 

au vieux chef d'Ambrym. La nuit approchait, les 
hommes des deux îles causaient joyeusement quand 
la bise de mer ayant un instant soulevé le pagne de 
Tarmanou, le vieux chef s'aperçut que son ami était 
une femme. Il n'en dit rien, mais il lui offrit de par- 
tager sa case, ce que Tarmanou accepta sans défiance. 
Le lendemain, déshonorée, elle- s'enfuyait vers la 
plage en maudissant le chef d'Ambrym. Les gens 
d'Aoba, épouvantés d'un tel forfait, s'embarquèrent 
à la hâte en jurant de se venger. Leur île était pleine 
de montagnes qui vomissaient du feu, tandis qu'il 
n'y en avait aucune à Ambrym. Ils déposèrent une 
nuit une de leurs montagnes sur la plage d'Ambrym 
et s'enfuirent sans être aperçus. Les habitants, irrités 
contre leur vieux chef qui leur avait valu ce funeste 
présent, le menacèrent de mort ; mais il leur promit 
de les débarrasser de ce volcan, et saisissant par 
l'oreille un superbe porc, il le montra au volcan, qui, 
entraîné par sa cupidité, se mit en mouvement pour 
s'emparer de l'animal. Le chef ainsi suivi par la mon- 
tagne qui vomissait du feu, marcha vers l'intérieur 
de l'île ; mais partout où il passait les habitants le 
forçaient à conduire ailleurs son porc et sa monta- 
gne. Il trouva enfin un endroit retiré et désert où 
il s'arrêta pour fixer le volcan en lui jetant en pâ- 
ture l'objet de sa convoitise. 

La croyance dans cette légende indique un certain 
degré de naïve simplicité qui n'exclut cependant pas 



— 72 — 

la duplicité. On a souvent parlé de la scélératesse et 
de la férocité des Néo-Hébridais ; il est vrai qu'ils 
sont traîtres, méditant pendant des années, s'il le 
faut, une vengeance à exercer, empoisonnant leur 
ennemi après l'avoir comblé de protestations d'a- 
mitié ; c'est bien là de la duplicité, mais elle a été 
chez eux plus provoquée que native, et les durs 
traitements qu'ils ont subis lors de l'occupation 
Anglaise, qui fut la première, sans qu'ils aient pu se* 
défendre ouvertement parce qu'ils n'étaient pas les 
plus forts, les a conduits à user de ruse et de tra- 
hison, qui sont les armes des faibles. Dans les rela- 
tions entre les Mélanésiens et les blancs, ceux-ci ont 
été de beaucoup les plus faux et les plus cruels, dit 
Elisée Reclus. Que de fois les blancs ont assailli les 
villages pour en capturer les défenseurs, les vendre 
comme engagés (euphémisme qui veut dire esclaves) 
sur les plantations lointaines ! Que de fois les blancs 
ont massacré de sang-froid des femmes, des enfants, 
des vieillards et brûlé des récoltes pour affamer ceux 
que les balles n'avaient pu atteindre ! et alors, si 
parfois des blancs tombaient entre les mains des 
Mélanésiens, quoi d'étonnant qu'ils les aient dé- 
vorés ! Lorsque des missionnaires ou des commer- 
çants ont traité les indigènes avec justice et bien- 
veillance, ils ne se sont jamais montrés scélérats 
et féroces envers eux. 



— 73 — 

J'ai certainement abusé de vos instants, Messieurs, 
en insistant comme je l'ai fait sur les mœurs, les 
coutumes et le caractère d'un peuple que nous 
sommes appelés à coloniser. Mais en présence du 
système Anglais, qui consiste à supprimer les au- 
tochtones , et du nôtre qui se les assimile , nous 
avons le droit de nous demander si nous ne faisons 
pas fausse route à regard de gens qui sont canni- 
bales, féroces, traîtres et scélérats , ainsi qu'on Га 
dit, en cherchant à leur infuser nos mœurs, nos 
coutumes et notre caractère, ou s'il ne vaudrait pas 
mieux les rayer à tout jamais du nombre des hu- 
mains. 

Tels que nous les connaissons, les Néo-Hébridais 
sont la fidèle image de tous les peuples à leur début, 
et il ne faudrait pas jurer que nous n'ayions été un 
peu cannibales dans nos premiers âges. A côté d'ins- 
tincts qui sont ceux de l'animal et qui se montrent 
chez les enfants dans les nations les plus civilisées, 
on en retrouve d'autres tels que la vanité, la co- 
quetterie, l'amour dfe la parure, la cupidité que les 
peuples civilisés possèdent encore. 

L'organisation civile et celle de la famille pro- 
cèdent des mêmes idées et la superstition est de tous 
les pays et de tous les temps. Seules les qualités in- 
tellectuelles diffèrent. Elles sont plus ou moins dé- 
veloppées suivant les races, et le degré de civili- 
sation ne saurait jamais modifier les aptitudes in- 



— 74 - 

tellectuelles que vaut à chaque homme comme à 
chaque peuple sa conformation cérébrale. N'espé- 
rons donc pas voir surgir un jour des hommes 
de génie parmi les Néo-Hébridais et demandons- 
leur seulement d'être d'honnêtes travailleurs. Déjà, 
depuis une vingtaine d'années, les Nouvelles Hé- 
brides sont occupées commercialement par des 
Français venus de la Nouvelle-Calédonie qui ont 
fondé une compagnie pour l'exploitation du coprah, 
du maïs, du café, du tabac. Cette compagnie prend 
chaque jour une extension plus grande et elle em- 
ploie de nombreux indigènes qui ne sont plus les 
sauvages qu'ils étaient. Soyons assurés qu'instruits 
par nos zélés Missionnaires, débarrassés des craintes 
que leur inspiraient à si juste titre les blancs, ils 
se façonneront à nos mœurs et ils deviendront de 
puissants auxiliaires de notre expansion coloniale. 
Nous aurons ainsi une fois de plus l'honneur de 
prouver qu'il est plus humain de s'assimiler les peu- 
ples conquis que de les détruire. 




THÉORÈMES 



SUR LA SÉRIE DES NOMBRES IMPAIRS 

CONSIDÉRÉE COMME GÉNÉRATRICE DES CARRÉS 

Par le Ticomte DE SELLE. 




Soient deux droites rectangu- 
laires A С et В С se coupant en 
С Soit une transversale A В 
rencontrant les deux premières 
droites en A et en B. Pour une 
situation donnée de la transver- 
sale A В les trois longueurs A B, 
AC,C В sont commensurables. 
Supposons que la situation 
cherchée de la transversale A В 
soit celle qu'exprime la figure 
et soit t l'angle ABC. On peut toujours admettre 
qu'entre les trois longueurs A В , A С , В С , il en 
est deux , A В et С В par exemple , qui sont com- 
mensurables. 

Faisons A В = p. С В = q. 

On aura A С = J/pi__q a . Cos i = fL : 

c . . l/p*--q » 
Sin t = 

soit p =q -f- x. En élevant au carré on obtient : 

p* = q f ~t" 2 q x +x* 



a 



q* = 2qx + x a =qx + qx + x s 



- 76 — 

On reconnaît la forme du développement d'un 

carré, dont la racine a été elle-même ramenée à la 

forme (2 m + m). 

(2т + т)* = 4т я +4П1* + п1* 

A cette expression il faut identifier 

qx + qx + x* 

On doit donc avoir à la fois : x = m*et x f =m J ; 
d'où il suit : x= i et Ton obtient p — q-f- i; d'au- 
tre part q = 4 ; d'où p = 5 , et l'on a Cos f = f ; 

Sin t = -«-— 



s 5 

p. Â ? 



*' = 36°, 54 

Telle est la position assignée à la transversale AB. 
Supposons la longueur В С partagée en quatre par- 
ties égales et prenons LE pour unité : cette unité 

sera contenue exactement trois fois dans A С et cinq 
fois dans A B. 



Slni 3 RC=r^ BC 

C08l T" 

ВС ВС , ВС 



En effet A С = В С s,ni = ±B C = 3 L? 

C08l 4 ^ 4 



A В = JL B c s — 

Cosl 4 ^ 4 

"T 

Le triangle-rectangle ABC donne 4 * + 3 *— 5* 
Mais si cette équation est satisfaite, l'équation 

(4 e + 3 *) n 9 = 5 2 n* l'est aussi, quelque soit n. Or 

cette dernière peut être écrite : 

( 4 п) 9 +(з n)' = ( 5 n)' 

Considérons la progression arithmétique dont le 
premier terme est 1 et la raison 2. Cette série est 
celle des nombres impairs 

i, 3, 5> 7> 9 (a n— 1) 

Le terme qui occupe le rang n a pour valeur 
2 n — 1. 



— i / — 

La somme des n premiers termes est le carré de n- 

En effet, cette somme est : 2 n — 1 4- 1 , 

n =n .. 

Si dans cette série on demande quel est le dernier 
terme de la somme dont la valeur est n *, on devra 
prendre la racine carrée de n *, doubler cette racine 
et retrancher l'unité. 

Si Ton demande quel est le carré exprimé par la 
série dont le dernier terme est 2 n — 1 , on devra 
ajouter l'unité à ce dernier terme, diviser par 2. et 
élever cette moitié au carré. 

Théorème I. 

Si Ton tient compte de ces observations, on peut 
écrire les trois identités qui suivent : 

(5 n) »=H + 3 + 5 + .... -f (6 n— t) + (6 n + \) + ..... 
.... + 8 (n— \) -f 8 (n + *) + + (10 n— \) 

(in) «=* -f 3 + 5 + ... + (6n- 1) + (6n+4)+.... 

.... + (8n— 1) 

(3n)* =\ +3 + 5+ .... + (6d— \) 

Mais nous avons démontré que l'équation 

(5n) *=(4n) « — (3 n) « 
est toujours satisfaite quelque soit n. 

On a donc : 

(4 n) * = (5 n) * — (3 n) * = (6 n + 1)+ (6 n + 3) + 

+ (8n — 1)+(8n + 4) + _|_40n — \) 

Et aussi 

(3 n) * = (5 n) » — (4 n) * = (8 n + 1) + 8 n + 3) + .... 

+ ....+ (40 n—1) 

La série (6 n+ i) + (6 п + з + ... + (8п — 1)+.~ 

+(10 n — 1) comprend 2 n nombres; carie 

premier terme (6 n + 1) est de rang (3 n + 1) et le 
dernier terme (ion — 1) est de rang 5 n. 



1 



- 78 - 

La série (8 n-f i) + (8 п + з) + .... +(io n — i) 
comprend n nombres, car le premier terme est de 
rang (4 n+i) et le dernier terme (ion — i) est de 
rang 5 n. 

Il suit de ces observations : 

i° Que les carrés de tous les multiples de 4; soient : 
4 n, peuvent être exprimés par des sommes de 2 n 
nombres impairs consécutifs, dont le premier 
(6 n-f 1) diffère de l'unité. 

2 Que les carrés de tous les multiples de 3 ; soient : 
3 n, peuvent être exprimés par des sommes de n 
nombres impairs consécutifs, dont le premier 
<8n+i) diffère de l'unité. 

Je n'ai pas trouvé mention de cette observation 
dans les ouvrages qui traitent des nombres carrés. 
Il a toujours été enseigné que la série naturelle des 
nombres impairs commençant par 1 donne par addi- 
tion successives tous les carrés ; mais je n'ai vu nulle 
part qu'il ait été remarqué que dans cette série on 
rencontre périodiquement des groupes de deux, 

trois, quatre nombres successifs, dont le premier 

diffère de l'unité et dont les sommes donnent néan- 
moins des carrés. Ces zones numériques privilégiées 
sont exclusivement réservées à former les carrés 
des multiples de 3 et de 4. 

Exemples : i° Carré de 4 X 3 : 

Calculer la valeur de la somme des six nombres 
impairs consécutifs dont le premier est (6X3 + 1) 

4 9 _|_ 29 

J9 + 2J +23 + 25 + 27 + 29=—-^- X 6 = 

(19 + 29) X 3 = 48X3 = 144 
(4X3)* = 12*=144. 

2° Carré de (3 x 4) '• 

Calculer la valeur de la somme des quatre nombres 



— 79 — 
impairs consécutifs, dont le premier est (8 X 4 + i) 
33+35+374.39=— ti?X4=(33+39)X2=72X«=U4 

Théorème IL 

Tout carré pair peut être exprimé par la somme 
de deux nombres impairs consécutifs. 

Un nombre pair est de la forme 2 n. Le carré de 
2 n est 4 n*; c'est un nombre pair si on divise par 2, 
la moitié : 2 n * est encore pair. Or, dans la série na- 
turelle des nombres, tout nombre pair est précédé 
par un nombre impair et suivi par un autre nombre 
impair. Le nombre impair qui précède 2 n * est 
(2 n* — 1) ; le nombre impair qui suit 2 n*est 
(2 n*+ 1). La somme de ces deux nombres impairs 
est 4 n* : carré de 2 n. 

Théorème III. 

Dans la série des nombres impairs, arrêtons-nous 

arbitrairement au terme de rang n, sa valeur est 

2 n — 1 . Prenons h termes à sa suite : le premier 

vaut (2 n + 1), le second (2 n + 3), le dernier est 

de rang (n-f-h) et vaut par conséquent 2 (n-fh)- 1. 

Je fais la somme de cette série, cette somme est 
2 n + <+*(n + h)- <xh=(2n + h)hi 

soit 2 n h + h *• J'appelle A cette somme et je pose 
A = 2nh + h a . Revenons au terme (2 n — 1) qui 
est de rang n et faisons la somme de (2 n — 1) et 
des (h — 1 ) impairs qui le précèdent, de manière à 
avoir de nouveau une somme de h termes. Ces ter- 
mes sont : le premier (2 n — 1), le second (2 n — 3), 
le dernier 2 (n — h) + 1 . 



— 80 — 
la somme est donc : 2 n + 2 n— 2 h 



Xh; soit 2 n h— h* 



я 

et je pose B = 2 n h — h* 

A-B = 2nh4-h»~(2nh-h>) = 2h«; 
d'où le théorème dont suit renoncé. 

Si dans la suite des nombres impairs on trace 
arbitrairement une barre divisoire entre deux ter- 
mes consécutifs et que de part et d'autre de cette 
barre divisoire on prenne 2 h termes : h à droite, h 
à gauche, la différence entre la somme des h termes 
à droite de la barre et la somme des h termes pris à 
gauche est de 2 hV 

Exemple :135719ц 13I151719I212? 
tirons le trait séparatif entre 1 3 et 1 5 et prenons trois 
termes à droite et trois termes à gauche, la diffé- 
rence entre les sommes doit être 2 X3 a =2 y 9 = 18. 

On a effet : 15+17 + 19 = 51 

9+11+13 = 33 



Différence 18 

Mais nous n'avons fait aucune hypothèse sur la 
valeur de h qui peut varier de un à l'infini. Traçons 
donc arbitrairement encore une barre divisoire entre 
deux termes quelconques et convenons de prendre 
à sa gauche tous les termes qui précèdent jusqu'à 1 . 
La somme de ces termes est un carré n *. Partageons 
maintenant la série en tranches comprenant autant 
de termes que la première. Il suit de notre théorème 
que la seconde tranche vaut 3 n a , puisqu'elle excède 
de 2 n * la précédente qui vaut n f ; la troisième tran- 
che vaudra 3 n*+2 n*, soit 5 n s La n* tranche 

vaudra (2 n — 1) n*. 

Du théorème général découle dès lors un corol- 
laire très remarquable que l'on formule en disant 



— 81 — 



que tous les multiples impairs d'un carré quelconque 
n*, pair ou impair, sont exprimables par des sommes 
de nombres impairs consécutifs, dont le premier 
diffère de l'unité. Toutes ces sommes ont un nom- 
bre constant de termes : n. 

Si l'on pratique dans la série des coupes de deux 
en deux termes et que Ton s'arrête successivement 
au second terme à droite de chaque tranche, on 
obtient tous les carrés pairs. 



* , 2 


3 


4 


1,3 Г 5,7 


9,11 


~13~15 



n 



(4n — 3) (4n — 1) 



La i re tranche vaut 
La 2 e » 

La y • » 



4 
3X4 
5X 4 



La n' 



(an— 1)4 



Tout carré pair a donc sa représentation dans le 
schéma qui suit : 

4 carré de 2 

+ 

4 + 4 + 4 » de 4 

T+ 4 + 4 + 4 + 4 » de 6 

+ 

4 + 4 + 4 + 4 + 4 + 4 + 4 » de 8 

Dans (2П) 1 il entre (i + 3+5 +...+ [2 n-i]) fois 4. 
Dans la série des nombres impairs isolons l'unité 
et pratiquons des coupes comprenant deux termes. 



1 



1 

3,5 


2 
"7,9 


3 


4 


41,13 


15,17 



n 



(4n-1)(4n+1)l 



Appliquons le théorème fondamental. La différence 
entre une tranche et celle qui la précède immédia- 

6 



— 82 — 

tement est 2 h *, h étant le nombre de termes qui 
entre dans chacune des tranches. Donnons à chaque 
tranche le numéro d'ordre qui lui appartient. La 
première tranche vaut 8, la seconde 8+2X2*=8+8, 
la troisième tranche 8 + 8 + 2X2 *=8 + 8 + 8. ... Si 
on ajoute successivement toutes ces sommes entre 
elles et à l'unité, on obtient la série des carrés im- 
pairs. Tout carré impair a donc sa représentation 
dans le schéma qui suit : 

4 carré de 4 



t 



» de 3 

8 + 8 » de 5 

+ 

8 + 8 + 8 » de 7 

Dans le carré (2 n + 1 ) * il entre donc 
(i+2_|_3+....+ri) fois 8, soit (2+4+6+8+.... +2 n) fois 4 

Théorème IV. 

Considérons les carrés impairs qui suivent : 

4+3-1-5 carré de 3 

1+34.5 + 7 + 9 » de 5 

4 4-3+.5+-7Hh9+-4l +-43 » de7 

Il convient de remarquer que le nombre impair 
qui occupe le milieu de chacune de ces sommes est 
précisément la racine du carré exprimé par cette 
somme. On en voit aisément la raison. Dans toute 
progression arithmétique, si on prend un nombre 
impair de termes, celui qui occupe le milieu est la 
moyenne de tous les autres. Or, dans notre pre- 
mière expression il y a trois termes et 3 est celui 
du milieu, la somme vaut donc 3 X 3 = 9- Dans la 
seconde expression с est le nombre 5 qui succède 



— 83 — 

immédiatement à 3 qui sera le terme médian, et 
l'expression ayant deux termes de plus que la pré- 
cédente, en aura 5 ; la somme est donc 5X5 = 25. 
La règle est donc générale. 

Considérons les carrés pairs qui suivent : 

1 -f- 3 carré de 2 

4+3 + 5 + 7 » de 4 

i+3 + 5 + 7 + 9 + И » de 6 



On remarquera que dans chacune de ces sommes 
le nombre pair déficient, que Ton peut supposer in- 
tercalé en son milieu est la racine du carré exprimé, 
par la somme. On peut se demander si la règle est 
générale. Soit n* un carré pair. 

u * = \ +3+ 5 +....+ 2(n — \) 

Puisque n est pair, on peut poser n= 2 h. Si on 
suppose la série n* coupée en son milieu par une 
barre divisoire, le nombre impair le plus voisin 
de la barre et à sa gauche est de rang h et vaut 
(2 h — 1). Le nombre pair déficient qui serait ren- 
contré par la barre divisoire s'il était intercalé est 
donc 2 h. Or 2 h=n, racine de n 1 . 

Théorème V. 

Considérons de nouveau la série des nombres 
impairs et pratiquons dans cette série des coupes, en 
observant les règles suivantes : 

La tranche n° 1 a un chiffre ; la tranche n e 2 a 
deux chiffres ; la tranche n° n à n chiffres. 



с 

91 

+ 



00 

+ 

т 

с 



+ 

т 

а 
Kg 



ао 



о» 

О* 

ее 
о* 



О) 

00 



00 


о» 


в* 


а© 

•• 

00 


-h 



— 84 — 

* 

Il résulte des remarques antérieures que 
dans ce mode de partage de la série des 
nombres impairs : 

i° Le carré du nombre qui exprime le 
numéro d'ordre d'une tranche est ou bien 
le nombre impair qui occupe le milieu de 
la tranche, si elle admet un nombre impair 
de termes, ou le nombre pair déficient que 
Ton peut supposer intercallé au milieu de la 
tranche, si elle admet un nombre pair de 
termes, de telle sorte que ce nombre pair ou 
impair est la moyenne des termes dont la 
tranche est formée ; 

2° Qu'il y a autant de termes dans la tran- 
che que d'unités dans le nombre qui exprime 
son numéro d'ordre. 

La \' m tranche vaut donc .. <*X*=*=* 3 
La 2 e » • . . 2 a X2= 8 = 2 S 

La 3 e » » . . 3«X3=27 = 3* 

La n* » » . . n*Xn= n 3 

Ce qui revient à dire que la valeur de 
chaque tranche est le cube du nombre qui 
exprime son numéro d'ordre. 

Théorème VI. 

Nous avons démontré que tout carré pair 
est de la forme : 

2* 4* 6* 8« (2 n)* 

[1+3 + 5 + 7 + + 2 n — 1]4 

4 4 9 46 n» 



— 85 — 

Que tout carré impair est de la forme : 

3» 5» 7» 9* (2n+<)« 

4+ [2 + 4 + 6 + 8+ + 2 n] 4 

2 6 12 20 n (n+4) 

Ces tableaux montrent que tout carré pair est un 
multiple de 4, et que tout carré impair diminué de 
i est à la fois un multiple de 4 et de 8. 





DE Sllïï- 




Pir M. A. db FOHTEHT 



Prenant exemple du charmant conteur d'un 
voyage autour de sa chambre, je voudrais vous 
intéresser — puissé-je y réussir — en vous faisant 
voyager avec moi autour d'une localité voisine de 
nous : le petit village de Saint-Canadet. 

Ce lieu comprenant une quarantaine de feux, 
section paroissiale de la commune du Puy-Sainte- 
Réparade, est situé au pied de l'un des versants de 
la Trévaresse, colline dont la chaîne s'étend, du sud 
au nord, depuis Venelles jusqu'à Rognes, passant 
sur les laves éparses de l'ancien volcan de Beaulieu. 

Des terrasses de ce village, faisant face vers le 
nord à la ville de Pertuis et au long cours de la 
Durance coulant de l'est à l'ouest, on jouit d'un des 
plus beaux points de vue de la Provence. 



— 88 — 

Parcourir son étendue ne vous donnera aucune 
fatigue, si je sais, conducteur de la marche, vous en 
montrer les pittoresques détails. 

Dans cette promenade on peut voir, avec la ville 
de Pertuis, plusieurs villages dont quelques-uns, 
par le nombre des habitations et de la population, 
par l'importance des marchés qui s'y tiennent, peu- 
vent, hardiment, prétendre au nom de bourg plutôt 
qu'à l'appellation de village. 

Contempler le vaste horizon qui les renferme est 
l'attrait du voyage que je vais faire avec vous, si 
vous voulez bien suivre avec une bienveillante in- 
dulgence votre nonagénaire cicérone. Mais les limites 
du temps qui nous est donné pour l'accomplir nous 
obligeront à passer, sans nous y arrêter, devant les 
stations d'un intérêt secondaire et à les parcourir 
seulement de visu ; course , alors , rapide autant 
qu'en vélocipède, mais moins fatigante, je l'espère. 

Sur notre droite voici, d'abord, Meyrargues dont 
le château perché au haut d'un mamelon que les 
maisons de la bourgade entourent à sa base, appa- 
raît, de tous côtés, comme une sentinelle placée à 
la garde de la grande plaine qui se développe à ses 
pieds. 

Peyrolles surgissant au milieu des riantes prairies 
qu'arrose la Durance. 

Passant sur le premier pont suspendu qui fut 
construit en Provence par les frères Seguin, nous 



— 89 - 

voici en face de Pertuis, ville florissante, centre 
d'une des plus belles exploitations agricoles. 

Non loin de ses boulevards Villelaure, Cadenet 
et Lauris décorant par leurs blanches constructions 
et par leurs élégantes villas les croupes ombreuses 
du Luberon sur lesquelles leur aspect se projette. 

Retournant de l'ouest vers Test sur la rive gauche 
de la Durance : Char levai et la Roque-d Ant héron, 
puis la célèbre abbaye de Sylvacanne devenue châ- 
teau de plaisance, conservant néanmoins de beaux 
restes de ses anciennes décorations architecturales 
et son grand cachot souterrain très intact, avec ses 
poteaux, ses gros anneaux en fer scellés contre des 
murs suintants et ses lourdes chaînes ; sombres et 
humides oubliettes où croupissaient les brigands 
pourchassés par la corporation militaire des Frères 
pontifes. 

A quelques kilomètres plus loin, les ruines du 
séjour de cette association qui transporta son quar- 
tier général sur les terrains de Bonpart, à l'ouest de 
la ville dJAix, en un passage alors réputé très dan- 
gereux nommé Malepart, parce qu'il était souvent 
exploité par les voleurs et les assassins et qui dès 
lors changea de nom sous la protection de ces reli- 
gieux déposant, à l'occasion, le froc de constructeurs 
de ponts pour endosser la tunique du gendarme. 

Sur notre route nous rencontrons la belle œuvre 
de M. l'ingénieur Pascalis, le grand bassin d'épu- 



- 90 — 

ration des eaux du canal de Marseille à Saint- Cris- 
tophe, et l'élégant essai, de même nature, fait à Pon- 
cer eau, aujourd'hui abandonné pour cause de capa- 
cité insuffisante. 

Nous passons devant Saint- Eslève-de-Janson et 
nous traversons le village du l'uy -Sainte- Réparade 
bâti en plaine après la destruction de la ville du 
même nom qui couronnait sur un plateau de rochers 
le pic au pied duquel s'étend aujourd'hui la nou- 
velle localité ; c'est par antiphrase que celle-ci con- 
serve le vocable de l*uy. 

Reportant nos regards vers le levant, dans un 
lointain accidenté par des coteaux boisés, nous 
voyons la Bastidonne et non loin d'elle La Tour- 
d'Aiguës remarquable par les grandes ruines du 
château du duc de Lesdiguière. 

Du milieu des restes de cette princière habitation 
s'élève une tour carrée de construction romaine, 
jadis incendiée et dont, au travers d'une large brè- 
che, on voit encore de très loin l'intérieur avec ses 
murailles noircies. 

En arrière de La Tour-d'Aigues et par une dé- 
pression de la crête du Luberon, apparaissent le 
clocher et les toitures de deux villages célèbres : 
Saint-Martin et Cabrières. 

De ce côté nous voyons, surpassant les derniers 
contreforts des Basses- Alpes, la longue échine du 



— 91 — 

Cheval-Blanc, montagne couverte, une grande partie 
de Tannée, d'un grand linceul blanc. 

A l'entrée de cette échappée de vue apparaissent 
les gigantesques rochers du défilé de Mirabeau, 
masquant pour nous le village dont le nom rappelle 
le célèbre tribun, le puissant orateur. 

Au pied de ces rochers, lieu unique pour une 
belle prise de Геаи de la Durance, nous voyons les 
travaux inachevés que le savant ingénieur Floquet 
entreprit, au commencement du siècle qui va finir, 
pour la création d'un grand canal qui devait arroser 
presque toute la Provence, projet grandiose et na- 
tional dont l'exécution s'évanouit dans la tourmente 
révolutionnaire et qu'une œuvre très remarquable 
surtout par son caractère monumental, mais d'une 
utilité absolument restreinte, a, sic voluere fa ta, 
à jamais remplacé. 

Faut-il croire, au dire de quelques géologues : 
que les rochers du défilé de Mirabeau, au temps qui 
ont précédé le déluge universel, unis en une seule 
et même masse, opposaient un barrage aux eaux de 
la Durance ainsi qu'à toutes celles qui s'écoulent en 
amont des derniers contreforts des Alpes et for- 
maient ainsi un grand lac, une mer dont le fond, 
aujourd'hui mis à nu, présente un amas de cailloux 
roulés qui attestent, disent-ils, la préexistence de ce 
grand lac ? Le vide que laissent entr'elles les deux 
grandes masses de rochers au passage de la Durance 



— 92 — 

paraît cependant suffisant pour mettre en doute leur 
ancien raccordement. Mais, si par un effort d'ima- 
gination, on rétablit et qu'on contemple la cascade 
qui déverserait le trop plein du lac d'une hauteur 
de plus de trente mètres, on a la sensation d'un 
phénomène rivalisant au moins à celui des chûtes 
du Niagara. 

Traversant avec impétuosité les assises resserrées 
de ces grandes et hautes murailles naturelles, la 
Durance. reprenant son cours de traîne effiloquée 
et sa marche vagabonde sur la plaine qui s'étend 
devant elle, divise, féconde et dévaste en même 
temps les terrains qu'elle traverse, donnant aux uns 
les détritus fertilisants qu'elle charrie, creusant les 
antres ou bien les comblant de sable, de graviers et 
de cailloux. 

Cette grande étendue de pays a pour enceinte, au 
nord, la bleuâtre chaîne du Luberon ; à l'est, les 
collines de Manosque et de Valensole, dominées par 
les cimes neigeuses des montagnes de Lure et du 
Cheval- Blanc: puis, avancé vers le sud, le pic de 
Concors aux pieds duquel s'étend le gros bourg de 
Jouques. 

Le mont Sainte Victoire et la Trévaresse sont, 
au sud, les dernières bornes du vaste horizon que 
nous venons de parcourir. 

C'est sur le grand champ qu'il circonscrit et qui 
se prête si bien à la stratégie que furent exécutées, 



— 93 - 

en 1876, les grandes manœuvres, commandées par 
le général Espivent, repoussant l'envahissement 
simulé, peut-être prévu, des troupes italiennes. 

De cette excursion dans rétendue du panorama 
déroulé devant nous, revenons auprès du hameau 
de Saint-Canadet. 

Pourquoi ce nom qu'on cherche vainement dans 
le martyrologe ? 

Un groupe de maisons était anciennement bâti 
autour d'une chapelle érigée sous le vocable de 
Saint-Pierre-es-Liens et soumise, ainsi que l'église 
du Puy-Sainte-Réparade, à la juridiction du chapitre 
de Saint-Sauveur. 

. Vers le milieu du XV e siècle la chapelle fut dé- 
vastée pendant les guerres de religion. 

Chassés de leur demeure, les habitants de ce lieu, 
dépourvu de source d'eau, se transportèrent en un 
site plus favorable ; un nouvel hameau fut construit 
ainsi qu'une nouvelle église, à laquelle on donna le 
même vocable : Saint-Pierre-es-Liens : Sanctus 
Petrus ex catenœ : ce dernier mot signifiant lien, 
chaîne, en provençal Cadeno on en a fait Cadanet 
puis Canadet, que, par euphémie, on a sanctifié. 

Les diverses peuplades qui, dans les temps an- 
ciens, ont successivement foulé le soi de notre con- 
trée, ont laissé, comme presque partout ailleurs, de 
nombreuses traces, des témoins, de leur passagère 
existence, de leurs usages et de leurs agitations. 



— 94 — 

On a trouvé épars dans les terres cultivées, mais 
surtout autour des habitations, des ossements hu- 
mains, des squelettes entiers dépourvus de cercueils 
et parmi eux plusieurs sujets d'une stature dépas- 
sant deux mètres. 

Dans des tombeaux on a recueilli des armes de 
guerre, le plus souvent en forme de poignard à large 
lame avec la poignée croisée ; des boucles en fer et 
en bronze, des éperons, des mors de cheval, des 
bracelets ciselés dont quelques-uns ornés de pierres 
de couleur, des fragments de boucliers et de nom- 
breuses médailles, toutes preuves des agitations 
belliqueuses de nos ancêtres ou prédécesseurs. 

Parmi les objets intéressants récoltés dans nos 
parages, il faut compter un témoignage topique re- 
latif aux coutumes qui donnent tant d'attrait à l'his- 
toire des variations de la mode pour l'habillement 
et la parure. 

Dans un champ fraîchement labouré un vieux 
berger faisant paître son troupeau, par un beau clair 
de lune, ramassa un pendant d'oreilles en or, suivant 
l'expression populaire un rond, de forme semblable 
à ceux qui, peu nécessaires à relever le piquant de 
leurs attraits, portent cependant nos belles artésien- 
nes. Il était plus grand et plus massif avec un chaton 
à faces pentagonales, ciselé, mais sans gemme. 

On plaisanta le vieux pâtre sur sa trouvaille, l'en- 
gageant à en parer sa large oreille ; pas si niais le 



— 95 — 

bonhomme, mais émule malin du coq détournant 
une perle, il porta le bijou à M. Sallier, receveur 
des finances, grand collecteur d'objets d'art et d'an- 
tiquité. 

Cet honorable et distingué savant, sachant bien 
qu'un ducaton ferait mieux l'affaire du berger, le 
satisfit en l'engageant à chercher et à lui apporter 
le pendant du rond. 

Cinq années après, un honorable juge de paix, 
propriétaire à Saint-Canadet, par un temps d'orage, 
dans un sillon détrempé par la pluie, rencontra le 
pendant souhaité. Le chaton, cette fois, était garni 
d'une fort belle amétiste. Le chercheur heureux 
combla gracieusement la lacune, et l'érudit collec- 
teur, plus heureux encore et très reconnaissant, 
plaça les deux ronds auprès du fameux papyrus 
égyptien qu'il possédait depuis quelque temps et que 
peu de temps après déchiffra le savant orientaliste, 
M. Champolion, à son passage à Aix. 

Aux découvertes déjà mentionnées il faut ajouter 
les bases d'un petit temple en pierres froides, de 
forme quadrangulaire. Sur ces pierres ornementées 
de moulures sont restées les traces d'une enceinte 
en barreaux de fer. 

Des inscriptions dont une en langue hébraïque ( i ), 



(\ ) L'inscription en langue hébraïque, mais dont les mots 
sont très effacés, a été trouvée sur la façade d'une vieille 



— 96 — 

d'autres en latin des temps les plus reculés, de ce 
nombre une épitaphe sur pierre tombale portant le 
nom de V alerta. 

Tout récemment un autel- votif aux nymphes de 
la localité et dont le dévot a nom Servacvs (i). 

Au sommet d'un coteau existe une ancienne ruine 
qu'on nomme le Castellas ou château de Féline. 
Quelle est l'origine et quelle fut la destination de 
cette construction ayant caractère de bâtisse ro- 
maine? On l'ignore. Dans ce qui l'entoure, des restes 
de clôtures, des traces de jardins, paraissent indi- 
quer qu'elle a été habitée. Ce qu'il y a de certain 
c'est que pendant les guerres de religion elle servit, 
aux partisans, de refuge fortifié et qu'il y eut échange 
de bombardement entre eux et les troupes du duc 
d'Epernon, occupant la ville du Puy-Sainte-Répa- 



maison de l'ancienne ville du Puy-Sainle-Réparade, maison 
épargnée par les démolisseurs. Elle fut acquise par M. l'abbé 
Castellan, chanoine de Saint-Sauveur, professeur de lithurgie 
à l'Université d'Aix, membre de notre Académie. Il la plaça 
dans le tympan de sa demeure, cours Notre-Dame, où on la 
voit encore. 

(\) L'inscription de l'autel-votif aux nymphes Nymphis 
votum fvovit sous entendu) libens merito servacus a récem- 
ment été publiée dans la revue épigraphique dirigée par 
M. le capitaine Esperandieu, membre du comité historique 
et professeur à l'école militaire de Saint-Maixent, grâce à 
l'obligeance de M. Clerc» professeur à la Faculté des lettres 
d'Aix, directeur du Musée Borélv à Marseille. 






— 97 — 

rade en 1582 et 1583. Les deux points culminants 
sont distants l'un de l'autre, à vol d'oiseau, d'environ 
trois kilomètres. Nous possédons des biscaïens en 
fer trouvés au milieu des amas de pierres écroulées 
du château de Féline. 

Quant à l'ancienne ville du Puy-Sainte-Réparade 
qui s'était maintenue en effervescence de liberté, 
elle fut détruite en 1 6 1 2 par ordonnance des Etats 
de Provence. 

Et maintenant la légende s'est emparée des ruines 
du Castellas, leur donnant un caractère mystérieux. 
Une chèvre d'or les habite, mais elle n'apparaît 
qu'une seule fois dans Tannée, au moment où le 
premier rayon du soleil levant surgit et s'élance 
dans les airs du plus haut sommet du Luberon. 
L'heureux mortel qui, la surprenant à ce moment 
précis s'en rendra maître, possédera la source du 
bonheur. Personne encore n'a saisi l'instant fati- 
dique. 

Une autre croyance s'est accréditée : sous ces 
antiques murailles seraient rangées plusieurs am- 
phores pleines d'un vin célèbre. Un sorcier, il en 
est toujours là où se trouvent des simples, des su- 
perstitieux, celui-ci voulant profiter d'une crédulité 
sur laquelle il comptait, se faisant fort de la vertu 
de sa baguette divinatoire, affirmait l'existence du 
précieux dépôt. Il s'offrait, moyennant bon salaire, 

à faire les fouilles. Soit, lui dit-on, mais vous vous 

7 



— 98 — 

paierez vous-même sur la grosse moitié de la décou- 
verte. Le malin, mais peu sorcier en ceci, avait 
compté sur un autre marché et le précieux vin du 
Cécube, peut-être, reste encore sous les décombres 
du Castellas. 

Arrivés au terme de notre voyage, heureux, 
serais-je, Mesdames, Messieurs, si dans mon rôle de 
conducteur je n'ai pas abusé de votre bienveillance 
à m'écouter. 

Jetons un dernier regard sur le plateau désolé de 
l'ancienne cité. A son extrémité septentrionale, sous 
la voûte d'une grotte, découle encore sur un sol 
boueux un filet d'eau, unique ressource des anciens 
habitants qui l'appelaient la nymphe Gâcharelle. A 
l'extrémité méridionale une sorte de pyramide sem- 
blable à une quille dont elle porte le nom provençal 
lou quia ou, s'élève faisant silhouette sur le firma- 
ment ; c'est un angle du château, croit-on, peut-être 
de l'église, témoin attristant des destructions faites 
par la main des hommes. Les pierres qui la forment, 
couche par couche, s'écroulent lentement ; le jour 
viendra qu'à son tour elle sera rasée par le temps. 
Le touriste, alors retour du sud africain, triste en- 
core des actes accomplis au Transvaal, viendra 
s'asseoir sur sa dernière dalle comme Manlius sur 
les ruines de Carthage. 




THIERS 



ÉTUDIANT EN DROIT 



SES RAPPORTS AVEC L'ACADÉMIE ÏÏAIX 



Par I. le Docteur AUDE, 



Mesdames, Messieurs , 



Dans la séance publique de Гап dernier le Pré- 
sident de l'Académie, Monsieur le doyen Guibal, a 
lu une remarquable esquisse sur la seconde jeunesse 
de Thiers, rappelant cette partie de la vie de Fhis- 
torien national de la République, du Consulat et de 
l'Empire, comprise entre 1821 et 1830. 

Je me propose de placer aujourd'hui sous vos 
yeux la première jeunesse de Thiers, de 181 5, 
date de son arrivée à la Faculté de Droit d'Aix, 
à 1821 , l'année où il quitta notre barreau, pour 
commencer sa brillante carrière à Paris. 

C'est à Aix qu'elle s'écoula et si Thiers, qui pré- 
sida un moment aux destinées de la France, appar- 
tient à l'Histoire , la ville d'Aix , berceau de sa 
famille et notre Académie, première révélatrice de 



— 100 — 
son talent, ont le devoir de rappeler son séjour 
parmi nous et ses rapports avec nos devanciers. 

Tbîers fut de cette pléiade de jeunes hommes nés 
dans les dernières années du ХУт** siècle et les 
premières du XIX"* qui constituèrent ce qu'on a 
appelé la génération de 1830. 

Les guerres de la Révolution et de l'Empire 
avaient épuisé le prestige des armes et arrêté le 
mouvement littéraire du siècle de Louis XIV. L'ère 
de paix et de liberté qui s'ouvrait donnait un 
nouvel essor aux conceptions de l'esprit tenues en 
bride p-ir le despotisme des sectaires et le césarisrne 
militaire, et cette génération accomplit l'oeuvre de 
rénovation avec Lamartine. Balcac. Yïctor-H^o . 
Thiers, Mi^tet. de Musset. Berryer. pour ne citer 
que les plus illustres- 

cuite de Prc:t d Aix réunissait sur 



— 401 — 

Chénier. C'est en souvenir de cette parenté que 
Thiers reçut au baptême les prénoms de Marie- Jo- 
seph. Son grand père paternel, dont l'histoire a été 
écrite par le distingué bibliophile M. Octave Teissier, 
né à Aix en 1714, avait été reçu avocat au Parle- 
ment et s'établit plus tard à Marseille où il remplit 
les fonctions d'Archivaire de la ville. Il était lui- 
même le fils de Charles Thiers , bourgeois de la 
ville d'Aix. 

La famille de Thiers est donc originaire d'Aix, 
puisque son bisaïeul et son aïeul y étaient nés ; il 
y a demeuré lui-même de 181 5 à 1821, aussi pou- 
vait-il écrire en 1830 au docteur Arnaud : « Si je 
ne suis point d'Aix j'y ai passé tout le temps de ma 
jeunesse, ma mère a continué d'y habiter elle-même 
et j'y ai conservé de nombreux amis. » 

Après avoir commencé ses études dans une pen- 
sion particulière, Thiers entra en 1809 au lycée de 
Marseille, en qualité de boursier, en souvenir des 
services rendus à la ville par son grand père. Il y 
fut toujours au premier rang et il en sortit en 18 14. 
A cette époque le baccalauréat n'existait pas ; il était 
remplacé par des certificats des deux derniers pro- 
fesseurs de l'élève. La Faculté de Droit possède 
ceux de Thiers dans ses archives. Le professeur de 
rhétorique, M. Louis Brunet, déclare que l'élève 
Adolphe Thiers a suivi avec exactitude son cours 
de deux années et qu'il s'est distingué par son 



— 102 — 

application , sa bonne conduite et les succès les 
plus brillants (i). Le professeur de philosophie, 
M. Arnaud - Dennas , certifie qu'Adolphe Thiers , 
élève du gouvernement , a suivi exactement ses 
cours et s'est rendu également recommandable par 
sa bonne conduite, son application et ses progrès. 
Le proviseur du lycée , M. Dubreuil , atteste que 
l'élève Thiers s'est constamment distingué par sa 
bonne conduite, ses principes , ses talents et ses 
progrès. Enfin le censeur du lycée , M. de Saint- 
Manac, déclare que Thiers s'est comporté de ma- 
nière à mériter les éloges des chefs et que son appli- 
cation suivie pendant plusieurs années et des succès 
distingués l'ont placé au rang des élèves que l'on 
voit partir avec regret. 

Après sa sortie du lycée Thiers passa une année 
à Marseille puis il vint à Aix pour suivre les cours 
de la Faculté de Droit. Il prit sa première inscrip- 
tion le 8 novembre 1 8 1 5 . Il se logea au 2 me étage du 
n° 30 de la rue des Pénitents Noirs (aujourd'hui rue 



(1) M. Bru net écrivait encore le 7 avril 1814 à Madame Thiers 
mère : « M. Thiers est un excellent sujet. Il a fait ses études au 
lycée de Marseille avec la plus grande distinction. Il a remporté 
presque toutes les années les premiers prix. Il réunit aux plus 
sérieuses dispositions pour les sciences et les belles-lettres, l'amour 
de l'étude et le désir de se distinguer dans une profession hono- 
rable. Quelle que soit la carrière dans laquelle il se propose d'en- 
trer, il ne peut manquer de la parcourir avec le plus brillant 
succès. » (Communiqué par Mademoiselle Dosne.J 



— 103 — 

Lieutaud) , maison modeste , s'il en fût , à porte 
étroite et cintrée, avec une seule fenêtre de façade 
et un magasin au rez-de-chaussée où se trouvait 
rétabli du propriétaire , un menuisier nommé 
Chave. En 1815 une chambre de la rue des Péni- 
tents Noirs à Aix, devait être d'un prix bien mo- 
dique et convenir seulement à un étudiant peu 
fortuné. Au mois de janvier suivant Thiers alla 
demeurer rue Plateforme ( aujourd'hui Eméric- 
David) n° 31, dans une maison appartenant à 
M. Turrel. En 181 7 il change encore de logement 
et s'installe rue Adanson 3 (bis) chez un maçon 
nommé Rey chargé de réveiller son locataire cha- 
que matin à la première heure, le maçon allant à 
son chantier et l'étudiant ouvrant ses livres. En 
18 18, la mère et la grand mère de Thiers viennent 
se fixer à Aix ; ils habitent en commun traverse 
Silvacanne , n° 12, un immeuble appartenant au 
marquis de Gueydan. Plus tard M me Thiers, mère, 
acquit une maison , rue des Chartreux , mais elle 
l'habita seule, son fils étant alors fixé à Paris. 

Thiers prit ses douze inscriptions du 8 novembre 
181 5 au 3 août 18 18; il subit son premier examen 
de baccalauréat en droit le 20 décembre 1817,1e 
second le 9 juillet 18 18 , ses deux examens de 
licence et sa thèse en août 1818. Dans chacun de 
ces examens il eut constamment l'unanimité des 
suffrages et il n'obtint que des boules blanches. La 



— 404 — 

thèse était une formalité sans valeur ; on peut en 
juger par celle de Thiers qui n'a que trois pages 
d'impression, une pour le droit romain : « de Inge- 
nuis,» la seconde pour le code civil : « Publication 
des effets, » la troisième pour la procédure civile : 
« Des enquêtes. » 

Les professeurs de la Faculté étaient : MM. Balzac, 
doyen, Bouteille, Constans, Bernard, Mottet et De- 
fougères, et les principaux condisciples de Thiers, 
qui subirent leurs examens avec lui : Mignet, Mottet, 
Floret, Aude, Alphonse Rabbe, Euzière, Revoil, 
Tavernier , de la Boulie , Guillibert, de Gabrielli , 
Rouvière, de Ribbe, Goyrand, Palis, Peisse. Nous 
trouvons là bien des noms qui sont ceux des plus 
anciennes et des plus honorables familles de notre 
ville. 

Parmi ces camarades d'école certains devinrent 
les amis de Thiers, les compagnons habituels de 
ses études et de ses plaisirs. Notre illustre compa- 
triote Mignet et Thiers se lièrent à cette époque 
d'une amitié inaltérable et indissoluble, dit Sainte- 
Beuve, « qui les honore tous deux, d'une de ces 
amitiés que si peu d'hommes de talent savent con- 
tinuer inviolable entre eux après la jeunesse. » Elle 
dura pendant soixante années et si elle fut rompue 
par Thiers en 1877, année de sa mort, elle se con- 
tinua dans le cœur de Mignet jusqu'en 1884 , au 
moment où il nous quitta lui-même. Un historien 



— 105 — 

de Thiers, Alexandre Laya, a dit en parlant de 
Thiers et de Mignet : « Rien de plus touchant, rien 
de plus consolant et de plus précieux que le spec- 
tacle de cette amitié qui fut pour les deux jeunes 
enfants de cette belle contrée de la Provence un 
lien toujours fort et sacré. Ils marchaient ensemble 
du même pas , se donnant la main comme frères, 
se mêlant aux mêmes luttes, aux mêmes travaux, 
recevant les mêmes impressions, se soutenant enfin 
dans la vie de cet appui si énergique dont l'associa- 
tion fait la force et l'intimité le charme. L'un 
prompt, ardent dans la pratique, écrivain passionné 
pour les faits, se servant de sa plume comme d'une 
arme, homme d'état toujours sur la brèche, tou- 
jours actif, toujours présent aux événements qui 
demandent la parole et l'action ; l'autre enfermant 
sa vie pure et modeste dans le sanctuaire de la 
science et de l'art , harmonieux et beau dans son 
style, plus philosophe qu'historien, ne se mêlant 
aux faits que quand on lui demande l'expression 
d'une âme dévouée et courageuse, aimant la science 
et l'étude comme Raphaël aimait la Fornarina. » 

La ville d'Aix a consacré par une plaque com- 
mémorative la place où Thiers et Mignet venaient 
si souvent travailler à la bibliothèque Méjanes et 
leur buste orne ces vastes salles, témoins de leurs 
études. 

Dans l'intimité de Thiers, à Aix, se trouvaient 



— 106 - 

surtout Alphonse Rabbe , journaliste de talent , 
Peisse , critique médical très autorisa , Rouchon- 
Guigues, historien et magistrat, Mottet , conseiller 
d'État et recteur d'académie, Aude, longtemps maire 
d'Aix, Floret, préfet sous Louis-Philippe, Martin, 
président à la Cour des comptes, Giraud, ministre 
de l'instruction publique, Euzière, conseiller à la 
Cour. 

Tous ces jeunes hommes épris de libéralisme se 
réunissaient souvent et discutaient avec ardeur les 
questions de principes dont la Restauration per- 
mettait alors l'accès à toutes les intelligences. 

Thiers était l'âme de ces réunions ; il s'exerçait 
volontiers à la parole parmi ses amis et les charmait 
par sa verve et son éloquence entraînante et per- 
suasive. Le père de Mignet était un de ces serruriers 
d'art qui fabriquaient à la forge ces belles rampes en 
fer ornant encore plusieurs de nos maisons d'Aix. 
Il occupait un grand nombre d'ouvriers dans son 
atelier, situé au numéro 44 de la rue Bellegarde 
(aujourd'hui rue Mignet), là même où, signe des 
temps, est établi un débitant de vins et liqueurs. Au 
sortir de la Faculté, Thiers et ses amis s'arrêtaient 
parfois chez Mignet et continuaient leur conversa- 
tion dans l'atelier. Elle fut un jour si animée que 
Thiers captiva l'attention de tous les ouvriers qui 
suspendirent leurs travaux pour l'écouter : « les 
marteaux restèrent en l'air tant qu'il parla», disait, 



— 107 — 

en langue provençale , l'un d'eux racontant cette 
scène longtemps après. 

A ces joutes oratoires se mêlaient aussi de vraies 
espiègleries bien dignes de jeunes gens de vingt 
ans. Thiers, écrivant à l'un de ses amis en 182 1, 
peu après son arrivée à Paris, lui disait : « Assure 
ta mère que je n'oublierai jamais ses bontés et son 
indulgence pour nos folies. » Il en est une qui a été 
attribuée à Thiers, mais qui fut commise quelques 
mois avant son arrivée à la Faculté, au cours de 
mon grand père, professeur de droit romain. Le fait 
est assez piquant pour vous être rapporté. En atten- 
dant l'heure du cours plusieurs étudiants, se pro- 
menant sur la place où est aujourd'hui le buste de 
Peiresc, aperçurent un âne qu'un paysan venu au 
marché avait attaché au barreau de fer d'une fenêtre 
voisine. Si nous faisions entrer cet âne dans la salle 
du cours, dit l'un d'eux. L'inspiration était bonne, 
l'âne fut conduit dans l'amphithéâtre où les étudiants 
se groupèrent autour de lui. Le professeur, montant 
en chaire, aperçoit les oreilles du baudet émergeant 
au-dessus de celles de ses auditeurs habituels. Sans 
se déconcerter il prend ainsi la parole : On ne pourra 
pas dire, comme dans l'Evangile de Saint- Jean, in 
propria venil el suinon receperunt eum, mais bien : 
Il vint parmi les siens et ils l'admirent au milieu 
d'eux ! Cette spirituelle saillie fut couverte d'ap- 



— 108 — 

plaudissements et le néophyte fut reconduit à son 
barreau. 

Mais ce qui est assurément à l'actif de Thiers et 
de ses amis, c'est le supplice infligé à un jeune chat 
domestiqué, l'idole d'une jeune fille qui le comblait 
de caresses et le couvrait de rubans. Il eut les pattes 
ejifermées dans des coquilles de no;x scellées à 
l'aide d'une cire molle et il fut ensuite lâché dans 
la maison. Ce nouveau chat botté faillit en mourir 
de peur et sa maîtresse, de chagrin. 

Ces jeunes tortionnaires se répandaient aussi 
dans la campagne pour s'y livrer, il est vrai, à de 
plus humaines distractions. 

La famille Roux-Martin, très hospitalière, les 
recevait dans sa villa du Tholonet d'où, après une 
soirée consacrée à la musique et à la danse, on se 
rendait au quartier de Langesse pour y terminer la 
nuit à la campagne de l'un d'eux. Comme la maison 
n'était pas assez vaste pour abriter cette exubérante 
jeunesse, on s'installait dans une grange dépendant 
de la propriété, après avoir toutefois subtilisé, avec 
la complicité du fils de la famille, quelques flacons 
de cet excellent vin cuit du quartier, jadis si re- 
nommé. Les paysans du voisinage appellent encore 
« bastidon de Thiers » cette grange aujourd'hui 
couverte de lierres où le futur Président de la Ré- 
publique Française remplaçait le sommeil par de 
bruyantes et joyeuses conversations. 



— 409 — 

Je vous demande pardon de ces détails, peut-être 
puérils et assurément peu dignes d'une réunion 
académique, et je les aurais passés sous silence s'il 
n'existait encore parmi vous des fils et des petits-fils 
de leurs auteurs. Les actions de nos pères, fussent- 
elles des folies, comme le disait Thiers, nous inté- 
ressent toujours et leur récit ne nous parait jamais 
fastidieux. 

'il. 

Le temps n'était cependant pas tout donné au 
plaisir, une large part en était consacrée à l'étude, 
peut-être moins à celle du droit qu'aux questions 
d'art, d'histoire, de philosophie, de politique et de 
littérature. 

La Société des amis des sciences, des lettres, de 
l'agriculture et des arts, établie en cette ville d'Aix 
le ii février 1808 et qui est aujourd'hui notre 
Académie, donnait alors des prix d'agriculture et 
de littérature dont les sujets pouvaient plus parti- 
culièrement intéresser les habitants de la région, les 
étudiants des écoles, les jeunes magistrats. Elle pro- 
posa, en 18 13, pour prix de littérature à décerner 
en 1814, la question suivante : « Tracer rapidement 
l'histoire de l'éloquence judiciaire, surtout dans les 
temps modernes et plus spécialement en France. 

« Rechercher les causes qui en ont retardé la mar- 
che, indiquer l'influence que les progrès des scien- 



— по — 

ces, des lettres et de la philosophie ont exercé sur 
ce genre d'éloquence et en déterminer les princi- 
paux caractères et les principaux effets. 

« Distinguer le style propre au magistrat parlant 
au nom du souverain ou dans l'intérêt de la loi, de 
celui de l'avocat, soit dans la discussion des affaires 
civiles, soit dans la défense des accusés. 

« Apprécier le mérite de nos orateurs en ce 
genre, appeler l'attention sur ceux qui doivent servir 
de modèle et examiner quelle peut être l'influence 
de la plaidoirie publique sur la jurisprudence, les 
mœurs et l'esprit général d'une nation. » 

Une note disait en outre : « La Société, toujours 
guidée par ses sentiments patriotiques, verra avec 
plaisir les concurrents entrant dans quelques détails 
historiques et critiques, plus particulièrement relatifs 
à l'histoire de l'éloquence judiciaire dans les an- 
ciennes cours de magistrature et dans l'ancien bar- 
reau d'Aix, mais en émettant ce vœu elle ne prétend 
point en faire une condition de concours. » 

C'était là un sujet bien attrayant dans une ville 
où avaient brillé les Monclar, les Castillon, les 
Saurin, les Décormis, les Pascal, les Gensollen et 
les Colonia. Cependant aucun mémoire ne fut 
adressé à la Société et la question fut remise au con- 
cours pour 1 8 1 5 . Les événements politiques de cette 
année s'opposèrent sans doute à la séance publique 
annuelle, et dans celle du 18 mai 1816 la même 



— ш — 

question de 1 8 1 3 fut proposée de nouveau pour la 
troisième fois. En 181 7 un mémoire parvint enfin à 
la Société. Elle y reconnut l'empreinte d'un vrai 
talent, mais elle y rencontra des défauts qu'elle 
attribua à la précipitation d'un travail commencé 
trop tard et elle prorogea le terme du concours jus- 
qu'à l'année suivante. 

En 18 18 deux mémoires sur l'éloquence judi- 
ciaire furent déposés au secrétariat de la Société. 
Nos archives n'ont pas conservé celui de 18 17 et 
elles ne possèdent des deux travaux de 1 8 1 8 que le 
mémoire couronné. Il eût été intéressant de recher- 
cher si Fauteur de 181 7 avait suivi les conseils 
donnés, s'il avait remanié son œuvre pour la pré- 
senter encore au concours de 1818. Nous inclinons 
à penser que le mémoire primé était le même, re- 
touché, mais nous ne pouvons en donner la preuve. 
Nous trouvons, en effet, dans le remarquable rap- 
port de M. de Castellet, chargé de rendre compte 
des deux mémoires déposés, des considérations sur 
les défauts et les qualités de l'ouvrage identiques à 
celles du rapporteur précédent, défauts et qualités 
forts atténués par un auteur désireux d'un meilleur 
résultat. 

Ce mémoire portait le numéro 1 . Il avait pour 
épigraphe cette pensée des fragments politiques et 
littéraires ée Lacretelle aîné : « Le digne emploi de 
l'éloquence judiciaire parmi nous n'est pas, comme 



— H2 — 

chez les anciens, de soulever les passions contre la 
raison, d'égarer ou de désarmer la justice, de bou- 
leverser l'empire des lois ; elle s'honore aujourd'hui 
de les servir. » 

L'ouverture du billet cacheté annexé à ce mé- 
moire en fit connaître pour auteur « M. Thiers, 
étudiant en droit en l'Académie d'Aix. » Son nom 
fut proclamé dans la séance publique du 2 mai 1 8 1 8, 
présidée par M. le marquis de Foresta, et le prix de 
la valeur de 300 francs lui fut délivré. 

Le mémoire de Thiers n'est pas entièrement de 
sa main ; un calligraphe, que Thiers n'a jamais eu la 
prétention d'égaler, l'a copié ; l'épigraphe, les notes 
et les cinq dernières feuilles ont seules été écrites 
par l'auteur. 

En lisant ce mémoire de quatre-vingt-seize gran- 
des pages on est frappé de la maturité d'esprit et des 
grandes connaissances littéraires dont fait preuve 
l'auteur, un jeune homme de 2 1 ans, et on admire 
les qualités qui le distinguaient déjà. 

M. de Castellet a bien résumé dans son rapport 
les observations les plus importantes que suggère 
la lecture du mémoire de Thiers. « L'auteur paraît, 
dit-il, avoir voulu traiter son sujet en philosophe 
autant qu'en orateur. Il cherche, dès l'entrée de son 
discours, à présenter des considérations générales 
sur l'essence, la nature de l'éloquence. Ц y établit 
cette idée nouvelle, et qui lui appartient, que l'art 



— m — 

de la discussion, presque inconnu des anciens, suc- 
cessivement perfectionné dans les temps modernes, 
est devenu de nos jours le caractère distinctif du 

■ 

barreau, est le plus puissant, le plus fécond des 
moyens qu'il ait eus en son pouvoir. » 

M. de Castellet reproche ensuite à Fauteur « son 
défaut de méthode dans l'ordonnance générale de 
l'ouvrage, dans la distribution, Tordre et l'enchaî- 
nement des idées. » Il aurait voulu plus de clarté, 
mais cette obscurité provient surtout, dit-il, « de la 
précipitation avec laquelle le mémoire paraît avoir 
été rédigé. L'auteur n'a pas eu le loisir de mûrir 
complètement ses idées, de les coordonner, de les 
éclaircir, de les dégager enfin de toutes ces demi- 
conceptions qui les rendent parfois vagues et con- 
fuses. » Mais il ajoute : « Avouons qu'au milieu de 
cette métaphysique, dont l'auteur s'enveloppe quel- 
quefois, on voit briller par intervalles des vérités 
lumineuses, et, lorsqu'il abandonne cette nébuleuse 
métaphysique, soit pour développer les causes mo- 
rales qui ont influé sur l'éloquence judiciaire, soit 
pour en retracer les plus glorieuses époques , 
soit enfin pour en apprécier les chefs-d'œuvre, sa 
diction se colore, s'anime, s'élève avec sa pensée. 
Ce n'est plus alors ce froid dissertateur dont le style 
sec, entortillé, fatiguait l'attention et mécontentait 
le goût, c'est un écrivain éloquent et pur, un pen- 
seur profond, quelquefois même un orateur éloquent; 

8 



— 114 — 

des vérités neuves et philosophiques, des images 
vives et nobles, des portraits dessinés avec un 
crayon ferme et solide, des jugements pleins de 
justesse et de goût, enfin des expressions tour à tour 
riches, brillantes, énergiques, telles sont les beautés 
qu'on observe dans cet ouvrage. » 

Après avoir rendu compte du mémoire n° 2, 
qui n'était pas sans mérite, M. de Castellet termine 
par ces lignes son rapport sur le concours de 1 8 1 8 : 
« On a dit du Tintoret qu'il avait trois pinceaux, un 
d'or, un d'argent, un de fer. Ne pourrait-on pas dire 
que l'auteur du mémoire n° 1 a deux plumes, une 
de fer et une d'or, qu'il s'est servi de la première 
dans toute la partie théorique et systématique de 
son ouvrage ; mais que c'est avec la seconde qu'il a 
écrit le beau morceau sur l'apologétique de Tertul- 
lien, tracé le portrait du grand Arnaud et caractérisé 
le genre d'éloquence de son immortelle apologie 
des catholiques anglais, que c'est enfin avec cette 
plume d'or qu'il a si dignement apprécié la plupart 
des chefs-d'œuvre du barreau moderne ? Quant à la 
plume d'argent, il paraît lavoir laissée à son com- 
pétiteur. » 

Je ne saurais, après M. de Castellet, apprécier le 
mémoire de Thiers, mais je ne peux résister au 
plaisir de mettre sous vos yeux le rapprochement 
qu'il établit entre César et Louis XIV ayant à se 
prononcer l'un sur Ligarius, défendu par Cicéron, 



— 115 — 

l'autre sur Fouquet, assisté par Pélisson. « Fouquet 
avait été disgracié ; la cour nombreuse qui l'entou- 
rait s'était dissipée au bruit de ses malheurs ; un ami 
lui restait, mais il avait partagé sa disgrâce et il était 
aux fers. Du sein de sa prison Pélisson entreprit la 
défense du surintendant et, tandis que tout tremblait, 
que tout, suivant sa belle expression, révérait la 
colère du Souverain, seul il osa faire entendre à 
Louis une voix respectueuse, mais énergique. Il 
écrivit trois mémoires à Louis XIV qui sont le chef- 
d'œuvre de l'éloquence judiciaire pendant le xvn e 
siècle. Voltaire les compare à ceux de Cicéron. Le 
premier, le plus beau des trois, nous rappelle celui 
que l'orateur romain prononça pour la défense de 
Ligarius. Les deux défenseurs s'adressent à un maître 
absolu. César et Louis XIV étaient juges exclusifs 
dans la cause dont il s'agissait. Ils aimaient tous 
deux la louange, ils avaient tous deux une âme sen- 
sible, mais tous deux furent jaloux de leur autorité. 
Il est beau de voir les deux orateurs allier la force 
à l'adresse, flatter le maître en conservant leur di- 
gnité, dicter les arrêts de la justice en paraissant 
implorer la clémence et quelquefois inquiéter la 
conscience du Souverain, réveiller en lui ce secret 
pressentiment de l'avenir, en prononçant, par inter- 
valle, ces mots de peuple et de postérité. 

Dans ces deux causes l'orateur n'est plus protégé 
par les Institutions, il ne parle plus à des juges au 



— 116 — 

nom impérieux de la loi ; il est devant un maître 
dont la volonté est la loi souveraine et qu'il doit 
fléchir. Ce ne sont pas des arbitres impartiaux qu'il 
doit instruire, c'est un homme qui s'irritera d'être 
éclairé. Une résolution est déjà prise, il faut la com- 
battre ; mais en attaquant cette volonté fière et om- 
brageuse il faut la caresser, il faut la saluer comme 
souveraine, en l'enchaînant, lui laisser tous les hon- 
neurs de la victoire, après l'avoir vaincue !... 

Tubéron est l'accusateur de Ligarius et le favori 
de César. Il accuse Ligarius d'être ennemi du dic- 
tateur et il a été lui-même à Pharsale ! Qu'on lise 
Cicéron dans ce magnifique passage. 

On accuse Fouquet d'avoir dilapidé les finances. 
Mazarin avait absorbé une partie des richesses dis- 
sipées. Sa famille était enrichie ; il laissait une for- 
tune immense. Mais sa mémoire était respectée par 
Louis XIV. Ici la tâche de Pélisson était plus diffi- 
cile, il la remplit avec un art admirable. Tout est 
attribué aux largesses du souverain. Les ministres 
ont voulu seconder sa magnificence. Il peint des 
plus nobles traits cette libéralité qui fut si chère à 
Louis XIV et qu'il prit pour une vertu. 

Tantôt il rappelle au roi les guerres nombreuses 
que la France a eu à soutenir et tout à coup il ré- 
veille une agitation bouillante dans cette âme guer- 
rière. C'est un tableau sublime. Ce sont ses soldats 
au pied de Stenay ; la place va céder sous leurs 



— 117 — 

efforts, mais soudain les subsides manquent, les sol- 
dats se découragent et la victoire a fui. Tel eût été, 
s'écrie-t-il, le résultat du siège si Fouquet eût suivi 
la conduite que ses ennemis lui commandent dans 
leurs accusations. 

On trouve dans Pélisson une morale douce et 
tendre, une douleur simple et touchante, des plaintes 
sans reproche. Il se plaint de la fragilité des amitiés 
humaines et il accuse les séductions de la gran- 
deur. » 

Ne sont-ce pas là de belles pages qui justifient 
le choix de la Société Académique et prédisent la 
destinée de celui qui les a écrites ? 

Thiers, reçu avocat à la fin de cette même année 
1818, continua à demeurer à Aix jusqu'en 1821 et 
il aborda la barre. Il plaida avec succès quelques 
causes, mais , bien que ses aptitudes si variées lui 
assurassent un des premiers rangs au barreau d'Aix, 
c'est sur un théâtre plus élevé qu'il songeait à jouer 
un rôle. Il s'y prépara par un travail opiniâtre et 
saisit toutes les occasions pour discuter les questions 
d'art, de littérature si passionnantes dans une ville 
comme Aix qui a un nom, un passé, et dont l'avenir, 
s'il n'est pas tourné vers le gain des affaires com- 
merciales, demeurera toujours digne de sa réputa- 
tion si noblement acquise. 

Thiers, dont le talent était fort apprécié, était 
recherché et admis dans les meilleurs salons , sur- 



— H8 — 

tout chez M. d'Arlatan-Lauris, président à la Cour 
royale , qui goûtait son esprit et présageait son 
avenir. € Ce magistrat de vieille roche, dit Sainte- 
Beuve, protégeait et encourageait le jeune avocat 
libéral. > Et il eut Г occasion de le prouver. 

Après le concours sur l'éloquence judiciaire la 
Société Académique proposa pour prix de littérature 
à décerner en 1820 € l'Éloge de Vauvenargues. » 
Aucune des neuf pièces déposées sur ce sujet ne lui 
ayant paru mériter son suffrage, elle prorogea le 
concours jusqu'en 182 1 et porta le prix à la somme 
de 500 fr. La Société distingua cependant trois de 
ces éloges, et surtout le n° 9 qui portait pour épi- 
graphe cette pensée de Marc-Aurèle : « Je résolus 
d'être homme, de souffrir et de faire le bien. » Ce 
mémoire, déposé par Thiers, est écrit en entier de 
sa main. 

Il y émet sur les grands penseurs précurseurs de 
Vauvenargues , des opinions peu goûtées à une 
époque où la littérature du XVII"" 1 siècle était en si 
grand honneur. 

« Montaigne, dit-il, nous transmet ses impressions 
secrètes, se complaît dans des aveux, les publie avec 
orgueil, fier de dire ce que les autres s'efforcent de 
taire. Larochefoucault, élevé dans les Cours, a sur- 
pris quelques faiblesses, quelques hypocrisies de 
l'homme, quelques déguisements de l'intérêt per- 
sonnel ; il en compose toute la nature humaine, 



- 119 — 

refuse d'admettre le désintéressement qu'il n'a pas 
rencontré dans les ridicules dissensions de la 
Fronde, ne croit ni à la grandeur ni à la noblesse 
d'âme, ni au patriotisme, et seulement à la vanité , 
parce qu'elle excitait les factieux de son temps, et 
décide enfin que les grands mobiles de l'homme sont 
vils de leur nature, parce qu'il ne les a vus qu'avilis. » 

En 1821 eut lieu la i2 me séance annuelle de la 
Société Académique dans la grande salle de l'Uni- 
versité, celle même où nous sommes réunis aujour- 
d'hui. Le secrétaire perpétuel fit connaître que six 
éloges de Vauvenargues avaient été déposés au se- 
crétariat, qu'ils avaient tous, à divers degrés, beau- 
coup de mérite , que les débats avaient duré long- 
temps et le travail définitif confié à des commis- 
saires. 

Ces paroles du secrétaire étaient l'indice des di- 
vergences que souleva ce concours au sein de la 
Société Académique ; elles étaient le reflet des opi- 
nions émises en ville. L'année précédente M. d'Ar- 
latan, membre de la Société, avait défendu avec 
vivacité le discours anonyme de Thiers, mais qui 
n'était pas un secret pour lui, dit Sainte-Beuve dans 
ses Portraits contemporains, et les adversaires po- 
litiques avaient deviné qu'il s'agissait de Thiers et 
s'étaient arrangés pour faire remettre le prix à l'an- 
née suivante, comme si le morceau ne se trouvait 
digne en effet que du second rang. » 



— 120 — 

La Société Académique décerna le prix à l'éloge 
inscrit sous le n° 5 et portant pour devise ces 
mots : « Doctrina viri per patientiam noscitur. » 
L'accessit fut donné à l'éloge n e 6 et l'éloge n° 3 
avec cette devise : « Je résolus d'être homme , de 
souffrir et de faire le bien » fut seulement jugé digne 
d'une mention honorable spéciale. C'était le mé- 
moire de Thiers de l'année précédente, avec la même 
devise, écrite de la main de l'auteur. Le travail de 
Thiers fut donc encore écarté et rélégué au troi- 
sième rang, malgré les retouches et les développe- 
ments qu'il avait subis. 

Thiers, dont les idées libérales étaient connues, 
n'ignorait pas qu'on disait de lui : Il écrit bien mais 
il pense mal. Il avait prévu le résultat du concours 
que lui avait laissé pressentir son protecteur, 
M. d'Arlatan, et « aux approches du terme fixé, dit 
encore Sainte-Beuve, Thiers fabriqua en toute hâte 
un nouveau discours, le n° 5 , qu'il fit cette fois arri- 
ver de Paris, par la poste. Le secret fut bien gardé. 
La cabale s'empressa, comme c'était immanquable, 
d'admirer l'éloge nouveau venu et de l'opposer à 
celui de Thiers, si bien qu'on lui décerna le prix et 
à l'autre la mention honorable. Et lorsque le bulletin 
cacheté qui accompagnait le mémoire n° 5 fut ou- 
vert on y lut encore le nom de Thiers, avocat à la 
cour d'Aix ! 

Cette espièglerie venant consacrer le vrai talent 



— 121 — 

eut achevé d'établir à Aix la réputation du jeune 
avocat si Thiers n'était parti vers ce temps-là pour 
la capitale. » 

J'ai voulu laisser à Sainte-Beuve le soin de vous 
raconter cette anecdote et en vous donnant quel- 
ques extraits de ce mémoire n* 5, qui fut couronné, 
vous jugerez que nos devanciers, les Académiciens 
d'Aix, ont réellement récompensé le talent de l'au- 
teur, sans se laisser influencer par des considéra- 
tions d'ordre secondaire. 

On ne peut s'empêcher de trouver un certain air 
de ressemblance, de famille, entre ce mémoire arrivé 
inopinément de Paris et celui que Thiers avait pres- 
que ostensiblement déposé au secrétariat de l'A- 
cadémie. Malgré la souplesse de son talent Thiers 
n'a pu changer d'opinion sur Montaigne « qui cé- 
lèbre le plaisir, le repos, se fait une voluptueuse 
sagesse et se montre un peu cynique, » sur Laro- 
chefoucault , « entouré de femmes galantes. » Il 
complète son appréciation des moralistes par un 
portrait de La Bruyère plein de finesse pénétrante. 
« La Bruyère avait un génie élevé et véhément, une 
âme forte et profonde. Logé à la Cour, sans y vivre, 
et placé là comme en observation, on le voit rire 
amèrement et quelquefois s'indigner d'un spectacle 
qui se passe sous ses yeux. Il observe ceux qui se 
succèdent et les dépeint à grands traits , souvent 
les apostrophe vivement, court à eux, les dépouille 



— 122 — 

de leurs déguisements et va droit à l'homme qu'il 
montre nu, petit, hideux et dégénéré. On voit dans 
Tacite la douleur de la vertu, dans La Bruyère son 
impatience. 

L'auteur des Caractères n'est pas un indifférent 
comme Montaigne, ou froidement détracteur comme 
Larochefoucault , c'est l'homme, son frère, qu'il 
trouve ainsi avili et de qui il dit avec un regret 
douloureux : il devrait être meilleur. » 

Les convictions spiritualistes de Thiers s'étalent 
ouvertement dans son éloge de Vauvenargues. Il 
regrette que Vauvenargues se soit montré fataliste 
lorsqu'il dit que tout est nécessaire, que notre vo- 
lonté est dirigée au bien ou au mal par un pouvoir 
surnaturel et qu'il fait ainsi de l'homme un esclave 
qui se commande à lui-même d'après un comman- 
dement supérieur et qu'il ne serait pas plus coupable 
lorsqu'il égorge son semblable que l'arme dont il 
fait usage. Il oubliait ainsi, dit Thiers, nos dogmes 
sacrés, nos doctrines religieuses qui ont si bien 
concilié la puissance divine et la liberté humaine 
et qui placent en Dieu la source de tout bien et 
laissant à l'homme la faculté d'y puiser, lui ont con- 
servé le mérite de ses actions. » 

Voltaire avait, on le sait, une grande amitié 
pour Vauvenargues. « Beau génie , lui écrivait-il , 
j'ai lu votre premier manuscrit et j'y ai admiré cette 
hauteur d'une grande âme qui s'élève au-dessus des 



— 123 — 

petits brillans d'Isocrate. Si vous étiez né quelques 
années plutôt mes ouvrages en vaudraient mieux. 
Vous êtes la plus douce de mes consolations dans 
les maux qui m'accablent. » 

Thiers juge ainsi .Voltaire : « Chef monarque et 
despote du monde littéraire qui ne cherchait dans 
les écrivains de son siècle que des courtisans et 
les payait d'un mot et d'un regard des flatteries 
qu'il en recevait. » 

Voltaire n'était pas en odeur de sainteté, si je 
peux m'exprimer ainsi, auprès des victimes d'une 
Révolution que ses écrits avaient contribué à dé- 
chaîner. Aussi l'auteur du mémoire n° 5, affirmant 
des idées spiritualistes et jugeant sévèrement Vol- 
taire, devait, quel qu'il fût, rallier bien des suffrages 
et fixer sur lui le choix de la Société. 

Là s'arrêtèrent les rapports de Thiers avec la 
Société Académique d'Aix. Le stagiaire suivit sa 
destinée qui l'appelait à Paris. Il partit avec Mignet 
au mois d'août 1821. 

S'il n'entre pas dans mon cadre de l'y suivre, je 
veux cependant mettre sous vos yeux les premières 
impressions de Thiers à son arrivée à Paris ; il les 
a consignées dans une lettre inédite, écrite à mon 
père, à la date du 23 décembre 1821 ; 

« Tu connais Paris, tu as rêvé à la Provence dans 
ce vilain pays et tu as éprouvé combien on y perd 
du temps en courses inutiles, en regrets pénibles, et 



— 424 - 

combien surtout on devient paresseux quand on a 
vingt personnes à entretenir, non pas de ce qu'on 
fait, mais de ce qu'on ne fait pas. Je n'ai pas trop à 
me plaindre de mon voyage. Les choses n'ont point 
été mal du tout. Cependant il ne faut point se figurer 
que ce soit ici le pays de Cocagne ; on a beau se 
baisser pour en prendre, on ne trouve que de la 
boue ; il faut courir, s'agiter, avoir beaucoup d'assu- 
rance et surtout faire espérer d'être utile, car on ne 
vous accueille qu'à ce prix. Je n'ai pas eu à essuyer 
trop de refus et on ne m'a pas cassé le nez en me 
fermant la porte. Cependant je désirerais davantage, 
parce qu'on n'est jamais satisfait et que je ne le serai 
d'ailleurs que lorsque j'aurai ramené près de moi 
tout ce qui m'est cher. Je ne me figurais pas que 
l'absence fut aussi douloureuse, et souvent je me 
surprends dans un état de malaise et une violence de 
regrets que je ne conçois pas de mal plus cruel. Je 
comprends aujourd'hui ce qu'ont dit tous les exilés 
de la cruauté d'une telle peine. Tu es plus heureux 
que moi et je te souhaite bien sincèrement le bonheur 
que mérite un esprit agréable, une intelligence très 
grande et un des meilleurs cœurs que je connaisse. 
Travaille, ô mon ami, arrive à ton but et pose ta 
tente. Le bonheur est dans une situation tranquille 
et réglée ; ne crois pas qu'un peu plus d'ardeur dans 
l'esprit rende plus heureux. Je voudrais que tu visses 
de près ces hommes fameux dont nous ambition^ 



— 485 — 

nons le sort : haine de partis, jalousies de talents, 
calomnies lancées et rendues, inquiétude conti- 
nuelle, telle est leur vie. Les plus élevés souffrent 
davantage, parce qu'ils sont le sujet de plus grands 
débats. Pourtant il faut aller. Ce ne sont pas là des 
sermons de Bourdaloue, c'est la triste et triviale 
vérité. Mon ciel, ma famille et nos niaiseries me 
vaudraient beaucoup mieux que tout ça. Mais à quoi 
bon les regrets? j'ai choisi, ou, pour mieux dire, 
Dieu avait choisi pour moi. Je n'ai donc pas à me 
plaindre ou du moins ce serait inutile. 

Assure ta mère que je n'oublierai jamais ses 
bontés, son indulgence pour nos folies et que je fais 
pour elle le vœu le plus heureux pour une mère, le 
bonheur de son fils. Adieu, mon ami, je ne t'ou- 
blierai en aucun temps et en aucun lieu. Je t'em- 
brasse de tout mon cœur. » 



Vous me pardonnerez d'avoir ainsi abusé de vos 
instants, mais il m'a semblé que vous accueilleriez 
avec intérêt et bienveillance l'évocation de ces sou- 
venirs faite par le fils d'un ancien camarade de Thiers, 
toujours demeuré son ami. Il vous sera agréable de 
penser qu'Aix et notre Académie ont signé les pre- 
mières lettres de noblesse de celui de qui Talleyrand 



— 126 — 

a dit : « Il n'est pas parvenu, il est arrivé » et que 
la France, dans un élan de reconnaissance, salua un 
jour du glorieux titre de 

LIBÉRATEUR DU TERRITOIRE. 





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par 
Le Comte A. dé SAFORTA 



Tout un ensemble de preuves irréfutables, tirées 
des lois de la mécanique et de l'optique, milite au- 
jourd'hui, dans Tétat de nos connaissances acquises, 
en faveur du double mouvement de la Terre : sur 
son axe pendant la période de 2 4 heures et autour 
du soleil dans l'intervalle d'une année. Mais, au 
milieu du XVII e siècle, ces démonstrations n'étaient 
pas connues, et partisans d'Aristote, d'une part, 
sectateurs de Galilée, de l'autre, avaient beau jeu : 
les uns pour confirmer leur adage : Terra autem in 
œternum stat ; les autres pour étayer leur hypothèse 
de mobilité, soit par des raisonnements dans le vide, 
soit par des arguments spécieux sans doute, mais 
enfin non absolument probants encore. 

Les auteurs antérieurs à Galilée et à Kepler ne 
purent étudier le ciel au télescope, et pour cause ; 
leur incompétence absolue les rend récusables. A 
partir de la seconde moitié du règne de Louis XIV, 
après les observations et les études d'Huygens, 



— 128 — 

Newton, Rœmer, Richer, les coperniciens eurent 
désormais vraiment trop beau jeu. Ayant publié 
en 165 1 son Almagestum novum, sorte de répertoire 
astronomique plus complet que choisi, Riccioli in- 
carne précisément une intéressante époque de tran- 
sition. Nous avons consacré quelques pages à cet 
auteur dans notre discours de réception, lu le 8 juin 
1897 devant l'Académie d'Aix, et examiné la statis- 
tique des connaissances alors acquises relativement 
aux astres. Nous ne reviendrons pas sur cette pre- 
mière esquisse, bien qu'à peine ébauchée, mais nous 
comptons étudier dans le présent travail les argu- 
ments sur lesquels s'appuyaient les savants, soit de 
l'ancienne, soit de la nouvelle école, pour défendre 
leurs théories opposées. Nous sommes de ceux qui 
croient que l'étude des paralogismes dont se con- 
tentaient nos devanciers, présente un intérêt rétros- 
pectif non médiocre au point de vue de l'évolution 
de la pensée humaine. Comme guide, Riccioli nous 
suffira de reste à lui tout seul, et encore serons-nous 
forcés de couper et d'abréger beaucoup en parcou- 
rant ses dissertations un peu trop prolixes. 

Le malentendu qui divisait en deux partis adver- 
ses le clan des gens instruits, s'explique bien mieux 
si l'on réfléchit que l'astronomie était alors exclu- 
sivement, ou presque exclusivement, cultivée par 
des savants dont plusieurs, comme Riccioli, avaient 
professé la philosophie et dont les autres, sur les 



— 129 — 

bancs de l'école, avaient été saturés de son ensei- 
gnement. Comme d'ailleurs l'étude de la philosophie 
scolastique se complétait toujours de fortes notions 
théologiques, les cosmographes adversaires ou par- 
tisans du mouvement de la Terre se trouvaient tout 
naturellement conduits, en développant leur plai- 
doyer, à fortifier leurs preuves, tirées de la science 
elle-même, par des raisonnements plus ou moins 
heureux que leur fournissait l'arsenal de la logique 
et de la théologie. A cet égard, certains coperniciens 
astronomes ne le cédaient guère à leurs adversaires 
qui, n'étant pas toujours du métier, méprisaient les 
arguments tirés d'une doctrine qu'ils possédaient 
mal. Le meilleur moyen, à coup sûr, de terminer 
rapidement cette querelle eût été, pour les uns, de 
moins feuilleter Aristote et de jeter par dessus bord 
sa physique vieillie, pour les autres, de se renfermer 
strictement dans le domaine de la science pure et 
expérimentale, sans la mêler à tort et à travers d'une 
théologie de fantaisie. Essayons du moins d'être 
plus sage que ceux dont nous résumons les idées ; 
laissons a priori absolument de côté les raisonne- 
ments théologiques du P. Riccioli et passons briève- 
ment sur les arguments déduits de la métaphysique 
du moyen-âge. 

I 
Ayant prouvé la sphéricité de la Terre par la con- 
sidération de la forme de l'ombre portée sur la Lune 

9 



— 130 — 

pendant les éclipses, Copernic dit que le mouvement 
diurne convient plutôt à la Terre sphérique qu'au 
monde. Finie ou infinie, la forme de ce dernier est 
inconnue. L'anglais Gilbert, auquel on doit les pre- 
mières expériences relatives à l'électricité et la pre- 
mière observation du magnétisme terrestre, Kepler 
et Gassendi reprennent cette idée qui, traduite en 
langage vulgaire, peut assez bien s'exprimer ainsi : 
« Si la Terre est ronde, c'est qu'elle est destinée à 
rouler. // Ce raisonnement, dit Riccioli, n'est pas 
décisif, étant donné qu'on a des preuves du repos 
de la Terre ; d'ailleurs la figure ronde facilite le mou- 
vement de rotation sans lui être absolument néces- 
saire. 

On pouvait se demander comment il se faisait, 
dans l'hypothèse de Ptolémée, que l'ébranlement 
provoqué par la révolution du ciel entier fût im- 
puissant à déplacer notre infime demeure. C'est ce 
que pensèrent Mœstlin et, après lui, Kepler. Galilée 
dans ses dialogues a développé la même idée. Il est 
bien évident au contraire que la Terre, en tournant, 
ne saurait entraîner le ciel. Riccioli répond avec 
assez de justesse en invoquant l'absolue fluidité du 
ciel. Il oublie d'ajouter, ce qui est bien plus impor- 
tant, que le mouvement constituant un phénomène 
tout à fait relatif, la Terre aurait été réellement en 
rotation si l'on avait supposé tout l'univers visible 
circulant autour d'elle, car alors où prendre un re- 



— 131 — 

père pour en constater la fixité ? Les physiciens mo- 
dernes n'ignorent pas, depuis bien longtemps déjà, 
que repos et mouvement absolus ne sont qu'une 
fiction de notre esprit. 

Laissons de côté un argument qui sent trop la 
scolastique et venons à la proposition suivante qui 
dérive des observations astronomiques anciennes 
et modernes et non de la vieille physique. On fait 
remarquer aujourd'hui, au début des cours de cos- 
mographie élémentaire, que le mouvement d'énor- 
mes globes célestes s'opérant avec une vitesse ver- 
tigineuse autour d'un grain de poussière comme 
le globe est chose bien improbable. Peut-être, au 
XVII e siècle, les astronomes se faisaient-ils illusion 
sur l'énorme distance des étoiles qu'ils rappro- 
chaient beaucoup trop de nous, mais plusieurs d'en- 
tre eux leur attribuaient une grosseur démesurée, 
eu égard aux dimensions supposées des planètes et 
l'objection, somme toute, malgré ces erreurs plus 
que grossières, persistait avec son autorité impla- 
cable. Galilée n'avait pas manqué dans ses Dialogues 
de faire toucher du doigt la difficulté par Salviati, 
celui des trois interlocuteurs qui représente la vraie 
science et qui parle au nom de l'auteur. Celui, dit-il, 
qui voit se refléter dans un miroir mobile l'image 
d'un paysage, se persuade-t-il pour cela que le pay- 
sage se déplace ? Plus pratique encore, Kepler com- 
pare les incrédules obstinés à un cuisinier qui, 



— 132 — 

ayant à rôtir une pièce de viande, préférerait faire 
tourner le feu autour de la broche immobile. 

Nourri de classiques, Riccioli ne peut s empêcher 
de trouver la comparaison peu relevée : il préfère 
le style de Gassendi, lequel, n'osant embrasser trop 
ouvertement la doctrine copernicienne, mettait dans 
la bouche d'un partisan du mouvement de la Terre 
d'élégantes périodes qui peuvent se résumer ainsi 
en style moins fleuri : < Nul ne dira qu'un navire 
est immobile et que les rivages courent à sa ren- 
contre ; que les édifices se meuvent au gré d'un 
spectateur qui, pour examiner les diverses parties 
d'une ville, se tourne au sommet d'un clocher ; que 
l'auditoire se déplace devant un orateur dont les 
regards se promènent sur la foule au fur et à mesure 
qu'il parle. Et pourtant un vaisseau ou un homme 
n'est-il pas plus important, eu égard à un port, à une 
ville, à une nombreuse réunion de personnes que 
ne Test la Terre comparée au ciel entier, avec tous 
ses astres. » 

Sans doute, répond Riccioli, notre globe remplit 
une bien faible place dans l'univers comme dimen- 
sions brutes, mais n'est-il pas peuplé d'êtres animés, 
de créatures intelligentes qui en relèvent la dignité? 
C'est également par des raisons philosophiques et 
théologiques qu'il riposte aux novateurs, lorsque 
ceux-ci lui disent : « Dieu et la nature opèrent tou- 
jours par les voies les plus simples ; or, il est plus 



— Ш — 

facile de faire tourner en 24 heures la Terre que le 
ciel. » 

Laissons de côté l'argument suivant comme trop 
analogue au premier que nous avons résumé et 
passons-en deux autres émis par Copernic : le ciel, 
comme universel contenant, doit être immobile et, 
du reste, l'immobilité plus noble que le mouvement 
convient mieux au firmament incorruptible. 

Une nouvelle objection se présente alors sous le 
patronage de deux anticoperniciens résolus : Lon- 
gomontanus et G. Gilbert. Nous avons déjà appris 
que tous deux, incrédules quant au mouvement 
annuel, défendaient ouvertement le mouvement 
diurne. Les étoiles, dit Longomontanus, sont situées 
à des distances de la Terre probablement très iné- 
gales ; elles flottent au sein de l'éther ; leurs dis- 
tances respectives, immuables, d'après les plus an- 
ciennes observations, n'ont jamais varié. Dans de 
semblables conditions, comment songer à leur im- 
primer un mouvement de rotation en 24 heures, 
parfaitement simultané ? Gilbert répète le même ar- 
gument en insistant surtout sur l'immensité des 
distances mutuelles des fixes et il observe avec rai- 
son que ceux qui, avec Ptolémée, n'osent pas faire 
pivoter la Terre sur son axe de peur d'un boulever- 
sement universel, n'hésitent pas à supposer l'exis- 
tence d'un phénomène capable de provoquer les 
plus épouvantables catastrophes que l'imagination 



— 134 — 

puisse rêver. Dans ses Dialogues, Galilée n'a garde 
d'oublier une objection aussi pressante, et Gassendi 
l'emploie à son tour. 

Riccioli s'en tire d'abord en déclarant le ciel des 
fixes solide et, alors, l'argument tombe, selon lui, ou 
si par extraordinaire ce même ciel est fluide, les in- 
telligences motrices entretiennent l'ordre universel. 

L'auteur de YAlmagestum novum semble dire que 
la plus redoutable des objections coperniciennes 
relatives au mouvement des étoiles, est due non à 
Copernic lui-même, mais à l'allemand Mœstlin, 
maître de Kepler. Mœstlin, se basant sur des calculs 
de pure fantaisie et fort inférieurs à la vérité, trou- 
vait encore absurde que les étoiles de la zone équa- 
toriale fussent obligées de parcourir dans l'intervalle 
d'un seul battement de notre pouls l'énorme espace 
de 760 milles germaniques (le mille allemand vaut 
près de 7 kilomètres et demi). Kepler répéta la même 
remarque ; mais Riccioli lui reproche d'augmenter 
beaucoup trop, pour les besoins de sa cause, les dis- 
tances stellaires, d'avoir laissé échapper, en maniant 
ces énormes chiffres, un lapsus de calcul, bien par- 
donnable en pareil cas, et surtout de comparer entre 
eux, afin de fortifier son argument, les mouvements 
des planètes qui leur sont propres à ceux des étoiles 
communs à tout l'univers visible. De fait, Kepler 
et Galilée trouvaient bizarre qu'après Saturne, qui 
met trente années à tourner autour du Soleil ou de 



— 135 — 

la Terre et au-delà d'un vide dont nul n'avait sondé 
la profondeur, mais qu'on jugeait considérable, on 
rencontrât un tourbillon circulant en 24 heures. 
Tous deux avaient parfaitement raison lorsqu'ils 
soutenaient qu'en astronomie le mouvement est plus 
lent à mesure qu'on s'éloigne du centre, et ils jus- 
tifiaient leur proposition par l'exemple des planètes 
et des astres de Médicis. Au contraire, si on écoute 
les divagations des partisans de Ptolémée, non- 
seulement les étoiles, en dépit de leur immense 
éloignement, sont forcées de circuler à une allure 
impossible, mais encore celles qui sont le plus re- 
culées doivent accélérer encore leur course afin de 
soutenir leur distance ! Le mouvement diurne du 
ciel, répliquaient Riccioli et consorts, entraîne tous 
les astres, de la Lune aux étoiles ; il est d'un ordre 
sui generis et n'a pas d'analogie avec les déplace- 
ments planétaires. En se plaçant à leur point de vue, 
ces « réactionnaires » raisonnaient assez juste. 

Même réduite à sa partie essentielle, l'objection, 
irréfutable aujourd'hui qu'on connaît les énormes 
distances auxquelles brillent les étoiles, était alors 
déjà plus que spécieuse, en dépit des préjugés du 
temps relatifs aux dimensions de l'univers. On per- 
sonnifiait ce raisonnement en l'appelant « l'Achille 
des coperniciens, » à cause de sa force. Riccioli ne 
craint pas d'avancer que cet « Achille » a des pieds 
d'argile. 



— 136 — 

Nos sens, dit-il, répugnent à la rotation du globe, 
telle que la supposent les coperniciens et du reste 
nous ne la sentons pas. Au contraire, nous voyons 
tourner sous nos yeux le ciel d'un mouvement qui 
peut être très rapide, mais qui nous paraissant assez 
lent ne choque pas nos organes. Quant aux inéga- 
lités de vitesse des astres, elles n'ont rien d'absurde 
comme proportionnelles aux distances. La même 
harmonie comparative règle le pas d'un géant et le 
pas d'une fourmi. 

Après une autre remarque qui s'écarte trop du 
sujet que nous nous sommes imposés pour que nous 
la résumions, Riccioli insiste, comme parenthèse, 
sur sa répugnance à accepter l'immense intervalle 
vide et inutile que les théories de Copernic condui- 
sent à interposer entre Saturne et les fixes. 

Lorsque Kepler, Galilée et Lansberg insistent sur 
l'absurdité de ce mouvement des fixes en 24 heures, 
comparé à l'allure si lente du vieux Saturne, incom- 
parablement plus rapproché de nous, Riccioli ré- 
plique avec les anticoperniciens que le véritable 
mouvement propre et spécial aux étoiles fixes est 
celui de la précession des équinoxes. Or, ce dépla- 
cernent se distingue au contraire du tourbillonne- 
ment diurne par son extrême lenteur ; il n'atteint 
que 50 secondes par an et il faudrait attendre pen- 
dant un laps de temps de 26,000 ans pour que la 
circonférence de rotation fut parcourue. Ainsi, con- 



— 437 — 

clut Hiccioli, l'allure de tous les astres, depuis la 
Lune notre voisine jusqu'aux fixes, en passant par 
le soleil, se ralentit progressivement à mesure que 
Ton s'éloigne de la Terre et du centre du monde. 

Les mêmes auteurs auxquels vint plus tard s'ad- 
joindre Gassendi, se demandaient aussi comment 
il était possible de concilier cette effroyable impul- 
sion du « premier mobile » qui entraînait l'univers 
entier avec le déplacement rétrograde vers l'occi- 
dent qu'on observait chez les planètes à certaines 
périodes de leur course. Voilà une difficulté offrant 
moins d'importance que nos coperniciens ne le sup- 
posaient, et nos contemporains pourraient la résou- 
dre mieux que ne le faisait Riccioli. Journellement 
nous voyons des corps animés de deux mouvements 
en sens inverse : la Lune nouvelle, lorsqu'elle est en 
conjonction avec le Soleil, chemine en sens inverse 
de la Terre, qui l'entraîne pourtant avec elle ; nul 
ne s'étonnera en voyant des enfants jouer à la balle 
dans le salon d'un paquebot en marche, ou des 
officiers de marine tromper la longueur de la tra- 
versée en s'amusant à tirer au revolver contre une 
cible disposée à l'arrière du navire. 

Les coperniciens et semi-coperniciens , ajoute 
Riccioli, vantent la simplicité de leur système ; un 
seul mouvement de rotation maintenant attribué à 
la Terre en remplace plusieurs infligés aux corps 
célestes. Mais, dit-il, pourquoi ne pas conserver ces 



— 138 — 

révolutions des astres, si complexes qu'elles soient, 
plutôt que d'admettre que des phénomènes se dé- 
roulant dans notre demeure, sous nos yeux, sont 
en réalité embrouillés, au lieu de s'effectuer, comme 
ils paraissent le faire, d'après des principes très sim- 
ples ? 

Les principes, par exemple, qui règlent la marche 
des comètes ne paraissaient alors rien moins que 
simples. Comme, suivant le sentiment commun, ces 
astres chevelus ou barbus flottent dans l'espace bien 
au-dessous de la Lune, pour ne pas bouleverser les 
cieux solides, auxquels beaucoup ajoutent encore 
foi, ils ne devraient pas subir le mouvement du pre- 
mier mobile, qui ne se fait pas sentir jusqu'à la 
Terre. Mais alors leur marche devient incompré- 
hensible. Riccioli admet qu'en effet leur trajectoire 
est très compliquée, mais il pense, lui, qu'elles su- 
bissent le mouvement diurne et que des intelli- 
gences les guident. 

Nous prions le lecteur de nous pardonner l'allure 
un peu lourde et didactique de notre exposition ; 
mais, d'une part, la nécessité d'être fidèle en suivant 
de près notre guide, de l'autre, la forme technique, 
fatigante à la longue, des raisonnements de Riccioli, 
nous a obligés à trop de méthode. Aussi croyons- 
nous être en droit de quitter un instant YAlmagestum 
pour suivre, dans l'histoire de la science, la question 
du mouvement diurne de notre planète. 



— 139 — 

Descartes avait expliqué, le premier, la nature et 
les effets de la force centrifuge. L'abbé Picard, ex- 
cellent astronome contemporain de Louis XIV et 
fermement convaincu du mouvement de la Terre, 
soupçonna que cette force développée par la rotation 
pourrait bien combattre la pesanteur. « Les poids, 
disait-il, doivent descendre avec moins de force 
sous Téquateur que sous les pôles. » Comme la force 
centrifuge, nulle aux pôles que l'homme n'a jamais 
foulés aux pieds, s'affaiblit sous les latitudes tem- 
pérées, et que d'ailleurs en Europe par sa direction 
elle ne contrarie pas beaucoup la pesanteur, ses 
effets se feront surtout sentir dans les régions tro- 
picales, dans cette zone où la rotation est rapide et 
où les effets de cette même rotation agissent abso- 
lument en sens inverse de la gravitation universelle. 
Aussi l'abbé Picard échoua-t-il lorsqu'ayant opéré 
à Uraniborg, l'ancien observatoire ruiné de Tycho, 
il voulut prouver qu'en ce lieu la longueur du pen- 
dule battant la seconde excédait un peu le même 
élément observé à Paris. 

Mais, en 1672, Cassini, alors tout puissant à la 
cour de Louis XIV (on sait que le protecteur de 
Molière et Boileau encouragea mieux encore les 
sciences que les lettres), voulut trancher une grave 
question astronomique dont nous parlerons plus 
loin, et pour mesurer la parallaxe de Mars envoya à 
Cayenne, comme observateurs, Richer et son aide 



— 140 — 

Meurisse. Meurisse ne put résister aux épreuves de 
ce triste climat et succomba, moins heureux que 
Richer dont la santé s'altéra pourtant gravement, 
mais qui revit la France. Durant son séjour, Richer 
observa que son horloge astronomique réglée à Paris 
retardait de deux minutes et demie par jour, et pour 
la mettre d'accord avec le mouvement des étoiles 
ou le temps sidéral, il dut raccourcir son pendule. 
Toutefois, il ne put attribuer ce phénomène ni à un 
excès de résistance de l'air, sans quoi le poids mo- 
teur restant le même, l'horloge se fût bientôt arrêtée 
spontanément ; ni, ce qui eût été plus vraisemblable, 
à la dilatation du métal par la chaleur des tropiques. 
De retour à Paris, Richer constata que l'instrument 
dont la marche était juste à Cayenne, avançait de 
deux minutes et demie, et il fallut pour rétablir l'ac- 
cord primitif revenir à l'ancienne longueur pendu- 
laire observée avant le voyage. 

La célèbre expérience de Richer prouve que la 
pesanteur diminue de Paris à l'équateur ; elle établit 
qu'à Paris la longueur du pendule à seconde est 
supérieure à la même donnée pour Cayenne. Or, 
l'expérience de tous les jours, d'accord avec la mé- 
canique élémentaire , prouve que , toutes choses 
égales d'ailleurs, les oscillations d'un pendule sont 
d'autant plus précipitées que la force attirante est 
plus puissante elle-même, et qu'à durée constante de 
vibration, les longueurs changent comme les forces 



— 141 — 

motrices. Or, tout le monde comprend qu'un pen- 
dule qui retarde, comme celui de Richer à Cayenne, 
bat trop doucement, et qu'un pendule qui avance 
comme le même instrument reporté de Cayenne à 
Paris, oscille trop vite. 

On attribua d'abord à une erreur de Richer un 
phénomène aussi singulier ; néanmoins, peu d'an- 
nées plus tard, le célèbre astronome anglais Halley 
ayant observé à Sainte-Hélène la même anomalie 
que Richer à Cayenne, l'Académie revint sur sa 
première opinion. Sur sa demande et par l'ordre de 
Louis XIV, Varin et Deshaies durent s'embarquer 
pour Cayenne et répéter l'expérience. Ils consta- 
tèrent en effet l'existence d'une erreur commise par 
Richer, mais cette erreur une fois corrigée, le phé- 
nomène, loin de s'atténuer, ressortait plus nette- 
ment que lors de la première expédition. Du reste, 
à cette époque les voyages scientifiques finirent par 
se multiplier tellement que les variations de pesan- 
teur furent signalées sous les longitudes les plus 
diverses. Rappelons à ce propos que Cassini eut le 
mérite d'initier aux études astronomiques bon nom- 
bre de missionnaires que les Jésuites envoyaient 
pour prêcher la foi dans toutes les parties du monde 
et surtout en Asie. 

Mais, observa Newton, si cette force centrifuge 
est réelle, elle a dû à l'époque de la formation du 
globe, lorsque celui-ci était fluide encore, déter- 



— U2 — 

miner un aplatissement sensible aux pôles et pro- 
voquer un renflement appréciable à l'équateur. Un 
exemple indiscutable s'offrait pour rendre cette 
allégation très plausible. Cassini, soit qu'il disposât 
d'instruments d'optique plus puissants que ses de- 
vanciers, soit qu'il fût meilleur observateur qu'eux, 
avait très bien constaté l'aplatissement énorme du 
disque de Jupiter, dont l'axe polaire ne vaut que 
les onze douzièmes environ de l'axe équatorial. Il 
est singulier, remarque Bailly, que ce phénomène 
ait échappé à Galilée, puisque nous le constatons 
sans peine avec des lunettes de force égale à la 
sienne. D'autre part le même Cassini découvrit sur 
ce disque imparfait des taches permanentes, et en 
guettant leurs apparitions et disparitions succes- 
sives, il parvint à constater la rotation de Jupiter 
sur son axe en 9 heures et 55 ou 56 minutes. Une 
rotation aussi rapide doit engendrer une force cen- 
trifuge très énergique, propre à provoquer un affais- 
sement dans le sens de l'axe planétaire, et au rebours 
ce même affaissement dénote a priori la célérité du 
tourbillonnement de Jupiter. Les deux phénomènes 
se corroborent mutuellement. 

Fermement convaincu de la rotation de la Terre 
autour de son axe, Newton annonça que notre pla- 
nète, par le fait même de cette rotation, devait 
accuser un léger renflement à l'équateur. En France 
où tout le monde pensait alors comme Copernic, 



— из — 

les opinions de Newton, en général, rencontrèrent 
pourtant plus d'adversaires que de partisans. Néan- 
moins, après la mort de Newton, ses idées reçurent 
une éclatante confirmation à la suite des mesures 
géodésiques réalisées par des savants français : Clai- 
rant et Maupertuis d'une part ; Bougner et La Con- 
damine de l'autre. L'aplatissement terrestre ressortit 
sans conteste à la suite de la comparaison des me- 
sures d'un degré terrestre estimé en Laponie, puis 
au Pérou. Sans insister sur une question scientifique 
très intéressante, mais qui s'écarte de notre cadre, 
nous nous bornerons à conclure que la rotation dé- 
venait bien difficile à nier après une manifestation 
aussi claire des effets par elle produits. 

Aucun homme de bon sens ne pouvait dès lors 
contester le phénomène, mais un siècle environ 
plus tard, Léon Foucault, le même physicien qui 
perfectionna le télescope réflecteur, vint fournir à 
la suite d'expériences célèbres la preuve physique 
et palpable de la rotation de la Terre. L'expérience 
de Foucault est bien simple et n'offre aucune diffi- 
culté. La voici telle qu'on la réalise fréquemment 
dans les leçons publiques des Facultés. Au plafond 
d'un amphithéâtre suffisamment haut on accroohe 
un fil de fer qui supporte une boule en cuivre bien 
centrée ; sur le prolongement du fil la boule est mu- 
nie d'une petite pointe en fer rasant presque le sol, 
lorsque le pendule est vertical. On écarte la boule 



— 144 — 

de sa position d'équilibre en la retenant par un fil 
combustible et on entoure la suspension d'un tas 
de sable annulaire, pareil à ceux qu'amassent les 

enfants sur les plages ou les promenades. Les choses 
étant ainsi disposées, on brûle le fil ; le pendule 
n'étant plus soutenu, retombe, commence à osciller 
et, à chaque vibration, sa pointe creuse, de côté et 
d'autre dans le sable, deux légères rainures oppo- 
sées. Si l'appareil est bien calibré suivant toutes 
les directions rayonnant autour de la verticale, si, 
d'autre part, son mode de suspension lui rend éga- 
lement facile le balancement suivant n'importe quel 
sens, condition délicate à obtenir, mais non irréali- 
sable, on constate au bout de peu de minutes que 
les rainures tracées par la pointe tournent petit à 
petit dans le même sens que le mouvement apparent 
des étoiles, c'est-à-dire en sens inverse des aiguilles 
d'une montre. 

La mécanique rationnelle enseigne en effet que 
le plan d'oscillation doit, en réalité, rester immobile 
dans l'espace ; le pendule ne suivant pas la Terre 
dans son mouvement de rotation, celle-ci se déplace 
par rapport à lui et le mouvement des rainures sur 
le sable résulte de ce déplacement angulaire. Sous 
nos latitudes, le phénomène saute aux yeux, mais 
son explication théorique est moins simple que si 
un explorateur heureux venait à bout de le réaliser 
au pôle même. Pour peu que les précautions néces- 



— U5 — 

saires eussent été bien prises et que l'impulsion pri- 
mitive donnée au pendule persistât durant 24 heures 
ininterrompues, on constaterait au bout d'un jour 
sidéral que le pendule a décrit un cercle parfait, 
égratignant successivement le pourtour entier du 
tas de sable. 

L'expérience du pendule de Foucault n'est que la 
généralisation appliquée du principe suivant énoncé 
par le géomètre Poisson, mais que jamais l'on n'a 
pu mettre en pratique : si un canon ou mortier lance 
un projectile, ce dernier, durant les quelques se- 
condes qui s'écoulent entre le moment où il est 
chassé par la détente de la poudre et l'instant de sa 
chute, échappe provisoirement à la rotation ter- 
restre, en sorte qu'il est rejeté vers l'occident d'une 
quantité inappréciable aux mesures directes, mais 
que le calcul peut estimer. Or, qu'est-ce qu'un pen- 
dule disposé comme nous l'avons dit ? C'est un 
véritable projectile à mouvement très lent qui refait 
un très grand nombre de fois le même trajet dans 
un sens puis dans l'autre : à chaque voyage d'aller 
et retour les déviations s'accumulent successive- 
ment et finissent à la longue par constituer un angle 
mesurable. 

Nous mentionnerons plus loin, à la fin de cette 

rapide étude, les noms ou les ouvrages de quelques 

originaux qui, au XVIII ou au XIX e siècle, se sont 

encore refusés à admettre le système de Copernic, 

10 



— 146 — 

mais nous tenons à dire que nul d'entre eux, sauf 
Mercier, n'a songé à contester le mouvement diurne 
de la Terre sur son axe en 24 heures et que toutes 
leurs objections, fausses ou sans portée d'ailleurs, 
s'adressaient au seul mouvement de translation, 
dont il nous reste à parler maintenant. 



II 



Tout en présentant une grosseur apparente égale 
à celle de l'astre des nuits, le Soleil, comme le prou- 
vaient déjà divers phénomènes d'ordre purement 
négatif, surpassait de beaucoup la Lune en grandeur 
réelle, et en dépit de la grossièreté des erreurs com- 
mises dans l'évaluation des intervalles, les astro- 
nomes des XVI e et XVII e siècles en savaient bien 
assez pour raisonner ainsi : La Lune, dont on mesure 
la distance, se présente comme une sphère dont le 
rayon vaut, en nombres ronds, le tiers du rayon 
terrestre : * pour que le Soleil, qui est si loin, couvre 
dans le ciel un espace égal, il faut qu'il soit énorme. 
Conclusions : nul ne saurait contester que le Soleil 
ne surpasse en dimensions, non-seulement la Lune, 
mais encore la Terre, et de beaucoup. 

Un savant moderne n'hésiterait pas et ajouterait 

* Le nombre indiqué par Riccioli en personne tient le milieu 
entre les résultats de Tycho, qui rapprochait trop la Lune de la 
Terre, et ceux de Kircher qui la jugeait trop éloignée. 



— 147 — 

que le corps le plus gros des deux doit être immo- 
bile et occuper le centre du système. Mais cet argu- 
ment spécieux n'ébranlait pas beaucoup d'astro- 
nomes et n'émeuvait guère Riccioli qui fait observer 
que, dans ce bas monde, la grosseur matérielle n'est 
pas tout et qu'il faut aussi tenir compte de la « di- 
gnité » de notre séjour qui ne lui permet pas de 
pivoter autour du Soleil. Malheureusement pour 
Riccioli, les lois du monde moral n'influent guère 
sur les phénomènes de la mécanique céleste. 

Depuis que coperniciens et anticoperniciens 
avaient vu de leurs propres yeux, au travers de 
leurs lunettes, les phases de Mercure et de Vénus, 
il semblait démontré pour tout esprit impartial que 
ces deux planètes inférieures tournaient autour du 
Soleil ; quant aux mouvements de Mars, Jupiter et 
Saturne, il était bien plus simple de les rapporter au 
Soleil pris pour centre qu'à la Terre. Copernic 
n'avait pas manqué d'invoquer, en ce qui concerne 
particulièrement Vénus et Mars, les énormes varia- 
tions d'éclat de ces deux astres comme une preuve 
évidente que leur éloignement de la Terre varie 
dans de larges limites et que dès lors celle-ci n'est 
pas, à beaucoup près, le centre de leur mouvement. 
Galilée ainsi que tous ses contemporains et succes- 
seurs constatèrent aisément que ce fait était très réel 
et ne dérivait nullement d'une illusion d'optique. Le 
fait apparaissant certain pour les planètes inférieures 



.-.г vt vvr.^'vrtiîrait-^l'.e -зг» -.ггг.те ses х/иптшшея 

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Лт.;. f':pl..; *e R;cc:oI:. nous cor.^éicns volontiers 
'j ;e J# Terre ne v>:t pas !e centre des mouvements 
de to ,t/;s les planètes : pour Ver. us et Mercrire sur- 
f/Vit le fait est hors de contestation. Mais, d'autre 
part, le témoignage de nos yeux établît que la Lune 
et l'ensemble de la sphère étoiiée tournent autour 
de nous, sans parler des comètes ni des étoiles nou- 
velles ; la Terre a donc plus de droit que le Soleil à 
M re pla//:e au centre de l'univers et c'est le Soleil, 
jouant comme la Lune l'emploi de luminaire, qui, 
comme elle, enserre dans ses orbes notre demeure, 
l'astre radieux ayant en plus le privilège d'entraîner 
avec lui Mercure, Vénus et Mars comme satellites. 
Kepler .se trompait grossièrement lorsqu'il ju- 
geait, миг la foi de conceptions plus que fantaisistes, 
le Soleil le plus dense des corps célestes, au lieu 
qu'en réalité c'est un des plus légers ; il ne se trom- 
pait pas moins en lui attribuant une transparence 
Mirunturellr, mais ces rCvcrics dérivaient du senti- 
ment que le Soleil jouait un rôle prépondérant dans 
l'univers conçu par Kepler et, avant lui, par Co- 
pernic. Л travers ces louanges hyperboliques on 
devinait un argument très juste et très spécieux; 



— U9 — 

ce foyer embrasé qui éclaire et échauffe tout par 
sa bienfaisante influence doit être placé au milieu 
même des planètes circulant autour de lui afin de 
leur mieux distribuer ses effluves. « La lampe, avait 
dit Copernic, doit être disposée au milieu du temple 
de l'Univers. » Riccioli nie un peu légèrement cette 
égalité présumée ; le Soleil favorise plus ou moins 
tels ou tels astres. Il est vrai qu'à cette époque on 
n'avait pas encore découvert le phénomène de la 
révolution des planètes autour de leurs axes. 

Comme Fauteur de YAlmagestum, nous passerons 
bien légèrement sur deux arguments assez puérils : 
la Terre, séjour de créatures intelligentes, doit se 
mouvoir afin de leur permettre, par la variabilité du 
coup d'oeil, de mieux admirer les splendeurs du ciel. 
De plus, l'univers « macrocosme» ou grand monde 
a pour image notre corps (?) ; les Cieux figurent la 
tête et la Terre les pieds. Or, chez l'homme, ce sont 
les pieds qui marchent et non la tête. 

Copernic n'avait eu garde d'étayer son système 
sur de pareilles pauvretés. Il n'a pas davantage in- 
sisté sur l'argument suivant que Riccioli emprunte à 
un partisan bien inconnu de la rotation de la Terre : 
Nous savons qu'on appelait le « ciel » d'un astre 
mobile les parties de l'espace que l'astre pouvait 
rencontrer dans sa course. Avec l'hypothèse de la 
Terre immobile on est conduit à attribuer un très 
petit ciel « au Soleil dont la marche est assez régu- 



— «50 — 

lîère et des cieux énormes aux planètes d'allure ca- 
pricieuse et vagabonde. » Or, quoi de plus absurde 
que de supposer le Soleil, flambeau de l'univers, si 
mal partagé, de le forcer à se mouvoir dans un es- 
pace bien plus restreint que le vaste domaine con- 
cédé à des corps infiniment plus petits ? Il y a quel- 
que chose de plus absurde encore, fait observer 
Riccioli, c'est d'obliger ce pauvre Soleil à rester 
immobile en lui refusant même un coin de l'espace 
pour se mouvoir ! Nous pouvons renvoyer les ad- 
versaires dos à dos. La partie sérieuse de l'objection 
vise au fond la complication étrange du système 
planétaire de Ptolémée dont partisans et adversaires 
étaient obligés de convenir. Quant à la partie fan- 
taisiste, elle touchait peu Riccioli qui attribuait au 
Soleil un ciel très suffisant, puisqu'il rattachait à 
; du jour Mercure, Vénus et Mars, 
tte dernière planète, les lunettes l'avaient déjà 
ré lors de ses oppositions, s'approche de la 
bien plus près que ne le fait le soleil et paraît 
ne, comme aux moments où nous écrivons 
?nes. A d'autres époques, Mars s'éloigne bien 
là du Soleil et se rapetisse singulièrement, 
э et Riccioli admettaient que Mars tournait non 
г de la Terre, mais autour du Soleil. Réfutant 
itiment du premier de ces auteurs, Kepler 
в au moins bizarre que la trajectoire de Mars 
couper celle du Soleil. Au contraire, dit-il, 



— 151 — 

plaçons Mars entre la Terre et Jupiter et chacun de 
ces trois corps célestes circulera paisiblement dans 
des portions de l'espace bien distinctes et même 
séparées par d'immenses intervalles. Ici nous pou- 
vons nous ranger à l'avis de Riccioli : l'argument 
tombe de lui-même pour ceux qui n'admettent point 
la solidité des cieux et les autres raisons que four- 
nit YAlmagestum deviennent superflues. D'ailleurs 
Mars, simple satellite dû Soleil suivant Riccioli, doit 
couper l'orbe solaire ; exactement comme, dans le 
système de Copernic, la Lune en quadrature peut 
rencontrer Técliptique lorsqu'elle précède ou suit la 
Terre. 

Malgré son génie, Kepler se signalait par un 
étrange penchant à chercher partout des lois harmo- 
niques et mystérieuses. Aussi prétendait-il confirmer 
d'une manière éclatante le système de Copernic en 
comparant les cinq planètes, autres que la Terre, 
aux cinq polyèdres réguliers de la géométrie, et en 
forçant les nombres tout relatifs indiquant le rayon 
des orbites rapporté à celui de l'écliptique, il obte- 
nait par hasard des rapports assez curieux. Exagé- 
rant l'importance de cette coïncidence fortuite, il en 
tirait argument en faveur du système de la mobilité 
de notre globe, car, disait-il, sans cela ces sublimes 
relations disparaissaient. Mais, riposte notre jésuite 
astronome, Kepler prend ses rêveries pour des réa- 
lités ; ses prétendues règles ne sont qu'approchées 



— 152 — 

• >™ -лг.; se trouver en défaut à la suite d'obser- 
tarons N« exactes. Il serait déraisonnable d'im- 
-ч т<л f. l Auteur de toutes choses un monde construit 
4^\> ~os idées géométriques ou nos conceptions 
«%%*:ч*и*$ (car Kepler faisait aussi intervenir la mu- 
44^4" vlans ses étranges théories). Telle est une des 
■■vxvns que Riccioli oppose à Kepler, et on ne peut 
\ч v ^4\ 4 her de trouver celui-là plus sage, en cette 
vsvurrence, que celui-ci. 

Si nous remontons à la naissance — non pas du 
monde, avec l'Intimé — mais de la science astro- 
nomique, nous constatons que l'aspect seul du ciel 
étoile tournant avec une régularité invariable sous 
les yeux des premiers observateurs leur inspira tout 
naturellement l'idée d'un mouvement circulaire et 
uniforme. Ce principe fut étendu ensuite à la course 
apparente du Soleil et de la Lune, puis, envisagé 
désormais en tant que loi nécessaire, s'appliqua aussi 
aux planètes. Seulement pour rendre compte de 
l'allure capricieuse de celles-ci et des inégalités 
spéciales à la progression de nos deux luminaires, 
on admit que leurs trajectoires résultaient de plu- 
sieurs mouvements circulaires et uniformes com- 
binés entre eux. Partant d'un point de départ, très 
logique, mais faux, la science finissait par être obli- 
gée de compliquer sans cesse les anciennes hypo- 
thèses, sans les modifier. Effrayé de cet ensemble 
qui s'embrouillait de plus en plus à mesure que les 



г 



— 153 — 

observations s'accumulaient, Copernic proposa de 
tout simplifier en disposant le Soleil, à la place de 
la Terre, au centre de l'Univers. La nature, disait-il, 
opère par les voies les plus simples. Son disciple 
Rheticus parla de même et Riccioli ne peut s'em- 
pêcher d'admirer la sagacité du chanoine de Thorn 
qui explique si facilement par les simples déplace- 
ments respectifs de la Terre et des planètes ce que 
Ptolémée et consorts ne pouvaient représenter que 
par une infinité d'orbes imaginés à grand renfort 
d'hypothèses. Kepler, bien inspiré cette fois, et 
Lansberg insistèrent de toute leur force sur l'avan- 
tage qu'offrait l'hypothèse copernicienne, au point 
de vue de l'explication des phénomènes. 

Écoutons maintenant la réfutation de Riccioli : Si 
simple qu'il soit, on ne peut admettre un système 
contraire au sens commun et aux apparences. A la 
vérité nos sens peuvent nous tromper, mais alors 
c'est aussi par des témoignages du même ordre que 
nous constatons l'illusion. L'entendement dont on 
invoque ici la force, pour l'opposer à l'impression 
de nos organes, l'entendement erre dans maintes 
circonstances. Quant à la nature animée ou inani- 
mée, elle n'offre rien de très simple, et un esprit 
chimérique pourrait découvrir bien des superfluités 
parfaitement inutiles à l'homme. Ce qui est très per- 
fectionné n'est pas simple : les meilleures horloges 
ont beaucoup de rouages. Un concert excitera-t-il 



— «54 — 

notre admiration par cela seul qu'il sera composé 
de peu d'instruments accompagnant quelques voix ? 
Ne gagne-t-il pas au contraire à être exécuté par un 
très nombreux personnel ? 

Le système de Copernic simplifie-t-il réellement 
les choses ? Il oblige la Lune à obéir à un double 
mouvement •, force les quatre éléments terrestres à 
se mouvoir de concert, sans parler d'une nécessité 
corrélative pour les êtres vivants ; il met les astro- 
nomes dans la nécessité absolue de compliquer le 

m 

tout d'un mouvement diurne en 24 heures... N'est-il 
pas bien préférable de supposer immobile la Terre 
et tout ce qu'elle renferme, tandis que les planètes, 
guidées par des « intelligences, » décrivent leurs 
spirales dans l'éther ? 

Parmi les bizarreries les plus choquantes du mou- 
vement apparent des planètes, il faut signaler d'a- 
bord le phénomène de la rétrogradation. Si la mar- 
che du Soleil paraît tant soit peu irrégulière, si la 
course de la Lune présente des anomalies beaucoup 
plus accusées, du moins ces deux astres s'avancent 
toujours au milieu des constellations zodiacales dans 
le sens que les astronomes appellent direct ** en 

* Qu'eût dit le bon Père si les coperniciens avaient eu connais- 
sance du mouvement du Soleil vers la constellation d'Hercule? 

** Le mouvement direct a lieu d'occident en orient. Pour un 
observateur qui, tournant le dos à l'étoile polaire, regarde le Soleil 
ou la Lune, leur déplacement, sur la sphère céleste, s'opère en sens 
inverse des aiguilles d'une montre, de la droite à la gauche, comme 
l'impulsion d'une vis qu'on desserre. 



— 155 — 

passant du Bélier au Taureau, du Verseau aux Pois- 
sons. Mais les cinq planètes connues au XVII e siècle, 
de même qu'Uranus, Neptune et les innombrables 
astéroïdes aujourd'hui observés, cheminent tantôt 
dans le sens direct, tantôt dans le sens rétrograde *, 
en remontant le zodiaque. Les deux périodes de 
progression directe et de marche rétrograde sont 
séparées par des stations ; l'astre ralentit sa marche et 
semble un instant s'immobiliser sur la voûte étoilée. 
Enfin, il est facile de constater sans télescope pour 
Jupiter, Mars et Saturne, que le mouvement de 
recul acquiert son maximum de célérité à peu près 
à l'époque des oppositions, lorsque la planète, pas- 
sant au méridien à minuit, brille de son plus vif 
éclat. 

Ce phénomène, qui avait mis à la torture l'ima- 
gination des premiers astronomes, s'explique très 
facilement dans les idées de Copernic. Quand Mars, 
par exemple, est en opposition, il s'avance sur son 
orbite dans le même sens que la Terre le long du 
sien ; mais comme sa marche est beaucop plus lente, 
l'observateur qui rapporte instinctivement tout à la 
Terre immobile croit voir reculer Mars. Lorsque, 
au contraire, Mars et la Terre sont séparées par le 
Soleil, la vitesse propre de la planète s'ajoute à celle 

* Le mouvement rétrograde est l'inverse du mouvement direct. 
Lorsque les planètes sont rétrogrades, elles se déplacent au milieu 
des étoiles dans le sens des aiguilles d'une montre ou d'une vis 
qu'on enfonce. 



— 156 — 

de la Terre pour déterminer un rapprochement mu- 
tuel, et Mars glisse dans le ciel dans le même sens 
que le Soleil, c'est-à-dire suivant un mouvement 
direct qui atteint son maximum de rapidité. Entre 
ces deux situations extrêmes, à l'époque des qua- 
dratures, lorsque Mars se couche ou se lève vers 
minuit, il semble stationnaire, parce qu'alors son 
déplacement réel et celui de la Terre sont combinés 
de telle façon que la ligne de visée partant de notre 
demeure et aboutissant à Mars perce transitoireinent 
le même point de la voûte céleste *. 

Kepler, Galilée et Gassendi triomphaient, lors- 
qu'ils opposaient la complication des cercles de 
Ptolémée, dont les circonférences servaient de cen- 
tres à d'autres trajectoires circulaires, à la clarté des 
conceptions de Copernic. Quant à Riccioli qui trans- 
formait Mercure, Vénus et Mars en simples satellites 
du Soleil, il pouvait, en ce qui concernait les astres 
susdits, offrir une explication à peu près semblable 
à celle du chanoine de Thorn. Mais il trouve aussi 
pour Jupiter et pour Saturne que la marche par 
épicycles est plus parfaite, par cela seul qu'elle est 
plus complexe. Riccioli ajoute une réflexion qu'il 

* Nous ne rédigeons pas ici un cours élémentaire d'astronomie» 
aussi ajouterons-nous sans explications que Mercure et Vénus, pla- 
nètes inférieures, sont animées d'un mouvement direct lorsqu'elles 
sont pleines et éloignées de la Terre, et d'un mouvement rétrograde 
lorsqu'elles sont nouvelles et que leur diamètre apparent se déve- 
loppe à un maximum. 



о/ — 

qualifie bien à tort de valde notabilis. Puisque, selon 
Copernic, la Terre s'avance en tournant sur elle- 
même, comment ne nous apercevons-nous pas des 
inégalités énormes de mouvements qui se produi- 
sent suivant que les deux impulsions se combattent, 
ce qui a lieu pendant le jour, ou s'ajoutent, ce qui 
se produit durant la nuit ? Comment aussi supposer 
que la Lune soit entraînée aussi par la Terre autour 
du Soleil, alors que sa trajectoire propre la dirige 
en sens contraire lorsqu'elle est nouvelle ? N'est-il 
pas enfin plus simple de sacrifier l'hypothèse de 
Copernic et d'admettre, non pour notre séjour lui- 
même, mais pour des planètes fort éloignées, un 
mouvement conforme aux apparences, rétrograde 
ou direct, avec de courts intervalles de repos ? 

Franchement Riccioli fut mieux inspiré lorsqu'il 
jeta hardiment par dessus bord l'hypothèse de Pto- 
lémée en ce qui concerne Mercure et Vénus. L'étude 
de leurs mouvements oscillatoires autour du Soleil 
et surtout l'existence de leurs phases visibles au 
télescope le conduisit à les regarder comme de véri- 
tables satellites du Soleil. 

Ce qui dans l'hypothèse de Ptolémée contribuait 
à ajouter encore à la confusion de la théorie, c'était 
ce fait que les planètes ne se meuvent pas dans le 
plan même de l'écliptique ou orbite terrestre. En 
effet, si la coïncidence existait, pour Vénus par 
exemple, les passages de l'Etoile du Berger sur le 



— 158 — 

disque du Soleil au lieu de ne se présenter que deux 
fois par siècle *, se renouvelleraient à chaque con- 
jonction, pour la plus grande joie des astronomes. 
L'hypothèse de Copernic une fois admise et l'incli- 
naison des orbites étant reconnue et mesurée, les 
éphémérides des planètes deviennent relativement 
faciles à dresser ; les calculs, à la vérité, affectent 
moins de simplicité que si un même plan contenait 
à la fois toutes les ellipses planétaires. Mais si Ton 
se cramponne à la vieille croyance, au lieu d'une 
théorie simple traduisant des phénomènes em- 
brouillés, il faut user d'hypothèses complexes elles- 
mêmes. Toutefois Riccioli tient au mouvement de 
libration ou de balancement qu'on avait imaginé 
pour interpréter les excursions des planètes en de- 
hors de l'écliptique ; il justifie son dire par des 
raisons qui nous sont déjà connues ; il invoque de 
rechef le témoignage de nos sens et reprend son 
apologie de la beauté des complications naturelles. 
Qui empêche d'ailleurs les « intelligences » de faire 
décrire aux planètes des spires convenables à l'in- 
terprétation des mouvements **. 

* On nomme « ligne des nœuds » la droite intersection des deux 
plans orbitaux. Comme ceux-ci, la ligne des nœuds passe par le 
centre du Soleil. On voit de la Terre Vénus traverser comme une 
tache noire le disque solaire lorsque les deux planètes sont Tune et 
l'autre à la fois très voisines de la ligne des nœuds, ce qui arrive 
bien rarement. 

** Nous passons sous silence l'objection suivante qui, bien que 
purement astronomique, n'offre ni portée, ni intérêt. 



— 159 — 

Aujourd'hui si le mouvement annuel venait en- 
core à être scientifiquement contesté, les astronomes 
contemporains pourraient, nous le verrons bientôt, 
alléguer maintes preuves et entre autres ce fait que 
quelques étoiles, en très petit nombre, ont une pa- 
rallaxe annuelle infime, mais mesurable. Autrement 
dit, suivant la position de la Terre sur son orbite, 
certaines étoiles se déplacent infiniment peu sur la 
voûte céleste, abstraction faite du phénomène de 
l'aberration. Néanmoins il a fallu pour constater ce 
fait, employer des instruments très perfectionnés, 
maniés par des savants rompus aux observations. 
Comment alors admettre que tel ou tel astronome 
d'il y a trois cents ans ait réellement vu l'aspect du 
ciel changer de six en six mois ? Copernic lui-même 
se serait empressé de repousser une semblable allé- 
gation et Riccioli a raison de ne pas insister. 

Il remporte une victoire non moins facile sur les 
maladroits amis de Copernic, lorsqu'il étudie la dé- 
croissance régulière de la « Pèlerine. » Quelques 
braves gens, lorsque apparut dans le ciel cette mer- 
veilleuse étoile, partirent du principe qu'elle s'était 
allumée entre Saturne et les fixes. Dès lors, disaient- 
ils, si Copernic est dans le vrai, la Pèlerine doit 
subir des variations sensibles d'éclat suivant que la 
Terre s'approche ou s'éloigne d'elle. Hélas ! en pré- 
sence d'une extinction régulière, les novateurs con- 
fondus expièrent leur pétition de principe. De même, 



— 160 — 

Kepler invoquait trop prématurément certaines iné- 
galités des satellites de Jupiter, lesquelles, mieux 
approfondies, ont permis à Rœmer d'estimer la 
vitesse de la lumière. 

Dans le chapitre suivant Riccioli disserte longue- 
ment au sujet de la comparaison de certaines obser- 
vations anciennes avec des observations plus nou- 
velles, desquelles il semble résulter un déplacement 
de la méridienne et une modification de la hauteur 
du pôle. Purement imaginaires, ces anomalies résul- 
taient seulement de mesures mal faites qu'on ne 
voulait pas sacrifier. 

L'auteur s'écarte ensuite derechef de son sujet 
pour aborder deux questions : celle des taches du 
soleil et de leur découverte par Scheiner plutôt que 
par Galilée et celle des marées et il s'efforce d'en 
déduire des raisons en faveur de sa thèse. Nous le 
laisserons discuter à son aise la question de priorité, 
et quant aux marées, nous n'infligerons pas au lec- 
teur l'énoncé des quinze opinions que résume com- 

« 

plaisamment Riccioli au sujet de ce phénomène. 
Vient au seizième rang le sentiment de Kepler qui 
en attribue la cause à la force magnétique de la Lune 
comme « force magnétique » d'après le contexte, 
signifie tout bonnement force attractive, on voit, 
sans analyser à fond la pensée de Kepler, que ce 
grand astronome n'était pas très éloigné de la vérité. 
Mais le phénomène, assez simple dans sa cause 



— 161 — 

réelle, se manifeste, nous ne l'ignorons pas, comme 
très complexe dans ses effets. Aussi Riccioli trouve- 
t-il facilement des exemples très justes pour infirmer 
les idées de Kepler. Il combat aussi la dix-septième 
opinion, celle de Galilée, qui fait provenir le flux 
et le reflux du double mouvement de la Terre. Là 
encore Riccioli n'a pas tort. Pour conclure, il émet 
son propre avis qui est un chef-d'œuvre d'éclec- 
tisme ; la Lune excite comme un bouillonnement au 
fond de la mer ; mais le Soleil jouit aussi de sa petite 
influence, ainsi qu'une foule de circonstances rela- 
tives à la configuration de chaque mer. Quoique 
l'auteur de YAlmagestum invoque assez mal à propos 
les feux souterrains, les gouffres des Océans, quoi- 
qu'il confesse de bonne foi ne pas comprendre com- 
ment la force attirante de la Lune peut s'exercer au- 
delà du centre de la Terre jusqu'au nadir, il conçoit 
assez bien les marées comme un phénomène gou- 
verné par une cause principale, mais que peuvent 
modifier diverses influences secondaires. Quant à la 
controverse avec Galilée, qui prétendait prouver la 
mobilité du globe au moyen de l'étude des marées, 
elle n'a aucune portée et nous ne perdrons pas notre 
temps à l'exposer. * 

* Non plus que le paradoxe de Baliani, noble génois du XVII- siècle 
qui attribuait les alternatives du flux et du reflux à la rotation de 
la Terre, non autour du Soleil, mais autour de la Lune ! C'est' 
croyons-nous, le seul auteur qui ait songé à renverser les rôles de 
la Terre et de son satellite. 

U 



— 162 — 

Ici se termine la longue énumération des raisons 
justes ou fausses, faibles ou puissantes, que les divers 
auteurs coperniciens ont invoquées à l'appui de leur 
thèse, souvent à la suite de leur chef d'école. 

Ne concluons pas encore, car nous exposerons 
dans une prochaine étude les répliques de leurs 
adversaires et enregistrerons les découvertes posté- 
rieures qui ont définitivement donné gain de cause 
aux sectateurs du chanoine de Thorn. 




RAPPORT 

Sur le cours de M. CLERC \ professeur à la Faculté des Lettres 

RELATIF A LA 

CAMPAGNE DE MARIUS EN PROVENCE 

par 

M. Maurice de DURANT! la GALADE 



Il y a un mois à peine que M. Clerc, professeur 
d'histoire de Provence à la Faculté des Lettres, clô- 
turait son cours public de cette année et terminait 
en même temps l'étude approfondie de la guerre 
cimbrique et de la campagne de Marius dans les 
Gaules, qui avaient fourni la matière de son cours 
pendant trois hivers consécutifs. 

A cette occasion, quelques-uns d'entre vous ont 
bien voulu manifester le désir que je présentasse à 
l'Académie un résumé succinct de ce cours dont le 
sujet est si intéressant pour les habitants d'Aix. Ils 
m'ont demandé d'indiquer dans ce résumé comment 
le savant professeur avait envisagé les diverses 
phases de ce fait d'armes mémorable qui a eu pour 
théâtre les environs de notre ville, de faire connaître 
le système qu'il a adopté sur ce thème, à propos 
duquel tant d'autres, avant lui, ont émis des opinions 



— lit — 

A3 T-a*^U» - — •.- U„.» л— *_- - — CT ^ ^r 5v5i=: — sïT- 

Ç »4Ub eS>2VcT fcrf b^.~_ïX2 — с Ce w -Л— . . ■ ■ r. ■ *> • •_•. 



ne тоиъ étonnerez pas s: je se puis le ferre 
imparfaitement, bitu que j'aie suivi avec assidurrê 1 
cour* de пс /tre professeur et que j'y aie prêté Г 
tion la plus soutenue. Il n'est pas aise, n ayant 
guide que mes seuls souvenirs, de condenser en 
quelques pages un enseignement très complet, for- 
tement documenté et qui a lait l'objet de leçons 
nombreuses et bien remplies. 

M. Clerc, en effet, a traité la question de la cam- 
pagne de Mari us avec la haute autorité que lui donne 
sa vaste érudition. Il est très versé dans la connais- 
sance de l'histoire ancienne et, en particulier, de 
l'histoire romaine. Il sait trouver, dans les historiens 
de l'antiquité les moins connus, les textes isolés qui 
se rapportent à son sujet. Aucun monument épigra- 
phique ne lui échappe. Enfin, en ce qui concerne spé- 
cialement la campagne de Marius dans les Gaules, 
il a analysé et critiqué avec une rare sagacité tous 
les historiens anciens et les auteurs modernes qui 
s'en sont occupés. Il a parcouru toutes les localités 
dont il avait à parler, les a étudiées de très près, 
tant au point de vue archéologique qu'au point de 
vue stratégique, aidé des lumières d'un officier d'état- 
major. 

Après avoir exposé, dans les deux premières an- 



— 165 — 

nées, ce que j'appellerai les préliminaires de la cam- 
pagne, il a enfin, cet hiver, développé ce qui est 
relatif à la campagne proprement dite, c'est-à-dire 
à la marche des armées belligérantes, à l'emplace- 
ment et aux détails des deux batailles qui ont eu 
pour résultat la défaite et la destruction des Ambro- 
Teutons. 

Comme j'avais, moi-même, en 1892, publié quel- 
ques observations sur le même sujet, en réponse à 
une conférence du capitaine Dervieu(i), j'ai natu- 
rellement redoublé d'attention aux leçons de notre 
éminent professeur, et ce n'est pas sans une certaine- 
anxiété que je me demandais si le système qu'il allait 
exposer serait conforme aux idées que j'avais émises. 

Cette conformité s'est produite quelquefois- Ce- 
pendant, sur un point très important à mes yeux, 
les conclusions de M. Clerc ont été bien différentes 
de celles que j'avais proposées. 

Je m'étais efforcé, en effet, de démontrer que, sur 
les deux combats livrés par Marius, le premier avait 
eu pour théâtre les bords de l'Arc très près de notre 
ville, et le second la plaine de Trets ou de Pour- 
rières. Tandis que M. Clerc soutient que toutes les 
phases de ce grand drame militaire se sont déroulées 

(1) Observations d'un habitant d'Aix sur la brochure de 
M. Claude Dervieu, intitulée : Campagne de Marius contre les. 
Teutons. — Aix, A. Makaire, 1892. 



— 166 — 

sur le même champ de bataille et que les deux com- 
bats ont eu lieu aux environs de Pourrières. 

Sans doute notre professeur a appuyé son opinion 
sur de fort bonnes raisons. Et, à cause de l'autorité 
qui s'attache à son nom et à son talent, il est pro- 
bable que cette opinion prévaudra à l'avenir et qu'il 
serait téméraire de la contredire. 

Cependant je ne puis m'empêcher de penser que 
ce système n'est pas absolument indiscutable, et je 
voudrais tenter de montrer ici les points sur lesquels 
il peut donner lieu à quelques critiques. Dans ce but 
il me faudra d'abord, sauf à revenir plus tard sur les 
questions sujettes à controverse, exposer dans une 
vue d'ensemble et très sommairement la campagne 
de Marius telle que M. Clerc l'a comprise. 

Pour entreprendre cet exposé, j'aurais voulu 
avoir sous les yeux un texte écrit. Ce texte paraîtra 
probablement bientôt, car M. Clerc a annoncé la 
publication prochaine d'un ouvrage sous ce titre : 
Massalia, histoire de Marseille dans Г antiquité de- 
puis les temps les plus reculés jusquà la chute de 
Г Empire Romain. L'histoire de la guerre des Teu- 
tons sera la matière du chapitre 2 du livre IV e de ce 
grand ouvrage. 

Malheureusement je ne puis pas attendre d'être 
à même de lire ce livre. A mon âge on ne peut 
compter sur l'avenir et je vais être obligé de parler 
de l'enseignement de M. Clerc à l'aide de ma seule 



— 167 — 

mémoire. Je serai certainement incomplet, peut-être 
inexact. J'en fais mes excuses d'avance au professeur 
ainsi qu'à ceux qui voudront bien me lire. 

D'ailleurs je parlerai uniquement de ce que j'ai 
appelé la campagne proprement dite. Quant aux 
intéressants développements auxquels M. Clerc s'est 
livré sur la composition des armées romaines, l'or- 
ganisation et la disposition de leurs campements, 
l'ordre de bataille des légions et les modifications 
que Marius y a apportées ; quant à la discussion 
savante qu'il a fournie en dernier lieu sur les ins- 
criptions, les monuments triomphaux ou tumulaires 
que Ton a cru relatifs à la guerre contre les Teutons 
et leur plus ou moins d'authenticité, je n'essayerai 
pas de les résumer. Mes souvenirs seraient trop in- 
fidèles, et c'est dans le livre annoncé qu'il faudra les 
lire. 

Au début des leçons de cette année, M. Clerc a 
établi le principe suivant : en étudiant la campagne 
de Marius pour en retrouver les diverses circons- 
tances, pour déterminer quels ont été les mouve- 
ments des belligérants sur lesquels les historiens de 
l'antiquité nous fournissent bien peu de renseigne- 
ments, il ne faut pas prendre ces circonstances en 
détail et les discuter dans leur ordre chronologique,, 
depuis le début jusqu'au dénouement. Il faut, au 
contraire, rechercher d'abord le but à atteindre et, 



— 168 — 

une fois qu'on Га fixé, revenir en arrière sur les 
points discutables. Car, alors, le but éclaire les 
moyens à prendre pour l'obtenir et, si Ton hésite 
entre plusieurs combinaisons, on a moins de chances 
de se tromper en choisissant celle qui conduit le 
mieux au résultat désiré. 

Or, le but que poursuivait Marius, la mission qu'il 
avait reçue de Rome, c'était d'empêcher la horde 
des Barbares de pénétrer en Italie. Il devait leur 
barrer le chemin et, non-seulement les vaincre, 
mais les anéantir s'il le pouvait. 

Marius qui avait séjourné trois ans dans la pro- 
vince romaine, en attendant l'ennemi, avait certai- 
nement étudié à fond cette région. Il avait dû cher- 
cher un champ de bataille dans les meilleures con- 
ditions possibles et il avait, sans doute, reconnu que 
celui qui répondait le mieux à ses vues c'était la 
plaine de Trets. 

Cette plaine, en effet, qui est actuellement com- 
prise entre les villages de Rousset, de Puyloubier, 
de Pourrières, de Pourcieux et de Trets, était assez 
vaste pour que les hordes barbares pussent s'y éten- 
dre et s'y grouper. En se dirigeant vers l'Italie et en 
venant conséquemment du côté de l'ouest, ils ne 
pouvaient y pénétrer que par le couloir étroit occupé 
par l'Arc, entre les collines de Châteauneuf-le- 
Rouge, dernier échelon de Sainte-Victoire, et les 
hauteurs voisines de F u veau et de Château-l'Arc. 



- 169 — 

Pour en sortir du côté du levant, il fallait s'en- 
gager dans la vallée qui s'ouvre entre Pourrières et 
Pourcieux, vallée qui forme un cul-de-sac fermé de 
tous côtés, car c'est là que ГАгс prend sa source. 
Les hauteurs qui la bornent à l'Est ne sont pas, sans 
doute, infranchissables. Elles ont cependant une 
certaine importance, et, après les avoir gravies, on 
redescend de l'autre côté vers Saint-Maximin et on 
tombe dans le bassin de l'Argens. 

Une armée enfermée dans la plaine qui vient 
d'être décrite et à qui on barre le passage vers l'Est, 
ne peut s'échapper ni au Nord ni au Midi, à cause 
des montagnes inaccessibles de Sainte- Victoire et de 
la chaîne des monts Auréliens. Elle peut très diffici- 
lement rebrousser chemin vers la ville d'Aix, car 
son entassement dans le défilé près de Châteauneuf- 
le-Rouge amènerait un désordre très dangereux en 
cas de défaite, et d'ailleurs ce passage étroit peut 
être aisément défendu. 

Marius ne pouvait donc trouver un terrain plus 
avantageux. La plaine de Trets était non-seulement 
un champ de bataille favorable pour lui, mais un 
véritable piège dont l'ennemi ne pouvait se tirer 
après une déroute. 

Toutes les combinaisons, tous les efforts, toutes 
les manœuvres du général romain ont eu certaine- 
ment pour objet de faire prendre position à son 
armée au fond de la haute vallée de l'Arc et d'attirer 



— <70 — 

ou de pousser l'ennemi dans le piège ainsi préparé. 

Ceci posé, M. Clerc a exposé, ainsi que je vais 
essayer de l'indiquer, les mouvements des deux ar- 
mées. 

En ce qui concerne l'emplacement du camp, où 
Marius s'était retranché pour attendre l'arrivée de 
l'ennemi, notre professeur rejette d'abord les an- 
ciennes hypothèses insoutenables qui l'avaient placé 
soit à Marignane, soit à Fos, soit dans la Camargue. 
Les commentateurs plus modernes étaient à peu 
près d'accord pour supposer que ce camp était sur 
un point plus ou moins voisin de Saint-Remy ou 
de Saint-Gabriel. M. Clerc lui assigne une position 
peu éloignée de la chaîne des Alpines, sur la Mon- 
tagnette, petit massif montagneux au Nord-Ouest de 
cette chaîne et encadré entre Tarascon, Mézoargues, 
Barbentane et Graveson. 

C'est sur un plateau au sommet de ces hauteurs, 
connu sous le nom de plateau de Beauregard, que 
Marius, d'après M. Clerc, avait établi son camp 
d'attente. De là il surveillait le cours du Rhône et 
celui de la Durance, très près de leur confluent. Il 
pouvait voir si l'ennemi arrivait par l'une ou l'autre 
des rives du Rhône et s'il passait la Durance. Dans 
ce dernier cas, il était presque assuré que les Bar- 
bares ne songeaient pas à remonter cette rivière 
pour entrer en Italie par le mont Genèvre et qu'ils 
voulaient y arriver par le littoral. 



— \n — 

Ce camp était d'ailleurs approvisionné par des 
barques qui remontaient le Rhône jusqu'au pied de la 
Montagnette, après avoir suivi les fosses mariennes 
qui, partant de Fos, faisaient communiquer la mer 
avec la branche orientale du fleuve qui embrasse la 
Camargue. 

C'est dans cette forte position que Marius atten- 
dait les Ambro-Teutons, qui arrivèrent probable- 
ment par la rive gauche du Rhône. Ils traversèrent 
la Durance et le général romain ne chercha pas à 
leur disputer le passage, car il ne demandait pas 
mieux que de les voir s'engager dans les routes tra- 
versant la basse Provence où son plan était de les 
attirer. 

Ils s'établirent dans la plaine qui s'étend entre la 
rivière, la Montagnette et les Alpines. Ils provo- 
quèrent les Romains au combat ; Marius resta der- 
rière ses retranchements en dédaignant leur défi. 
Les Barbares essayèrent alors de donner l'assaut au 
camp des Romains qui les repoussèrent, et, après 
cet échec, ils poursuivirent leur route dans la direc- 
tion d'Aquae-Sextiae en suivant un chemin dont, si 
j'ai bien compris les explications de M. Clerc, le 
tracé était à peu près le même que celui de la route 
nationale actuelle d'Avignon à Aix et passait, par 
conséquent, par le défilé d'Orgon, entre l'extrémité 
des Alpines et la Durance. En défilant devant l'ar- 
mée romaine, ils la bravaient en disant aux soldats 



— 172 — 

qu'ils allaient à Rome porter de leurs nouvelles à 
leurs femmes. 

Marius décampe à son tour et les suit, non pas en 
queue, comme l'ont dit certains historiens trompés 
par une fausse interprétation du texte de Plutarque* 
mais par une marche latérale et parallèle. Il a soin 
de camper sur des lieux élevés pour y passer la nuit 
en sûreté et s'efforce aussi de gagner l'ennemi en 
vitesse et même de le devancer. Ц le pouvait sans 
doute, grâce à la mobilité de ses troupes exercées 
et à la lenteur des Barbares qui, embarrassés de leurs 
charriots, de leurs femmes, et obligés de s'éparpiller 
pour trouver des vivres, ne pouvaient avancer rapi- 
dement. 

Dissimulant ses mouvements derrière le rideau 
formé par la chaîne des Alpines, l'armée romaine 
suit d'abord le versant méridional de cette chaîne ; 
puis, arrivée à la gorge de Lamanon, elle la franchit 
en se dirigeant vers l'emplacement de Mallemort. 
J'aurai à revenir, dans la discussion, sur cette ma- 
nœuvre, après laquelle Marius, au lieu de se tenir 
sur le flanc droit de l'armée ennemie, se trouve sur 
son flanc gauche. 

De là, suivant les hauteurs de la chaîne des Côtes 
et de la Trévaresse, dans la direction de Rognes, il 
arrive vers Venelles aux environs d' Aix. Continuant 
ensuite par Saint-Marc-de-Jaumegarde, Vauvenar- 
gues, Claps et contournant la croupe de Sainte- 



— 173 — 

Victoire, il arrive enfin près de Pourrières dans la 
haute vallée de Г Arc. 

Parvenu ainsi à l'extrémité orientale du champ de 
bataille qu'il a choisi d'avance, le consul romain 
prend position sur une éminence à une altitude de 
314 mètres, d'après la carte d'état-major, au point 
désigné sur la même carte par les mots Bastide blan- 
che. A ce moment les Ambrons, qui marchaient en 
tête de la horde barbare, avaient déjà pénétré dans 
la plaine de Trets et avaient campé vis-à-vis les 
Romains, aux environs de Saint-Andéol et de Sa- 
caron. 

C'est alors que sur la plainte de ses soldats qui 
manquaient d'eau, Marius leur montra l'Arc qui les 
séparait des ennemis. Les valets d'armée descendent 
vers la rivière pour remplir leurs cruches et le com- 
bat s'engage dans les conditions que l'on sait. Les 
Ambrons sont culbutés et la nuit empêche les Ro- 
mains d'achever leur victoire. 

Marius rentre dans son camp, dont les retranche- 
ments ne sont pas achevés, et redoute une attaque 
nocturne qui ne se produit pas. Les Ambrons battus 
attendent l'arrivée des Teutons leurs alliés. Une 
journée s'écoule et peut-être deux, si on adoptait la 
version de l'historien Orose. Marius en profite pour 
compléter ses fortifications, faire reposer ses troupes 
et leur faire prendre, à l'heure voulue, le repas du 



— 174 — 

soir ( i ). Il envoie son lieutenant Claudius Marcellus 
à la tête de 3000 hommes avec Tordre de se dissi- 
muler dans les ravins couverts de bois qui régnent 
le long du bord méridional de la plaine, à la base 
des monts Auréliens, près de Trets et de Peynier, 
afin de tourner l'ennemi et de le surprendre par 
derrière, en lui fermant le passage vers Rousset et 
Châteauneuf. 

Enfin, dès le matin, le général déploie sa cavalerie 
sur son aile droite, dans la plaine du côté de Puy- 
loubier, pour provoquer ses adversaires. Ceux-ci 
s'élancent à l'assaut du camp romain. Marius recom- 
mande à ses légions, rangées en bataille devant les 
palissades de son camp, d'attendre le choc de pied 
ferme, sans descendre de la hauteur où ils sont 
placés. L'élan des Barbares est amorti par la montée 
qu'ils sont obligés de gravir. Bientôt la chaleur du 
climat méridional auquel ils ne sont pas habitués 
les accable. Les premiers rangs sont rejetés sur ceux 
qui sont en arrière. Marcellus enfin paraît à l'extré- 
mité occidentale de la plaine et attaque de ce côté. 
L'armée Ambro-Teutonne , se voyant cernée de 
toutes parts, est saisie d'une terreur panique et 
tombe dans une inexprimable confusion. La fin de 
la bataille dégénère en massacre et les Barbares sont 
exterminés. 

(\) AeTtcvov, 



— 175 — 

Telle est, dans ses grandes lignes, la rapide es- 
quisse de l'exposé de la campagne de Marius déve- 
loppé par M. Clerc dans le courant de l'hiver dernier. 

On voit que son système repose principalement 
sur des considérations stratégiques et qu'il présente 
beaucoup d'analogie avec celui de M. Dervieu. Il en 
diffère notablement, toutefois, en ce que M. Der- 
vieu, à la suite de M. Tiran, fait prendre position à 
Marius sur le Pain de munition , ce qui est tout-à-fait 
inadmissible ; tandis que M. Clerc place son cam- 
pement au fond de la vallée de l'Arc dans des con- 
ditions beaucoup plus conformes aux principes de 
l'art militaire et aux récits des historiens de l'anti- 
quité. 

J'ai maintenant à indiquer les points sur lesquels 
le système de M. Clerc me paraît prêter à quelque 
critique. 

La première et la principale objection qu'on peut 
faire au système de M. Clerc, c'est qu'il n'est pas 
complètement en harmonie avec le récit de Plu- 
tarque. En se refusant à admettre que le premier 
combat livré par Marius a eu lieu sur les bords de 
l'Arc, en face de notre ville, le savant professeur 
s'écarte, en effet, quelque peu du texte de l'historien 
grec, qu'il esf nécessaire de rappeler icr en peu de 
mots. 

Le biographe de Marius nous dit dans son XVIIP 



— 176 — 

chapitre que les deux armées arrivèrent au lieu 
qu'on appelle les Eaux de Sextius. Que le consul 
romain prit un poste avantageux sur un lieu fort ( i), 
mais où Геаи n'était pas abondante. Que ses soldats 
se plaignant de la soif, il leur montra de la main une 
rivière qui coulait près du camp des Barbares, en leur 
disant : « C'est là qu'il faut aller acheter de l'eau au 
prix de votre sang. » Que les valets d'armée des- 
cendirent vers la rivière avec des cruches et des 
armes, parce qu'ils s'attendaient à en avoir besoin 
pour combattre ; et il ajoute ensuite textuellement : 

« Ils furent, en effet, attaqués par les Barbares 
« qui ne vinrent d'abord qu'en petit nombre. La 
« plupart étaient à se baigner ou à prendre leur 
« repas après le bain ; car, là même, le terrain fait 
« surgir des sources de fontaines chaudes (2), et une 
« partie des Barbares, séduits par la beauté du lieu, 
« ne pensaient qu'£ s'amuser et à faire bonne chère 
« quand ils furent surpris par les Romains. » 

Les Ambrons cependant prirent les armes et mar- 
chèrent en bon ordre au combat en poussant leur 
cri de guerre. 

« Mais la rivière rompit l'ordonnance des Bar- 
« bares, et quand ils l'eurent passée ils ne purent 
« reprendre leurs rangs et furent chargés par les 

(\) Toitov oxupov. 

(2) P/flviKTi Y*p auxôBt vajjia-iov Ôepjiuv тцукс Ь /wpo;. (Vie de 

Marins, chap. XIX). 



- 177 — 

« Liguriens qui couraient en descendant la colline.» 

Si Ton en croit, dans son intégrité, le passage que 
je viens de transcrire, remplacement du premier 
combat ne saurait être douteux. Les Barbares se bai- 
gnaient dans les eaux chaudes qui surgissent à Aix. 
Ils étaient donc près de cette ville, sur la rive droite 
de Г Arc. Ils avaient à passer la rivière pour com- 
battre. Donc les Romains étaient de l'autre côté, sur 
la rive gauche, établis sur un lieu élevé qui ne peut 
être que le Montaiguet. 

Cette conclusion est absolument forcée. 

C'est, appuyés sur ce raisonnement, que nos an- 
ciens auteurs aixois, Pitton, de Haitze et plus tard 
M. Rouchon-Guigues ont assigné aux armées, lors 
du premier engagement, les positions que je viens 
d'indiquer. 

C'est l'opinion que j'avais soutenue moi-même 
dans mes Observations sur la conférence de M. Der- 
vieu que M. Clerc a bien voulu mentionner et citer 
avec la plus bienveillante indulgence. Je saisis avec 
empressement l'occasion qui se présente de lui té- 
moigner à ce sujet ma profonde reconnaissance. 

Depuis lors un érudit d'Aix, M. Numa Coste, 
dans un article publié dans le Sémaphore du 8 février 
1893, et M. Bérenger-Feraud dans son ouvrage très 
complet et très développé sur la campagne de Ma- 
rius en Provence, ont émis, eux aussi, l'avis que le 

42 



— 178 — 

premier combat s'était déroulé tout près de la ville 
d'Aix. 

M. Clerc n'a pas contesté la rigueur du raison- 
nement qui amène cette conclusion. Pour y échap- 
per, il est obligé de s'en prendre au texte de Plu- 
tarque, et voici comment il essaye de l'écarter : 

Il s'est demandé d'abord si la phrase incidente, 
dans laquelle il est question des sources thermales, 
n'avait pas été ajoutée après coup ; si ce n'était pas 
une note insérée par un commentateur et qu'un 
copiste aurait glissée dans le corps même du texte. 
Il a reconnu pourtant loyalement que rien n'auto- 
risait cette supposition, et que la phrase gênante se 
retrouvait invariablement dans toutes les éditions 
de Plutarque. 

Notre professeur a recherché également si, comme 
l'avait insinué M. Tiran, il n'existait pas des sources 
thermales dans la haute vallée de l'Arc. Il a con- 
sulté sur ce sujet des géologues qui lui ont répondu 
que, non-seulement il n'y en avait point, mais qu'il 
ne pouvait pas y en avoir. 

Cependant il a pris des renseignements sur les 
lieux et il a découvert qu'aux environs de Pour- 
rières se trouvait un lavoir dont l'eau ne descendait 
pas au-dessous d'une température de 16 degrés. 
D'autre part M. l'abbé Spariat, curé de Pourcieux, 
lui a écrit, si mes souvenirs sont exacts, que, dans 
cette commune, un certain terrain sablonneux, après 



— <79 — 

de grandes pluies, laissait échapper des infiltrations 
qui n'étaient pas tout-à-fait froides (i). 

En admettant l'exactitude de ces faits, il est à 
peine nécessaire d'y répondre que ces filets d'eau 
plus ou moins tièdes ne peuvent être confondus avec 
les sources thermales multiples dont parle le bio- 
graphe de Marius et n'auraient pu être utilisées par 
les Barbares pour y prendre des bains. 

Au reste M. Clerc n'a pas paru insister sérieuse- 
ment sur ces découvertes, et il a été enfin amené à 
dire qu'il ne fallait pas attacher trop d'importance 
à cette circonstance, rapportée par Plutarque, que 
les Ambrons se baignaient dans l'eau chaude ; que 
dans l'antiquité on n'écrivait pas l'histoire, comme 
on cherche à le faire de nos jours, en compulsant 
soigneusement les documents authentiques et offi- 
ciels ; que les historiens anciens s'attachaient plutôt 
à l'élégance littéraire qu'à une rigoureuse exacti- 
tude ; que Plutarque, enfin, plus moraliste qu'histo- 
rien, sachant qu'il y avait à Aix des sources ther- 
males, avait bien pu tirer de son imagination les 
bains pris par les Barbares et introduire ce détail 
dans son récit pour le colorer, le rendre plus inté- 
ressant et donner à sa narration un certain relief 
pittoresque. 

(4) Il paraît que, sur ce point, je me suis trompé. Le lavoir 
de Pourrières est à la température ordinaire ; ce sont les in- 
filtrations de Pourcieux qui ne descendent pas au-dessous de 
46 degrés. 



— 180 — 

Finalement et comme dernier argument, le meil- 
leur peut-être, il a ajouté que si Ton admet que le 
premier combat s'est passé à Aix, il devient impos- 
sible d'expliquer ce qui Га suivi et tout le reste de 
la campagne. 

Que Plutarque ait imaginé que les Ambrons 
s'étaient baignés dans nos eaux thermales, c'est 
assurément possible. Mais alors comment pourra-t- 
on discuter les circonstances de la campagne de 
Marius ? Si l'on révoque en doute l'exactitude du 
seul historien ancien qui fournisse quelques détails 
de nature à nous éclairer, nous tombons fatalement 
dans la confusion et l'arbitraire. M. Clerc ne veut 
pas croire à ces bains. Un autre dira que la soif qui 
dévorait les Romains et la descente des valets de 
l'armée vers la rivière ne sont qu'un tableau pitto- 
resque inventé de toutes pièces. Un troisième sou- 
tiendra que la résistance opposée par les femmes 
dans leur camp est une invention du moraliste pour 
faire ressortir, avec Tacite, la chasteté des épouses 
de la Germanie, et ainsi de suite. 

Dans de pareilles conditions, il faudrait renoncer 
à reconstituer un fait historique remontant à l'an- 
tiquité. Lorsqu'on entreprend une reconstitution de 
ce genre, toujours difficile, j'estime qu'il faut prin- 
cipalement s'appuyer sur les textes et que les con- 
sidérations théoriques de stratégie ou autres ne 
viennent qu'au second rang. 



- 181 — 

Dans le cas spécial qui nous occupe, il s'agit сГеш- 
placer un combat. Plutarque énonce un fait précis 
qui n'a rien d'impossible ni même d'improbable. Ce 
fait implique nécessairement la détermination d'un 
lieu. La topographie de ce lieu correspond d'une 
façon saisissante avec les circonstances de la bataille 
dont on recherche l'emplacement. Que peut-on dé- 
sirer de mieux? On ne trouve pas toujours, dans 
les études historiques/ des éléments de certitude 
aussi satisfaisants. 

Aussi, malgré l'autorité bien méritée qui s'attache 
à l'enseignement de M. Clerc, je crois qu'il est per- 
mis, sur ce point, de ne pas partager son avis. Loin 
de chercher à faire disparaître du texte de Plutarque 
la phrase relative aux bains d'eau thermale, j'estime 
qu'il faut au contraire la recueillir précieusement, 
parce qu'elle fait voir clairement que c'est très près 
d'Aix qu'a eu lieu le premier engagement de l'ar- 
mée de Marius avec les Barbares. 

La disposition topographique des environs de 
notre ville concorde à merveille avec le récit de 
l'historien. On pourrait même ajouter que le cours . 
de l'Arc, le long du Montaiguet, est plus conforme 
aux détails du combat que la vallée en amont de 
Pourrières. En effet, aussi près de sa source, cette 
rivière n'est encore qu'un petit ruisseau trop peu 
considérable pour jouer le rôle important que Plu- 
tarque lui assigne dans sa narration. 



— 182 — 

Sous le bénéfice de ces diverses considérations, 
je me crois autorisé à persister dans l'opinion que 
j'avais émise en 1892, à savoir que les deux victoires 
remportées par les Romains contre les Ambro-Teu- 
tons n'ont pas eu le même théâtre, et que la pre- 
mière bataille s'est déroulée sur les bords de l'Arc, 
à proximité de la ville de Sextius. 

J'examinerai bientôt la question de savoir s'il est 
vrai qu'en considérant ce point comme acquis, il 
devient impossible d'expliquer le reste de la cam- 
pagne. Mais, pour épuiser ce qui est relatif au pre- 
mier combat, je dois dire un mot du trajet que M. 
Clerc fait suivre aux Romains depuis leur camp de 
la Montagnette jusqu'au champ de bataille définitif. 
On se rappelle que., 'd'après notre professeur, 
Marius longea d'abord le versant sud des Alpines, 
traversa ensuite le col de Lamanon et arriva près 
de Pourrières en suivant la ligne jalonnée par Ro- 
gnes, Venelles, Saint-Marc, Vauvenargues et Claps. 
M. Clerc admet qu'il aurait pu prendre une autre 
route et rester, comme dans la première partie de 
son trajet, sur le flanc droit de l'ennemi au lieu de 
se porter sur son flanc gauche en passant par la 
gorge de Lamanon. Les régions où se trouvent main- 
tenant les localités d' Aurons, du Vernègues, de La 
Barben, d'Eguilles ou de Ventabren lui auraient 
fourni des points élevés pour établir ses campements 
de nuit. 



— 183 - 

Cependant il a donné la préférence à la ligne qui 
se rapproche de la Durance, et a motivé cette pré- 
férence sur plusieurs raisons que je vais successi- 
vement indiquer. 

La première, c'est qu'il trouvait de ce côté des 
altitudes plus considérables. 

Cela est vrai, mais l'essentiel pour le général ro- 
main était-il de rechercher les côtes les plus élevées? 
Ne suffisait-il pas qu'il choisit pour camper des 
points dominant suffisamment le terrain occupé par 
l'ennemi ? Ils ne lui auraient pas manqué dans les 
régions qui viennent d'être énumérées. 

D'ailleurs, sans avoir la prétention d'être habile 
dans l'art militaire, il me semble qu'on peut soutenir 
que la manœuvre consistant à quitter la droite des 
Barbares pour passer à leur gauche par la gorge de 
Lamanon, en traversant la route que devait suivre 
l'ennemi, est sujette à la critique. Marius ç'exposait 
ainsi à être attaqué pendant une marche de flanc, 
ce qui est toujours dangereux. 

M. Clerc explique, il est vrai, qu'il pouvait de- 
vancer les Barbares et traverser la route avant eux,, 
ou bien attendre qu'ils eussent défilé, et passer sur 
leurs derrières. 

Les devancer, c'était difficile. Il n'y a qu'une di- 
zaine de kilomètres d'Orgon à Lamanon, et les Ro- 
mains qui partaient de la Montagnette ne pouvaient 
guère gagner une telle avance* 



— Ш - 

Attendre leur passage, c'était perdre beaucoup de 
temps et risquer d'arriver trop tard au but qu'on 
voulait atteindre. 

Seconde raison donnée par M. Clerc : — Marius 
en restant sur la droite de l'ennemi avait à craindre, 
en cas d'échec, d'être jeté à la mer. 

Il semble qu'entre la route suivie par les Teutons 
et le rivage, il y a assez d'espace pour que les Ro- 
mains n'eussent pas à redouter d'y être acculés. Au 
reste, une attaque était peu probable : les Barbares 
marchant vers l'Italie ne demandaient qu'à avancer. 
Ils dédaignaient un ennemi qui leur avait obstiné- 
ment refusé le combat près du Rhône, et ne l'auraient 
attaqué que s'ils y avaient été provoqués. 

Troisième raison : — Marius avait intérêt à se tenir 
sur la gauche des Barbares pour s'opposer à leur 
retour vers la vallée de la Durance et les pousser 
plus sûrement dans la plaine de Pourrières, où il 
était dans son plan de les combattre. 

Il n'était nullement présumable que les Teutons, 
après avoir passé la Durance et quitté ses bords, 
eussent l'idée de s'en rapprocher pour gagner l'Italie 
par le mont Genèvre. Il semble, au contraire, que 
Marius pouvait prévoir une autre éventualité qui 
devait le porter à se tenir sur la droite de ses enne- 
mis plutôt que sur leur gauche. C'est celle où, attirés 
par l'espoir du butin et du pillage, ils auraient mar- 
ché sur Marseille pour s'avancer ensuite vers l'Italie 



— 185 — 

en prenant les chemins qui devaient servir à relier 
par voie de terre la citée phocéenne avec ses colo- 
nies du littoral, Cythariste, Olbia, Antipolis et Nice. 

D'autre part, Plutarque nous dit qu'en suivant les 
Barbares dans leur marche, Marius se tenait toujours 
près d'eux (i). Or, d'après le système de M. Clerc, 
pendant que les Teutons remontaient le cours de 
ГАгс, les Romains se dirigeaient vers Pourrières 
par la vallée de Vauvenargues et de Claps. En sui- 
vant cette route très accidentée et peu praticable, en 
longeant ainsi le massif énorme et infranchissable 
de la chaîne de Sainte- Victoire qui le séparait de 
l'ennemi, Marius s'éloignait beaucoup de ses adver- 
saires ; il les perdait complètement de vue, il retar- 
dait sa marche et s'exposait à n'arriver sur le champ 
de bataille, choisi par lui, qu'après le passage des 
Ambro-Teutons, et à manquer ainsi son but. 

Telles sont les considérations que je me permets 
d'opposer au trajet proposé par M. Clerc pour la 
marche de l'armée romaine du Rhône à la haute 
vallée de l'Arc. Elles me font penser que, dans cette 
marche, Marius n'a pas cessé de se tenir à la droite 
de l'ennemi, en campant la nuit sur les hauteurs 
qu'on peut rencontrer de ce côté comme de l'autre. 

Au reste, je ne cache pas que, si je donne la pré- 
férence à ce dernier trajet, c'est surtout parce qu'il 

(\) Eypc \à» ^ei **l TC *p* at'Jroùç èxsfvo'j; lÔpD(J[i.evoc. (Vie de Ma- 

rius, chap. XVIII). 



— 486 - 

conduit les Romains sur le Montaiguet, tandis que 
l'autre les en éloigne. 

M. Clerc a eu raison de dire au début de son cours 
que sur les questions douteuses, au sujet desquelles 
nous manquons de renseignements, il était sage de 
se laisser guider par le but à atteindre. J'applique 
ici le même principe, car j'estime qu'on doit con- 
sidérer comme but à atteindre, non-seulement le 
dénouement final de la campagne, mais aussi les 
faits intermédiaires tels que le premier combat em- 
placé à Aix, que l'on peut considérer comme suffi- 
samment établi. 

Il y a encore une objection de M. Clerc contre 
l'emplacement de ce premier combat que je ne dois 
pas passer sous silence. 

Marius, nous dit-il, voulant amener ses ennemis 
sur le champ de bataille de son choix, avait intérêt 
à les laisser avancer tranquillement et à ne pas les 
inquiéter en route. Il devait, tout en les surveillant, 
ne pas se montrer, dissimuler autant que possible sa 
marche et éviter, avec les Barbares, tout contact 
pouvant amener un engagement prématuré. C'eût 
été donc une faute de la part du général romain de 
se poster sur le Montaiguet à proximité des Am- 
brons. 

Ce raisonnement n'est pas sans valeur, je le re- 
connais volontiers, à la condition, toutefois, que des 
circonstances que nous ignorons n'aient pas obligé 



— 187 — 

Marius à se départir de sa prudente réserve. Or, des 
circonstances de ce genre ont pu certainement se 
produire. 

Marius avait-il laissé une garnison dans le Cas- 
tellum d'Aix pour le défendre ? comme Га pensé 
M. Numa Coste dans l'article déjà cité, ou bien 
Tavait-il fait évacuer et livré sans défense à l'ennemi? 
M. Clerc ne s'est pas expliqué sur ce point, ou, s'il 
l'a fait, j'avoue que je n'en ai pas conservé le sou- 
venir. 

Dans le premier cas, c'est-à-dire si le Castellum 
était gardé, on peut admettre que le général romain 
ait cru nécessaire de s'en rapprocher pour savoir s'il 
était assiégé et le secourir en cas d'attaque. 

On pourrait supposer encore que Marius, ayant 
des raisons de craindre que les Teutons, arrivés à 
Aix, ne voulussent marcher sur Marseille, serait 
venu se poster au Montaiguet pour leur fermer la 
route. 

Ce ne sont là que des exemples. On pourrait en 
trouver d'autres et ils tendent seulement à établir 
que l'argument de M. Clerc ne serait véritablement 
concluant que, si l'on connaissait à fond, et mieux 
qu'il ne nous est possible de le faire, tous les détails, 
toutes les combinaisons et tous les mouvements des 
deux armées belligérantes. 

En dernière analyse, si l'on veut que Marius ait 
commis une faute en engageant prématurément le 



- 188 — 

combat près d'Aix, il est certain qu'elle lui a réussi . 
C'est ce que semble dire l'historien Florus dans 
cette phrase : « Il est douteux de savoir si le général 
« a agi de dessein prémédité, ou s'il a su tourner 
« habilement une erreur à son avantage (i). > 

Il me reste maintenant à examiner si, en admet- 
tant que le premier combat a eu lieu près d'Aix, il 
est impossible d'expliquer le reste de la campagne. 

Je vais essayer de montrer que cela est possible. 
Je reconnais cependant, et j'ai toujours reconnu, 
qu'en l'absence de tout renseignement fourni par les 
auteurs anciens, c'est réellement difficile. Tous ceux 
qui ont supposé, comme moi, que les deux batailles 
s'étaient déroulées sur des terrains différents, ont été 
obligés, pour expliquer le mouvement des armées 
entre ces combats, de présenter des hypothèses plus 
ou moins probables, mais aussi toujours contestables 
sur quelque point. Je ne prétends pas échapper à 
cette difficulté. 

Dans mes Observations sur la conférence de M. 
Dervieu, j'ai traité cette question de l'intervalle entre 
les deux batailles. 

Je ne veux pas répéter tout ce que j'ai dit alors, 
et, pour abréger, je me contente d'y renvoyer le lec- 
teur qui voudrait connaître les diverses opinions 

(\) Consultone id cgerit iraperator, an errorem in con- 
silium verterit, dubium. (Florus, abrégé d'Hist. Romaine, 
liv. III, chap. 3). 



— 189 — 

émises sur ce sujet. Je ne me mets aujourd'hui en 
présence que de celle de M. Clerc. Mais, pour lui 
répondre, je crois nécessaire de revenir sur une 
question que j'avais examinée dans le temps ; car je 
ne voudrais pas m 'exposer, après avoir défendu de 
mon mieux l'exactitude du récit de Plutarque, à être 
accusé de l'attaquer à mon tour. 

Il est certain que, lorsqu'on lit la biographie de 
Marius, on est tenté d'en conclure qu'après le pre- 
mier combat, ni les Romains, ni les Barbares n'ont 
changé de position : en ce qui concerne les pre- 
miers, l'historien dit qu'après avoir passé la nuit 
dans l'anxiété et la crainte d'une agression nocturne, 
ils ne furent pas attaqués, et que Marius profita de 
ce répit pour envoyer Marcellus opérer son mou- 
vement tournant, pour faire souper ses soldats et 
leur donner un peu de repos. 

Quant aux barbares, Plutarque dit que, dans la 
nuit qui suivit le combat et dans la journée subsé- 
quente, ils ne survinrent pas, c'est-à-dire qu'ils n'atta- 
quèrent pas et qu'ils employèrent leur temps à s'ar- 
ranger entr'eux et à se préparer (i). Comme je l'ai 
dit ailleurs, une armée peut s'arranger pour une 
marche aussi bien que pour une bataille. 

On voit que ce texte ne dit pas, il est vrai, que 
les armées ont changé de place, mais il n affirme pas 

tfpsvoi ôistéXojv. (Vie de Marius, chap. XX). 



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Or. C2 n: a:x ^ricr*. -esrêre. c^e nier 1ж vérité 
<d -:: fart précis arirzié 72т ^ ristrrie^- et combkr 



D'ailleurs en ne peut s'êtrnner de cette lacune. 
Pluîarque écrivait à Cherc-née. Comme les autres 
historiens de l'antiquité, il ne connaissait pas la 
localité. C'est parce que nous l'avons sons les yeux 
que nous arrivons à nous convaincre qne la dispo- 
sition des lieux sur les rives de Г Arc. près d'Aix, 
permet de se rendre compte parfaitement des péri- 
péties de la première bataille, et qu'au contraire elle 
ne se prête nullement aux conditions topographï- 
ques de la seconde. L'historien grec a donc pu penser 
que le même champ de bataille avait servi aux deux 
engagements. Du point de vue éloigné où il était 
placé, les environs immédiats d'Aix et la plaine de 
Trets se confondaient pour ne former qu'un seul et 
même lieu. 

Ceci dit, j'aborde la continuation de la campagne 
de Marius après le premier combat, que je suppose 
livré aux bords de ГАгс, au pied du Montaiguet et 



— 191 — 

près du quartier que nous désignons encore sous le 
nom de Malouesso. 

J'admets également que les Romains n'ont eu là 
affaire qu'aux Ambrons qui marchaient à l'avant- 
garde des barbares et que les Teutons étaient encore 
en route, ou à peine arrivés dans les régions qui 
s'étendent au couchant de la ville d'Aix. 

Cette question de savoir si les Ambrons mar- 
chaient à la tête ou à la queue de la horde, et sur 
laquelle les anciens historiens sont muets, est très 
importante, car sa solution exerce une grande in- 
fluence sur les suppositions que l'on peut concevoir 
au sujet des mouvements des belligérants. Pour ma 
part, j'avais toujours pensé que les Ambrons étaient 
en tête, mais les raisons que j'en donnais n'étaient 
pas, je l'avoue, très solides. J'ai été heureux de 
constater que, sur ce point, M. Clerc partageait ma 
manière de voir et en fournissait une preuve qui 
me paraît très concluante. 

En effet, j'ai déjà dit que, dans le système de notre 
professeur, Marius, venant de son camp de la Mon- 
tagnette, avait marché, non par derrière, mais pa- 
rallèlement à ses ennemis en cherchant toujours à 
les devancer ou, tout au moins, à se tenir au niveau 
de leur tête de colonne. Or, comme, d'après l'his- 
toire, ce sont les Ambrons qu'il a rencontrés au pre- 
mier contact, il est évident que ceux-ci formaient 
l'avant-garde. 



— 192 — 

Je reviens maintenant à Marius campé sur le 

Montaiguet. 

Après sa victoire interrompue par l'obscurité du 
soir, il regagne son camp qu'il n'a pas eu le temps 
de fortifier. Il passe une nuit inquiète, craignant une 
attaque nocturne. Mais dès qu'il le peut il se hâte de 
quitter une position dangereuse et, dès l'aube, peut- 
être même avant le jour, il décampe et poursuit sa 
marche en avant en se dissimulant derrière les hau- 
teurs du Montaiguet. 

Il ne faut pas oublier que cette chaîne, après avoir 
régné de l'Ouest à l'Est parallèlement à l'Arc, se 
détourne brusquement vers le Nord-Est au lieu 
connu sous le nom de Langesso, et a l'air de fermer 
complètement la vallée, dans laquelle la rivière s'in- 
troduit pourtant en se frayant un lit très étroit dans 
l'anfractuosité des collines. Ainsi les Romains, tou- 
jours protégés et masqués par ce rideau monta- 
gneux, peuvent avancer dans la direction de Pour- 
rières jusqu'à six ou sept kilomètres à l'Est de la 
ville d'Aix, et descendre au niveau de la rivière sans 
être aperçus de leurs ennemis. 

Ceux-ci, pendant toute la nuit, ont déploré leur 
défaite par des lamentations et des hurlements féro- 
ces. Au lever du soleil ils ne voient plus l'armée 
romaine. Ils ignorent la direction qu'elle a prise. Us 
hésitent, attendent leurs alliés les Teutons qui, sans 
doute, arrivent successivement et par bandes. Ils 



— 193 — 

9 

tiennent conseil et se décident enfin à se ranger, 
comme le dit Plutarque, soit pour avancer, soit pour 
combattre s'ils sont attaqués. Ils ont perdu ainsi un 
temps précieux dont Marius a pu profiter pour at- 
teindre son but. 

Lorsque j'ai écrit mes Observations je pensais que 
le consul romain, arrivé au-delà des gorges de Lan- 
gesso, s'était dirigé vers le plateau du Cengle pour 
s'y établir. J'avais été séduit, je l'avoue, par cette 
position si admirablement fortifiée par la nature. 
M. Clerc a critiqué cette idée. A ses yeux, Marius, 
pour livrer la bataille décisive, devait se placer en 
travers de la route des Teutons et barrer le fond de 
la haute vallée de l'Arc. D'ailleurs, dit-il, si les Ro- 
mains avaient pris position sur le Cengle, ils pou- 
vaient s'y trouver bloqués, en cas de revers et sans 
ligne de retraite possible. 

M. Clerc peut fort bien avoir raison sui ce point, 
et je renonce à le discuter, car c'est toujours avec le 
plus grand regret que je me vois réduit à le con- 
tredire. 

Si donc Marius ne marche pas sur le Cengle, une 
fois qu'il a dépassé la chaîne du Montaiguet, il me 
semble que rien ne l'empêche de prendre le chemin 
que ses ennemis doivent suivre après lui, chemin 
qui plus tard, sous les Empereurs romains, s'appel- 
lera la Voie Aurélienne, et de gagner rapidement et 

directement ces hauteurs de la Bastide-Blanche, que 

13 



— 194 — 

notre professeur lui assigne comme dernier cam- 
pement. C'est le cas, pour lui, de déployer cette 
merveilleuse rapidité dont parle Florus en ces ter- 
mes : « Marius avec une admirable célérité, ayant 
« pris les chemins les plus courts, prévint l'en- 
« nemi (i). » Je suis porté à croire qu'il pouvait 
faire cette manœuvre sans danger. 

Du quartier de Malouesso à la Bastide-Blanche il 
y a, à vol d'oiseau, 27 kilomètres; mettons-en une 
trentaine à cause des détours inévitables. C'est une 
étape qu'une armée exercée peut parcourir en sept 
ou huit heures. En quittant le Montaiguet de grand 
matin, les Romains pouvaient être rendus au terme 
de leur course à une heure peu avancée de l'après- 
midi du même jour. Marius avait le temps d'établir 
et de fortifier son camp, de faire souper ses soldats 
et de leur laisser passer une nuit tranquille. A plus 
forte raison avait-il le loisir nécessaire, en acceptant 
le texte d'Orose qui donne un jour de plus. 

En route, le général avait toute facilité pour dé- 
tacher son lieutenant Marcellus sur sa droite avec 
ses 3,000 hommes, en lui ordonnant de se cacher 
dans les ravins boisés au-dessous de Peynier et de 
paraître en temps opportun sur les derrières de l'en- 
nemi. 

En définitive la bataille finale s'engagera exacte- 

(1) Marius, mira s ta tira velocitate occupatis compendiis, 
pncvenit hostem. (Florus, liv. III, chap. 3). 



— 195 — 

ment dans les conditions proposées par M. Clerc. 
Les règles stratégiques sont respectées et le texte de 
Plutarque reste intact. 

Ce que je viens de dire je ne le donne, bien en- 
tendu, que comme une hypothèse plausible. J'en 
avais proposé une autre il y a huit ans. Aujourd'hui 
je présente celle-ci pour me rapprocher de l'ensei- 
gnement de M. Clerc. Quelqu'un autre, convaincu 
comme moi que les deux batailles ont eu lieu sur 
des champs différents et connaissant mieux la topo- 
graphie de la plaine de Trets et de ses environs, en 
trouvera sans doute une meilleure. 

J'ai voulu montrer seulement qu'en admettant 
comme vrai le fait des bains pris par les barbares 
dans nos eaux thermales, il n'était pas impossible de 
comprendre les dernières phases de la campagne et 
de les expliquer de plusieurs manières. 

Je ne me fais pas cependant illusion et, comme 
je l'ai dit en débutant, lorsque notre éminent pro- 
fesseur aura publié le livre qu'il annonce, il est pro- 
bable que cet ouvrage fera autorité et que ceux qui 
alors étudieront la guerre contre les TeutQns le 
prendront pour guide. 

En tout cas j'estime qu'à la suite des savantes 
études de M. Clerc, la solution des questions qui se 
rattachent à ce fait historique aura fait un grand 
pas. Il a réfuté victorieusement, selon moi, l'opinion 
des nombreux auteurs qui prétendaient que les Ro- 



— 496 — 

mains avaient constamment marché derrière leurs 
ennemis jusqu'à la fin de la campagne. Il a démontré 
aussi que les Ambrons marchaient en tête de l'ar- 
mée barbare. En établissant ce dernier {sût* il a 
même facilité, pour l'avenir, la tâche de ceux qui, 
ne partageant pas son avis sur l'identité de champ 
de bataille pour les deux engagements, voudraient 
étudier encore le problème du mouvement des ar- 
mées entre ces batailles ; car, la position des Am- 
brons étant fixée, le champ des hypothèses qu'ils 
auraient à imaginer se trouve considérablement res- 
treint. 

Quant à moi, j'aurai tout au moins tenté de dé- 
fendre une opinion qui me parait soutenable, et, en 
attendant que le dernier mot soit dit sur la campagne 
de Marius, je demande la permission de croire en- 
core que le premier des deux combats livrés par ce 
général s'est passé à nos portes et de continuer à 
l'ap*peler : la bataille <TAix. 

8 lii ISM. 




LE ROI RENÉ 

Seigneur de Gardane 

Par I. Louis BLARCARB 
Correspondant de l'Institut. 



René avait acheté le domaine de Gardane quel- 
ques semaines avant de partir pour l'Anjou. Il se 
hâta d'en instituer la gérance par une ordonnance 
datée d'Aix et du 8 juillet 1454. Le 1 4 juillet, il était 
en route à l'étape d'Avignon ; le 20 août, il arrivait 
à Angers, d'où il ne repartit pour la Provence qu'en 
avril 1457. Vers la fin de l'année il fit mettre le 
château de Gardane en état et y vint enfin pour 
la première fois le 31 décembre 1457. 

« Lo redier jorn de desembre vent lo Rey à Gar- 
« dana pendre lo primier jorn de l'an, au tôt son 
« estât on era Mossen de Calabria, Mossen de Va- 
« démon ; que lo Rey mi comandet que dones feu 
« à tost los cavals, ont hi avia CLX cavals, hont si 
« despendet gran fen. » (B. 1472, f° XXXV, v°). 

C'est ainsi que Gibertd'Auton, le gérant, men- 
tionne la première visite de René à son nouveau, 
domaine. 



— 198 — 

Le Roi s с:л:х ta:î précéder de son maître dTlôteL 
Jean de î* Salle, qui arriva le 28 décembre avec 
quatre chevaux; de Fabrici et Pierre, « ses fruictier 
eî £*rde-ro>»e ; > de son pellicier, de son fourrier, 
assises du tourner du duc de Calabre, de celui de 
Forry eî de piusoeui* autres, au nombre de douze, 
« à c*u$c de prradre e: adouber les logis к la pre- 
тг.?о:*е ver.ue du Roy > S. :r", f* 35 >- 

Tou; r. c:.r. : т\я< r:\Tz 71 ùHur es tonte bâte mettre 
des ro:-os î. r.u>-c*.rs cr^irbres eî entr'auires à celle 
d^ ùoe or v^,..>,v . do< c.v^r.ulljeres aux cheminées, 
dos ht\^ ^; ôos t. \r.ri^. iieudre cà et là des 



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— 199 — 

ai février, 29 mai et 29 novembre 1460, 15 mai et 
9 août 1461 {Le Roi René, t. II, p. 459 à 462). 

René se mit en route pour Г Anjou dès la fin de 
décembre, malgré la rigueur de la saison, et la Pro- 
vence ne le revit plus qu'en novembre 1469. 

Aussitôt revenu à Aix, il s'occupa de Gardane. 
Pendant l'absence du Roi, René de Castillon s'y 
était logé, il en avait usé le linge et détérioré les 
ustensiles et les meubles. Or, quoiqu'il eût vidé les 
lieux depuis plus de quatre ans, après y avoir de- 
meuré durant dix-huit mois, les traces de son séjour 
restaient encore. Le châtelain commença à les faire 
disparaître sitôt que le retour du Roi fut connu. 

Brisés par Castillon et ses gens, quatre grandes 
symoises, deux petites, vingt-un plats, quatre dou- 
zaines d'écuelles en étain étaient dès le 1 о novem- 
bre entièrement refaits ; les broches de la cuisine 
forgées et aiguisées à nouveau, les escabeaux réta- 
blis sur leurs pieds; les chandeliers de la chapelle, 
le lustre de la salle basse à six doubles branches 
avaient été raccommodés et écurés ; trois pièces de 
toile de Mâcon, cinquante-six cannes de toile de 
Hainaut et de Constance récemment achetées à 
Avignon étaient déjà transformées en quarante 
paires de draps à joindre aux trente draps e.n toile 
de Bourg qui restaient de l'ancien linge tissé de la 
main même de la châtelaine ; un beau lit de pare- 



— 200 — 

ment recouvert d'une grande couverture pleine de 
duvet d'oie avait été dressé. 

M e Gentil, peintre de Marseille, achevait de res- 
taurer les peintures jadis faites par Léon de Forlî ; 
bref, le zèle des serviteurs s'était étendu à tout et 
le Roi pouvait venir : « l'hôtel avait été remis en 
état d'un bout fin à l'autre. » 

Le Roi pourtant différa sa visite. En décembre 
1 469, il y envoya d'abord des officiers de sa maison, 
puis le fils du comte de Vaudemont, Monseigneur 
le Bâtard, M. de Beauvau et quelques autres gen- 
tilshommes, autorisés à chasser. Il y eut alors dans 
les écuries royales jusqu'à vingt-six chevaux. Enfin 
vint le Roi. Ce fut sans pompe. 11 demeura à Gar- 
dane quelques jours, pendant lesquels il fit pein- 
dre ses armes sur un écusson qu'il plaça .dans la 
cour de l'hôtel. Il est probable que ce séjour se serait 
prolongé malgré la rigueur de la saison, si le feu 
n'avait pris à la cuisine et de là gagné tout l'édifice. 
René retourna à Gardane le i er avril 1470. (Lecoy 
sur Le Roi René, p. 470). Sous ses yeux, le 1 2 avril, 
* il fit déblayer, approprier, garnir de bancs une place 
qui se trouvait au pied de Captivel afin d'y prendre 
son ébat (f° 557). En même temps il lui « plus » de 
prendre une vigne, laquelle était de dame Mauvière, 
de Gardane, et la « volut avoir pour son plaisir, 
à cause qu'elle était près de sa mayson » et la fit 
' estimer et récompenser en un sien « prat, » et 



— 201 — 

aussitôt après son départ, Ton en « déraba » les 
souches, on aplanit le sol en forme de «prateau,» 
Ton y planta des cerisiers, des pêchers et d'autres 
arbres à fruit. 

Au commencement de juillet 1 4 70, en revenant de 
Saint-Maximin à Aix, le Roi passa par Gardane et 
y donna Tordre de paver la salle basse du château, 
d'y creuser un puits et au-devant de cette salle, « là 
où il y a un trilhat regardant sur le vallat, » de faire 
« ung pradeau avec des sièges tout en tour. » 

Ces travaux étaient terminés quand le Roi se re- 
trouva à Gardane le 28 du même mois ; il s'y reposa 
durant une semaine et peu après reprit le chemin 
d'Angers. Le séjour qu'il y fit et qui dura environ 
un an fut le dernier. 

C'est à Angers qu'il apprit la mort quasi soudaine 
de son fils et qu'il vit du coup s'évanouir ses plus 
chères espérances. Il n'avait sans doute pas le projet 
de s'attarder en Anjou. Les circonstances hâtèrent 
son départ, et dès le mois de novembre de 1471 il 
avait regagné la Provence. Il y avait laissé bien des 
affections, il les retrouva avec bonheur, ainsi que 
ce bon soleil qu'il avait toujours aimé et dont il 
commençait à avoir besoin. Gardane lui avait aussi 
manqué ; il se proposa de le visiter sans retard et 
ordonna qu'en attendant sa visite on y apportât 
quelques embellissements. On était à la saison où 
l'arbre et la vigne achèvent de perdre leurs feuilles, 



- 202 — 

où la terre de labour est dépouillée ; les prairies et 
les bois gardaient seuls leur verdure. René qui re- 
posait volontiers son regard sur les prés, tint à les 
agrandir et « pour son plaisir, » et par son ordre on 
en construisit un nouveau ; la vue des bois le char- 
mait également, surtout quand la chasse les animait. 
Aussi, en même temps qu'on étendait le tapis vert 
de ses prairies, on mettait la main à « ungts escalliers 
de pierre et de terre, afin que le Roi put aller sur la 
montagne de Captivel, à cause de veser la chasse 
et pour prendre sop déport. » 

Ce n'est pas la seule amélioration que le Roi fit 
apporter durant l'hiver de 1471-72 au domaine de 
Gardane. Il fit construire deux galeries couvertes 
qui, appuyées et en saillie sur les façades de l'hôtel, 
formèrent un promenoir agréable et de pittoresque 
aspect. 

René demeura à Gardane du mercredi 1 5 jan- 
vier 1472 au dimanche suivant. Il se plaisait dans 
ce domaine. A quelques centaines de mètres au sud 
du château était l'étang, le grand pesquier, dont il 
avait relevé les bords et facilité l'accès, peuplé les 
eaux avec les brochets de l'étang des Baux et les 
carpes des fossés d'Aix. Sur ce vaste bassin le Roi 
aimait à se promener en barque ; la barque ayant 
coulé, ce fut une distraction pour lui de l'en faire 
sortir. L'opération eut lieu le samedi 18 janvier : 



— 203 — 

huit hommes appelés de Marseille y travaillèrent 
avec succès. 

Le Roi quitta Gardane le lendemain pour y 
rentrer le 27 janvier, attiré par le spectacle de la 
chasse, à laquelle se livrait à ce moment, par son 
ordre, son braconnier le Picart, avec une meute de 
vingt-quatre chiens. 

Le Picart et sa meute chassaient depuis le 19. Ils 
continuèrent jusqu'au 6 de février, et du haut de 
Captivel le Roi put durant deux jours les suivre 
dans leurs évolutions et leurs courses. Le 6 février 
1472, le Picart qui chassait aux perdrix, aux lièvres, 
aux lapins et même aux renards et aux loups, partit 
et fut remplacé par Jean-le-Page, valet de chambre 
de René, Yvonnet, valet de la garde-robe, et six 
autres attachés à la maison du Roi qui vinrent par 
son ordre dresser l'iraigne. 

L'iraigne, en fil de chanvre ou en soie, n'était 
autre que le filet actuel ; elle tirait son nom de 
l'araignée dont la toile est un inimitable filet. Le 
filet ne servait qu'à prendre la gent volatile et elle 
y donnait abondamment. On se servait de pièges 
comme aujourd'hui pour prendre les lièvres et les 
lapins et surtout les renards et les loups : en une 
semaine, au commencement de janvier 1474, deux 
louvetiers, Et. Bonnet de Sujens et Jean Maurel, du 
Puy-Saint-Martin, appelés par le Roi et les éleveurs 
de la région, prirent au piège vingt-deux renards sur 



— 204 — 

le territoire de Gardane. Les loups étaient égale- 
ment nombreux et s'attaquaient non-seulement aux 
moutons, mais aux porcs, aux bœufs et même aux: 
chevaux. La chasse au filet et au piège avait m oins 
d'attrait que la chasse à courre. Les gentilshommes 
ne se livraient qu'à celle-ci. 

C'est ainsi que chassèrent pendant douze jours, 
en décembre 1469, deux écuy ers et l'arbalétrier du 
Roi, suivis de leurs valets montés ; après eux, le a 8 
décembre, MF de Vaudemont, M** le Bâtard, M. de 
Beauvau, M*' de Nogent et plusieurs seigneurs de 
leur rang. Chaque hiver depuis lors jusqu'à la mort 
de René, les gentilshommes de son entourage vin- 
rent chasser à Gardane ; mais cette chasse, géné- 
ralement destinée à alimenter la table royale aux 
jours de réception, fut surtout pratiquée par des 
officiers royaux : c'était tantôt le fou du Roi qui 
avec furets et chiens avait ordre de pourvoir de 
lapins un banquet donné par son maître (11 nov. 
1479, B- 1666, f* 81); tantôt les valets de la cham- 
bre ou l'oiseleur du Roi qui, dans le même but, ten- 
daient leurs filets de novembre en avril, chassant 
aux cailles à cette époque-ci (B. 1665, P 236; B. 
1666, f° 81); tantôt son arbalétrier qui pareillement 
en avril chassait à courre (B. 1665, f* 236). Parfois 
nul des gens du Roi ne venait, et les maîtres d'hôtel 
se bornaient à écrire au châtelain qu'il eût à envoyer 
à la chasse le jour même, c'est-à-dire le samedi, ceux 



— 205 — 

de la ville qui ont « accoustumé » de chasser « pour 
ce que le dit Seigneur avait délibéré de tenir son 
estât dymenche qu'estait la Pentecouste, » et quatre 
hommes s'employaient alors durant la journée eux 
et leurs chiens à fournir de gibier la royale récep- 
tion. 

Le Roi trouvait à Gardane un autre spectacle 
aussi attrayant que la chasse, c'était celui du trou- 
peau. Pons de Rousset, l'un des prédécesseurs du 
Roi dans la possession du domaine de Gardane, 
élevait la vache et la jument, lorsque pour crime de 
félonie son bien lui fut confisqué. La donation de 
ce bien, faite par Louis III le i er octobre 1429 à sa 
mère Yolande, mentionne en effet dans l'avoir du 
domaine ce double élevage : ce Nec non armentis 
sive rasciis vaccarum et jumentorum. " (B. 1 1 , f° 13). 
Mais ce n'était pas là ce qui constituait le troupeau. 
Le troupeau proprement dit n'existait pas sous Pons 
de Rousset ni même sous Guillaume, son neveu ; 
on n'en trouve aucune mention dans la vente que 
celui-ci fit à René. Ce fut René lui-même qui le créa. 
Dans l'année de sa rentrée en Provence, le Roi 
constitua sa vacherie et sa porcherie, puis le 5 avril 
1458 il acquit 1300 brebis. Ainsi fut créé son trou- 
peau. L'accroissement en eut tout naturellement lieu 
et fut sensible ; René s'y intéressa. Il fit parfois venir 
le troupeau à Aix au moment de la tonte afin d'y 
assister ; il se complaisait aussi à en voir défiler les 



— 20G — 

trenteniers nombreux lorsqu'ils rentraient de l'es- 
tivage et il en égayait la marche monotone en la 
faisant accompagner par des musiciens de circons- 
tance, par exemple par des « coinpaignons corne- 
musaires lougas pour cause que le Roy voulait veser 
son aver passer par devers son jardin joyeusement 
et en bonne chière faisent, et tenus ung jour entier 
pour jouer des cornemuses. » (13 octobre 1472», 
B. 1662, f» 82). 

Dans son instinctive bonté, il ne dédaignait pas 
de présider lui-même aux soins à donner aux brebis 
prêtes à mettre bas, et il prenait plaisir à leur faciliter 
la délivrance en faisant curer tous les jasses à cause 
« des fedes qui sont venues à court et à jasses pour 
ygneler. » (Ibid. f° 82 v°). 

La bonté de René que ses sujets ont louée, que 
ses historiens ont admise, s'était vers la fin de ses 
jours alliée d'une brusquerie dont les textes gardent 
le témoignage. 

Avant de quitter la Provence, en août 1 470, René 
avait ordonné la construction de galeries qu'on se 
hâta de terminer à sa rentrée, en novembre 1471, 
pour « que le Roy ne se courcest, » et de même 
s'empressa-t-on de réparer la toiture de l'hôtel « à 
celle fin que le Roy n'eust cause pour quoy de ce 
courrocier. » (B. 1 66 1 , f° 1 50 et 151). Il est vrai que 
l'affaire en valait la peine, puisque le Roi n'aurait 
pu venir à Gardane si son hôtel n'avait été en état 






— 207 — 

de le recevoir ; mais on a la preuve qu'il se laissait 
aller à cette époque à des accès de mauvaise humeur 
à propos des moindres ennuis, par exemple au sujet 
d'une corde cassée, « pour une corde joncquière 
comprat pour le poux à cause que Taustre était rom- 
pue, et que le Roy ne s'en courçast, ou parce que, 
n'ayant pas sous la main ses jeux de « tables, » le 
Roy se corrossait quand il les demandait. » (B. 1662, 
f° 8 156 et 157). 

Le séjour de Gardane était cependant pour lui 
un délassement, il y oubliait ses chagrins et ses 
regrets ; il tenait à y être simplement reçu quand il 
venait seul ; le châtelain prévenu la veille louait 
un ou deux journaliers qui nettoyaient la place des 
Ormes, la cour de l'hôtel, mettaient de la paille dans 
les écuries. Ainsi fit-on quand on le reçut les 1 1 
avril, 24 juillet, 21 septembre, 6 et 15 octobre, 20 
décembre 1472; 9 mars, 7 avril, 21 mai, 12 juin, 
1473; les 26 janvier et 5 novembre 1474 et le 16 
mars 1478. 

Une réception aussi sommaire ne pouvait être 
décemment faite à la reine. Aussi lorsque le I er juin 
1472 Jeanne de Laval arriva à Gardane, escortée, 
il est vrai, « d'auculnes demoyselles qui jamés n'a- 
voient esté en Provence, il y eut provision de rames 
de greos ou joux en my la place garnie d'aurenges.» 
(B. 1661, f° 156), et lorsqu'elle revint, le 6 juillet 
1474, en compagnie du duc de Calabre (depuis 



— 208 — 

Charles III), elle trouva l'hôtel garni de verdure 
et embaumé « de bonnes herbes de senteur. » (B. 

1663, f° 194). 

Le Roi se passa une seule fois, pour lui seul, cette 

fantaisie, peu coûteuse du reste, d'une « grant quan- 
tité de may et plusieurs bonnes herbes pour mettre 
àl'ostal, » ce fut le 21 mai 1473, en allant à Saint- 
Maximin. (B. 1662, f* 159). 

Toutefois, s'il se contentait d'être simplement 
reçu dans un hôtel propre et durant l'hiver bien 
chauffé, il ne s'accommodait ni pour son logement 
ni pour la table, des ressources que lui offrait son 
personnel de Gardane. 

Etait-il nécessaire de procéder à quelque nouvelle 
installation intérieure parce que le Roi par exemple, 
afin de logier plusieurs seigneurs et dames venus 
veser jouer la Passion, avait fait porter tout le mé- 
nage de Gardane en son jardin d'Aix, « c'était à 
des valets de la garde-robe du Roy ou de la Royne, 
en compagnie de Juifs, qu'en estoit confiée la beso- 
gne. » (B. 1662, f° 160). 

Le Roi se proposait-il de séjourner à Gardane, 
ne fut-ce que pendant quelques jours, il s'y faisait 
apporter des provisions de bouche et chargeait ses 
propres cuisiniers du soin de les accommoder, et 
eux s'y employaient si bien que tantôt le « fou- 
gueron de l'une des cheminées de la cuysine estoit 
tout fondut par la grande force du feu qu'ils fay- 



— 209 — 

soient (В. i662, f° 150) et tantôt le feu se mestoit 
à Tostal par le tuau de la cheminée de la cuisine. » 
(B. 1660, f° 556). 

Le bon René aurait pu, sans inconvénient, laisser 
à son palais d'Aix des serviteurs si zélés, et s'en 
tenir au service du châtelain de Gardane. On con- 
fiait à celui-ci le blanchissage du linge royal ; c'était 
quelque chose, car il fallait une forte « buguade » 
pour laver le linge du Roy « qu'estoit parfois tout 
salle; » une lessiveuse n'y suffisait ordinairement 
pas, même quand le Roi ne passait à Gardane que 
deux jours, comme dans le cas auquel s'applique le 
texte que je viens de citer (B. 1665, ^ 222). On 
aurait même pu laisser au châtelain la direction des 
fourneaux de l'hôtel. Du reste, quand il ne s'agissait 
pas du Roi ou de quelqu'un de sa famille, il l'avait 
toujours, et la plupart des registres de comptes se 
terminent par des articles à taxer pour frais de 
« chières et receuillements faits par les survenans 
à la mayson de Gardane et les passans pour la 
veser, tant gens de la mayson du Roy, que aultres » 
comme sont M er de Nogent, M gr d'Epernay, M gr le 
contrôleur, M grs d'Entrevennes et le Brau, M me de 
Beauchastel et M gr de Charlus, gouverneur de Lan- 
guedoc, avecques toutes leurs familles « et aultres 
que sont venus et sans nombre visiter la dicte mai- 
son (B. 1662, f° 163) sans en avoir rien heu, sinon 

de grans mercis. » (B. 1665, f° 237). 

U 






1 



— 210 — 

Les gens du Roi remerciaient sans doute, mais 
moins que d'autres se faisaient scrupule de s'attarder 
à Gardane aux frais du châtelain, comme le fit 
« Michau, » l'oyseleur du Roy, qui, venu chasser 
aux cailles pour le plaisir dudit seigneur, se sentit 
malade en estant à la chasse et fut tellement malade 
que devint tout despouderat, en telle manière qu'il 
ne se povait aider des mains ni des piez, fors de 
la langue seulement, et incontinent qu'il se sentit 
malade manda quérir par son valet une sienne com- 
mère qu'il avait à Aix où il logeoit, qui se nommait 
done Anthoinecte la lanternière, pour le penser et 
gouverner, etc.; lequel a été tenu aux dépens du 
châtelain ambe la femme et son varlet, troys semai- 
nes justement à pain, à vin et à companaige, etc. 
(B. 1665,^236). 

Le séjour de Michau eut pour cause sa maladie. 
D'autres étaient traités par ordre royal, et lorsque 
René tenait à être aussi gracieux que possible, par 
exemple quand son invitation s'adressait à des 
femmes, le châtelain se surpassait en prévenances. 

Voici en quels termes, dans une circonstance de 
ce genre, il se rend témoignage qu'il s'est conformé 
aux instructions du Roi : 

« Le samedi après diner, premier jour de décem- 
bre (1472), les Bouquines de Marseille sont venues 
souper et couchier à Gardane en compaignie de 
cinquante ou soixante chevalx, tant de leur part que 



— 211 — 

de la bande de Tespousat, et l'endemain après disner 
s'en sont tous allés à-s-Aix ; dont nostre sire le Roy 
m'avait commandé par deux foys que, comment que 
fust, que je tinse ayse ladite compaignie et que fussent 
bien couchiés, traités et bien pancés et que tout leur 
fust abandonné et que les meilleurs vins fussent 
percés et que Ton leur fist grant chière et que fussent 
grandement reculhis, dont ay despendut deux som- 
. mades et demye de sivade, et plus que moins, et de 
foing à foyson et à leur abandon, et si ay fait faire 
grant feu par toutes les chambres ainsi que se le Roy 
y deust venir, car ainsi le m'avait-il commandé, et 
que fussent bien festiés, et si ont beu des vins blancs 
et rouges leurs plaines testes et si ont estes couchés 
blanc et mol, et l'ostal estoit bel net et paré, ainsi 
que se le Roy y deust arriver, etc. Et ledit seigneur 
a fait porter la provision du companaige comme 
poysson et cher et tout le surplus ay proveu à mes 
despens, dont iou susdit met pour la despense, tant 
pour le souper que landemain disner, XV florins, 
et s'y ay despendut plus que moins. » (B. 1662, 
f° ancien 153). 

Une question se pose tout naturellement à la 
lecture de cet article de dépenses : Quelles étaient 
ces femmes que le comptable désignait simplement 
par leur nom, sans adjonction de titre, tandis que 
le Roi les comblait de ses amabilités ? Pour tirer 
quelque induction de ce double fait, il ne suffit pas 



^ 



— 212 — 

de savoir que depuis près de un tiers de siècle René 
traitait le chef de la famille Bernard Bouquin avec 
bienveillance, qu'il avait préféré lui céder plutôt 
qu'à la ville de Marseille (5 décembre 1442, B. 13, 
f 14) la place au Change que cette ville voulait 
acheter, et que trente ans après (le 24 avril 1472) il 
l'avait anobli (1), manifestant par cette faveur nou- 
velle la persistance de sa bonté pour son féal mar- 
seillais. (B. 112, f° 58). 

Tout cela est intéressant à connaître, mais n'ex- 
plique pas le contraste existant entre la galanterie 
de René pour les « Bouquines » et le sans-façon 
avec lequel le châtelain désignait les invitées de son 
maître. 

Une des filles de Bernard Bouquin, Honorade, 
épousa Jacques de Néry. Celui que l'article du châ- 
telain nomme «l'espousat» était-il ce gentilhomme? 
Honorade, veuve en 1478, remplissait en cette 
année-là et probablement depuis quelque temps de 
très délicates fonctions : elle était la nourrice de 
deux enfants naturels de René, que les comptes de 
• - ï8 appellent « le petit seigneur et la petite dame, » 
ouchait en cette qualité 300 florins de gages an- 



Antoine Je Marpalet fit enregistrer ces leltres de noblesse le 
nvjer Ш8 ; il avait épousé Isa beau de Tlioron, fille d'Antoine 
югоп, dont h mère fui Isa beau de Bouquin, fille d'Antoine de 



— 213 — 

nuels (В. 2484, f° 19). Mais elle n'était pas encore 
leur nourrice en 1472, et qu'était-elle alors, si elle 
faisait partie du groupe des « Bouquines » que le 
châtelain accueillit sur Tordre du Roi si poliment, 
et mentionna dans ses comptes si cavalièrement ? 
Pendant qu'Honorade nourrissait à Avignon, lieu 
de sa résidence, deux enfants naturels de René, pro- 
bablement les derniers qu'il ait eus, M me de Beauvau, 
la plus connue des filles naturelles de ce prince, 
accouchait d'une fille à Tarascon (i)(B. 2484, i er 
janvier 1479), e * I e marquis grandissait sous la direc- 
tion du célèbre Matheron son gouverneur et s'ins- 
truisait aux leçons d'un « magister » du nom de 
Michelet (B. 2484, f #s 14 et 1 5).-Le marquis, que les 
comptes de Gardanne dénomment crûment le « Bas- 
tard du Roy, » était encore entre les mains de sa 
gouvernante en 1472. Au mois de juin 1472, une 
mortalité exceptionnelle sévissait sur la ville d'Aix. 
René jugea prudent de mettre son jeune « bastard » 
à l'abri et il l'envoya à Gardane, sous la conduite 
de Nodum son valet de chambre et de Vincent son 



(I) La date de la mort de cette princesse doit donc être rectifiée : 
M e « do Beauvau avait, je crois, en M me de la Jaille une sœur na- 
turelle et royale : ceci est une supposition fondée sur ce fait, que 
René ne se séparait pas plus de M ,0 « de la Jaille que de M*« do 
Beauvau. 



^ 



— 214 — 

charretier qui, avec laide de deux valets, menait le 
cbarriot royal attelé de cinq chevaux. 

с Ledit Monseigneur le Bastard du Roy avoit 
pour son estât, à Gardane, cinq personnes pour le 
servir et un cheval, et sont si déclérés : et primo 
M"* de Pugniers pour le régir et le gouverner et 
René son fils, ung serviteur nommé Léo pour 
cuysiner, un paige nommé Ricart pour le servir, et 
une servente nommée Margarite pour adober sa 
chambre ; lequel seigneur avecques son estât a dé- 
mo uré audit lieu l'espace d'ung moys, jusques à 
samedi i о de juillet que s'en ala à la bastide du Roy 
près de Marseille, à cause de la pestillence que com- 
menssoit estre audit lieu, ou estoit mort une jeune 
fille de XV à XVIII ans, et après la visite de maistre 
Jehan Acanart, médecin de la Royne, qui vint à 
cause que ja se murmurait audit lieu qu'estoit inficit 
de pestillence. » (B. 1662, f> 321). 

Le Roi vint fréquemment à Gardane en 1472 
et 1473 et y séjourna longuement. En 1474 il n'y 
vingt que deux fois, une seule en 1478 ; il s'abstint 
d'y paraître en 1479. Le domaine fut donc peu à 
peu délaissé par René, malgré les améliorations con- 
sidérables qu'il y avait apportées en 1458, malgré 
les embellissements qu'il y fit en 1472. 

L'animation, la vie que les visites et les chasses 
royales avaient amenées à Gardane, s'éteignirent en 
môme temps que René, et, lui disparu, le château 



— 215 — 

rentra dans le cercle des demeures seigneuriales 
qui n'ont point d'histoire. 




SONNETS 



L 



Par le Baron DE MEYRON NET-SAINT- M ARC. 



LA RECHERCHE DU BONHEUR 



L'homme s'empresse en ce bas monde, 
Les yeux fixés sur l'avenir, 
Et, guidé par Fardent désir, 
Poursuit sa course vagabonde. 

Courtisant la brune et la blonde 
A la recherche du plaisir, 
Ou de la science martyr 
Bravant les tempêtes de Tonde , 

Partout, il va d'un pas pressé, 
Triste ou joyeux, mais harassé 
Dans sa recherche infatigable, 

Puis il meurt, tout est consommé 
Près du seul bonheur véritable 
Qu'il ignore : aimer, être aimé ! 



* f- -^j fc* "Ж 





— 218 — 



DE LA SOLITUDE 




J'ai Thoireur de la solitude ; 
Elle est faite pour le chagrin 
Ou pour le vieux Bénédictin 
Que son goût plonge dans l'étude. 

Malgré sa noire ingratitude, 
Je préfère encor mon prochain, 
Dussé-je du soir au matin , 
En éprouver la lassitude, 

Que de rester seul avec moi. 
Si vous me demandez pourquoi, 
Je ne saurais trop que vous dire. 

Mais, à mon sens, on n'est heureux, 
— Ne croyez pas que je veux rire,— 
Que dans la solitude à deux. 




— 219 — 



LE VERGISSMEINICHT 



Chacun a de la préférence 
Pour une fleur, dans son jardin. 
Ce qu'on aime dans le jasmin 
C'est un symbole d'espérance. 

» 

Le muguet convient à l'enfance 
Et la tulipe à l'homme vain, 
Quant au lys, attribut divin, 
De la Vierge il peint l'innocence. 

Pour moi, simple dans sa pâleur , 
Le " vergîssmeinicht " est ma fleur 
Et c'est pour elle que je chante. 

Désirex-vous savoir pourquoi ? 
En Français cette fleur charmante 
S'écrit : Souvenez-vous de moi. 




POÉSIES 



Par le Baron OUILLIBBRT 



A LA 





Tel un preux de l'antiquité, 
Si devant le nombre il succombe, 
Les armes h la main il tombe 
Pour le Droit et la Liberté. 

Pour venger sa propre Patrie 
Chez les Boers il combat l'Anglais ; 
II nous montre en donnant sa vie 
Comment sait mourir un Français. 



— 222 — 
Dieu nous rendra sa mort féconde : 
Pleurons, mais gardons nos cœurs hauts ; 
Déjà la grande voix du monde 
Mêle les espoirs aux sanglots. 



18 avril 1900. 




AU PRESIDENT KRUGER 



Omnage Trloixleti 



Au capoulié Kriiger-lou-Grand 
Salut, respèt, oumage e glèri ; 
Nosti cor van en Famiran 
Au capoulié Kriïger-lou-Grand. 
E sèmpre li pople diran, 
Dins lis annalo de Piston : 
Au capoulié Kriiger-lou-Grand 
Salut, respèt, ôumage e glori. 



— 224 — 



П 



De sa fièro e libro nacioun 
Manten H dre 'me sa valènsi ; 
Es Гато di resoulucioun 
De sa fièro e libro nacioun : 
La lucho sènso remessioun, 
Mouri pèr soun independènci. 
De sa fièro e libro nacioun 
Manten li dre Vné sa valènsi. 

III 

E que vèu pèr si bravi Bourgh ? 
La liberta de la Patrio ; 
Dins lou fougau lou sant amour, 
Es ço que vôu i bravi Bourgh. 
Dieu benesira sis ardour; 
Un soulèu d'espèr escandiho, 
Amor que vôu i bravi Bourgh 
La liberta de la Patrio. 



- 225 — 



MANDA DIS 



au Président Kruger à soun desbarca de Lorenço-Marquez 

à Marsiho. 



Tre qu'au marage de la Franco 
Desbarques, Eros segne-grand, 
Li Prouvencau € oufron subran 
Sa fe vivo en tis esperanço. 



A is-de-Prouvènço 

lou 22 de nouvembre 1900. 



45 



A SON EXCELLENCE LE PRESIDENT 



POUR LE 75 me ANNIVERSAIRE DE SA NAISSANCE 



Ton nom au jour de ta naissance 
Par tous les cœurs Boers est fêté ; 
Il symbolise résistance, 
Espoir en Dieu, foi, volonté. 



En vain, Albion les opprime 
Et contr'eux accroît les horreurs ; 
Le Droit est le vengeur qui prime 
La Force et dompte ses fureurs. 



1 



— 227 — 

Il n'est rien contre la Patrie, 
L'amour du sol et du foyer ; 
Comme toi, ta race est pétrie 
D'un fer qui ne saurait ployer. 



Kervallat par Ais-en-Provence 
11 octobre 1901. 




i 
i 



■Ч" I 



1 



FONDATION IRMA MOREAU 



I. 



Mademoiselle Irma Moreau, décédée à Aix-en- 
Provence le 19 janvier 1899, a, suivant testament 
authentique reçu le 7 du même mois par M e Mou- 
ravit, notaire, disposé de sa fortune en ces termes : 



« Je recommande mon âme à Dieu. 

J'institue pour ma légataire universelle l'Acadé- 
mie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres 
d'Aix, établie à Aix-en-Provence, voulant qu'elle 
recueille, dès le jour de mon décès, tous les biens 
qui composeront alors ma succession, sans excep- 
tion ni réserve, mais à charge des legs et aux con- 
ditions ci-après : 

Ces prélèvements opérés et dès que tous les 
biens de ma succession étant réalisés, on aura fait 
face aux legs particuliers ci-dessus, la somme restée 
libre sera de suite et entièrement employée à l'achat 
d'un titre de rente sur l'Etat Français au nom de 
l'Académie des sciences, agriculture, arts et belles- 



— 230 — 

lettres d'Aix et les arrérages ou intérêts de ce titre 
de rente seront exclusivement appliqués à la fon- 
dation de prix destinés à offrir une récompense et 
procurer un secours à des personnes qui seront par- 
ticulièrement recommandées par leur honnêteté et 
leur vertu notoires et qui se trouveront les plus 
dignes de ces prix. 

Ces personnes seront choisies dans les deux 
catégories suivantes : 

i° Pères de famille veufs ou non et mères de 
famille veuves, connus comme gens malheureux et 
nécessiteux, exempts d'ivtognerie ou autres vices 
et ayant au moins deux enfants ; 

a Ouvrières pauvres atteintes ou de maladie, ou 
d'infirmité, ou de vieillesse, les mettant dans l'im- 
possibilité de suffire à leurs besoins. 

Ma légataire universelle appliquera l'émolument 
entier des intérêts produits par la rente sur l'Etat 
précitée à des pensions annuelles qui seront attri- 
buées, à raison de deux cents francs par an, à cha- 
que lauréat. 

Les deux cents francs de rente alloués aux lau- 
réats leur seront servis semestriellement, termes 
échus, les dix juillet et dix janvier de chaque année, 
le premier terme devant écheoir le dix juillet qui 
suivra la proclamation du prix sera acquis en entier 
au lauréat, quelle que soit la date de cette procla- 
mation, et ladite pension sera ainsi servie, savoir : 



— 231 — 

i e Aux ouvrières pauvres, leur vie durant, à 
moins qu'il ne survienne au cours de leur existence 
un changement dans leur situation, comme guérison 
ou héritage, supprimant la nécessité de leur rente ; 

2° Aux pères et mères de famille malheureux, 
tant qu'ils resteront dans l'infortune et qu'ils con- 
serveront au moins deux enfants, et jusqu'à ce que 
le plus jeune de leurs enfants ait atteint dix-huit ans 
révolus. 

En outre, ma légataire universelle restera toujours 
libre de faire cesser la rente, pour les uns ou les 
autres des bénéficiaires, lorsque sur le rapport de 
trois de ses membres et après une délibération prise 
en présence de douze de ses membres au moins, 
elle aura décidé cette suppression. 

Aux cas prévus par les trois paragraphes qui pré- 
cèdent, la suppression des rentes ne pourra être pro- 
noncée que par une délibération de l'Académie, à 
laquelle son bureau prendra part tout entier, sauf 
empêchement légitime pour l'un ou l'autre des di- 
gnitaires ; la cessation de la rente aura lieu dès la 
date de la délibération. 

Il devra être pourvu au remplacement des ren- 
tiers lauréats au fur et à mesure des extinctions ou 
des suppressions ; la proclamation de tous lauréats 
se fera dans chacune des séances publiques annuelles 
de l'Académie. 

Enfin voulant mettre à jour le mobile impulsif et 



— 232 — 

déterminant de mes présentes dispositions et bien 
définir leur caractère, en ce qui concerne les fon- 
dations des prix annuels en rentes viagères que je 
viens de faire, je tiens à ajouter que ces fondations 
ont, dans ma pensée comme dans mon but, une 
complète analogie avec les prix déjà fondés à Aix 
par M. Rambot et par M. Reynier ; ainsi l'Académie 
sera juge souveraine des mérites respectifs des can- 
didats ; elle demeurera chargée de tous les détails 
qui assureront le service exact de leurs rentes, et 
sauf ce point qu'il suffira aux candidats d'être Fran- 
çais, elle appliquera aux présentes fondations les 
règles qu'elle a adoptées pour les deux premières 
que je viens de rappeler. C'est ainsi, notamment, 
que les prix devront être décernés et proclamés en 
séance publique et que toute décision pour le choix 
des candidats sera prise à la suite de rapport et de 
pièces officielles, au moyen de la délibération d'au 
moins douze membres de l'Académie présents. 
Telles sont mes intentions. » 



IL 



Dans sa 79 e séance publique du 16 juin 1899 
l'Académie a fait connaître la libéralité dont elle 
était l'objet. 

M. le doyen Guibal qui présidait s'est ainsi ex- 
primé : 



— 233 - 

« L'Académie a, par l'organe de son président, 
un pieux devoir de reconnaissance à remplir envers 
la mémoire de M ,le Irma Moreau. 

Obéissant à une pensée de charité et de philan- 
thropie, depuis longtemps arrêtée dans son esprit 
net et ferme, M ,Ie Moreau a, par son testament du 
7 janvier 1899, institué notre Compagnie sa léga- 
taire universelle. 

La somme que les legs particuliers une fois ac- 
quittés et les droits d'enregistrement et de mutation 
payés laisseront libre, sera employée à Tachât d'un 
titre de rente sur l'Etat français, au nom de l'Aca- 
démie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres 
d'Aix. L'Académie appliquera l'émolument entier 
des intérêts et arrérages de cette somme à des prix 
sous la forme de pensions annuelles de 200 francs 
chacune. 

Ces prix ou pensions seront attribués à des per- 
sonnes particulièrement recommandées par leur 
honnêteté et leur vertu notoires et choisies dans les 
seules catégories suivantes : 

i° Pères de famille veufs ou non et mères de 
famille connus comme gens malheureux et néces- 
siteux, exempts d'ivrognerie et autres vices et ayant 
au moins deux enfants ; 

2 Ouvrières pauvres, atteintes de maladie, d'in- 
firmité ou de vieillesse, qui les mettrait dans l'im- 
possibilité de suffire à leurs besoins. 



— 234 — 

Ces dispositions témoignent d'une sollicitude 
éclairée pour le travail et la vertu qui seront ré- 
compensés et assistés à domicile, avec un profond 
respect pour la vie de famille et pour la sainteté des 
plus humbles foyers. 

L'Académie que M ,,e Moreau a choisie, après une 
longue enquête, pour exécuter ses dernières volontés 
et gérer sa fortune, est d'autant plus touchée de cette 
marque de confiance qu'elle ne s'enrichit que de 
nouveaux devoirs à remplir. 

Elle n'avait pas le droit de les décliner ; elle 
attend avec une patiente tranquillité le moment de 
s'en acquitter. 

Ils ne la surprendront pas. Il existe dans le sein 
de notre Compagnie une tradition de justice élevée 
et sereine, à laquelle, après MM. Rambot etReynier, 
M l,e Moreau a rendu un public hommage. 

Cette tradition ne peut que puiser une force nou- 
velle dans nos réunions solennelles qui entourent 
d'un culte esthétique et moral les choses les meil- 
leures et les plus hautes du monde de l'art, de la 
pensée et de la conscience : j'ai nommé le talent ou 
le génie, la charité, la vertu. » 



III. 



L'Académie a été autorisée à accepter la fondation 
Irma Moreau par décret du 18 janvier 1901, rendu 



— 235 — 

par M. le Président de la République française, le 
Conseil d'Etat entendu. 

L'ampliation de cette décision reçue, la Compa- 
gnie a, par délibérations des 26 février et 2 avril 
1901, décidé de faire célébrer un service solennel 
pour le repos de l'âme de M ,,e Irma Moreau et de 
transporter sa dépouille mortelle dans la concession 
lui appartenant, en modifiant le monument pour 
que son médaillon figure à côté de ceux du prési- 
dent de Fauris Saint- Vincens et des fondateurs de 
prix Rambot et Reynier. 



IV. 



Cet hommage funèbre à M l,e Irma Moreau a été 
fidèlement exécuté. 

Voici le compte-rendu qui en a été publié : 

Les restes mortels de M ,,e Irma Moreau, décédée 
à Aix le 19 janvier 1899, ont été transférés, le 
mardi 2 1 mai 1 90 1 , dans le tombeau de l'Académie 
où reposaient ceux du président de Fauris Saint- 
Vincens. La cérémonie, d'un caractère intime et 
pieux, a réuni autour de M. le curé et du clergé de 
Saint- Jean-Baptiste (paroisse de la défunte) MM. les 
vice-président, secrétaire-perpétuel et de nombreux 
membres de la Compagnie, parmi lesquels M. de 
Magallon, représentant la famille de Saint- Vincens. 



1 



— 236 — 

Les formalités administratives étaient remplies par 
M. le commissaire ceçtral. 

Les prières liturgiques récitées, et avant le scelle- 
ment de la pierre tombale, M. le baron Guillibert, 
secrétaire-perpétuel de TAcadémie, a prononcé cette 
allocution : 

« Messieurs et Chers Confrères, 

Au moment où nous déposons dans le caveau, 
spécialement construit à cet effet, les restes mortels 
de M l,e Irma Moreau, et en attendant l'achèvement 
des superstructures d'art de ce monument funèbre, 
il est de notre devoir d'exprimer publiquement 
comment nous avons pensé rendre un hommage 
de reconnaissance à la mémoire de notre généreuse 
fondatrice de pensions, en la faisant reposer dans 
le tombeau de l'Académie, à côté du président de 
Fauris Saint- Vincens. 

La Compagnie n'a cessé, depuis sa fondation plus 
que séculaire, de concourir au bien-être général de 
la Provence et particulièrement de son antique ca- 
pitale, en s'appliquant à améliorer les ressources de 
notre région agricole, à développer les études litté- 
raires et scientifiques, à provoquer les recherches 
d'histoire et d'archéologie et à faire fleurir le goût 
des arts. 

Le souvenir de notre glorieux passé, le maintien 
de nos traditions de « ville studieuse et policée en- 



— 237 — 

tre toutes » sont l'âme de nos travaux. De vénérés 
donateurs ont élargi notre domaine en instituant 
des prix de vertu pour récompenser les actes les 
plus méritoires qui nous seraient signalés. 

Nos efforts ne se sont pas ralentis un instant dans 
la meilleure réalisation de cette mission dont nous 
sommes fiers ; rigoureux et fidèles observateurs de 
la volonté de nos testateurs, nous avons exécuté 
avec une scrupuleuse exactitude les mandats dont 
ils nous ont chargés ; aussi avons-nous continué 
leur mémoire, en perpétuant le souvenir de leur 
générosité et de leur dévouement à la ville d'Aix. 

Parmi les membres de l'Académie, il en est un 
dont le nom méritait d'être conservé avec un soin 
jaloux : celui de l'un de nos fondateurs, le président 
A. -J. -Antoine de Fauris Saint- Vincens, né à Aix 
en 1750, y décédé le 15 novembre 18 19, «dont les 
vertus et la science héréditaires honorèrent et ser- 
virent le pays. » 

Sur la proposition de notre Compagnie, le Con- 
seil municipal, présidé par un de nos membres 
d'honneur (1), qui revit si bien par son fils et son 
petit-fils au milieu de nous, accorda à l'Académie, 
le 3 décembre 1839, une concession gratuite dans 
le nouveau cimetière Saint-Pierre pour y transférer 



(1) M. Aude, maire d'Aix. 



— 238 — 

les restes de M. de Saint- Vincens, reposant depuis 
1819 dans les sépultures de Saint-Laurent. La so- 
lennité d'inauguration du monument eut lieu le 25 
juin 1843. 

Le 19 janvier 1899, M ,,e Irma Moreau rendait son 
âme à Dieu, à l'âge de 66 ans. Elle laissait la ma- 
jeure partie de sa fortune à l'Académie, en vue de 
distribuer comme prix de vertu des pensions de 
200 francs à des pères et mères de famille et ou- 
vrières nécessiteux et d'une parfaite conduite. 

Les volontés de la testatrice sont ainsi exprimées 
(suit le texte du testament). 

L'autorisation d'accepter ce legs universel a été 
accordée à la Compagnie par décret présidentiel 
rendu en Conseil d'Etat le 18 janvier 1901. 

L'Académie a délibéré que son premier hommage 
public à M ,,e Irma Moreau devait être de faire célé- 
brer un service solennel pour le repos de son âme 
et d'inhumer sa dépouille mortelle dans le tombeau 
qui lui a été concédé en 1839. 

La cérémonie religieuse a eu lieu, le 12 mars der- 
nier, dans l'église Saint- Jean-Baptiste, paroisse de 
la défunte. 

Un arrêté de M. le Maire, du 22 avril suivant, a 
donné les autorisations nécessaires pour la cons- 
truction d'un caveau, les exhumations et transferts 
et la reconstruction du monument. 

Vous savez, Messieurs, que nous avons confié à 



— 239 — 

l'habile ciseau de notre confrère M. Pontier, un 
maître de la sculpture, conservateur du Musée, de 
reproduire en médaillons, du genre de celui de 
Saint- Vincens, la douce et intelligente figure de M 11 ' 
Moreau, ainsi que celles de MM. Rambot et Rey- 
nier. 

Une cérémonie officielle marquera l'achèvement 
de la construction du monument. Notre réunion 
intime de ce jour a pour but de constater les trans- 
ferts des cercueils de M ,,e Irma Moreau et de M. de 
Saint- Vincens dans leur définitive demeure. 

Si de savants travaux et un dévouement héré- 
ditaire à la Cité ont valu au président de Saint- 
Vincens des honneurs funèbres exceptionnels, M ,,e 
Irma Moreau a bien mérité de l'Académie et des 
familles ouvrières pour en obtenir de semblables. 
Ses dispositions testamentaires ne sont pas seule- 
ment inspirées par son cœur généreux, elles sont 
aussi le fruit d'observations sages et méditées des 
faits économiques contemporains : cette institution 
de pensions ouvrières à des candidats exempts (Pivro- 
gnerie n'entre-t-elle pas en effet dans la solution 
pratique des problèmes sociaux du moment ? 

En tous cas, nous avons là une preuve de l'esprit 
éclairé et des vues élevées de M ,le Moreau. 

Et lorsque, venant prier sur ce tombeau, nos suc- 
cesseurs et les visiteurs verront l'image d'Irma Mo- 
reau à côté de celles de Saint- Vincens, Rambot et 



— 240 — 

Reynier, ils pourront dire que l'Académie fait œuvre 
de bien social en réalisant ainsi, sous l'égide de la 
vertu et de l'étude, l'alliance des classes laborieuses 
et du monde savant. » 

V. 

Les travaux du monument ont été terminés au 
mois de décembre 1901. 

L'Académie a fixé le jour de l'inauguration à l'an- 
niversaire de la mort de M ,,e Moreau. 

Sa lettre d'invitation était ainsi conçue ; 

Aix, le 14 janvier 1902. 
Monsieur, 

Nous avons l'honneur de vous prier de vouloir bien assister 
à l'inauguration du monument funèbre, consacré par l'Aca- 
démie à la mémoire de M lu Irma Moreau, fondatrice des pen- 
sions ouvrières, et de MM. Rambot et Reynier, qui ont ins- 
titué nos prix de vertu. 

Celte cérémonie aura lieu lundi 20 janvier, à onze heures 
du matin, au cimetière d'Aix. 

Nous avons l'honneur d'être vos très humbles et très 
obéissants serviteurs. 

Docteur Aude, président de l'Académie ; baron de Tourtou- 
lon, vice-président; baron Guillibert, secrétaire-perpétuel. 

Ordre de la cérémonie : 

4 e Bénédiction du monument. Allocution de M. le chanoine 
Cherrier, membre de l'Académie ; 
2 e Discours de M. le docteur Aude, président ; 
3 e Discours de M. le docteur Bertrand, maire d'Aix ; 
4 e Stances en l'honneur d'Irma Moreau. 



— 241 — 



VI. 



Une foule sympathique où se trouvait représentée 
la population tout entière a répondu à cette invi- 
tation. 

M gr l'Archevêque absent, MM. le premier pré- 
sident, le sous-préfet, le colonel commandant d'ar- 
mes, empêchés, s'étaient excusés. 

Des fonctionnaires et représentants de tous ordres 
civil et militaire, des membres du clergé, de la ma- 
gistrature et de l'Université, des délégués des so- 
ciétés, cercles et groupes sociaux de la ville, un 
grand nombre de personnes de toutes conditions et 
de dames formaient une assistance importante au- 
tour de M. le Maire et MM. les conseillers muni- 
cipaux. 

M. le docteur Aude, président, ayant à ses côtés 
M. Guibal, ancien président, doyen honoraire de 
la Faculté des Lettres, et M. Pison, membre hono- 
raire, doyen de la Faculté de Droit, étaient, ainsi 
que Messieurs de l'Académie, à côté du monument. 

M. le chanoine Cherrier, l'un des anciens de la 
Compagnie, a le premier pris la parole avant de 
bénir le monument, et ensuite elle a été donnée 
à M. le président, à M. le Maire d'Aix et à M. le 
secrétaire-perpétuel. 



46 



lllocttloi de I. le ChMoiie CIEIBIEB. 

Messieurs , 

Le monument que nous allons bénir et inaugurer 
est une œuvre d'art délicat, de pieux souvenir et de 
grave enseignement. 

L'art est l'expression du vrai, dans une harmo- 
nieuse proportion, par la pureté des lignes et la 
suavité des contours. 

Tels les médaillons incrustés aux pierres de ce 
tombeau. Fauris de Saint-Vincens, Rambot, Rey- 
nier, Irma Moreau avec leurs têtes fines, leur visage 
ouvert et leur air de bonté nous y apparaissent dans 
la fidélité résistante qui les suivra jusqu'à l'immor- 
talité. 

Immortalité convenue, dans le marbre, dans le 
bronze, dans nos archives d'Académie, dans le 
cœur de ceux dont les blessures ont été guéries et 
les dévouements récompensés. 

Immortalité vraie, dans la vie qui s'élance des 
cimetières. « Mourir, dit S. Paul, c'est commencer 
à vivre. » (i) 

Au moment du départ, en rencontrant, aux со 
fins des deux mondes, Dieu qui est son éléme 
sympathique, comme le feu est l'élément symp 

(1) Rom. XI, 15. 



— 243 — 

thique de la poudre, l'âme qui s'en 'va portant de 
belles actions sur ses ailes, s'irradie et se dilate dans 
une félicité sans limite. Plus tard, au premier coup 
de clairon de la Résurrection, la poussière qui fut 
riche palais ou hutte à charpente disloquée par les 
ans, sera spiritualisée. « La substance qui a animé 
le premier germe de la vie, dit S. Thomas (i), sera 
retrouvée. Avec elle, Dieu nous refera un corps 
glorieux, reconnaissable dans ses traits principaux, 
correct dans son modelé, d'un âge qui sera le même 
pour tous, conforme à la beauté du Christ notre 
éclaireur et notre frère aîné dans la région des 
morts (2). » 

Ce sera le triomphe final de l'art dans la rutilante 
fixité de l'idéal dont la palette et le ciseau ne peuvent 
nous donner qu'un pâle et fugitif reflet. L'espoir qui 
jaillit d'une si consolante doctrine suffit pour nous 
réjouir vivants et nous embaumer au tombeau. 






Cette vérité qui émerge de toutes les croyances 
et de tous les caveaux a fait éclore notre « pieux 
souvenir, » indiqué par ce mot bien doux : Recon- 
naissance. 



(\) Тот. XII, p. 700. 
(2) Cor. XV, 20. 



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— 544 



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— 245 — 

avec amour, non pour un jour, mais avec la sédui- 
sante magie de la perpétuité. 

Il est juste, d'ailleurs, que ce qui jaillit du cœur 
retourne au cœur en pluie délicieuse. Nous y avons 
pensé. 

« Rien de plus pur et de plus frais, pour les dé- 
funts, que la prière intime ou collective, (i) > — 
« Les solennités funèbres, expiatoires pour les 
morts, dit S. Thomas, sont utiles aux vivants, parce 
qu'elles affirment la vie personnelle et distincte, 
dans les responsabilités d'outre-tombe. (2) » 

Quoi de plus émouvant que nos grandes réunions 
académiques ! Chaque année, sous l'œil ravi d'une 
assemblée sympathique, nos lauréats, leur diplôme 
à la main, rendent hommage aux testateurs dont le 
nom a, pour eux, un prestige qui tient du ciel et 
de la terre. « Merci, M. le président 1 Merci, Mes- 
sieurs ! » Cette gratitude cordiale dite sans discours, 
et non sans larmes, nous la renvoyons à ceux dont 
nous sommes les représentants et ils l'acceptent 
avec une joie qui augmente leur bonheur. « Par les 
anges, par d'autres âmes venues du pays, par une 
révélation spéciale, les âmes séparées savent ce qui 
les intéresse parmi les survivants. (3) » 



(1) Machale, XII, 46. 

(2) Тот. XV, p. 556. 

(3) S. Th., lom. Ш, p. 429. 



— 247 — 

pour le bien, qui en savent le prix et donnent à 
leurs paroles la sanction de l'exemple. 

Le songe caressa par les esprits élevés, ridée qui 
remue l'opinion, qui inspire tant de belles pages, 
Tidée de la fraternité a ici une application chaude 
et féconde. Le pauvre qui ne comprend pas l'état 
du riche aimant mieux enfouir que donner, le dé- 
voué qui voit tant d'âpres appétits à la curée de ce 
monde, diront en lisant ces épitaphes : Pourtant, 
sur cette terre qui paraît le patrimoine privilégié des 
plus habiles et des plus forts, il y a toujours Гех- 
ception de ceux qui partagent avec nous la peine 
des travaux et la joie des biens. 

Quand le peuple voit qu'on l'aime, que l'on com- 
prend ses efforts et ses besoins, ses yeux s'ouvrent; 
dans sa pensée simple et pratique, la fraternité naît 
d'elle-même, comme l'olive naît de son arbre et 
tombe de soi quand elle est mûre. 

En répondant avec tant de bon vouloir aux in- 
tentions de ses donateurs, Messieurs, l'Académie 
peut goûter le doux pressentiment qu'elle n'est pas 
inutile à la cause de la Religion de la morale et de 
l'humanité. 



— 248 — 



et Ш. к ВМмг ИВЕ у ГПлаШ et ГДсШше- 

Messieurs , 

Si un sentiment d'intime tristesse nous étreïnt 
en franchissant le seuil de cet asile, où dorment les 
nôtres, où nous reposerons demain peut-être, la 
pensée du pieux devoir qui nous réunit l'adoucit 
aujourd'hui. 

Nous venons saluer avec gratitude et respect 
l'image et la mémoire des bienfaiteurs du pauvre. 

L'Académie d'Aix, dépositaire de leurs volontés, 
veut aussi être la gardienne de leurs cendres et unir, 
après la mort, ceux dont la vie modeste s ? est ache- 
vée dans une même pensée généreuse. — Parents 
par l'élévation du cœur, ils forment une famille 
toujours ouverte, que l'Académie, son héritière, 
abrite sous la pierre du plus éminent de ses fon- 
dateurs. 

Le 1 5 novembre 181 9 s'éteignait à Aix le dernier 
descendant de l'illustre maison des Fauris, seigneurs 
de Saint- Vincens et de Noyers, qui, pendant près 
de deux siècles, avait donné aux Comptes et au 
Parlement une longue série de conseillers et de 
présidents. 

Comme son père, Alexandre-Jules-Antoine eut 
la passion de l'antiquité. Il avait réuni dans son 
hôtel du cours Mirabeau de merveilleuses collec- 
tions d'inscriptions, de médailles, de manuscrits, de 



— 249 — 

livres et consacré, sans compter, son temps et sa 
fortune à la recherche et à l'acquisition de tout ce 
qui pouvait dérober à l'oubli les anciens souvenirs 
de la ville d'Aix et des familles qui l'ont le plus 
honoré. — Le président Fauris de Saint- Vincens 
avait pour trisaïeule M mc de Sévigné ; il était l'arrière- 
petit-neveu de Peiresc. — Cet atavisme le voua aux 
belles-lettres et aux études archéologiques. Aussi, 
lorsqu'au commencement du siècle passé, notre 
Académie se forma, le président Fauris de Saint- 
Vincens en fût-il le plus zélé promoteur et jusqu'à 
sa mort le membre le plus actif. 

En 1839, le terrain où nous sommes devint 
Tunique champ de repos de la ville d'Aix. — L'Aca- 
démie sollicita la concession d'un emplacement 
pour transférer du cimetière Saint-Laurent la dé- 
pouille mortelle du président Fauris de Saint- Vin- 
cens et lui élever un monument commémoratif. — 
Le maire, membre d'honneur de l'Académie, et 
dont la mémoire vénérée me sera toujours si chère, 
assura l'exécution de ce pieux hommage et, en 
1843, notre nécropole vit s'élever ce tombeau, de- 
venu dès lors la propriété de l'Académie. — La 
courtoisie envers notre Compagnie est demeurée 
de tradition à l'Hôtel-de-Ville. Cette année encore, 
au moment où il a fallu rajeunir l'œuvre d'il y a 
soixante ans, la municipalité et son chef si digne 
de la représenter dans les intérêts qui de près ou 



— 250 — 

de loin mettent en lumière notre héritaj 
ou scientifique, le conservant ou l'accroi 
ont donné le plus bienveillant concours 
çoivent ici le témoignage public de ne 
naissance. 

Dans ces derniers temps de génère 
thropes ont agrandi le cercle d'action de 
en l'instituant l'exécutrice testam entai: 
libéralités. — C'est là une noble tâch 
acceptée et, chaque année, l'Académie 
depuis 1858, le prix Rambot, depuis iS 
Reynier; cette année les pensions ouvri 
Moreau recevront leur destination. — De 
la mandataire des donateurs, l'Académi 
pirée du sentiment de gratitude des obi 
a décidé de consacrer ce monument à 1 
des fondateurs passés et à venir de pri 
de pensions ouvrières ou de tout leg 
qu'elle aurait la mission de délivrer. V' 
aujourd'hui à l'exécution de cette pensé 
demie. 

Des tombeaux de famille ont reçu les 
mortelles de Rambot et de Reynier; ce 
Moreau reposent en paix sous ce mausc 
cédée à Aix le 19 janvier 1899, la tra 
ses cendres a eu lieu le 2 1 mai dernier * 
du clergé de sa paroisse, de notre bi 
nombreux membres de l'Académie. — 



— 251 — 

prières liturgiques, notre distingué et si dévoué 
secrétaire perpétuel, le baron Guillibert, a rappelé 
l'origine de ce monument, son affectation actuelle. 
Au médaillon reproduisant les traits du président 
Fauris de Saint- Vincens ont été joints le médaillon 
géminé de Rambot et de Reynier et celui d'Irma 
Moreau. — C'est au délicat et fin ciseau de notre 
confrère de l'Académie, M. Pontier, que sont dues 
ces sculptures où la douce image de nos bienfaiteurs 
est si fidèlement reproduite. 

L'hommage public que la ville entière rend au- 
jourd'hui à leur mémoire ne saurait être complet si 
je ne vous rappelais les fondations qu'ils ont faites : 

Rambot établit un prix destiné à rémunérer, à 
honorer les belles actions et les bonnes, fussent-elles 
les plus modestes et les plus obscures. — Il veut 
récompenser, mettre en évidence, proposer en 
exemple les actes de dévouement, de courage, de 
désintéressement, les soins donnés à la vieillesse, à 
l'enfance pauvre et abandonnée. 

Reynier fonde plusieurs prix à distribuer aux 
personnes qui s'en seront le plus rendu dignes par 
des actes de dévouement, de fidélité, de secours au 
malheur, par les soins durables donnés aux infirmes, 
aux vieillards, ainsi qu a l'enfance délaissée et pau- 
vre. — Une partie des prix sera réservée pour les 
parents qui élèvent le mieux leurs enfants, c'est-à- 



— 252 — 

dire d'une manière chrétienne, honnêt 
rieuse. 

Irma Moreau consacre toute sa fortune 
sèment de pensions ouvrières qui seront 
à des pères, des mères de famille conm 
gens malheureux, nécessiteux, ayant au ir 
enfants ; à des ouvrières pauvres atteîn 
maladie ou d'infirmité ou de vieillesse, li 
dans l'impossibilité de suffire à leurs bes 

N'y a-t-il pas là, Messieurs, tout le prog 
la charité la plus pure, la plus élevée, et 
foi chrétienne sait si bien inspirer à ne 
Cette bienfaisance posthume n'est-elle ps 
neuse trace de l'âme libérée des misères 
et prenant sa suprême envolée ? 

Il semble exister une sorte de loi qui 
ces généreux testateurs des Sociétés litt 
scientifiques. — C'est presque toujours ai 
mies qu'est confiée la haute mission de 
les largesses humanitaires faites aux pai 
vieillards, aux infirmes épuisés par le mal 
travail, celles qui récompensent les belle 

Ce rôle paraîtrait de prime abord devoir 
aux bureaux de bienfaisance. H lui revien 
conteste s'il n'existait une profonde difféi 
la mission dévolue à chacune de ces insti 
Le bureau de bienfaisance distribue de; 
l'Académie décerne des récompenses. A 



- 253 — 

qui désire assurer la stricte exécution de ses volontés 
cherche autour de lui une Société qui, par sa com- 
position, son but et son caractère, sa constitution 
éternelle, autant que peuvent l'être les choses de ce 
monde, son éloignement des agitations qui pas- 
sionnent et faussent l'impartialité, lui présente une 
sécurité et une garantie de tout repos. 

Ces justes considérations ont conduit M. de Mon- 
thyon et ses imitateurs à désigner l'Académie Fran- 
çaise, cette élite intellectuelle de la France, comme 
l'exécutrice de leurs volontés, et si les Académies 
de province ne prétendent pas au même lustre, elles 
ont du moins la même auréole de probité qui attire 
vers elle la confiance des donateurs. 

L'Académie d'Aix, déjà dotée de prix de vertu 
par Rambot et Reynier, est, je crois, la seule Aca- 
démie de France qui soit aussi appelée à distribuer 
des pensions ouvrières. — Elle a reçu le premier 
souffle de ce vent généreux qui pousse à l'institution 
de pensions de retraite pour les laborieux hors 
d'état désormais de travailler. Puisse la généreuse 
pensée d'Irma Moreau être fécondée, puissions-nous 
un jour la voir s'étendre, par de justes et saines 
applications, à tous les ouvriers seuls dignes de ce 
beau nom. — Alors, ce que l'initiative individuelle 
a commencé, la collectivité l'achèvera, et lorsque, 
plus tard, on écrira l'histoire des pensions ouvrières, 



— 254 — 

on dira qu'Irma Moreau fut la première à les établir 
par une fondation faite à l'Académie d'Aix. 

Notre Compagnie ne faillira jamais à la délicate 
mission dont elle est investie. Elle aura toujours 
dans ses décisions le seul souci d'obéir à la pensée 
des testateurs, de n'écouter aucune de ces préfé- 
rences basées sur les recommandations ou les sym- 
pathies locales et personnelles, d'attribuer aux plus 
dignes les prix de vertu et les pensions viagères. — 
Une seule considération l'influencera parfois, celle 
de l'âge. Les vieillards peuvent moins attendre. En 
cela nous obéirons encore aux vœux des donateurs 
qui, tous, ont plus particulièrement signalé la vieil- 
lesse à notre attention. 

Sous de captieuses interprétations nous ne chan- 
gerons pas la destination de ces héritages. Nous 
attirerons ainsi à nous, au lieu de les éloigner, les 
testateurs de l'avenir, séduits par les beaux exemples 
de Rambot, de Reynier, d'Irma Moreau. 

L'Académie d'Aix considérera toujours comme 
la plus haute de ses attributions le devoir de remplir 
fidèlement les intentions généreuses dictées par le 
sentiment le plus élevé qui puisse germer dans le 
cœur de l'homme, l'amour du prochain. 



- 255 — 

Discours de M. le Docteur BERTRAND, Haire d'Aix. 

Vous venez d'entendre, Messieurs, des voix plus 
autorisées que la mienne, vous exposer le motif de 
cette cérémonie ; vous venez d'écouter le discours 
du si sympathique et si savant président de l'Aca- 
démie d'Aix, et c'est à peine si j'ose après lui pren- 
dre la parole et vous adresser quelques mots : 

Je le dois cependant, car je tiens à affirmer ici les 
liens d'affectueuse sympathie qui, depuis sa fonda- 
tion, n'ont jamais cessé d'unir les membres de 
l'Académie et les représentants de la population de 
notre cher pays. 

Votre président n'a pas voulu vous dire les ser- 
vices rendus par l'Académie des sciences, agricul- 
ture, arts et belles-lettres. 

Il n'a pas voulu vous exposer le rôle de cette 
éminente Compagnie dont il est aujourd'hui l'écho 
si justement apprécié. 

N'ayant quant à moi aucun des motifs qui ont pu 
lier sa modestie, j'ai le droit et le devoir de dire 
combien est aimée et respectée l'Académie dans 
notre chère ville d'Aix, et je ne veux pour preuve 
de la confiance qu'elle inspire à tous, que le but 
même de la cérémonie touchante d'aujourd'hui. 

Oui, Messieurs, si jadis on ne connaissait, au 
point de vue des misères humaines, que le bureau 
de bienfaisance ou les hospices, institutions chari- 



— 256 

tables qui gardent pieuseme 
guignon-FabregouIes, d'Au 
van, de Gros, de Bausset, d 
dan, d'Arnaud, de Marie С 
Chambarel, de Zallony, e 
années de généreux philan 
rôle bienfaisant que peut jo 
gnée des troubles et des qui 
par son recrutement particu 
que rester elle-même en m 
de savoir, de sagesse, je po 
La ville d'Aix est fière de 
est fière et nous pouvons affi 
été, parce que sa compositii 
fait, depuis sa fondation, u 
groupement de savants, d'à 
de premier ordre, et je répJ 
d'un des magistrats municip; 
les plus estimés de notre vi 
sympathique président qui 
ration des statues de Simé 
deux éminents compatriote: 
ne produit pas seulement i 
historiens, des littérateurs, t 
aussi le jour aux artistes qui 
des célébrités qu'elle enfant» 
Et c'est précisément, Mess 
met de contempler encore le 



— 257 — 

pathiques et si populaires de Reynier et de Rambot 
et les traits si doux, si intelligents d'Irma Moreau, 
la bienfaitrice de l'ouvrier, qui revit aujourd'hui par 
son image, grâce au ciseau si plein d'habileté de 
notre compatriote et ami, l'éniinent sculpteur Henri 
Pontier. 

L'ancienne capitale de la Provence, Messieurs, 
n'est pas déchue, elle ne le sera jamais et nous tenons 
à l'affirmer chaque fois que l'occasion se présente. . 
Elle peut avoir perdu de son importance au point 
de vue administratif ou commercial, mais elle est 
toujours restée, n'en déplaise à quelques-uns, la ville 
studieuse et policée entre toutes, la vieille capitale 
de la politesse, du bon ton, de l'intelligence et du 
savoir. 

Elle restera toujours l'Athènes du Midi, parce 
qu'il y a chez nous un génie propre à la terre natale 
que nul ne saurait transférer parce qu'il s'évanouirait 
en fumée en franchissant le seuil de nos vieilles 
murailles. 

On pouvait croire, Messieurs, avec quelque sem- 
blant de raison, que nos richesses littéraires et 
artistiques ne devaient plus s'accroître, tant elles 
étaient abondantes et inappréciables, et cependant, 
grâce à vous, je suis bien obligé de le dire, elles 
s'accroissent tous les jours, et je n'en veux pour 
preuve que les études si pleines de finesse et de 
vérité du regretté M. de Ribbe, que les découvertes 

47 



et les со 
compati 
ces deu: 
nent à i 

L'hér 
moins i 
mains, < 
jeté au 1 
ne cesse 
recueilli 
modesti 
futures. 

Il ma 
sciences 
Rambot 
comme 
destiné ; 
nés, fus 
obscure; 
Rambot. 

Et toi 
bonne, i 
ception • 
ouvrière 
malheuri 
d'ivrogn 
tes de m 



— 259 — 

meilleur moyen d'utiliser après elle la fortune qu'elle 
pouvait laisser. 

Elle a choisi pour distribuer ses pensions, pour 
être l'interprète de ses pensées, l'Académie d'Aix, 
parce qu'elle savait que cette Compagnie rigoureuse 
et fidèle observatrice de la volonté des testateurs, 
remplirait scrupuleusement, religieusement ses in- 
tentions et que, confiées à des mains telles que les 
vôtres, ses générosités iraient directement à leurs 
destinations, sans qu'un soupçon puisse jamais 
effleurer ses exécuteurs testamentaires. 

Et, Messieurs, puisque j'ai la parole, et puisque 
vous daignez m'écouter quelques instants, permettez- 
moi d'affirmer les sentiments de gratitude, de re- 
connaissance et d'admiration de notre population 
pour votre Académie, se souvenant de votre origine 
et de la part prise dans vos travaux par quelques- 
uns des hommes éminents qui se sont succédés, à 
l'Hôtel-de-Ville, dans le siècle qui vient à peine de 
finir, la municipalité d'Aix est heureuse et fière 
d'être invitée à vos réunions : elle vous en remercie. 

Elle vous remercie du dévouement dont vous 
faites preuve dans toutes les circonstances et, vou- 
lant s'associer à votre œuvre, elle me charge de 
vous dire, au nom du Conseil municipal tout entier, 
qu'elle donne le nom d'Irma Moreau à la rue de la 
ville que cette si charitable bienfaitrice habitait. 

Et c'est encore au nom de notre bonne ville d'Aix, 



ams 

rem 

ces ; 

le vi 

qu'il 

fait 

maii 



— 261 — 

STANCES A IRMA MOREAU 

Par M. le Baron GUILLIBERT. 



Quand la foule, ivre, se remue 
A la poursuite du plaisir, 
Ton âme, au sort du peuple émue, 
Rêve et s'emplit d'un seul désir. 

Rechercher la sombre misère, 
Aider l'honnête travailleur 
Et secourir l'humble ouvrière 
A qui devient lourd son labeur. 

Tu veux qu'au foyer de famille 
Nombreux grandissent les enfants ; 
Tu songes à la pauvre fille 
Malade, infirme en ses vieux ans. 

Et tu prescris que la plus sage 
De leurs vertus à louanger 
Sera qu'ils n'aient point fait usage 
De boissons, ferments de danger. 

Dans la vision des problèmes 
De nos régimes sociaux 
Tu mets, fuyant de vains systèmes, 
Le remède à côté des maux. 

Puis, cherchant une sûre amie 
Qui respectât tes volontés, 
Tu lègues à l'Académie 
Tes biens, tes libéralités. 

Le cœur d'une modeste femme 
A lui seul est un vrai trésor ; 
Au contact d'une sainte flamme 
Il s'épure et grandit encor. 



— 262 — 

El culte Нашит en toi rayonne, 
Intelligence et charité : 
C'est ta belle âme qui se donne 
El conquiert l'immortalité. 



Au-dessous du médaillon d'Irma 3 
gravée sur marbre cette inscription, с 
M. l'académicien Mouravit : 

A LA MÉMOIRE 

SB Jeanke-Ibma Mobeac, 
néi a Mazambt (Tarn) le 9 septkmbi. 
Pleine пи войт* , 
mettant eh pratique la grande i 
d'un hodebne philanthrope, 
elle forma le dessein d'encourager et I 
les ouvrieres et ouvriers resogn) 
en leur procurant une assistas! 
aussi pebs1stante que leurs nficess 
Dans ce rut elle a lègue 
la totalite de sa fortune 
a l'Académie des sciences, agriculttr 

ET REL LE S -LETTRES D'Ail, 

chargee d'eiêcuter ses volonté 

sous forme de prix annuels et via 

Elle voulut donner ce bel bxem: 

autant pol'r obéir л une pensée sfo 

qu'en mémoire 

de sa mère et de son unique et très ai 

le capitaine Victor-Mari lis Mon* 

mort pour la Patrie en 1870. 

Elle est dëcédëe a Aix, le 19 janvie 



— 263 — 

Les pensions ouvrières fondées par M 11 * Irma 
Moreau commenceront à être attribuées dès Tannée 
1902. Ces prix consistent en pensions viagères de 
200 francs, au profit des personnes particulièrement 
recommandables par leur honnêteté et leur vertu 
notoires et choisies dans les deux catégories sui- 
vantes : 

i° Pères de famille, veufs ou non, et mères de 
famille veuves, connus comme gens malheureux et 
nécessiteux, exempts d'ivrognerie ou autres vices 
et ayant au moins deux enfants ; 

2 Ouvrières pauvres, atteintes ou de maladies, 
ou d'infirmités, ou de vieillesse, les mettant dans 
l'impossibilité de suffire à leurs besoins. 

Les formalités à remplir pour l'obtention de ces 
pensions viagères sont les mêmes que celles en 
vigueur pour les prix de vertu Rambot et Reynier, 
annuellement décernés par l'Académie. 

Un mémoire établissant en détail la situation des 
candidats au regard des intentions de M ,le Moreau 
et revêtu des apostilles et signatures de personnes 
notables, doit être produit à l'Académie et déposé 
au secrétariat avant le 31 décembre de chaque 
année; il est accompagné de pièces justificatives, le 
tout sur papier libre. Les signatures sont soumises 
à la légalisation en mairie. 



LISTE ALPHABETIQUE 

DBS 

Membres cle l'Académie d'Aix 

depuis sa fondation en 1765 

Jusqu'au 15 Juin 1902. 



*»•«*. 



Les noms des membres titulaires sont suivis d'un T 

Ceux des membres d"bonneur ou honoraires d'un H 

» associés régionaux d'un R 

» correspondants d4m С 



Date ■ 

de 
réception 

4809. AGHARD Jean -Joseph-André, à Marseille С 

1867. ACHINTRE Joseph T 

4808. d'ADAOUST Pierre-Augustin T 

4838. ADRIANI Jean-Baptiste, à Turin С 

48i4. AGARD Félicien T 

4883. AGARD Michel, à Marseille R 

4808. AGUILLON, juge à la Cour d'appel T 

4808. AILHAUD, juge à la Cour d'appel T 

4808. d'ALBERT-S'-HIPPOLYTE, ancien président à mortier 

au Parlement T 

4883. ALECSANDRI Vasile, à Bucarest С 

4808. ALEXIS, adjoint au Maire d' Ai x T 

4784. ALPHERAN Francois-Nicolas-Boniface T 

4812. AMATON C. N., à Dijon С 

4868. AMARI (CARNAZÀ), à Catane С 

4808. AMÉ T 

4830. AMPÈRE André-Marie, de l'Institut С 



1 



- 266 — 

4850. AMPHOUX de BELLE VAL, à Miramas С 

4863. ANDRÉ Ferdinand, à Mende С 

4901. AN1NARD Casimir T 

4883. ARBAUD Paul H 

4808. d'ARBAUD-JOUQUES (comte) Bâche T 

4808. d'ARBAUD-JOUQUES (marquis) Charles T 

4828. d'ARBAUD-JOUQUES Philippe, à Marseille С 

4887. d'ARC (LANÉRY) Pierre T 

4 808. d'ARLATAN-LAURIS (marquis) Boni face-Marie-Joseph- 
Alexandre T 

4842. ARNAUD, procureur général T 

4884. ARNAUD Emile T 

4808. ARNAUD Jean-Honoré-André T 

4789. ARNULPHY, consul d'Aix T 

4846. ARTAUD, à Lyon С 

4847. d'ASTROS Joseph-Jacques-Léou T 

4830. d'ASTROS Paul -Thérèse-David, cardinal H 

4883. AUBANEL Théodore, à Avignon R 

4883. AUBE Frédéric, au Luc R 

4808. AUDE Antoine-Laurent-Michel T 

4837. AUDE Antoine-François, maire H 

4900. AUDE Edouard R 

4897. AUDE Philippe T 

4902. AUDE Sextius, à Paris H 

4848. AUD1FFRET Louis-Dominique, à Draguignan . ... С 

4826. d'AUDIFFRET Charles-Hippolyte , à Paris С 

4835. AUDOIN Victor, à Paris С 

4812. AUGIER, à Allein С 

4898. AUTHEMAN, aux Martigues R 

4808. d'AUTHEMAN T 

4785. d'AUTRIC (marquis), premier consul d'Aix T 

1808. AUVET Antoine T 

4858. AYMA Louis T 

4877. AZAIS Gabriel, à Béziers С 

4808. BAFF1ER (baron), premier président T 

4784. de BALLON -la-PENNE, consul d'Aix T 

4808. BALZAC Jean-Antoine . T 

1813. BANON, à Toulon С 



— 2G7 — 

1826. ВАШ) Joseph, à Thorey С 

4882. BARTHÉLÉMY, à Marseille R 

4808. BOUDIER An toi ne- Augustin T 

4808. BAUDIER, sous-préfet à Barcelonnette T 

4808. BAUMIER Jean-Baptiste T 

4808. de BEAULIEU (de ROBINEAU) Armand-Benoit. . . . T 

4874. BEAUMARCHEY Louis T 

4876. BEAUNE Henri, procureur général. . . . " H 

4883. deBEAUREGARD (REVEILLÉ) . . . . R 

4778. de BEAUVAL (CYMON) Louis-Théodore-Xavier . . . T 

4779. de BEAUVAL (CYMON), consul d'Aix T 

4894. de BEC Albert T 

4808. de BEC Fortuné T 

4878. de BEC Léon, à la Montauronne С 

4844. de BEC Polydore, à la Montauronne С 

4808 BEISSON Etienne T 

4890. BELIN Ferdinand, recteur H 

4882. BELLET, l'abbé, à Tain С 

4886. BELUZE Eugène R 

4873. BENOIST Eugène T 

4783. BENOIT fils, consul d'Aix. T 

4865. de BERLUC-PERUSSIS Léon T 

4808. BERNARD T 

4808. BERNARD Aimé, président du Tribunal T 

4808. BERNARD le Jeune T 

4808. BERNARD, notaire T 

4778. BERNARD fils, à Trans T 

4883. BERNARD Charles, à Dijon R 

4808. BERNARD Jean -Baptiste-Antoine-Tranquille . . . . T 

1904. BERNARD d'ATTANOUX (comte) Henry R 

1883. BERNARD-BLACAS Albin R 

4812. de BERNARDI, à Monteux С 

4836. BERNET Jacques, cardinal H 

4778. BERTRAND, membre de la Société d'agriculture. . . T 

4808. BERTRAND de FONSCUBERTE T 

4876. BESSON, évèque de Nîmes С 

4808. BEYLOT, chanoine T 

4864. BILLOT Frédéric, à Arles С 



— 2C9 — 

1841. BRESSON С 

4882. BRISSE Alexandre, à Rome С 

4883. BRUN à Nice R 

4878 de BRUNY de la TOUR-d 'AIGUËS (baron) Jean- 
Baptiste-Jérôme T 

4858. CABANTOUS T 

4 834 . CABASSE Prospcr, à la Guadeloupe С 

4896. de la GALADE (de DURANTI) Maurice H 

4808. CAMOIN, professeur T 

4808. CAPPEAU Louis-Jean-Joseph-Pierre T 

4882. de CARNÉ (vicomte) Olivier R 

4867. CARRO A., à Meaux С 

4808. CARSI T 

4808. CASSÀGNE, docteur T 

4843. CASTAGNE Jean-Louis-Martin T 

4808. de CASTELET (de COYE) Antoine-Joseph-Lazare- 

Uippolyte T 

4808. CASTELLAN, à Rians T 

4808. CASTELLAN Jean-Probace, chanoine T 

4833. CASTELLAN, président de chambre à la Cour. . . . T 

4784. de CASTELLANE-MAZAUGUES (marquis) T 

4864. CASTILLON, à Berre С 

4866. de CAUMONT, directeur de l'Institut des provinces . С 

4830. CAVALIER Jules, à Draguignan С 

4869. CAZALIS Frédéric, à Montpellier С 

4894. CHABRIER Achille T 

4883. CHAILAN Alfred R 

1894. CHAILLAN (l'abbé), à Beaurecueil R 

4857. CHALANDON Georges-Claude-Louis-Pie, archevêque. H 

1808. CHAMBAUD Joseph-François-Florentin T 

4844. CHAMPOLLION-FIGEAC, à Paris С 

1830. CHAMPOLLION-le-jeunc, en Egypte С 

1808. CHANSSAUD, avocat T 

1851. CHAUDRUC de CRAZANNES, à Auch С 

4808. CHAUSSE (l'abbé) T 

4880. CHAVERNAC, docteur T 

4856. CHERBONNEAU, à Constantine С 

1808. CHRISTINE Antoine-Etienne T 



— 270 — 

1819. de CICK (CHAMPION) Jéromc-SIarie, archevêq 

1872. GUERRIER, chanoine 

(882. de CLAPIERS (marquis) 

(883. CLAPPIER Félix 

(878. CLEMENT-SIMON Gustave 

(808. CLÉRIAN Louis-Maiburin 

(81». de COBTLOGON 

(8tl. COLLIZI Vinrent, à Rome 

(893. de COLLONGUE (dAVON, baron) 

(898. COLLOT Louis 

(812. COLOMB, avocat général 

t808. CONSTAXS Casimir 

(823. CONSTANT Jacques 

(808. CONSTANTIN Jean-Antoine 

(891. CONSTANTIN, chanoine 

(839. COQCAND, géologue 

(814. COQCAND (abbé) 

(829. de CORIOLIS Léon 

1886. CORTÊS Fcrnand, â Saint Masimin 

1828. COTTARD Louis-Ma gloire 

(888. COTTIN Paul, i Paris 

(808. COURCIÊRES, professeur 

(86*. de COURTOIS, a Paris 

(809. COUTURE {abbé), aux Martigues 

(898. CROUSILLAT Antoine 

(890. da CUNHA Xavier, à Lisbonne 

1892. DAIME Louis, à Digne 

(808. DALGA (abbé) 

(778. DARLUC, directeur du Jardin des Plantes . . 

(826. DAUDIN, colonel, à Angers 

1838. DAUVERGNE, docteur, à Manosque 

1778. DAVID, membre de la Société d'agriculture. . 

1866. DAVID (baron) 

(808. DAVIN (abbé) Henri 

(828. DEFOUGÈRES de VILLANDRY Paul, recteur. 

(822. DELEMER Cli., Ad., à Bruxelles 

(846. DELEUIL, à la Montauronue 

(879. DELIONS Albert 



— 271 — 

4787. de DEMANDOLS-la-PALU (marquis) T 

4879. DEMONTZEY Prosper-Gabriel-Louis H 

4861. DESCLOZEAUX Ernest, recteur H 

4867. DESJARDINS Arthur T 

4833. DESMICHELS, premier membre élu de Г Académie. . T 

4843. DIEUDÉ (eu ré), à Entre vaux С 

4808. DIOULOUFET Jean- Joseph-Mari us T 

4895. DOLLIBULE Frédéric, à Marseille R 

4883. DORLHAC de BORNE Alphonse T 

4844. DOUNANT, assesseur à la Cour pré vôtale T 

4778. DUBREUIL aîné, membre de la Société d'agriculture. T 

4785. DUBREUIL cadet Joseph, assesseur d'Aix T 

4850. DUFAUR de MONFORT, à Vagney С 

4828. DUPIN (baron) Charles, à Paris С 

4835. DUPONCHBL, à Paris С 

4789. de DURANTI-COLLONGUE, consul d'Aix T 

4866. EGGER, de l'Institut, à Paris С 

4808. ÉMÉRIC-DÀVID Toussaint-Bernard T 

4808. ESPARIAT (chevalier) T 

4858. ESPIEUX, chanoine T 

4819. d'ESTIENNE du BOURGUET, maire d'Aix T 

4836. ESTRANGIN, à Arles С 

4785. de l'EVESQUE, consul d'Aix T 

4808. d'EYGLUMEN Jacques T 

4808. d'EYMAR And ré- Alexandre T 

4808. EYMIEU, curé de Saint-Sauveur T 

4882. EYSSÉRIC-SAINT-MARCEL, à Sisteron R 

4813. FABRE Jean-Antoine, à Brignoles С 

4829. FABRE Augustin-Jules-Esprit, à Marseille С 

4808. FABRY Pierre-Denis-Prosper T 

4808. FABRY-CHEYLAN , précepteur des enfants du duc 

d'Otrante T 

4838. FALLÛT de BROIGNIART, à Marseille С 

4876. FALSAN Albert, à Lyon С 

4789. de la FARE (RUFFO, marquis), premier consul d'Aix T 

4894. FASSIN Emile T 

4883. de FAUCHER Paul, à Bollène R 

4808. FAUCON, juge à la Cour criminelle T 



— 273 — 

4822. GARCIN de TASSY Joscph-Héliodorc, à Paris ... С 

4836. de GARIDEL Augustin-Joachim-Léon T 

4824. GARNIER, a Toulon С 

4837. GATTA, docteur, à Turin С 

4867. de GAUCOURT, à Saint-Saëns С 

4808. GAUFRIDY de SAINT-ESTÈVE T 

4863. GAUT Marius-Jean-Baptiste T 

4846. GAUTHIER Auguste, à Lyon G 

4808. GAUTIER du РОЕТ, ancien conseiller au Parlement. T 

4888. de GAVOTY Laurent, à Marseille R 

1 840. GENDARME de BÉVOTTE, insp. des i>onts-et-chaussées T 

4787. GÉRARD, consul d'Aix T 

4901. de GÊRIN-RICARD (comte) R 

4 808. GIBELIN aîné, Esprit- Antoine, corresp» de l'Institut. T 

4808. GIBELIN Jacques, conservateur de la Méjanes . . . T 

4808. GIBELIN, juge de paix à Gardanne . . T 

4852. GIBERT Joseph -Marc T 

4860. GILBERT, à Paris С 

4883. GIMON, à Salon R 

4870. GIRAUD, à Paris С 

4 825. GIRAUD Charles, ministre T 

4851. GIRAUD Magloire, à Saint-Cyr С 

4860. GISTEL Jean, à Ratisbonne С 

4783. de GLANDE VÈS (baron), premier consul d'Aix . . . T 

4816. GOUFFÉ de LACOUR (chevalier) Roch -Bernard-Marie, 

à Marseille С 

4890. GOUTHE-SOULARD Xavier, archevêque d'Aix ... H 

4 810. GRANET François-Marius, à Paris С 

4822. GRANGE Jean -Baptiste-Henri -Amédée, à Marseille . С 

4894. GRANIER Désiré, doyen de la Cour Il 

4895. GRAS Félix, à Avignon. . . . .' С 

4811. de GRAS, maire d'Aix T 

4859. GRAS du BOURGUET С 

4893. de GUBERNATIS (comte) Angelo G 

4808. GUÉRIN Charles- Antoine T 

4860. GUÉRIN Joseph, à Grasse С 

1884 GUIBAL Georges, doyen de la Faculté des lettres ... T 

1855. GUIET (abbé) T 

18 



4883. 


GUIGOU Jucl 


1883. 


GUILLAUME 


1878. 


GUILLIBBRT 


1839. 


d'HAUTHUILJ 


1808. 


HENRICY An 


1814. 


HERNANDEZ 


1821. 


dHOMBRËS-1 


4811. 


HONNORAT i 


1809. 


d'HORRBIENl 


4821. 


ПИЛИТ à Pii- 


1897. 


lll? LOT (baro 


1826. 


ECARD Ambr 


1883. 


d'ÏLLE (de С 

(marquis). 


4883. 


1SNARD à Di 


1808. 


ISNARDON, . 


4830. 


dTSOARD Jo. 


1808. 


d'ISOARD Jos 


183G. 


dTSOARD-Vji 
auditeur d> 


1871. 


JANNET Clai 


1808. 


JANSSAUD, i 


1808. 


JAUBERT, d. 


1823. 


JAUBERT (cl 
à Paris. . 


18H. 


JAUFFRET G 




nommé d'. 


4819. 


JAUFFRET I 


4821. 


JAUFFRET t 


1810. 


JAY François 


1883. 


de JESSÉ-Cf! 


1883. 


do JESSÉ-CH 


488t. 


de JOANNIS 


4783. 


de JOANNIS- 


1808. 


JOLY, doctci 


1860. 


JOLY Aristid 


4893. 


JORET Charl 


4896. 


JOUBERT AI 


488Î. 


JOURDAN A 


1901. 


JOURDANNE 



— 275 — 

1863. JULIEN Félix, à Toulon С 

4827. JULLIEN A., à Paris С 

4881. JULLIEN Ernest, à Reims С 

1808. JURAMY, sculpteur T 

Ш8. de LA BOULIE-la-DURANE Esprit-Joseph-Balthazar. T 

4853. de LA BOULIE Camille, à Marseille С 

4900. LACOSTE Ernest, à Toulon R 

4829. de LADOUCETTE (baron) С 

4849. LAFAYE T 

4808. de LAGOY (do MEYRAN, marquis) Jean-Baptiste. . H 

4835. LAIR Pierre-Aimé, à Caen С 

4858. LALLEMANT Louis, à Nancy С 

4808. LAPIERRE, musicien T 

4866. de LARCY (baron) С 

4879. LAUGIER Joseph-François, à Marseille С 

4818. LAURE Henri-Alexandre, à Toulon С 

4809. LAURENT, à Marseille С 

4872. LAURIN Auguste T 

4870. LAVOLLÉE Paul-René, à Paris С 

4898. LE BOURGEOIS Ludovic R 

4869. LEGUAY Louis, à Paris С 

4809. LEJEY François, à Milan С 

4867. LE MAISTRE (chevalier), à Tonnerre С 

4808. LE PAIGE, général T 

4859. LEROY, à Marseille С 

4866. LESCOUVÉ, président T 

4866. de LESSEPS (comte) Ferdinand С 

4808. de LESTANG-PARADE Alexandre T 

4808. LEYDET, architecte de la ville T 

4784. LIEUTAUD consul d'Aix T 

4900. LIEUTAUD Victor, & Volone R 

4840. LION, à Marseille С 

4823. LIOTARD Charles-Laurent-Joseph T 

4844. LOQUEZ, à Nice С 

4860. LORTET, docteur à Lyon С 

4823. LUDICKE (comte de HORTENSTEIN) С 

4787. LYON de SAINT-FERRÉOL, consul d'Aix T 

4885. de MAGALLON Jules. T 



1 



— 276 — 

1880. de MÀGALLON Xavier, à Marseille R 

1808. MAGNAN (marquis de la ROQUETTE) T 

1828. MAILLARD de CHAMBURE, à Dijon С 

48И. MAILLET Alphonse, à la Tour-d'Aigues С 

4870. MALINOWSKI, à Alais С 

4898. de MANTEYER (PINET) Marie-Barthélemy-Gcorgcs . R 

1808. MANUEL Jacques-Antoine, députe T 

4887. MARBOT chanoine T 

4881. MARION Antoine-Fortune R 

4838. MARLOY С 

4838. MARTIN F С 

4821. MARTIN-GUILLAUME С 

4806. MATHERON Philippe, à Marseille R 

1897. MAUREL J.-M., à Puyraoisson R 

4841. MAURIN Elysée-François T 

4882. MAZEL, à Marseille R 

4808. de MAZENOD Eugène-Charles-Joseph, évoque de 

Marseille T 

4808. ME YFRED (chevalier), juge à la Cour d'appel. . . . T 

4778. de MÉJANES (marquis de PIQUET) Jean-Baptiste, pre- 
mier consul d'Aix T 

4852. MÉRY Louis T 

1861. du MESNIL-MARIGNY С 

1813. de MEVOLHON (baron), à Sisteron С 

4838. MICHAUD, à Paris С 

4808. MICHEL, graveur !.. T 

4778. MICHEL, membre de la Société d agriculture . . . . T 

4809. MICHEL Etienne, à Paris С 

4902. MICHEL* Evariste, à Paris H 

4838. MICHEL de LOQUI Etienne T 

4882. MIGNET François, à Paris H 

4808. MILLE T 

4893. MILLE Joseph, chanoine-curé T 

4872. MILLIEN Achille, à Beaumont-la-Ferrière С 

4813. de MIOLLIS (comte) Sextius-Alexandrc-François, • 

général H 

1883. MIREUR F., à Draguignan R 

1863. MISTRAL Frédéric, à Mai lia ne H 

1818. de MONLÊOX, à Paris С 



— 2/ / — 

4785. MOLLET de BARBEBELLE fils, consul d'Aix . . . . T 

4809. MOLLET Joseph, à Lyon С 

4902. de MONCLAR (marquis de RIPERT) François . . . R 

4820. MONNIER, à Avignon С 

4810. MONNIER du JURA, à Toulouse С 

4808. de MONTMEVAN (d'BYMAR) Joseph-François-Pascal . T 

4812. de MONTMEYAN (d'EYMAR) Isidore T 

4808. de MONTVALON (de BARRIGUES, comte) Casimir . T 

4891. MOREAU Félix T 

4901. MORIS Henri, à Nice С 

4867. MORISOT Jean-Baptiste T 

4809. MORLAND, docteur à Dijon С 

4899. MORROZO deila ROCCA (comte) Emmanuel, général 

à Turin С 

4866. MORTREUIL, de l'Institut, à Marseille С 

4808. MOTTET, professeur de droit T 

4833. MOU AN Jean-Louis-Gabriel-Napoléon T 

4894. de MOUGINS-ROQUEFORT Eugène H 

4890. de MOUGINS-ROQUEFORT (vicomte) Charles. . . . R 

4884. MOURAVIT Gustave T 

4863. MOUTTET Alexandre, à Toulon С 

4904. MULSANT Sébastien, à Saint-Etienne R 

4846. MUS, à Bordeaux С 

4904. MUTERSE Maurice, à Antibes R 

4808. NATOIRE, peintre T 

4824. NICOT, recteur, à Montpellier С 

4808. d'OLIVARY Gaston-Mari us-Ovide T 

4778. OLIVIER, consul d'Aix T 

4842. d'OLIVIER-VITALIS H С 

4844. d'OLJVÏERA-BARBORA, à Ri o-de- Janeiro С 

4883. OLLIVIER, docteur à Digne R 

4808. OUVIÈRES, docteur T 

4860. OUVRÉ Henri T 

4883. PANESCORSE Ferdinand, à Draguignan R 

4895. PARIS Gaston, de l'Académie Française H 

1808. PARMENTIER, de l'Institut, à Paris H 

1864. PAR ROCEL Etienne, à Marseille С 

1773. PASCALIS Jean-Joseph-Pierre, assesseur d'Aix . . . T 



— 278 — 

482t. PASCALIS An loi ne-André, généi 

1839. PATAILLE Alcsandre-Siméon, p 

I8H. PAYAN Pierrc-ScipioD, docteur 

(863. de PAYAN-DUMOUHN, conseiil 

1808. de PAZÉRY-THORAME Francpi: 

1821. PÉCLET Eugène, à Paris. . . 

1901. PÉCOUL A., àDraveil .... 

4808. PEI5SE (chevalier), procureur t 

1808. PEISSE Hippolyte 

1891 PELISS1ER E., à Montpellier. 

18(1. PELLICOT André, à Toulon. . 

1808 PELLICOT de SEILLANS . . . 

1883. PELLISSIER, gra nd- vicaire à Dt 

1813. du PELOUX Alexandre, sous-p 

1808. de PÉRIER (marquis) Charles. 

4808. de PÉRIER, chanoine, prévôt d 

1863. PÉR1GOT, à Paris 

1808. PERR1N 

1897. PETIT, docleur, a Royal . . . 

1810. PEYRON Jean-François-Pierre, i 

4836. PIERQUIN, docteur, à Grenoble 

1808. PIN Jacques, chanoine. . . . 

1891. PI50N, doyen de la Faculté de 

4872. PLAISANT Thomas 

4867. PLAUCHON Emile, à Montpellu 

1882. PLAUCHUD Eugène, à Forcalqu 
4778. de POCHET, assesseur d'Ail . 

1808. P01LROCX, docteur 

4809. POILBOUX Jacques, docleur à 

1809. POITEVIN-PEITAVI, à Toulous 

1893. PONCET Henri 

4869. PONCY Charles, A Toulon . . 

1819. PONS, doyen de la Faculté des 

48i3. PONS Emile, docteur 

1883. PONS Lucien, à Grenoble. . , 
4825. PONS Zenon, A Toulon. . . . 

1808. PONTIER Augustin 

1808. PONTIER Henri, inspecteur des 



— 279 — 

4892. PONTIER Henri, conservateur du musée T 

4778. PONTIER Pierre, médecin T 

4895. PORTAL Emmanuel, commandeur, à Palerme ... G 

4779. PORTAL1S (comte) Jean-Etienne-Marie, ministre . . T 

4809. PORTALIS (comte) Joseph-Marie, ministre H 

4809. de PORTALY-MARTIALIS Philippe T 

4824. PORTE Jean-Baptiste-Françpis T 

4824. de POSADA-RUBIN de CELIS Antoine, évéque de 

Carthagène . H 

4811. POUILLARD Jacques-Gabriel, à Paris С 

4838. POUJOULAT J.-J .-François, à Paris С 

4845. POULLE-EMMANUEL, premier président H 

4891. PROAL Louis T 

4898. PROU-GAILLARD, à Marseille R 

4844. PRUDHOMME, docteur en médecine à New-Yorck . . С 

4841. QUENIN, docteur à Châteaurenard С 

4778. du QUEYLAR, conseiller au Parlement T 

4808. du QUEYLAR Paulin- Hugues- Jean-François T 

4902. de QUINTANA-Y-COMBIS don Albert, à Barcelone . С 

4808. RABBE Alphonse T 

4829. RAFrç Charles -Chrétien, à Copenhague С 

4833. RAILLON Jacques, archevêque d'Aix H 

4848. RAMBOT Bruno-Gustave T 

4 839. RAMUS Joseph-Marius, à Paris С 

4850. RAYBAUD T 

4882. REYNAUD Félix, à Marseille R 

4819. RAYNOUARD François-Just-Marie, à Paris С 

4844. REBOUL Jean, poète. . С 

4767. REBOUL B.-L., secrétaire de la Société d'agriculture. T 

4778. REDORTIER, chanoine T 

4779. REDORTIER, consul d'Aix T 

4778. de REGINA, de la Société d'agriculture T 

4898. REGNIER Antony, à Marseille R 

4877. RÉGUIS Marius, à Meyrargues С 

4825. REINAUD Joseph-Toussaint, à Paris С 

4847. REMACLE, député à Arles С 

4898. REMACLE (comte) Louis, à Arles R 

4879. RENOUX, chanoine T 



— 280 — 

4901. REQUIS, à Avignon 

1862. de REVEL du PERRON (comte), i 
(871. RÉVOIL Henri, correspondant de 1 
4816. RÊVOIL Pierre, correspondant de 

1808. REY Claude, éviique de Dijon . . 

1858. REY, à Monlauban 

4883. de REY Gonzague, a Marseille . 

1870. REYNALD Hermite 

4808. REYN'AUD, docteur, inspecteur des 

4809. REYNAOD, à Toulon 

4816. REYNAUD à Marseille 

4857. de RIBBE Charles 

4816. RICARD Adolphe, à Montpellier. 

48*3. de RICARD Joscph-César-Paul, à \ 

4830. de RICHERY Charles-Alexandre, a 

1811. R1EDEL, à Rio-dc-Janeiro ... 

4830. R1FAUD 

4859. RIGAUD Emile, premier président 

4827. de RIVIÈRE {baron), a Sainl-Gille 

4812. ROBERT Louis-Joseph -Ma rie, i Ma 

1816. ROBERT neveu, docteur i Marseil 

1808. de ROBINEAU de BEAULIEU, dov 

4808. ROCCAS père, docteur 

4808. ROCCAS Jean-Bnptiste-Antoine . . 

1900. de ROCHAS d'AIGLUN Albert, à ï 

1900. ROLLAND Henri, chanoine. . . . 

1819. ROMAN, clianoine 

1789. ROMAN de TRIBL'TIIS, assesseur 

1878. ROOUE-FERRIER Alphonse, à Moi 

1863. ROQUES (abbé), à Albi 

481t. ROSTAN Casimir, ù Paris. . . . 

1853. ROSTAN Louis, h Sain t-Maxi min 

1853. ROTHE Auguste, à Suroe, Dancma 

1882. de ROTROU, i Rome 

1828. ROUARD Eticune-Antoine-Benoit 

1825. ROUCHON-GUIGUES Elicnne-Chai 

1868. ROUMANILLE Joseph, à Avignon 

1808. ROURE, ilocteur 



— 281 — 

4815. ROUSTAN recteur T 

4808. ROUTIER, architecte de la ville T 

4808. ROUX, jurisconsulte T 

4849. ROUX, secrétaire de l'Académie, à Lyon С 

4883. ROUX Jules-Charles, député à Marseille R 

4866. ROUX Pascal, maire d'Aix H 

4838. ROUX Pierre-Martin, à Marseille С 

4808. ROUX-ALPHERAN François -Ambroise -Thomas. . . T 

4808. ROUX-MARTIN Antoine T 

4830. RUFFIN, à Bastia С 

4825. SABATERY, à Grenoble С 

4808. de SAINT-MARC (de MEYRONNET baron) Philippe. T 

4880. de SAINT-MARC (de BOYER de FONSCOLOMBE de 

MEYRONNET baron) Philippe T 

4821. de SAINT-MAURICE Charles, à Paris С 

4808. de SAINT-VINCENS (de FAURIS, chevalier) Alexan- 
dre-Jules-Antoine T 

4808. de SAIZIEU (BARTHÉLÉMY) père T 

4808. de SAIZIEU (BARTHÉLÉMY, baron) fils T 

4816. de la SALLE (BOISSON) Joseph -Amédée-Xavier. . . T 
4814. de SALLES Eusèbe, à Marseille С 

4808. SALLIER François, ancien maire T 

4880. de SALVE- VILLEDIEU Isnard-Louis -Ernest . . . . T 

4833. de SAPORTA (marquis) Adolphe T 

4866. de SAPORTA (marquis) Louis Charles-Joseph-Gaston T 

1892. de SAPORTA (comte) Antoine T 

4883. SARDOU, de Nice R 

1883. SARRAZIN Jules R 

4809. SARRAZIN de MONTFERRIER С 

1809. Mademoiselle SARRAZIN de MONTFERRIER Victoire С 

4861. SAUDBREUIL, procureur général T 

4892. SAW AS-PACHA, ancien ministre ottoman С 

4879. SCHIMPER, à Strasbourg С 

4866. SEGOND-CRESP Paul-Jean-Baptiste-Théodore . ... С 

4893. de SELLE (vicomte) Albert T 

1893. SÉNEQUIER,à Grasse R 

4808. de SÉRAN Jules T 

1858. de SÉRANON (de SAUTERON) Jules T 

18 bis. 



— 282 — 

4778. SERRÉ, trésorier général .de France T 

482i. de SÈZE Casimir, premier président de la Cour ... Il 

4838. SÏBOUR Léon, évéque de Tripoli T 

4808. SICARD, de l'Académie des Inscriptions T 

4860. SIGAUDY Jcan-Louis-Honoré H 

4868. SILBERT, docteur T 

4783. SIMÉON (comte) Joseph -Jérôme, assesseur d'Aix. . . T 

4813. SIMÉON (vicomte) Joseph-Bail bazar, pair de France. H 

4809. de SINÉTY, a Mar- cille С 

488i. SOUBRAT Charles, conseiller T 

4810. de STASSART (baron), préfet С 

4808. SUCIIET, président du Tribunal de commerce . . . . T 

4814. de SUFFREN, à Salon С 

4779. de SUFFREN de SAINT-TROPEZ (marquis) Pierre- 

Marie, premier consul d'Aix T 

4809. de SYLVESTRE (baron) Auguste-François, à Paris . С 

4863. TAILLARD, président à la Cour de Douai С 

4 880. TAMIZEY de LARROQUE Philippe, à Gontaud. ... С 

4808. TASSY, juge au Tribunal T 

4808. TASSY Anloine-Blaise-Laurent T 

48U. TAUNNAY, consul de France à Rio-Janeiro С 

4810. TAVERNIER Adolphe-Alexandre T 

4879. TAVERNIER Eugène, conseiller T 

4 810. TAXIL, docteur, à Toulon С 

4 897. du TEIL (baron) Joseph, à Paris R 

4863. TEISSÏER Octave, à Toulon С 

4808. TEISSÏER Pierre, curé de Saint-Jean T 

4883. de TERRIS-SAINT-JAUME Jules, à Avignon . . . . R 

48ii. TEISSÏER, professeur de botanique С 

4803. THIBAUDEAU, préfet H 

4861. TII1ERS Adolphe H 

4820. THOMAS С 

4778. de THOMASSIN SAINT-PAUL, consul d'Aix T 

1809. de THOZET (COTTIOX), à Versailles С 

4889. THUMIN Auguste R 

1861. TISSERAND (abbé), à Nice С 

1817. TOP1N Hippolyte, à Marseille С 

1808. TOPIN Joseph, chanoine T 



л 



Л 



— 283 — 

«870. TOPIN Marius, à Paris С 

4852. de TOURNÀDRE Théophile T 

1878. de TOURTOULON (baron) Charles T 

1896. de TOURTOULON (marquis de BARRE) Pierre. . . . R 

4812. de la TREILLE Pierre-André, à Paris С 

181 i. TRÉLÏS Jean-Julien, à Niraes С 

4891. TYPALDO-BASSIA à Athènes С 

4810. VALENTIN, docteur à Marseille С 

4867. VALÈRE-MARTIN, à Cavaillon С 

48И. de VALERNES (BERNARDY, vicomte) С 

4877. VALLET Pierre, conseiller T 

4867. VALLIER Gustave, à Grenoble С 

4808. de VALORY aîné T 

4810. de VALORY Henry С 

4808. VxlSSAL, magistrat T 

48H. VASSE de SAINT-OUEN, inspecteur d'Académie . . T 

4883. de VAUZELLES Ludovic, à Hyères , . П 

1778. de VENTO (marquis des PENNES), 1er consul d'Aix. T 

4808. VI AL, receveur de la ville , . . T 

1879. VIDAI, François, conservateur de la Méjanes T 

1869. VIEILLE, recteur de l'Académie d'Aix H 

1812. VIENNET, à Paris С 

4817. de VILLENEUVE-BARGEMONT (comte) Christophe, 

préfet H 

4901. de VILLENEUVE-FLAYOSC (marquis de TRANS) 

Léonce R 

4818. VINCENT-SAINT-LAURENT, à Nîmes С 

4812. de VOGHT (baron), à Copenhague С 

1865. de VOULX Albert, à Alger С 

4815. WILLIAMS J С 

1876. WYSE (BONAPARTE) sir WILLIAM Charles, à 

Waterford С 

1809. de ZACH (baron), à Marseille С 

1897. ZE1LLER Charles-René, à Nancv С 

1855. ZELLER T 

1877. ZÉVOHT, recteur de l'Académie d'Aix H 

1901. ZUCCARO Luigi, à Aquila Ç 

( 670 Membres. ) 



— 284 — 



Tous les renseignements biographiques ou biblio- 
graphiques concernant les personnes qui figurent 
sur cette liste seront recueillis avec reconnaissance 
par l'Académie cTAix, en vue de la prochaine pu- 
blication d'une histoire de la Compagnie, qui con- 
tiendra une notice aussi complète que possible sur 
chacun de ses anciens membres. Nos correspon- 
dants sont priés de les adresser à M. dlLLE, archi- 
viste-bibliothécaire de l'Académie, à Aix-en-Pro- 
vence. 




TABLEAU 



des 



MEMBRES DE L'ACADEMIE 



MEMBRES D'HONNEUR. 



MM. 



Beaune .^ *J«, Henri, ancien procureur général à Aix, doyen 
de la Faculté libre de Droit à l'Institut catholique de Lyon. 
Élu le 25 janvier 1876. 

Clément-Simon *Jfc С. Ф, Gustave, ancien Procureur général 
près la Cour d'appel d'Aix, au château de Bach, près Tulle. 
49 février 1878. 

Belin 0. $fc I. P. y, recteur de l'Université d'Aix. 21 janvier 

4890. 

Arbaud U Paul, bibliophile à Aix. Associé régional le 5 jan- 
vier 4883, membre d'honneur le 30 janvier 4894. 

Gaston Paris C. ^, de l'Académie Française et de l'Aca- 
démie des Inscriptions et Belles-Lettres. 44 novembre 
4895. 

Mistral О. ^ С. ф *J* Frédéric , à Maillane. Correspondant 
le 2 mars 4863, membre d'honneur le 6 juin 4899. 



■ЕИВНЕВ TITULAI 

ММ. 

Feradd-Giraud О. $ «J- I. P. ii Dolpb 

raire à la Cour de Cassation, doyen i 

10 février Ш7. Rue Etnéric- David, 
Reinaud de Fouvert Alexis, ancien merr 

des Musées. 46 mars 1858. Rue Lacép 
Berluc-Perlssis (de) ^ 0. »î« Léon. ! 

Cardinale, 35. 
CnEHRiEK (l'abbé) Auguste, chanoine titi 

docteur en Théologie, 45 avril 18' 

Louis, 15. 
Guillibert (baron) sîp 0. •%> Hippolyte 

l'ordre des avocats à la Cour. 1 

Mazarîne, 10. 
Vidai О *?p François, conservateur h 

thèque Méjanes. 21 janvier 1879. Au 
Meyrohnet de Saint-Marc (baron de) ф 

Cours Mirabeau, 18. 
Ciiaverxac Félix, docteur en médecine, 

de médecine. 9 mars 4880. Rue Mail 
Mol'ratit ■}• Gustave, ancien présider 

notaires. 8 février 1884. Place de la 
Sol'drat Charles, ancien conseiller à 

Comice agricole. 45 février 1884. Йь 
Glibal $; >J« I. P. i> Georges, doyen h 

des Lettres. 15 février 1884. Rue Ro< 



— 287 — 

Magallon (do) ф t^t C. *Ji Jules, ancien membre de la Com- 
mission des Musées. 9 mars 1885. Place des Prêcheurs, 10. 

Marbot (l'abbé) Edmond, chanoine, ancien vicaire général. 
28 mars 1887. Rue Villeverte, 21. 

Gantelmi d'Ille (marquis de) sgt >J« О. Ф Charles. Associé 
régional le 12 janvier 1883, membre titulaire le 17 juin 
4890. Cours Mirabeau, 6. 

Lanêry d'Arc sgt »j« С. $£ О. Ф Pierre, docteur en droit, lau- 
réat de l'Institut. Associé régional le 12 décembre 1887, 
membre titulaire le 8 mars 4892. Rue des 4-Dauphins, 23. 

Pontier I. P. y Henry, conservateur-directeur du Musée. 5 
avril 1892. Rue Cardinale, 13. 

Selle (vicomte de) $£ С. Ф *J« U Albert, ingénieur, pro- 
fesseur honoraire à l'Ecole Centrale. 46 mai 1893. Cours 
Mirabeau, 46. 

Sigaud de Bresc (de) Louis, ancien conseiller général. Associé 
régional le 12 janvier 1885, membre titulaire le 23 
janvier 1894. Rue Sallier, 5. 

Fassin Emile, I. P. Ц, conseiller à la Cour. 24 avril 1894. 
Boulevard du Roi-René, 46. 

Bec (de) Albert. 1" mai 1894. Rue Eméric-David, 31. 

Moreau I. P. £2 Félix, professeur à la Faculté de Droit. 8 mai 
1894. Cours Mirabeau, 10. 

Todrtoulon (baron de) I. P. y G. O. *p C. j& Charles, ancien 
président de la société des Langues Romanes. Correspon- 
dant le 4 juin 1878, membre titulaire le 28 mai 1895. 
Rue Roux-Alphéran, 13. 

Saporta (comte de) Antoine. Associé régional le 2 février 
1892, membre titulaire le 23 mars 1897. Rue Cardinale, 26. 

Aude 0. $?*§* Ф Philippe, médecin en chef de la marine, en 
retraite. 6 avril 1897. Rue du Lycée, 1. 



— 288 — 

Bonmcobse Li bières (comte de) Charles, л vocal a la ' 

Associé régional lo 27 décembre 1897, membre tTlal 

30 mai 1899. Rue de l'Opéra, 24. 
Boïïafous I. P. y Raymond, professeur à la Facuf 

Lettres. 30 janvier (900. Rue du Bras-d'Or, 2. 
Rolland I. P. U Henri, chanoine titulaire de la métr 

aumônier du Lycée Mignet. 18 décembre 1900. J 

Louvre. 20. 
BoumiUET Alfred, avocat à la Cour. Associé régional 

mars 1896, membre titulaire le 29 juin 1901. Cou. 

rabeau, 3. 
AsiNAHn •£« Casimir, ancien bâtonnier de l'ordre des av 

S février 1901. Rue du 4-Septembre, 5. 
N.... (Fauteuil de M. le chanoine Mille.) 



Л- — 289 — 



MEMBRES HONORAIRES. 



MM. 



Pison ^ I. P. U ^ Alexandre, doyen honoraire de la Fa- 
culté de droit. 30 janvier 4894. Rue d'Italie, 14. 

Mougins de Roquefort (de) $} G. >gc О. ^ Eugène, conseiller 
doyen honoraire à la Cour. 4 ,r mai 4894. Rue Mazarine, 8. 

Grànier *j£ Désiré, conseiller doyen honoraire à la Cour. 29 
mai 4894. Cours Mirabeau, 17. 

Boisgelin (marquis de) С. ^ Eugène. 46 juin 4896. Rue des 
Quatre-Dauphins, 11. 

Michel $ Evariste, docteur en médecine. 24 février 4902* 
Villa Mignet, à Aix. 

Aude Sextius, ancien trésorier payeur général, 25 février 
4902. Rue Saint-Georges, 37, à Paris. 

Borel & Gilles-Jacques, officier en retraite, compositeur de 
musique. Associé régional le 42 mai 4896, membre hono- 
raire le 40 juin 4902. Rue Lice des Cordeliers, 15. 



49 



— 290 — 



ASSOCIÉS RÉGIONAUX. 



MM. 



Eysseric Saint-Marcel, ancien magistrat et conseiller général 
inspecteur départemental do la Société d'Archéologie, à 
Sisleron. 19 décembre 1882. 

Plauchud I. P. (jt Eugène, président de l'Athénée, à Força I- 
quier. 1 9 décembre 1882. 

Faucher (de) Paul, membre de l'Académie de Vaucluse, à 
Bollène (Vaucluse). 5 janvier 1883. 

Rey (de) Gonzague, château du Prieuré d'Ardène, près Saint- 
Michel (Basses- Alpes). 5 janvier 1883. 

Terris (de) G. 0. >Ji ф Jules, membre de l'Académie de Vau- 
cluse, à Avignon. 5 janvier 1883. 

Guigou Just, docteur en droit, doyen honoraire de la Faculté 
libre de droit, à Marseille. 12 janvier 1883. 

Aube Frédéric, ancien notaire au Luc, membre de la Société 
Française d'Archéologie. 12 janvier 1883. 

Roux ^ Jules-Charles, ancien président de la Société Artis- 
tique de Marseille, ancien député. 12 janvier 1883. 

Isnard y I. P., archiviste des Basses- Alpes, secrétaire de la 
Société Académique, ancien élève de l'Ecole des Chartes, 
à Digne. 12 janvier 1883. 

Oluvier *$, docteur en médecine, ancien conseiller général, 
président honoraire de la Société scientifique et littéraire 
de Digne. 12 janvier 1883. 

Mireur •$*, archiviste du département du Var, membre du 
comité des travaux historiques, à Draguignan. 19 janvier 
1883. 



— 291 — 

Вокпомме (l'abbé), chanoine à Riez (Basses-Alpes). 9 février 
4883. 

Bernard %j$ Charles, président à la Cour de Dijon, ancien 
avocat à la Cour d'Aix. 46 février 4883. 

Clappier î$£ Félix, ancien procureur général, conseiller géné- 
ral des Basses- Alpes, à Moustiers. 46 mars 4883. 

Pellissier (l'abbé), vicaire général à Digne. 6 avril 4883. 

Magallon (de) Xavier, avocat, ancien conseiller général des 
Hautes-Alpes, à Marseille. 46 mars 4889. 

Mougins-Roquefort (vicomte de) Charles, avocat à la Cour 
d'Aix. 4 4 mars 4894. 

Gamber (ГаЬЬе) Stanislas, aumônier du Lycée, à Marseille. 
7 avril 4 894. 

Pélissier tf Léon-G., professeur à la Faculté des Lettres do 
Montpellier. 4 juin 4894. 

Daimb Louis U» ingénieur, à Marseille. 49 janvier 4892. 

Collot У Louis, professeur de géologie à la Faculté des 
Sciences de Dijon. 26 janvier 4892. 

Mille (Fabbé) Joseph, chanoine, doyen de Saint-Remy. Titu- 
laire le 23 mai 4893, associé régional le*4 décembre 4900. 

Sénequier Paul, juge de paix à Grasse. 30 mai 4893. 

Collongue (d'AvoN baron de), Çjfe *i* О. ф, ministre plénipo- 
tentiaire, au château de Collongue, par Cadenet (Vaucluse). 
6 juin 4893. 

Constantin (l'abbé), curé doyen à Château-Renard (Bouches- 
du-Rhône). 9 janvier 4894. 

Chaillan (l'abbé), lauréat de l'Institut, curé de Beaurecueil 
(Bouches-du Rhône). 42 janvier 4894. 

Fbrrier Raymond, amateur d'art, à Aix. 46 juin 4896. 

Tourtoulon (baron de) marquis de Barre, Picfre, docteur en 
droit, à Aix. 42 janvier 4897. 



— 29 
Teil (baron du) ■{• Joseph, à P< 
Macekl (l'abbé) Marie-Joseph, 

(Basses-Alpes). 18 mai 1897. 
RiGRin Antony, artiste pein 

février 1888. 
Аотнежак, ancien maire de Ha: 
Lb Bourgeois (l'abbé), à Aix. 1 
Pbou-Gaillakd, ancien directeu 

3 mai 1898. 
Pihbt de Manteyeb Georges, vil 

13 décembre 1898. 
Lacoste Ernest, ingénieur à T 
Acde Edouard , conservateur 

30 mars 1900. 
Lieutaud Ф Victor, ancien bibl 

seille, notaire à Volone (Bas: 
Voxereute-Tbahs (marquis de) 

Syndicats agricoles des Al 

S février 1901, 
Mulsant de Roquefort *}* Seba 

19 mare 1901. 
Mutkese Maurice, ancien offici 

préfet, à Antibes. 7 .mai 190 
Bernard d'Attakoux (comte) В 

à Nice. 14 mai 1901. 
Requin (l'abbé), archiviste dudi 
Gftuif-RiCAiD (comte de), secret 

de statistique de Marseille. 4 
Ripkbt de Monclah (marquis > 

plénipotentiaire, au chàteai 

mars 1902. 



— 293 — 



ASSOCIÉS CORRESPONDANTS. 



MM. 

Ferrand Joseph, ancien préfet, correspondant de l'Institut, 
à Amiens (Somme). 20 janvier 4861. 

Teissier Octave, conservateur de la Bibliothèque, à Dragui- 
gnan. 20 avril 4863. 

Lescouvé , conseiller honoraire à la Cour de Cassation. 
Titulaire le 20 février 4866, correspondant le 3 décembre 
4878. 

Blancard Louis, correspondant de l'Institut, archiviste hono- 
raire des Bouches-du-Rhône, à Marseille. 7 décembre 
4868. 

Lavollée Paul-René, docteur es-lettres, ancien consul général, 
à Paris. 25 avril 4870. 

Bonvallot Edouard, ancien conseiller à la Cour de Dijon, à 
Paris. 26 février 4872. 

Millien Achille, lauréat de l'Académie Française, à Beaumont- 
la-Ferrière (Nièvre). 46 décembre 4872. 

Faisan Albert, à Lyon. 44 mars 4876. 

Roque-Ferrier Alphonse, président du Félibrige latin, à 
Montpellier. 4 juin 4878. 

Bec (de) Léon, à Rieux-en-Minervois (Aude). 41 juin 4878. 

Bellet (l'abbé), à Tain (Drôme). 42 décembre 4882. 

Dorlhac de Borne, directeur honoraire d'Ecole Normale, à 
Tarascon. Titulaire 6 avril 1883, correspondant 9 mai 1893. 

Jullien Ernest , président honoraire du Tribunal civil , 
à Reims. 2 mai 4884. 



I 



ii 



— 295 — 



ASSOCIÉS CORRESPONDANTS A L'ÉTRANGER. 

MM. 

Adriani J.-B., membre du comité royal d'histoire nationale 

et de l'Académie des sciences, à Turin. 26 janvier 4858. 
Carnazza-Amari, ancien professeur à l'Université de Catanc, 

sénateur du royaume d'Italie. 6 avril 4868. 
Rotrou (de), à Rome. 2 mai 1882. 
Son Excellence Sawas-Pacha, à Menton, ancien ministre des 

affaires étrangères de l'Empire Ottoman, 26 janvier 1892. 
Gubernatis (comte de) Angelo, professeur à l'Université, à 

Rome. 3 janvier 1893. 
Typaldo-Bassia , député, professeur agrégé à l'Université 

d'Athènes. 23 janvier 1894. 
Barr-Ferree, à New- York. 5 juin 1894, 
Portai (le commandeur Emmanuel), à Palerme. 12 février 

1895. 
Morozzo délia Rocca (comte de) Emmanuel, général, à Turin. 

21 mars 1899. 
Da Gunha Xavier, conservateur de la Bibliothèque royale à 

Lisbonne. 11 décembre 1900. 
Zuccaro Louis, professeur à l'Institut royal technique d'A- 
lexandrie (Italie). 2 avril 1901 . 
Son Excellence don Alberto de Quintana y Combis, Trave- 

sia Portalnou, à Gerona (Espagne). 22 avril 1902. 

Le présent Ta.blea.xa a, été arrêté le 14 Juin 
1902 , conformément a, l'article 10 du Règle- 
ment intérieur. 

Le Président : Le Secrétaire Perpétuel: 

Le Docteur Aude. Baron Guillibert. 



LISTE 



ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS COKHEfi 



Âbbeville. 

Alençan, 
Alger. 

Amiens. 



Avignon. 

Bar-le-Duc. 

Bayonne. 

Belfort 

Besançon. 



Brzie 



Bordeaux. 
Boulogne-sur-Mer. 



Société d'émulation. 
Académie Jasmin. 
Société d'agriculture, scienc 
Société scientifique et littéri 
Société historique et archâ 
Association scientifique algê 
Société des antiquaires de P 
Conférence littéraire et scier 
Société académique de Main 
Société d'agriculture, scienc 
Société industrielle d'Anger 

Loire. 
Académie des sciences, lettr 
Académie de Vaucluse. 
Société des lettres, sciences 
Société des sciences et arts. 
Société Bel for ta ne d'ému latic 
Académie des sciences, bell< 
Société de médecine. 
Société archéologique, scien 
Société d'étude des sciences 
Académie des sciences, bell 
Société académique. 
Société d'agriculture de Гаг 
Société historique et littérai 



Brest. 



Cahors. 



Cambrât. 

Cannes. 

Carpentras. 

Chdlons-sur-Marne. 

Chalon-sur-Saône. 
Chambiry. 



— 297 — 

Société académique. 

Société d'agriculture Je l'arrondi ssemer 

Académie des sciences, arts et belles-lett; 

Société française d'archéologie. 

Société linneenne de Normandie. 

Société des beaux-arts. 

Société d'agriculture et de commerce. 

Société des études littéraires, scientifique 

artistiques du Lot. 
Société d'émulation. 
Société académique. 
Commission de la bibliothèque. 



Chartres. 
Chtrboitrg. 

Constantine. 



Draguignan. 



Société d'histoire et d'archéologie. 
Académie des sciences, belles-lettres et ■ 

de Savoie. 
Société savoisienne d'histoire et d'archéc 
Comice agricole. 
Société nationale académique. 
Société archéologique du département. 
Société scientifique, littéraire et artistique 

Académie des sciences, arts et betlcs-letti 

Commission archéologique. 

Société d'agriculturo cl d'industrie agrico 

département. 
Société d'agriculture, sciences et arts. 
Société d'études scientifiques et archéologie 
Société d'agriculture et de с 



Gap. 

Grenoble. 



Athénée littéraire, scientifique et artisliq 
Société d'études des Hautes- Alpes. 
Académie delphinale. 
Société de statistique, des sciences na(ur< 

et des arts industriels de l'Isère. 
Académie. 





lieole- 


tau. 


Société des sciences, de Гал 


ЦшфЯ. 


Société arebrokeique et 


LcMsJe-SaminUr 


Société <f «natation do Jars 


Lrm. 


Académie des sciences, bell 


— 


Société littéraire, historiqm 


- 


Société d'agriculture, histoi 
ailles. 


— 


Société botanique. 


— 


Société académique d'arcfai 


U Паям. 


Société d'agriculture, scie 




Sarlhe. 


Mantille. 


Académie des scieoces, bell 



Société de statistique. 
Société de géographie. 
Société de médecine. 



Montauban 
MontbiUard. 
Mon&riion. 
Montjtellier. 



Nuntts. 



Société d'horticulture. 
Société botanique et hortict 
Société d'agriculture, indus 

de la Lozère. 
Société d'agriculture du Ta 
Société d'émulation. 
La Diana. 

Académie des sciences cl к 
Société pour l'étude des lai 
Société archéologique. 
Académie de Stanislas. 
Société centrale d'à g rien 11 

Nancy. 
Société académique de Na 

Inférieure. 
Société des sciences naturel 

France. 



299 — 



Vice. 



Nimes. 

Niort. 
Paris. 



Pau. 

Perpignan. 

Poitiers. 

Quimper. 

Reims. 

Rennes. 

La Rochelle. 

Rodez. 
Romans. 



Commission de la bibliothèque de la ville. 

Société des lettres, sciences et arts des Alpes- 
Maritimes. 

Société centrale d'agriculture, d'horticulture et 
d'acclimatation de Nice et des Alpes-Mari- 
times. 

Académie. 

Société d'étude des sciences naturelles. 

Société centrale d'agriculture des Deux-Sèvres. 

Faculté des sciences. 

Association philotechnique. 

Société philotechnique. 

Société nationale d'encouragement au bien. 

Société française de numismatique et d'archéo- 
logie. 

Société philoma tique. 

Société ethnographique. 

Société de secours des amis des sciences. 

Société de biologie. 

Société de médecine légale. 

Société des antiquaires de France. 

Société des études historiques. 

Société centrale d'agriculture de France. 

Société zoologique de France. 

Société protectrice des animaux. 

Musée Guimet. 

Société des sciences, lettres et arts. 

Société agricole, scientifique et littéraire. 

Société académique d'agriculture, belles-lettres* 
sciences et arts. 

Société archéologique du Finistère. 

Académie nationale. 

Société archéologique d'Ille-et-Vilaine. 

Société littéraire. 

Société des sciences naturelles. 

Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron. 

Comité de rédaction du Bulletin d'histoire 
ecclésiastique des diocèses de Valeiice, Gap t 
Grenoble et Viviers. 



Saint- Etienne 

Saint-Lô. 

Saint-Omer. 
Saint-Quentin. 



Toulon. 
Toulouse. 



Tours. 

Troyes. 
Valence. 
Versailles. 



Académie des scion 
Société centrale с 

Inférieure. 
Société d'aericultui 

et belles-lettres il 



Société des antiqua: 
Société académique 

lettres, agricultui 
Société des archives 

et de l'Aunis. 
Académie du Var. 
Académie des jeun 
Académie des scien 

lettres. 
Société d'agricullun 
Société hispano-porl 



Société archéologiqi 
Société académique 

arts et belles-lett 
Société dé par terne г 

statistique. 
Société d'agricullun 
Société des sciences 

arts de Seine-ct-0 
s. Société des sciences 



ÉCHANGES INTERNATIONAUX. 



Anvers. 
Boston. 



Bucarest. 
Buenos- Aires. 

Chicago. 
Christiania. 

Claudiopoli. 

Colmar. 

Colombus. 

Florence. 

Genève. 

Metz. 

Mexico. 
Milan. 

Montevideo. 
Moscou. 

Munich. 
Naples. 
Neufchâtel (Suis* 
Ottawa. 

Rio de Janeiro. 



in toi о { 



Académie royale d'archéologie de Belgiqu 

American acaderay of arts and s 

Society of natural history. 

Comité du Bulletin Rubens. 

Académie d'archéologie. 

Société belge de géologie et de pnléo 

Comité de la revue de Belgique. 

Académie roumaine. 

L'Université. 

Académie des sciences. 

Université royale frédéricienne deNorwè 

Sociéé rovale universitaire hongro-claudi 

li laine François-Joseph. 
Société d'histoire naturelle. 
Ohm state agricultural society. 
Société dantesque italienne. 
Institut national genevois. 
Académie des lettres, sciences, arts el ; 

culture. 
Société scientifique Antonio Alzate. 
Institut lombard. 

Société italienne des sciences naturelles. 
Musée national. 

Société impériale des naturalistes de Мое 
Société impériale d'agriculture. 
Société d'histoire naturelle. 
Institut royal d'encouragement. 
^.Société ncuchaleloise de géographie. 
Institut canadien, 
Sociélé royale du Canada. 
Commission géologique des États-Unis du Br 
Musée national. 
Observatoire national. 
Bibliothèque centrale Viclor Emmanuel. 
L'Orient (revue). 



TABLE DES MATIERES 



Le caî iurt Ses Fauis de S*ii.*-Vî»n№> à Aàu i\*rcv«s 

de» darsse&ts ii**iiîs* par Ж. AjCLaair* И.хттгг . S 

L~A&«itc«âer e* je КсЪя*. par X. Ckanes Jv>*rr. ie 

IT«i:=i. *3 

Les N:**vel>s Вг1оЗй5ч jecr с .«.»- îs*;j;e, jvàr M. ïe 

dottesrim. 5$ 

str la série à?s Kcirocss inra::^ A>asî- 
«c=* jKwr**rire des оггйч jvar M. le V* 

de Soi* 75 

АшЮаг de Sait.i-Oab*5eL wr M. Alexis de Fovuat. . $7 
Tkîers. étudiât ea drviu ses rapports a\ec Г Aca- 
démie d'AÎL par Я. le J:«rt^^r Ai mu ЗД 

CopenûrîeQS et Ar.îiroj%ersi;îe^>. par M. 1* <vr^*e 

Antôiae de Safû№ 1 27 

La Campasse de Marias ea Рготеос*, far M. Maark* 

de Dcmixn la Cutwf Ifc* 

Le Roi Жеое ч selgaear de ОагсЬэе, par M. Lmiîs 

Bla3blabb. come>p:oiin; 3e l'Institut 1^7 

Sonnets, par M. le haros de Мггаозеят-влРТ-МАтс. , il 7 

Poésie*, par M. 1? h*r:n Kpp. Gltlubekt --I 

Fondation Iroa M oujx -S$ 

Lisle alphabet: ;p? des п.е:г1 re> de TAc^itCiie d'Ait. 

depuis sa f::>ià;2:n 2t>S 

Liste des meci res *s5 

Lisle des S-tîett-s c-rre^yoei *aîes 



je— « 



i